Bulletin de l’Ermitage

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Avril 2009

Lettre du temps de la Joie pascale

Pâques c’est maintenant !

mardi 14 avril 2009, par frere francois

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Exultet iam angelica turba caelorum :
exultent divina mysteria :
et pro tanti Regis victoria tuba insonet salutaris. (...)

Qu’exulte de joie dans le ciel la multitude des anges !
Chantez, serviteurs de Dieu,
et que retentisse la trompette triomphale pour la victoire du grand Roi !

Réjouis-toi, ô notre terre, resplendissante d’une lumière éclatante,
car il t’a prise en sa clarté et son règne a dissipé ta nuit !
Réjouis-toi, Eglise notre mère, toute remplie de sa splendeur,
et que résonne l’acclamation du peuple des fils de Dieu !…

Vraiment il est juste et bon de proclamer à pleine voix ta louange,
Dieu invisible, Père tout puissant,
et de chanter ton Fils bien-aimé, Jésus Christ notre Seigneur.
C’est lui qui a payé pour nous la dette encourue par Adam notre père,
et qui a détruit en son sang la condamnation de l’ancien péché.

Car voici la fête de la Pâque où l’Agneau véritable est immolé pour nous.
Voici la nuit où tu as tiré de l’Egypte nos pères, les enfants d’Israël,
et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec ;
nuit où le feu de la nuée lumineuse a repoussé les ténèbres du péché…

Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ;

nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers.
Heureuse faute d’Adam qui nous a valu un tel Rédempteur !
Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l’heure
où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ;
ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine,
la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » …
Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre,
où s’unissent l’homme et Dieu.

Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très Saint,
le sacrifice du soir de cette flamme que l’Eglise t’offre par nos mains ;
permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin en cette nuit
et qu’il joigne sa clarté à celle des étoiles.
Qu’il brûle encore quand se lèvera l’astre du matin,
celui qui ne connaît pas de couchant,
le Christ ressuscité revenu des enfers,
qui répand sur les hommes sa lumière et sa paix.
Garde ton peuple, nous t’en prions, ô notre Père,
dans la joie de ces fêtes pascales.
Par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur,
qui par la puissance de l’Esprit s’est relevé d’entre les morts
et qui règne près de toi pour les siècles des siècles.

Amen !

Ce grand chant de l’Exultet qui marque le début de la veillée pascale et annonce la joie de Pâques , celle où devant le tombeau vide les hommes ( en fait les femmes) prirent conscience que la désespérance de la mort n’en était pas une, que la vie continuait ailleurs et autrement et qu’il nous appartenait à nous de faire revivre ceux que nous avions aimé... ou les tranches de passé écoulées....
comme dans cette belle phrase de Jean où à Emmaüs ils "le" reconnurent à la fraction du pain...

J’espère quevous avez vécu cette nuit pascale avec sa liturgie du feu : première expression du savoir humain et de la vie et puis les rappels par les textes des différentes manières de vivre le "passage"

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Nous lisions en cette veillée l’évangile de Marc saint Marc (16, 1-8)

L’histoire de ces femmes encore dans la mort et la soumission du Soi avec le seul expédiant humain qu’elles connaissaient pour la déjouer : l’embaumement d’ un « cadavre » (15,45) du corps de quelqu’un qu’elles avaient suivi, ne pouvant comprendre ni la présence de ce « jeune homme » ni ce qu’il leur disait.... ni le message qu’elles avaient pourtant mille fois entendu et qui ne devait pas rester extérieur mais auquel elles se devaient de prendre part

Il a été « éveillé » du sommeil de la mort.
Cette heureuse annonce provoque leurs tremblements en les mettant littéralement hors d’elle-même (ekstasis, v 8).

De fait, il faut sortir du tombeau, de soi, pour le suivre et être à nouveau

Certaines expériences nous mettent à nu, sans protection, sans masque, sans rien...
Mais il nous faut traverser la nuit pour revêtir des habits de lumière et être témoin d’une autre réalité au petit matin d’un soleil à peine levé (v 2).
Il faut l’avouer, nous sommes le plus souvent, comme ces femmes, encore dans la peur de mourir ou de voir mourir et nous transférons notre rêve de vie dans un autre monde... pour plus tard.

Mais c’est maintenant qu’elles ont ( comme nous) à engendrer le Royaume annoncé depuis le début de l’Evangile (1, 15).
Il n’est pas anodin que ce soient des femmes qui aient cette mission, car il s’agit bien d’un enfantement.
La vie ne sera jamais plus comme avant, comme pour les témoins d’une naissance. On perçoit désormais pourquoi Marc termine ainsi son Evangile.

C’est nous qui, peut être, ne voyons pas que le tombeau vide est signe d’un monde nouveau ...une invitation à la route... mais puisque nous lisons l’Evangile, nous savons bien qu’il ne s’agit pas d’embaumer le Soi comme on conserve un rêve dans un boite à souvenirs à jamais perdus.

A nous, comme le jeune homme de l’annoncer....en l’actualisant et en le mettant en pratique !

A nous, comme les femmes de faire naître ce monde nouveau...

Le Soi nous précède là où nous sommes...à nous de le suivre là où il veut nous emmener.

C’est la joie de la Pâque.

Bon « passage » à chacun et chacune !

ff+

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