Bulletin de l’Ermitage

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Carême 2009

35ème jour de Carême

méditations sur les inégalités en compagnie de Tallis, Gesualdo et Schütz

mardi 31 mars 2009, par Jess, Nat et Nico

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Jacques Marseille, est le directeur de l’Institut d’histoire économique et sociale à la Sorbonne et auteur de « L’argent des Français : les chiffres et les mythes » aux éditions Perrin. Il commente, avec aplomb et arguments, certaines revendications récentes de la société française. Selon lui, la majorité des Français vit bien matériellement, mais développe une vieille hantise : un jour, on manquera d’argent pour se nourrir et se loger : « La crise financière a agi comme une piqûre de rappel sur une hantise séculaire des Français : leur pouvoir d’achat baisserait, la pauvreté exploserait et les inégalités s’accroîtraient de manière telle qu’elles annuleraient un demi-siècle de croissance... »

Et Jacques Marseille de distinguer les finances d’une population raisonnable et majoritairement économe, de celles de l’Etat français, surendetté : « La France est aujourd’hui le 3ème pays le plus riche du monde, derrière le Japon et l’Irlande. Avec un patrimoine net moyen (biens immobiliers, assurance-vie, livret d’épargne... net de dettes) par habitant de 147 000 euros, elle devance le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Italie et l’Allemagne. Mais l’Etat français est très endetté. Les Français épargnent beaucoup, parce qu’ils se disent qu’un jour l’Etat ne pourra plus rembourser, devra augmenter les impôts, ne pourra plus payer les retraites... »

Jacques Marseille rappelle qu’en un siècle, le pouvoir d’achat des français a été multiplié par 10 et leur temps de travail divisé par 2 : « Les Français qui "souffrent" le plus sont désormais ceux qui gagnent entre 1400 et 2500 euros net par mois, soit environ 60% des Français. Parce qu’ils ne sont pas assez riches pour bénéficier des avantages, des niches ou des placements que s’offrent les plus riches. Et ils sont trop riches pour avoir les allocations, les diverses aides dont bénéficient les pauvres. On a donc assisté à une smicardisation de ces Français. »

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Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre trois siècles et 1 200 ans de Smic… par an

Les revenus annuels des grands patrons français font dans la démesure. Leurs émoluments sur l’ensemble de l’année vont de trois siècles à plus d’un millénaire de Smic brut…, selon les données 2007 du magazine l’Expansion Ils vont de 4,4 millions d’euros pour Benoit Potier (Air liquide) à 18 millions d’euros pour Pierre Verluca (Vallourec).

Ces revenus totalisent les salaires fixes et variables, les plus values réalisées des stocks-options [1], les jetons de présence [2] et les dividendes [3].

Pour la moitié des salariés français qui touchent un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels, même si les inégalités sont largement acceptées, ces niveaux sont difficilement concevables. Ils sont hors normes : ils vont bien au-delà de ce qu’un individu peut dépenser au cours d’une vie pour sa satisfaction personnelle, même en accumulant les palaces, les yachts ou les grosses voitures. Ils garantissent surtout un niveau de vie hors du commun du reste de la société de génération en génération, et permettent de se lancer dans des stratégies d’investissement personnelles (entreprises, collections artistiques, fondations, etc.).

Les revenus annuels du show-biz, du sport représentent pour certains plus de 1 000 années de Smic en France, 5 000 années aux Etats-Unis...

Quelques exemples ? : Thierry Henry (foot) 14 millions euros/an soit 1183 années de SMIC, Tony Parker (basket) 11 millions euros/an soit 930 années de Smic, Anelka ( foot) 4,1 millions d’euros/an (347 années de Smic), Dany Boon (ciné) 26 millions d’euros/an (1640 années de smic), Gérard Depardieu :3,54 millions d’euros/an (223 années de smic) etc...etc...

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Plus de 40 % de la population des pays les moins avancés n’accèdent pas facilement à une eau potable.

L’eau potable n’est pas encore accessible à tous : plus de 40 % de la population des pays les moins avancés n’accèdent pas facilement à une eau potable en 2004, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement. C’est le cas de nombreux pays africains, comme le Niger où les progrès sont lents : en 1990, 39 % des Nigériens accédaient facilement à l’eau potable, en 2004, ils ne sont encore que 46 %.

Parmi les pays classés de niveau de développement élevé selon le PNUD, la Roumanie apparaît comme un pays très en retard, puisque seulement 57 % de la population accède facilement à l’eau potable, alors qu’en Malaisie, au développement comparable, 99 % de la population ou plus y accède.

Dans les pays les plus développés, comme en Norvège, toute la population accède facilement à l’eau potable. Les "nouveaux pays industrialisés" comme le Mexique, comblent leur retard : 82 % des Mexicains accédaient facilement à l’eau potable en 1990, 99 % en 2004.

Cependant il faut prendre avec précaution ces chiffres, surtout dans les pays riches, car ils ne concernent que les ménages ayant un logement et oublient les sans domicile fixe.

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Monde du "bling bling", monde de l’illusion et du paraître...

Le monde réel est au-delà de nos pensées et de nos idées
Nous le voyons au travers du filet de nos désirs,
partagés entre plaisir et douleur
bien et mal
intérieur et extérieur
Pour voir l’univers tel qu’il est, vous devez passer au-delà du filet
Ce n’est pas difficile , car il est plein de trous

(Jack Kornfield)

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...de quoi largement remplir votre temps de méditation !

à demain !

Les loupiots and Co


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Pour en savoir plus sur les inégalités un site intéressant :l’observatoire des inégalités

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