Bulletin de l’Ermitage

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Depuis notre ermitage du Vercors

Lettre de Janvier

Palestine martyre...

vendredi 2 janvier 2009, par frere francois

Un petit billet en ce jour du nouvel an
un petit billet en retard : la météo et les efforts de ces derniers jours n’ayant pas épargnés ma vieille carcasse...
et puis quelle désespérance ! : nous sommes entrés dans les siècles glacés :ceux du cynisme affiché, de l’hypocrisie, de l’indifférence, de l’injustice où les pauvres sont des "salauds" et les faibles "bon à tondre" et à exclure...
un seul slogan est donné à une jeunesse atterrée : "Travaillez ...jusqu’à votre mort !"... !

Le tout proféré de la part d’ irresponsables qui cherchent à oublier leur vacuité dans l’agitation et l’exhibition devant une presse "peopolisée" de leur bronzage faisandé...

...et tous les jours les médias désormais "aux ordres" n’ont qu’un seul discours : celui de l’exhibition des foie gras et des bouteilles de champagnes ... réservés aux nantis...
ou de bandes de gueulards fêtards d’une triste spectacle dont ils sont les cadavres humains ...

Pas un mot sur les immigrés que l’on refoule ou que l’on cache...
sur le noël des prisonniers entassés ( dans le froid) en prison
sur les sans abris qui galèrent
les "chomedu"...
etc...etc...

...et puis il y a Gaza ! la honte !
l’image de l’occident et de son humanisme-masque de son impérialisme, de son hypocrisie, de son cynisme...ou de son aveuglement...

A l’heure ou j’écris ces lignes plus de 600 assassinés 2000 blessés ( dont une grande moitié de femmes et d’enfants)
un pays exsangue après plus d’un an de blocus
être gazaoui n’est pas tolérable pour l’occident qui pendant ce temps là s’empifre
les chrétiens tournent la tête ou chantent alléluia ! à Djénine
préférant adorer des ossements ou des pierres plutôt que de défendre les incarnations de l’être
oubliés les droits de l’homme , le devoir d’ingérence,
les resistants héroïques à l’impérialisme sont des terroristes
et de ce fait ne méritent même pas la condition d’esclaves...ni le nom d’homme !

quelques voix cependant murmurent... ouf !

Ainsi le jésuite égyptien Samir Khalil Samir, attaché à l’université Saint-Joseph de Beyrouth, expert du Proche-Orient

" Tant que les Israéliens et les Palestiniens obéiront à une logique de vengeance, leur conflit ne trouvera pas d’issue"...

Selon lui les bombardements ont été bien planifiés par l’armée israélienne, ( avec l’accord US...et choix d’une date...juste après Noël...et pendant les préparatifs de la grande bouffe !) désireuse de rétablir son image et sa réputation d’invincibilité, ternies après la guerre de l’été 2006 au Liban.

Depuis soixante ans, les Arabes ont vu que les Israéliens pratiquaient la vengeance, non pas en respectant la loi du Talion – « Œil pour œil, dent pour dent » –, mais en faisant toujours monter la violence d’un cran, avec une répression dix fois plus sévère.

Les Gazaouis savent donc parfaitement que plus ils envoient de roquettes sur Israël, plus il y aura de morts à Gaza. (...) pourquoi ? car les Palestiniens n’ayant plus rien à perdre – ils ont déjà perdu leurs terres ( les implantations se poursuivent), leurs maisons, leurs oliviers, leur honneur aussi –, (ils vivent dans un ghetto bouclé ...sans avenir) la seule chose qui leur reste est la dignité de donner leur vie pour la bonne cause. Si bien que chaque attaque d’Israël multiplie le nombre de militants palestiniens prêts à mourir en « martyrs ».

Protestations et manifestations contre les bombardements israéliens, tant en Occident que dans les pays arabes, n’ont que peu d’influence sur le gouvernement israélien. ( sutout qu’elle ne sont que paroles ...à quand le dirigeant qui osera se rendre à Gaza pour arrêter les bombes ?... quel dignitaire chrétien : le pape ? s’il osait... salir ses petits mocassins vernissés...il servirait au moins à quelque chose !)
Il est, de plus, difficile de critiquer l’État d’Israël, car on est aussitôt traité d’antisémite ( les médias sont bouclés).
Seuls les juifs eux-mêmes le peuvent – et encore, ils se font traiter de « self hating jews » (juifs se détestant eux-mêmes).

( Etrange destin d’un peuple d’exception naguère marqué par la Shoah et qui inconsciemment inflige à ses ennemis le même sort : ... psychologiquement on le sait bien les victimes ont toujours tendance a répéter un jour sur autrui les méfaits qu’eux même ont subi plus ou moins directement... et cela se vérifie chaque jour un peu plus...et pourtant on espérait de ce peuple de grands noms un peu plus d’intelligence...et à ses prix Nobel "de la Paix" qui lavent leurs mains dans le sang un peu plus de dignité !...quand à l’immense "diaspora" ...aucune critique : quelle déception !, quel aveuglement ! quel égoïsme !)

C’est en Europe qu’a été conçue et planifiée la Shoah, alors que le monde arabe n’a jamais connu de politique d’élimination des juifs au long de son histoire.
Ces derniers devraient faire une auto-analyse : pourquoi l’antisémitisme renaît-il à chaque fois qu’ils s’organisent en communauté ?
Ne serait-ce pas, comme l’écrivait Karl Marx dans La Question juive, parce qu’ils confondent solidarité religieuse et lobbying politique ?

La même auto-analyse vaut pour les musulmans qui mêlent constamment le religieux au politique.
Ainsi, lundi, Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, déclarait : « Notre Achoura, c’est Gaza » – référence à la célébration chiite d’Achoura qui commémore, en cette période de l’année, le martyre d’Hussein (petit-fils de Mohammed, tué à Kerbala vers 680). Les chiites évoquent généralement cette défaite d’Achoura en la transformant en victoire. Et cette année, Hassan Nasrallah fait croire qu’à Gaza, les Palestiniens qui meurent donnent leur vie pour Dieu et pour leur peuple, comme l’a fait Hussein. Une fois de plus dans ce conflit, on prétend agir « au nom de Dieu ».

La logique de cette guerre est qu’elle ne finira jamais.
Pour sortir de la vengeance, il n’y a qu’une solution : le renoncement volontaire à la violence, c’est-à-dire une non-violence de principe, par choix, mais « Pas de paix sans justice, et pas de justice sans pardon. » Non pas le pardon ingénu – du style « on passe l’éponge et il n’y a plus de problème » –, mais le pardon qui oblige au devoir de mémoire, en se rappelant les atrocités commises et les milliers de victimes de part et d’autre, et en disant à l’autre : « Je te pardonne car je veux recommencer à vivre avec toi. »
S’il existe des figures du pardon dans le judaïsme (tel David épargnant Saül qui cherchait à le tuer), il est plus difficile d’en trouver dans l’islam, d’autant qu’un verset coranique affirme : « Quand vous êtes en position de force, ne faites pas de concession. »...

Nous venons de fêter le centenaire de Claude Lévi-Strauss. La pensée de cet agrégé de philosophie, ethnologue autodidacte comme il aime le répéter, a traversé le siècle dernier et conserve aujourd’hui toute sa pertinence.

Pour Lévi-Strauss, « Il existe une logique des rites et des récits mythiques aussi nécessaire à la signification du monde que l’organisation présente ou future de l’univers.
Ces logiques-là nous les avons perdues comme nous ignorons les structures profondes de notre langage.
Nous nous croyons dotés d’une mémoire historique, ou nous réservons le titre de « mémoire » à ce qui est consigné, consignable en archives, énumérable en dates, alors que nous sommes devenus amnésiques sur l’essentiel et sur la majeure partie de nos traditions, à point nommées « immémoriales ».

Des amnésiques qui avons refoulé « l’homme nu », l’humanité foncière.

Nous prétendons faire l’Histoire « chaude » alors qu’à travers les millénaires et les continents, les hommes des civilisations « froides » - de la « pensée sauvage » - ont su et savent encore entendre la voix venue des proches profondeurs : profondeurs de l’inconscient culturel, du génie collectif combinatoire.

Nous voulons promouvoir et sauver l’homme bien au-delà de notre « humus », alors que d’obscurs et tenaces représentants de notre espèce ont dit et montré, montrent encore, ce que nous avons refoulé : les lieux d’émergence de l’humanité.

Aux tenants du je, sujet, homme-roi, Lévi Strauss oppose les témoins du nous, humanité. »

Cette relativisation de la culture occidentale a été fondamentale.
Et si l’on voit bien ici l’influence de Freud comme celle du linguiste de Saussure, la même question vaut pour ces génies qui ont révolutionné notre mode de penser.
Que devient la personne ?
N’est-elle pas perdue dans un déterminisme qui la dépasse et l’annihile

« A l’encontre des philosophies du sujet, Lévi-Strauss propose une double réintégration : réintégration du je individuel dans le nous de l’humanité ; réintégration de l’humanité dans la nature.

Nous avons mis en exergue de notre étude l’option en faveur du nom, option par laquelle Lévi-Strauss « assume sa condition d’homme » et prend part-aux tâches de libération des multitudes
humaines : « Me libérant par là d’un orgueil intellectuel dont je mesure la vanité à celle de son objet, j’accepte aussi de subordonner ses prétentions aux exigences objectives de l’affranchissement d’une multitude à qui les moyens d’un tel choix sont toujours déniés. »
Cette noble déclaration recèle néanmoins une certaine contradiction : d’un côté, j’opte pour le nous à rencontre des prétentions du je ;
de l’autre, je travaille à la libération de ceux qui, par leur situation de faim et de misère, ne sont pas en mesure de faire cette option.

L’humain dont je pars ou celui auquel doivent accéder les multitudes affamées, serait donc signifié par la capacité d’option...

Mais la seconde réintégration - dans la nature - se fait plus radicale : « Pas plus que l’individu n’est seul dans le groupe et que chaque société n’est seule parmi les autres, l’homme n’est seul dans l’univers.
Lorsque l’arc-en-ciel des cultures humaines aura fini de s’abîmer dans le vide creusé par notre fureur,
tant que nous serons là - et qu’il existe un monde - cette arche tenue qui nous relie à l’inaccessible demeurera montrant la voie inverse de celle de notre esclavage et dont, à défaut de la parcourir, la contemplation procure à l’homme l’unique faveur qu’il sache mériter : suspendre sa marche (...) ; celle faveur que toute société convoite, quels que soient ses croyances, son régime politique et son niveau de civilisation ; où elle place son plaisir, son repos et sa liberté ; chance vitale pour la vie de se déprendre. » Idéal de régression ?

Voici que, s’adressant aux croyants, LéviStrauss parle de finalité : « Le structuralisme est résolument téléologique ; après une longue proscription par une pensée encore imbue de mécanisme et d’empirisme, c’est lui qui a restitué sa place à la finalité et l’a rendue à nouveau respectable.

Les croyants qui nous critiquent au nom des valeurs sacrées de la personne humaine, s’ils étaient fidèles à eux-mêmes, argumenteraient d’une autre façon : si, devraient-ils dire, la finalité que postulent toutes vos démarches n’est ni dans la conscience ni dans le sujet (...) où peut-elle
être sinon en dehors d’eux ? »
Cette finalité n’est donc pas le fait du sujet : elle est dans la nature, dans ce « vouloir obscur qui, au long de millions d’années et par des voies tortueuses et compliquées, sut assurer la pollinisation des orchidées grâce à des fenêtres transparentes laissant filtrer la lumière... »

D’aucuns ont reproché à l’académicien de dissoudre le sujet dans la structure. Si l’on reprend les analyses des linguistes qui voient avant tout dans le langage un système où le sens naît de l’articulation des différents éléments, les cultures ne deviennent-elles pas des espaces clos ?
Que devient la transcendance ?

Cette question est de la plus haute importance. Encore faut-il la gérer en chrétiens et non en défenseurs aveugles d’une métaphysique ou d’un humanisme qui, restant marqués par la particularité, ne peuvent être identifiés comme tels, à la vérité.
Et comment ne pas voir émerger dans ce débat ce qui fait la spécificité du Christianisme ?

Pour nous autres, postmodernes, avec et après Lévi-Strauss, il ne s’agit plus de fuir dans un « arrière-monde » pour y découvrir une réalité enfin vraie .
C’est dans un ici et maintenant toujours précaire que l’infini a rendez vous avec notre finitude dans le jeu sans fin des langages et des cultures.
Pour nous autres, chrétiens, l’incarnation, comme poursuite de la création, est précisément ce moment où la vérité germe enfin de la terre (Ps 85] !

Enfantement douloureux comme en témoigne la passion et le caractère crucifiant (crucial !) de nos combats et débats ! Rencontre advenue une fois pour toutes mais dont les harmoniques sont encore à découvrir... Ce n’est sans doute pas pour rien que notre auteur était écologiste avant l’heure ! Paradoxalement, c’est en découvrant l’importance du « nous » et en détrônant le sujet solitaire, que l’on respecte l’autre culturel ou personnel en étant attentif aux différences qui « font sens » ! (Pascal Janin in Golias hebdo)

Voilà de quoi réfléchir en ce début d’année ...pour le reste la musique vous y aidera...
car le monde hexagonal est devenu d’une telle vacuité et d’un tel conformisme que des penseurs il n’y en a plus ...
ou bien alors murés dans leurs certitudes individualistes ils n’osent plus dire ...ni communiquer...

Quand à nous les déneigement nous accaparent...et puis un livre que nous rédigeons sur la vieille ermite de Léoncel ( des milliers d’écrits qu’elle nous a confié à lire) qui nous a quittée le 17 décembre pour un monde sans souffrance et renouvelé y compris dans sa personnalité même... c’est du, moins la très belle idée bouddhique de la renaissance... un autre être... une autre forme...qui portera le flambeau...
Sa dépouille ancienne repose sous la neige du petit cimetière de Léoncel tout enneigé...comme elle revêtue de sa chasuble blanche de dominicaine... quelle grande dame...torturée par le diocèse de Valence et un malade pervers pendant plus de 20 ans !
tout près de son bourreau qui en bon schyzophrène n’a montré aucune compassion... seulement un soucis de paraitre très très affecté ...et intéressé plus que jamais par des récupérations posthumes ...
gageons que le remord à la " Boris Goudounoff" va l’affecter sous peu... vous comprendrez en vous rendant sur le site de Léoncel

Je vous invite enfin à consuter celui d’un ermite en devenir qui en Thaïlande soigne les victimes du Sida...sa démarche est originale et nous resterons en contact ...

Il ne me reste plus qu’à vous renouveler mes voeux de santé, de bonheur et de bonne réalisation des vos projets les plus chers pour 2009...et à vous dire au nom de tous et de nos animaux : Bonne année !

ff+


Pour réagir : rmitte@free.fr


Témoignage paru dans le courrier international :

Les ministres arabes des Affaires étrangères, réunis au Caire le 31 décembre, n’ont pas réussi à adopter une position ferme vis-à-vis d’Israël. Cet échec confirme l’idée selon laquelle l’offensive contre le Hamas a été coordonnée et avalisée par certains pays arabes influents, notamment par l’Egypte et par l’Arabie Saoudite. Une armada d’avions crache du feu sur les civils palestiniens et noie leurs maisons sous les bombes, mais l’arsenal militaire israélien n’arrive pas à empêcher les tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza. Ces tirs continuent et ont même redoublé en nombre et en portée, atteignant désormais Israël en profondeur. Les régimes arabes "modérés" les qualifient de "futiles", mais ils ont paralysé sept grandes villes israéliennes, dont Ashdod, Ashkelon et Beersheba, et ont obligé près de 1 million d’Israéliens à se réfugier dans les abris.

Les Israéliens, venus en colons des quatre coins du monde pour s’installer sur la terre volée aux Palestiniens, voient progressivement s’évanouir leur rêve de stabilité et de tranquillité. C’est la deuxième fois en deux ans qu’ils ont l’occasion de s’en rendre compte. En 2006, la façade nord du pays avait reçu un déluge de roquettes tirées par le Hezbollah chiite. Aujourd’hui, la façade sud est frappée par le versant sunnite de la résistance islamique. Quand Israël a lancé son offensive sur le Liban en 2006, le monde occidental était resté muet pendant quelques jours afin de laisser aux chars et avions le temps d’accomplir leur tâche et d’éradiquer la résistance. Les pays arabes "modérés" s’étaient joints à eux. Ils avaient désapprouvé la Résistance, lui avaient imputé la responsabilité de la guerre et s’étaient attendus à fêter rapidement la victoire israélienne. Aujourd’hui, en revanche, les capitales européennes s’empressent d’organiser des réunions et de présenter des initiatives de cessez-le-feu parce qu’ils comprennent, contrairement aux régimes arabes, que cette offensive contre Gaza n’aura pas plus de succès que celle contre le Hezbollah en 2006 et ne fera que renforcer le Hamas au détriment des forces modérés en Palestine et plus généralement dans le monde arabe.

Les dirigeants européens commencent à deviner que la poursuite de cette bévue militaire comporte des risques. Elle pourrait coûter cher à leurs propres citoyens et à leurs infrastructures vitales telles que les aéroports et les gares. Les attentats de Madrid en 2004 et de Londres en 2005 avaient été provoqués par l’occupation américaine de l’Irak. Aujourd’hui, les images d’enfants déchiquetés par les missiles dans une bande de Gaza martyrisée auront probablement un impact plus grand encore sur les islamistes en colère sur le continent européen et en Afrique du Nord, où l’on verra peut-être les cellules dormantes d’Al-Qaida se réveiller et de nouvelles organisations encore plus sanguinaires émerger.

L’Europe doit se distancier de cette offensive parce qu’elle paiera un prix élevé pour les calculs égoïstes de certains politiciens israéliens. En 1967, les Israéliens ont vaincu les armées de trois pays arabes en six jours grâce à leur aviation et avec un minimum d’intervention de leurs blindés. Aujourd’hui, ils reconnaissent que les bombardements aériens ne sont pas suffisants pour venir à bout du Hamas. Leurs raids ne tuent que des innocents. Les hommes de la Résistance à Gaza qui défendent leurs familles et leur honneur préparent peut-être un nouveau miracle. Leur détermination enflammera la rue arabe et suscitera des manifestations contre les forces de l’ordre des régimes arabes alignés sur l’Amérique et Israël. J’ai été en contact avec mes frères et sœurs de Gaza depuis le début de cette offensive afin de leur témoigner de ma solidarité et de m’informer sur la situation. La situation est affligeante. Il n’y a ni eau, ni électricité, ni gaz et à peine de quoi manger. "Où sont les tonnes d’aide que les pays arabes se vantent d’avoir envoyées ? On ne trouve même pas de farine au marché !" m’a demandé l’un de mes frères. Un de mes cousins là-bas m’a dit que le plus grand problème n’était pas le manque de nourriture, les coupures d’électricité, les vitres brisées par les bombardements ou le froid sévère qui s’installe dans les maisons de ceux qui ont la chance d’en avoir encore. Le plus grand problème, ce sont les enfants terrorisés par le vacarme des avions israéliens et des explosions de leurs bombes. Et un de mes neveux m’a dit une phrase qui résonne encore dans mes oreilles : "Mon cher oncle, nous mourrons debout en défendant notre honneur et notre dignité. Se faire tuer par les balles israéliennes ou par les éclats de leurs bombes est plus noble que de mourir de faim ou de maladie !"

Abdelbari Atouan
Al-Quds Al-Arabi