Bulletin de l’Ermitage

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Lourdes J-3

Remballe ton Pape

mercredi 10 septembre 2008, par frere francois

POURQUOI NOUS NOUS OPPOSONS A LA VENUE DE BENOIT XVI. ?

Les 12, 13 et 14 septembre prochain, le Pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger) sera pour la première fois en France, invité par Nicolas Sarkozy. Cette présence du Chef du Vatican, cautionnée par l’Etat français, est inacceptable et constitue une attaque contre le mouvement social pour plusieurs raisons.

Une attaque contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Par cette invitation, Nicolas Sarkozy confirme sa position sur une « laïcité positive » qui ne devrait pas avoir « le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Il n’hésite pas à promouvoir l’intrusion de la pensée chrétienne dans les affaires publiques quand il dit que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Malgré les protestations, la rentrée prochaine verra « l’éducation civique » remplacée une « l’instruction civique et morale » aux relents de catéchisme républicain et d’obéissance aveugle aux règles. N’oublions pas aussi qu’en 2007, Christian Vanneste, député UMP-CNI du Nord, a envoyé à des établissements scolaires l’ouvrage « Homme et femme, il les créa », condamnant les théories de l’évolution et l’homosexualité.

Il y a une persistance des liens structurels entre Etat français et autorité vaticane. Le Président de la République a accepté le titre de chanoine. Christine Boutin, actuelle ministre du logement et de la ville, est nommée depuis 1995 au Conseil Pontifical pour la famille du Vatican, et son cabinet ministériel compte un prêtre, Jean-Marie Petitclerc [1]. Ces exemples constituent une attaque contre la laïcité instituée par la loi.

Une attaque contre les femmes

Les propos à l’encontre des femmes et de leurs droits tenus par l’Eglise catholique en général, et par Benoît XVI en particulier, sont rétrogrades, sexistes, misogynes et lesbophobes. Dans sa lettre encyclique Evangelium Vitae, il semble nécessaire à Ratzinger de rappeler les paroles prêtées à Dieu envers Eve, suite au prétendu « péché originel » : « Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi » (Genèse, 3, 16).

La supériorité divine des hommes sur les femmes organise la société dans toutes ses sphères : Ratzinger ajoute que « les femmes qui le désirent librement pourront consacrer la totalité de leur temps au soin du ménage […], tandis que celles qui désirent avoir d’autres activités pourront le faire, avec des horaires adaptés, sans être mises devant le choix de devoir sacrifier leur vie de famille. » A l’heure où les femmes occupent une large part des emplois précaires et consacrent une majorité du temps qu’il leur reste au travail domestique gratuit, Benoît XVI tient à leur rappeler leur place : le foyer et la famille. La famille, défendue par Ratzinger, est surtout le premier lieu de la violence domestique.

Une attaque contre le droit à la contraception et à l’avortement

Le catéchisme de l’Eglise catholique perdure : « le plaisir sexuel est moralement désordonné quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union. »

Puisque la norme est que sexualité et reproduction soient intimement liées, c’est tout d’abord au droit à l’avortement que l’Eglise catholique s’en prend. Des milliers de femmes meurent chaque année dans les pays où l’avortement est illégal. Là où il est légalisé, le droit des femmes à disposer de leur corps est attaqué sans relâche. En France, où 40 % des femmes avortent une fois dans leur vie, les services hospitaliers qui le pratiquent sont de moins en moins financés, sous l’influence d’un lobbying actif de l’Eglise catholique. Cette dernière promeut également l’extension de la clause de conscience – le droit des médecins à refuser de pratiquer l’avortement notamment – et indique qu’il s’agit d’un devoir.

Une attaque contre nos vies : le pape complice de la propagation du VIH

L’Eglise catholique s’en prend globalement à la majorité des moyens de contraception, y compris le préservatif qui permet de se protéger de nombreuses maladies sexuellement transmissibles et, notamment, du virus du Sida (VIH).

Dans un contexte mondial où la pandémie du VIH progresse et fait des ravages, continuer d’interdire des méthodes de protection des vies humaines, comme le préservatif, qui sont simples, peu coûteuses et efficaces est criminel.

Une attaque contre le droit de choisir son genre et sa sexualité

La Bible condamne l’homosexualité et Ratzinger décrit « l’inclination particulière de la personne homosexuelle » comme « un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral ».

Par ses propos, l’Eglise permet de légitimer toutes les discriminations et violences commises envers les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transexuel-le-s et intersexes (LGBTI). Elle fait perdurer un ordre moral qui condamne à la sous-citoyenneté toutes celles et ceux qui ne veulent pas s’y conformer. Cet ordre suppose qu’il n’existe que deux genres, « naturellement » déterminés par deux sexes, hommes et femmes nécessairement complémentaires, niant ainsi l’existence des personnes transgenres, transsexuelles et intersexes.

Une attaque contre la solidarité et les luttes sociales

A propos des immigré-e-s, le Pape a souligné que quiconque leur apportait son aide devait le faire « dans le respect de la loi faite pour assurer le bon déroulement de la vie sociale. » On voit que quand il s’agit de gens que la police rafle et emmène en centre de rétention, les capacités de protestation de l’Eglise catholique ne se sont pas beaucoup améliorées depuis la Seconde guerre mondiale.

Mais, plus globalement, Benoît XVI tient à envoyer un message clair contre l’émancipation : « il serait criminel de prendre les éléments de la piété populaire et de les orienter vers un plan de libération purement terrestre, lequel se révèlerait rapidement comme rien d’autre qu’une illusion ». Pour tous et toutes les opprimé-e-s, pour tous ceux et celles qui voudraient lutter pour voir leur situation s’améliorer ou qui aspirent à un monde meilleur, il suffirait de courber l’échine pour pouvoir atteindre le bonheur… mais seulement après la mort.

Nous sommes contre la violence et les discriminations de l’Eglise.

Nous sommes pour le droit de faire ce que nous voulons de notre corps, sans avoir à répondre à une norme, à une esthétique, qu’elle soit religieuse, sociale ou idéologique. Nous sommes pour le droit de choisir nos sexualités, sa/son/ses partenaires. Nous réaffirmons que l’accomplissement des femmes ne passe pas par la maternité, qu’elle n’est pas un destin biologique mais doit rester un choix.

Nous exigeons :

- que l’Eglise ne s’immisce pas dans la politique,

- que l’Eglise arrête de faire des déclarations criminelles,

- que les gouvernements français mettent tout en place pour s’affranchir de l’idéologie catholique,

- le libre accès et la totale gratuité des moyens de contraception et de l’avortement.  [2]


J-3

L’humanité attendait le retour du Nazaréen... c’est l’Eglise qui est venu.... disait Loisy

et quelle Eglise !

et en l’occurence pour nous son grand Pontife qui arrive en fin de semaine ... et ça commence à s’agiter fort dans les stalles et les sacristies ...
non pas à cause de l’été indien et d’un retour de sève...non !
mais de Mgr 22 que l’on a jamais vu si actif... et qui clame à qui veut bien l’entendre qu’on "ne connaît pas ce grand pape", qu’on a "beaucoup de chance" ... que ce dernier "gagne être connu " pour sa grande "tendresse"....enfin ! bref ... il vaut mieux en rire...un début d’Alzheimer peut-être ? ou plutôt une nouvelle rouerie... ou tout simplement de la lèche cléricale...

Aussi nous nous sommes aperçu ... et le manifeste d’introduction en témoigne - que nous n’étions pas les seuls à dénoncer la visite du vieillard aux mocassins vernis ,autocrate et autoproclamé ( l’Eglise ne connaît pas la démocratie ...pire que le PC...mais seulement le népotisme) représentant d’une structure obsolète qui n’a rien à voir avec l’Évangile du Nazaréen... mais se l’est attribué ...pour faire recette ... et se faire ainsi l’alliée du pouvoir romain jadis... occidental de nos jours...

Homme au passé douteux venu refaire surgir les superstitions et les obsolescences des temps passés , les vaines promesses , les fantasmes au lieu d’éveiller les consciences ... car il ne faudrait pas oublier que face à la main mise culturelle des religieux jusqu’au au XIIIème siècle qui ne souffraient aucune déviance ou "hérésie" sous peine de bras séculier ( c’est à dire de torture) il fallut que des laïcs aient l’initiative d’une Université libre et ouverte à tous : la Sorbonne pour que les idées commencent à circuler et que le Renaissance y fleurisse dégageant peu à peu les esprits des carcans ou ils étouffaient ...

et le "collège des Bernardins" dont nous parlions la semaine dernière ne fut qu’une tentative de plus de récupération de l’Eglise lorsqu’elle senti qu’elle avait échouée... et le représentant d’une vision hégémonique de la présence de l’Eglise comme aujourd’hui elle songe à le refaire

Il faut dire que l’Eglise n’a jamais aimé la laïcité française

"Lors d’une importante audience accordée à des ONG, Benoît XVI, le 1er décembre 2007, critiqua vivement la vision relativiste du monde qui y domine, invitant les catholiques à faire œuvre de lobbying ....ce qui n’est pas nouveau en Eglise

Sans vouloir dissimuler la stratégie qui était la sienne, le Pape invitait ses troupes à se rassembler et à se mobiliser pour finalement défendre et imposer à tous (et non seulement à ceux qui optent pour cette vision du monde et de la morale) des interdits que la majorité de nos contemporains, en conscience, n’acceptent plus aujourd’hui de suivre. La théocratie de jadis étant devenue impossible, le Pape cherche à imaginer un autre leadership, moral cette fois, et au nom des "valeurs naturelles" de l’humanité, humanité au sujet de laquelle l’Eglise se dit experte !!!

La sociologue Danièle Hervieu-Léger a montré que l’hégémonie juridique et politique de l’Eglise ayant volé en éclats, l’aile conservatrice de la hiérarchie tentait de se raccrocher à la défense de principes mis en cause par les évolutions sociétales : comme un dernier bastion qu’il entend défendre envers et contre tout. La conviction de Ratzinger au sujet d’une vraie et franche laïcité, comme celle de notre tradition française, est sans appel : « une telle séparation, que je qualifierais de “profanité” absolue, serait certainement un danger pour la physionomie spirituelle, morale et humaine de l’Europe ».

et notre président au Latran et aux semelles épaisses ( et à la femme qu’elle est belle ! ...qu’elle est ma femme !) trop content d’abonder dans son sens

Cette mise en cause très grave du sens profond de la laïcité, refusant l’idée d’un espace de neutralité possible par rapport à ce qu’enseigne l’Eglise en matière de mœurs, de mariage et de vie privée, constitue l’un des aspects les plus critiquables du Pontificat actuel. Avec aussi la crainte bien entendu d’un retour de bâton, c’est-à-dire d’un nouvel anticléricalisme (sinon antichristianisme) tant ces prétentions de hiérarques catholiques à dominer la vie des sociétés et des individus font et feront effet de repoussoir."  [3]

Et que dire de la politique de ce prélat et de la structure qu’il dirige qui s’allie les régimes les plus réactionnaires d’ Amérique latine et même des évangéliste, US ces va-t-en guerre, nouveaux croisés qui ne songent qu’à de nouvelles colonies ,possessions et contrôles d’âmes humaines qu’ils s’estiment le devoir d’éveiller, tous bouffis qu’ils sont de leur supériorité et de leur réussite matérielle ( qui ne semblent cependant pas les combler de bonheur)
...qui fait tout pour maintenir les régimes immobiles et inégalitaires ou une minorité de nantis et de repus font travailler les autres à leur profit, parfois avec des méthodes fortes ..et à grands renforts de processions, fêtes religieuses et autresidolâtries moyenâgeuses...
prônant patience et soumission... voire le bonheur éternel à des masses réduites par un nouvel esclavage....

L’Eglise s’appuie sur ces classes de nantis aux parachutes dorés au lieu d’inciter aux réformes sociales et aux innovations sociologiques dans l’esprit de l’humanisme qu’elle n’a certes pas créé mais dont elle s’est vite emparée pour en compléter ses dogmes ...

Elle s’appuie aussi sur des mouvements sectaires intransigeants et fanatiques où certains jeunes en mal d’eux même croient trouver un abri et une prolongation de leur "cocon familial" à savoir les mouvements traditionalistes, la légion du Christ fondée au Mexique par le Père Maciel ( soupçonné de pédophilie) et l’Opus dei de sinistre mémoire... qui noyaute les structures de l’état...

Ne doit-on pas lui appliquer aussi le traitement que l’on réserve aux sectes comme la scientologie ?

"une recherche du profit optimal" ,"escroquerie en bande organisée".
multiples manipulations bancaires, entièrement concertées dissimulation ensuite de ces gains personnels, tant à l’égard de l’administration fiscale que pour des raisons obscures".
"La circonstance de bande organisée s’applique d’autant plus (…) que les auteurs (…) sont liés par une relation amicale ancienne et des lien familiaux et d’alliance" sont des termes qui coviendraient non ? ( comme dansl’affaire Léoncel...un exemple parmis d’autres))

"Dans son combat contre le relativisme, Benoît XVI ne se contente pas de dénoncer des pensées libérales de l’Occident sécularisé et les visions du monde "laïques". Il s’inquiète de certaines opinions de théologiens catholiques au sujet des religions non chrétiennes. En effet, il existe une tendance récurrente à contester la prérogative catholique de posséder la vérité, en reconnaissant largement les autres religions comme des voies possibles de vérité vers Dieu, y compris sur le plan de la grâce du salut. D’emblée, Benoît XVI se montre hostile à une conception de l’islam trop positive, comme celle de Mgr Michael Fitzgerald, alors à la tête du dicastère du Vatican en charge de la question, écarté et "exilé" comme Nonce au Caire....
et lors de son périple bavarois de l’automne 2006, le Pape prononça une longue conférence, de style très élégant, à l’université de Ratisbonne. Fort intéressante au demeurant, cette conférence mettait en garde, en substance, contre toute tentation de séparer le spirituel et le rationnel, soit sous la forme d’un rationalisme se fermant à la dimension spirituelle, soit sous la forme opposée mais également déficiente et dangereuse d’une spiritualité refusant le service indispensable de la raison. Elle contenait pourtant un passage érudit, mais provocateur et explosif, dans lequel le Pape citait l’Empereur de Byzance Manuel II Paléologue (1350-1391-1425), lequel portait un jugement péremptoire sur l’islam en ces termes "montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines comme sa directive de porter par l’épée le message de la foi". Beaucoup de musulmans ressentirent cette citation pour le moins malheureuse et maladroite comme une injure et le Pape dut faire amende honorable. Même si le propos n’exprime pas du tout ou pas complètement la pensée de Benoît XVI, il est incontestable qu’il est beaucoup moins à l’aise sur le terrain du dialogue inter religieux que son prédécesseur....

Du côté des religions et des sagesses de l’Asie, ce Pape est d’ailleurs vu avec inquiétude, car on se souvient de son hostilité à la rencontre des religions à Assise ainsi que de son propos comparant ces sagesses à de l’"autoérotisme" spirituel, formule très malheureuse s’il en est.

Lors de son voyage au Brésil, dans son discours d’ouverture de la cinquième conférence de l’épiscopat latino-américain, à Aparecida, le Pape Benoît XVI exprima aussi sa conviction selon laquelle les indigènes étaient silencieusement en attente du Christ !!! ignorant superbement la singularité et le génie propre de ces spiritualités locales. Cela provoqua de vives protestations de la part de responsables religieux et experts des communautés amérindiennes, d’autant plus qu’il exonérait un peu vite, et contre l’enseignement de l’histoire, les responsables catholiques dans les crimes et abus des colonisateurs.

Au fil d’un certain nombre d’interventions, le Pape Benoît saisit nombre d’occasions de dénoncer le cynisme actuel, lié bien sûr -selon lui - au relativisme, et qui ne saurait aboutir, toujours selon le Souverain Pontife, qu’au nihilisme et à la destruction de l’humanité. Le Pape ne semble pas accepter que l’humanité puisse avoir d’autres ressources de survie et de progrès que la référence docile et soumise à une transcendance, considérée parfois avec une certaine étroitesse. Ainsi, lors de sa visite en Allemagne, sa mère patrie d’origine, Benoît XVI n’a pas hésité à fustiger en termes très durs l’Occident laïc qui, en excluant Dieu, fait perdre aux hommes leur identité.

L’esprit des lumières, évidemment présenté de façon caricaturale, voilà l’ennemi.

A l’évidence, cette insistance constante du Pape contre le relativisme est l’expression de sa structure mentale profonde, en fait binaire et d’empreinte néoplatonicienne avec une tendance persistante et insurmontée à opposer le monde d’en haut avec celui d’ici-bas, l’absolu et le relatif, l’éternel et l’éphémère.

Or, la singularité de l’expérience chrétienne pourrait bien résider au contraire, ainsi que l’a somptueusement compris un grand théologien comme Karl Rahner, dans l’incarnation, autrement dit dans le fait que le monde d’en haut ne soit plus à chercher en fuyant ce monde-ci (c’est tout le sens de la fête liturgique de l’Ascension) mais en son cœur, dans le fait que l’absolu se donne et se communique justement au travers des formes relatives et toujours évolutives de son expression et de sa compréhension rationnelle, et non pas dans une sorte de fixité marmoréenne, dans le fait que l’éternel puisse se vivre dans le temps et dans l’histoire.

Une perspective véritablement chrétienne, également mise en valeur en théologie par Marie-Dominique Chenu, à laquelle Joseph Ratzinger semble décidément sourd et de plus en plus. Il n’y a d’ailleurs pas de plus grand sourd que celui qui ne veut pas entendre ! Ce n’est pas le moindre des paradoxes : l’hyperorthodoxie dont Joseph Ratzinger se veut le champion n’est en fait... pas si orthodoxe que cela, puisqu’elle se constitue sur le fond de l’occultation de ce qui fait le christianisme dans sa nouveauté irréductible. En tout cas, on se laisse surprendre et étonner par l’absence d’une réflexion critique qui s’imposerait, de la part d’une intelligence aussi fameuse (de "fama" la réputation) que celle de Benoît XVI, sur le ressort de ses prises de position, pour le moins simpliste et discutable. Quelle carence de problématisation des arguments avancés et des cri
tiques opposées ! On en reste souvent confondu.

Si la théologie ne saurait renier sa vocation de confesser le mystère, de témoigner de la lumière qui l’habite, irréductible à un savoir humain, il est également de son mandat d’interroger les évidences, de les confronter au point de vue des autres, d’avancer dans l’intelligence de ce qui est proposé en contestant parfois le mode présent de compréhension. On a l’impression que par une étrange peur, que semble parfois trahir son regard, Joseph Ratzinger se dérobe à cette tâche pourtant si belle et exaltante, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.

Cette attitude intellectuelle défensive est apparue, notamment, au sujet d’une polémique concernant la mise en garde de l’alors cardinal Ratzinger sur la saga "Harry Potter". Le futur pape y dénonçait les influences négatives subtiles mais néanmoins, et peut-être justement pour cela, profondes, de cette série très populaire. Ce penchant à toujours mettre en garde contre des dangers éventuels, ce sentiment d’une menace permanente qui pèse sur l’intégrité de la foi et des mœurs est bien une marque de fabrique du Pontificat actuel."  [4]

Cet immobilisme se traduit bien sûr dans une affirmation de la mysogynie ecclésiale Benoît XVI parle d’une des « expropriations » de Marie

"Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Parce que celui qui veut sauver sa propre vie, la perdra, mais celui qui perdra sa propre vie pour moi, la trouvera. En effet, quel avantage un homme aura-t-il s’il gagne le monde entier, mais s’il perd sa propre vie ? Ou encore, que pourra donner un homme en échange de sa propre vie ? » (Mathieu 16 24, et versets suivants). Le Seigneur Jésus ne contraint personne à Le suivre, et il le dit clairement «  : « si quelqu’un veut… ». A ceux qui accueillent son invitation, Il pose des conditions précises, qui ont comme finalité précisément d’atteindre le Bien Suprême qu’est Dieu.

En d’autres termes, c’est comme si l’on disait : Si tu Me veux, tu dois renoncer à toi ; si tu veux Dieu, tu dois renier tout ce qui s’oppose, et est en opposition avec Lui, en commençant par ton égoïsme ! Ce langage apparaît « dur » seulement pour ceux qui ne veulent pas voir le « gain » extraordinaire d’un tel renoncement. Ce « gain » c’est Dieu lui-même : sa Vie, son amour, son Éternité. Et cela, ce n’est certainement pas peu de choses !

Le plus grand modèle de renoncement à soi-même, après Jésus, nous est donné à n’en point douter par la Sainte Vierge qui nous montre, par toute sa vie, à quelles hauteurs Dieu a pu l’élever ; Elle qui s’est faite la plus petite de toutes les créatures, qui s’est « abaissée » en dessous de tous.

Le Pape Benoît XVI parle d’une de ses « expropriations » : « La Mère du Chef est également la Mère de toute l’Église ; elle est, pour ainsi dire, totalement expropriée d’elle-même ; elle s’est entièrement donnée au Christ et, avec Lui, elle nous est donnée en don à tous. En effet, plus la personne humaine se donne, plus elle se trouve elle-même » (Benoît XVI, Homélie du 8 décembre 2005)

« Perdre sa propre vie », dans la logique de l’Évangile veut dire « la trouver » : « s’exproprier » pour se donner à Jésus, en devenant réellement Son disciple. Le Seigneur ne se contente pas seulement qu’on le suive, de manière telle, pour ainsi dire, que cela nous laisse comme nous sommes. Il veut « tout » de nous pour nous donner « tout » de Lui.

« Voici la Servante du Seigneur » (Luc 1, 38). C’est là le programme « d’expropriation de la Sainte Vierge. Une servante ne se possède pas elle-même, parce qu’elle est entièrement au service d’un autre. La Vierge Marie s’est consacrée tout entière à la Volonté de Dieu, parce qu’elle a décidé » de « perdre » son propre « moi », c’est-à-dire sa propre vie ; elle a voulu, tout au long de ses années, moment par moment, ne pas s’appartenir, pour pouvoir ainsi appartenir seulement à Dieu. Dans ces mots « comment cela se fera-t-il, car je ne connais pas d’homme ? » (Luc 1, 34), dit à l’Ange qui lui annonçait la naissance du Fils du Très-Haut, se trouve la clef pour comprendre sa totale appartenance : je veux être seulement à Dieu, et à personne d’autre !

Le 8 septembre, l’Église fête la naissance de la Bienheureuse Vierge Marie. Elle naissait, et, dans un certain sens, naissait déjà son fils avec elle de manière mystique, parce que Marie portait dans son âme une plénitude de grâce qui lui venait de Celui qui serait né d’elle. Elle avait été rachetée d’une manière sublime, « préservée » du péché « en prévision » des mérites du rédempteur. Voilà pourquoi l’on parle d’Elle comme d’une Aurore qui précède le Lever du Soleil.

Comme la lumière de l’aurore est une réverbération de la lumière du Soleil, ainsi, la grâce en Marie est une réverbération de la Grâce du Christ, qui provient de Lui et Le précède. Comme le commente profondément Saint André de Crète, en la fête de la naissance de Marie, commence à s’ouvrir pour nous le mystère de l’Incarnation du Verbe de Dieu, et en Lui nous sont donnés tous les biens. « Le mystère du Dieu qui devient homme, la divinisation de l’homme assumé par le Verbe, représentent la somme des biens que le Christ nous a donnés, la révélation du plan divin, et la défaite de toute autosuffisance humaine présomptueuse. La venue de Dieu parmi les hommes, comme lumière resplendissante et comme réalité divine claire et visible, est le grand et merveilleux don du salut qui nous est accordé. La célébration de ce jour honore la nativité de la Mère de Dieu. Mais la véritable signification et la fin de cet événement, c’est l’Incarnation du Verbe. En effet, Marie naît, est allaitée et a grandi pour être la Mère du Roi des Siècles, de Dieu ‘(2° lecture de l’Office du 8 septembre, par Saint André de Crète, Évêque)

Le cœur du croyant ne peut que s’ouvrir à la louange de la très haute grandeur de Marie, et lui adresser des paroles pleines d’amour et de vénération :"

Comment s’étonner dès lors et après de tels écrits que la société elle même ait du mal a reconnaître la place de la femme , on en reste aux propos de Luther qui disait que la femme est ;"bonne au lit et à la cuisine "et le reste du temps quantité négligeable

De tous temps l’Eglise lui préfère les statues ...comme à Lourdes où à Léoncel ou le gourou peureux de ces dames l’avait en plus mis dans une vitrine ; ; ;
Facile de chanter ou de s’onaner devant une statue ou un totem...
Une femme réduite le plus souvent à la docilité et à la maternité...plus difficile est d’oeuvrer pour lui faire toute la place ...pourtant la référence scripturaire à Myriam la mère du Nazaréen montre qu’elle était loin d’être une femme soumise elle qui ne fut pas la dernière à particaper aux luttes d’influence et de chapelles d’après la disparition de Jeshuah

Le rajout de la virginité est d’ailleurs contradictoire à l’état de mère montre bien une église de vieux mâles partagé entre le désir d’une féminité innocente un peu niaise... et la maternité essentielle au maintient de la structure des vieux mâles dominants

Heureusement que Madonna ces jours ci nous fait rire un peu sur le sujet en concert samedi soir au stade olympique de Rome, elle a dédié au pape Benoît XVI un de ses tubes les plus célèbres, Like A Virgin" (Comme une vierge).

"Je dédie cette chanson au pape, parce que je suis une fille de Dieu. Vous aussi vous êtes des enfants de Dieu", a clamé la chanteuse au micro avant d’entonner sa chanson, Like A Virgin, dans un stade comble et conquis.

I made it through the wilderness
Somehow I made it through
Didn’t know how lost I was
Until I found you

I was beat incomplete
I’d been had, I was sad and blue
But you made me feel
Yeah, you made me feel
Shiny and new

Chorus :

Like a virgin
Touched for the very first time
Like a virgin
When your heart beats (after first time, "With your heartbeat")
Next to mine

Gonna give you all my love, boy
My fear is fading fast
Been saving it all for you
’Cause only love can last

You’re so fine and you’re mine
Make me strong, yeah you make me bold
Oh your love thawed out
Yeah, your love thawed out
What was scared and cold

(chorus)

Oooh, oooh, oooh

You’re so fine and you’re mine
I’ll be yours ’till the end of time
’Cause you made me feel
Yeah, you made me feel
I’ve nothing to hide

(chorus)

Like a virgin, ooh, ooh
Like a virgin
Feels so good inside
When you hold me, and your heart beats, and you love me

Oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh
Ooh, baby
Can’t you hear my heart beat
For the very first time ?

Je l’ai fait à travers la bestialité
Tant bien que mal, je l’ai fait
Ils e savaient pas combien j’étais perdu
Jusqu’à ce que je te trouve

J’ai été battue incomplètement
J’étais triste et avait le blue
Mais on m’a fait jouir
Ouais, tu m’as fait jouir
Et je suis radieuse et neuve

Chorus :

Comme une vierge
Touché pour la première fois
Comme une vierge
Lorsque ton cœur bat
Avec le mien

Donnons nous tout notre amour
Ma crainte est que se dissipe la passion
Je la garderai cependant pour toi
Parce que seul l’amour peut durer

Tu es si beau et tu es mien
Faites-moi fort, oui tu me fais fléchir
Oh fais moi jouir
Oui, fais moi jouir
Pourquoi avoir peur et le froid etc...etc...

Le rejet de la sexualité est lui aussi tout a fait maladif et irresponsable devant la modernité humaine

"D’aucuns espéraient qu’après le moraliste Wojtyla, le théologien Ratzinger, non seulement se focaliserait beaucoup moins sur ces questions-là mais se montrerait même plus ouvert et moins intransigeant. Une sympathique rumeur laissait entendre dans les premiers mois du pontificat que le nouveau Pontife allait rompre avec le rigorisme wojtylien au sujet du divorce et qu’il lâcherait du lest, facilitant le "remariage". Il n’en a bien entendu rien été.

D’ailleurs, le contexte actuel d’une évolution sociétale en Occident très accélérée, avec par exemple le mariage gay en Espagne, secoue en quelque sorte le magistère pontifical. Le souverain pontife est alors comme automatiquement incité à faire preuve de fermeté et à porter l’accent sur ces antagonismes-là. On murmurait un temps que ce Pape serait plus large au sujet du préservatif et qu’il le tolérerait comme moindre mal, afin de combattre la pandémie mortifère du Sida. Là encore, toutes les attentes ont été très vite déçues. A l’occasion de la XVIIIe journée mondiale de lutte pour le Sida en 2006, le Pape s’est refusé à évoquer le préservatif comme un moyen acceptable de combattre l’affreux virus, insistant au contraire sur la continence !!!

Seul bémol dans ce constat négatif, le remplacement à la tête du conseil pontifical pour la famille du colombien Lopez Trujillo, décédé, connu
pour son intransigeance acharnée et combative, par un Italien plus souriant et plus souple, l’archevêque de Florence, le cardinal Ennio Antonelli. Conditionné par une sensibilité "platonicienne" qui tend à opposer la chair et l’esprit (alors qu’Irénée de Lyon au contraire souligne que c’est bien toute chair qui "verra "Dieu) ,
Joseph Ratzinger ne parvient pas à élaborer une anthropologie affective satisfaisante. Dans son encyclique sur l’"Amour" comprenant de magnifiques passages au demeurant, il entreprend une réhabilitation bienvenue et même nécessaire de l’"amour-éros" malgré le primat de l’" amour-agapè", évidemment très fortement réaffirmé. Pourtant, si "eros" n’est pas diabolisé, ce qui constitue déjà un progrès, il n’y a pas de moyen terme et de passerelle entre "eros" et "agapè" de sorte qu’en fait l’homme spirituel sera celui de la pure sublimation. Or, la fameuse dyade "éros et agapè" est évidemment très incomplète et il faut lui substituer une triade plus harmonieuse et plus continue : "éros/philia/agapè". Contrairement à "eros", "philia" est un amour qui ne vise plus tant l’autre comme un bien pour soi que pour lui-même, dans un élan de fraternité et de générosité, dans cette réciprocité amicale, qui inclut et intègre toutes les sphères de l’affectivité et le dynamisme passionnel. D’une certaine façon, "philia" est le
trait d’union entre "eros" et "agapè", l’un s’écoulant dans l’autre. Or, le schéma binaire qui tend à opposer les deux étages présente au contraire l’inconvénient de juxtaposer deux dimensions sans vrai échange entre elles. D’où cette morale souvent rigide et inhumaine qui ne transfigure pas de l’intérieur mais aligne des principes rigoureux abstraits sans prise véritable
sur une existence concrète, laquelle laissée à elle-même, est alors d’autant plus vulnérable à l’agitation des dynamismes passionnels, d’où parfois ce sentiment d’un hiatus effrayant entre ce qui est dit et ce qui est réellement pratiqué "

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Et puis des mots, toujours des mots sans action ni engagement véritable que serait celui d’un pape vendant quelques bien pour soulager la misère haïtienne, dénonçant les fondements du libéralisme et du capitalisme cause de pauvreté comme naguère l’Eglise le fit face au communisme qui l’avait prise pour modèle et dont certains thèmes étaient bien évangéliques

On peut rêver d’un pape s’engageant pour faire cesser la guerre ou les bombardements comme su le faire le pasteur Jackson à Belgrade sous les bombes de l’otan ou en se rendant à Guantanamo pour faire cesser le scandale ou en terre sainte pour dire que ça suffit comme ça ...mais il perfère rester dans ses salons vernissés à écouter du Mozart.. ;chacun son truc ...qu’aurait fait le Nazaréen à votre avis ?
et que dire des sommes colossales fiancées en sous main par la hiérarchie varticane ?

Et pourquoi ne pas adopter les travaux de la critique historique et traduire avec les mots d’aujourd’hui et en situation ce que voulait nous transmettre le Nazaréen au lieu d’en faire une caricature pour les superstitieux et une justification aliénante pour ceux qui croient encore au Père Noël !

....et puis il ya Lourdes et son exploitation financière éhontée de la misère et de la souffrance humaine...de ses superstitions au lieu d’éveiller, de soigner et d’instruire... une bien laide image en vérité où les drones [5] ont remplacé depuis lontemps les anges ou les madonnes en mal d’admirateurs...même si la récup gouvernementale sera là au secours médiatique d’un système à bout de souffle qui a dénaturé le Message d’Espérance évangélique pour mieux dominer.... et en tirer d’inadmissibles profits ... [6]

( à suivre...certainement...)

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cet article est celui d’un chrétien qui ne veut plus qu’on le prenne pour un c... et qui sait que l’évangile pour les pauvres et les rejetés est un inégalable message d’espérance pour tous ...à conditions que l’on ne s’en serve pas de cache sexe pour justifier autre chose...


[1elle même est membre de l’opus dei (n.d.l.r.)

[2Signataires : Marche mondiale des femmes, Panthères roses, Alternative libertaire, Offensive libertaire et sociale, Scalp , Ligue communiste révolutionnaire, Collectif libertaire de Bourges, La coordination des Collectif Unitaires pour une Alternative au Libéralisme de l’Hérault, Scab (Suisse), Sud-PTT, Ligue du droit des femmes, Dones D’Enllac (Catalogne), Collectif de pratiques et de réflexions féministes « Ruptures », Réseau féministes « Ruptures », Act’up-Paris, Mrap Marseille, Association culturelle des travailleurs immigrés de turquie, SOS sexisme, National Secular Society (Angleterre), Espoirs de femmes, Coordination égalité

http://remballe-ton-pape.over-blog.com/

[3extrait du dossier pdf gratuit et téléchargeable sur http://www.golias.fr/spip.php?article2305 Benoit XVI : le pape de la restauration

[4même référence que citation précédente

[5Après la papamobile : le papadrone
Le ministère de la Défense n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer la sécurité du Pape pendant sa visite en France la semaine prochaine : un drone, des hélicoptères, des chasseurs, un avion-radar… De quoi faire rêver les soldats français d’Afghanistan.

Benoit XVI, qui entame sa tournée en France le 12 septembre prochain, ne sera peut-être pas le Pape le plus populaire, mais il sera le plus protégé. Pendant les trois jours que sa Sainteté passera en France, il bénéficiera d’un dispositif de sûreté aérienne inédit : à côté des traditionnels hélicoptères, on trouvera des chasseurs et un avion-radar. Mieux : l’armée de l’air étrennera pour l’occasion un drone Eagle. Ce sera l’une des premières sorties de cet engin déclaré bon pour le service en juin dernier.

Cette débauche de technologie laisse songeur, surtout au moment où les experts comme les militaires pointent la faiblesse des moyens du renseignement aérien français en Afghanistan. La question avait particulièrement fait débat lors de l’audition du ministre de la Défense par les commissions ad hoc de l’Assemblée nationale après la mort des dix soldats français.
Sur place, l’armée ne dispose, en effet, que de deux hélicoptères. Surtout, elle n’a pu déployer aucun drone, la France en étant largement sous-équipée. Déjà en octobre 2007, lors d’une audition devant la commission Défense de l’Assemblée, le député Yves Fromion soulignait « qu’en matière de drones, la situation est calamiteuse. Les ruptures capacitaires sont très importantes ». Preuve en est aujourd’hui. S’il n’est pas sûr que l’engin suffise à déjouer les multiples embuscades afghanes, sur un théâtre d’opérations, les drones sont bien souvent les « yeux » indispensables des forces engagées.

L’Afghanistan plutôt que le Vatican
Journaliste à Libération, spécialiste des questions de défense, Jean Dominique Merchet l’expliquait sur son blog après l’attaque qui a causé la mort des dix soldats français « La colonne française a été attaquée dans un col. Elle n’avait, au sens propre, pas la capacité de voir au delà de la colline. Des moyens aériens, drones ou hélicoptères, auraient pu précéder la colonne et reconnaitre les lieux ». Interrogé dans France Soir, Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône, président de la commission de Défense de l’Assemblée nationale, allait plus loin : « Si un drone avait survolé les lieux avant le passage des soldats, sans doute aurait-il détecté la présence des Talibans venus en masse et avec d’importants moyens ».
Que vaut la sécurité d’une poignée de troufions français face à l’hypothèse d’une tentative d’agression sur sa Sainteté Benoît XVI ? Vous avez désormais la réponse

[6Le « produit Lourdes semble bien positionné » , assure une étude de la chambre de commerce des Hautes-Pyrénées. En cette année du 150e anniversaire de l’apparition de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, ponctuée du 13 au 15 septembre par la visite du pape Benoît XVI, le pèlerinage pourrait battre son record d’affluence : de 5 à 6 millions de visiteurs annuels, l’évêque de Lourdes, Mgr Perrier, espère passer à 8 millions en 2008. Pour ce week-end du 15 août, fête de l’Assomption, 70 000 pèlerins sont attendus sur deux jours ; pour la visite papale, 250 000 autres sont prévus.

Bonne franquette. A Lourdes, religion et hôtellerie ont toujours fait bon ménage. D’innombrables pèlerins mal portants viennent chercher réconfort physique et moral dans la cité mariale qui compte 223 hôtels, 14 000 chambres et 28 000 lits, soit deux fois plus que d’habitants. Avec ses 3 millions de nuitées annuelles, Lourdes est la deuxième ville hôtelière de France, après Paris. Sauf que ce mélange bien compris des genres - spirituel et matériel - paraît aujourd’hui compromis : 143 hôtels lourdais, soit deux sur trois, sont menacés de fermeture pour raisons de sécurité. La plupart ont été construits au début du XXe siècle, à la bonne franquette, et ne correspondraient plus aux normes actuelles.

Jean-Marie Attard, président local de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH), dénonce un « délire sécuritaire » de technocrates « préventionnistes » faisant peser une « épée de Damoclès » sur les hôtels de Lourdes. Pour l’instant, les avis de non-conformité n’obligent pas à fermer les portes tout de suite, sous réserve de travaux à venir, et une trêve papale semble être instaurée. « Actuellement, l’office de tourisme cherche désespérément des chambres en raison de l’afflux de visiteurs, prévient Jean-Marie Attard. Mais après la visite de Benoît XVI, j’ai peur qu’on siffle la fin de la récréation. » Les hôteliers n’envisagent pas de profiter de la présence du pape pour manifester - « ce serait malvenu ». Mais l’économie hôtelière lourdaise est à redéfinir.

Réfractaires. Le business marial n’intéresse pas les grandes chaînes (Ibis, Campanile…), les pèlerins manquant de pouvoir d’achat : même en pleine année jubilaire, une chambre double dans un hôtel trois étoiles ne peut guère dépasser 40 euros la nuit. « L’hôtellerie saisonnière, familiale et indépendante ne compte pas ses heures de travail, souligne Jean-Marie Attard. Mais ce n’est pas assez rentable pour les grandes chaînes. » La concurrence, ce sont plutôt ces « résidences hôtelières » où les visiteurs font eux-mêmes leur cuisine, peu génératrices d’emplois (dix fois moins que dans un hôtel). Financées grâce à la défiscalisation, elles sont louées pendant dix ans par des investisseurs avant de leur revenir en pleine propriété. Ces réfractaires aux impôts étant peu soucieux de les occuper, ces résidences deviennent alors, selon l’expression désormais convenue, des « lits froids ».

Au sein de la municipalité de Lourdes, nul n’est indifférent à cette problématique qui rapporte 3 millions d’euros de taxes par an. Le maire, Jean-Pierre Artiganave (ex-UDF passé à l’UMP), possède une brasserie à proximité des sanctuaires et un commerce d’objets de culte. La fréquentation ne saurait le laisser insensible. Par pudeur, sans doute, son secrétariat renvoie Libération à l’office du tourisme.

Podium. L’autre manne du « produit Lourdes » concerne plus directement la direction des sanctuaires (lire page 3), à travers les dons, legs et ventes de cierges. L’affaire Zambelli (lire page 4), du nom de ce recteur ayant accumulé sur son compte bancaire personnel 427 000 euros de dons et legs, révélée par le Canard Enchaîné, fait craindre un baisse de la générosité publique. Car même si le père Raymond Zambelli n’a détourné aucun fond des sanctuaires, le fait de ne leur avoir pas rétrocédé des dons versés intuitu personae (à titre personnel) a choqué. D’autant que, dans le cadre de la visite de Benoît XVI, les sanctuaires de Lourdes font actuellement appel à la charité publique en vue de financer 1,8 million d’euros de dépenses papales (podium, écran géant, salle de presse, sanitaires…). Le père Zambelli, dont l’épargne accumulée aurait pu y contribuer modestement, y va de sa louange de la « générosité d’une multitude de bienfaiteurs invisibles » permettant aux sanctuaires de mieux accueillir « les personnes malades et handicapées » (1). De la parole au geste ?

Avec plus de 6 millions de pèlerins par an, les sanctuaires de Lourdes gèrent un budget colossal d’une trentaine de millions d’euros annuels. Mais 2007 « n’a pas été une bonne année », selon le directeur général des sanctuaires, Francis Dehaine. Lourdes a perdu de l’argent (58 0000 euros), notamment en raison de « la stagnation » des offrandes et « d’un très faible niveau des legs ». Les contrôles sont permanents sur les sommes brassées par les sanctuaires. Près de 12 millions d’euros circulent en liquide à travers les offrandes, c’est-à-dire les cierges, les troncs et les quêtes, collectées après chaque messe.Les procédures sont donc extrêmement rigoureuses afin d’éviter toute tentation (lire page 4). « Nous prenons énormément de précautions pour faire en sorte que chacun ait le rapport le plus clair possible avec l’argent », souligne le directeur général des sanctuaires. Cinq personnes, laïques et assermentées, travaillent à la collecte. Elles ne sont jamais seules, n’ont pas de poches, et évoluent en permanence sous l’œil de caméras.

Trois autres millions proviennent ensuite des dons et des legs, pour lesquels les croyants sont sollicités, par courrier, deux fois par an. Et le reste découle de toutes les activités connexes du pèlerinage : l’hébergement, la restauration, les achats en magasins, la vente de livres, revues, CD, DVD, etc. Forte de 440 salariés, la SARL des sanctuaires est la plus grosse PME de Lourdes et compte plus d’une soixantaine de services, dont l’expédition d’eau de la source mise au jour par Bernadette Soubirous. Environ 10 000 m3 de cette eau sont consommés chaque année sur les sanctuaires et 389 413 personnes se sont immergées dans l’eau des piscines en 2003. Autre service important des sanctuaires, la ciergerie et ses employés appelés « feutiers ». Entre 800 et 900 tonnes de bougies sont brûlées chaque année et les « feutiers » veillent sur les vingt-sept brûloirs qui peuvent accueillir 5 400 cierges, de 150 grammes à un kilo.

2008 sera une date forte pour les sanctuaires. Avec la venue du pape, c’est entre huit et neuf millions de pèlerins qui sont attendus cette année.


Un curé à la charité désordonnée
La PJ de Bordeaux enquête sur l’origine du magot du recteur des sanctuaires de Lourdes.
De notre correspondante à Bordeaux LAURE ESPIEU

L’histoire d’un petit curé normand, de 35 ans, encore jeune et très attachant, qu’une de ses ouailles prend en affection, qui devient rapidement son obligé, et à qui la généreuse bienfaitrice fait amasser, en trois décennies, un pécule plus que conséquent. C’est le doux récit du père Zambelli. Une fable sans rebondissement, dans laquelle le recteur des sanctuaires de Lourdes (Hautes-Pyrénées) tient le premier rôle, celui du veinard en soutane. Une histoire qui avait tout pour finir bien, si elle ne s’était pas retrouvée sous les feux d’une enquête menée par la PJ de Bordeaux, et si les 427 000 euros accumulés n’avaient pas fini par susciter beaucoup de questions.

Générosité. L’affaire a débuté la première semaine de juin, avec un signalement de Tracfin, la cellule de lutte contre le blanchiment d’argent du ministère des Finances, alerté par des mouvements de fonds importants, et sans proportion avec les revenus officiels du prêtre, évalués à 8 700 euros par an. Le parquet de Tarbes (Hautes-Pyrénées) est saisi, et une enquête est ouverte. Avec, en toile de fond, des doutes sur l’origine exacte de l’argent. Voire un éventuel soupçon de détournement. « Structurellement impossible », rétorque l’évêque de Tarbes-Lourdes, Mgr Jacques Perrier, pour qui le circuit financier des sanctuaires est absolument hermétique (lire page 3). Aucun doute aux yeux du prélat. Le dossier est simple, il se résume aux tristes aléas de la générosité : « Il y a des gens à qui l’on donne volontiers et d’autres pas. Ça dépend de la personne. C’est comme en affaires. Certains réussissent et d’autres non. Les premiers ne sont pas forcément malhonnêtes pour autant, ni les autres des imbéciles. »

Pourtant l’évêque lui-même reconnaît n’avoir jamais accepté de cadeaux. Sinon une voiture offerte par les paroissiens à son départ de Paris pour Chartres, et dont le besoin était « en rapport avec cette nouvelle charge de campagne ». Zambelli, lui, ne s’est sans doute pas posé autant de questions. Serein, il fait mine de ne rien comprendre à ce tapage. Et, avec la candeur du personnage paisible pris par des événements plus grands que lui, il raconte une histoire débutée en 1978, à Courseulles-sur-mer (Calvados), petit port du diocèse de Bayeux-Lisieux. C’est là qu’il rencontre cette femme pieuse, sans enfant, et désireuse « d’aider un prêtre », qui commence par lui offrir une maison. Zambelli accepte. Donation est faite « en bonne et due forme ». Puis le curé revend le bien en 1996, pour cause de mutation à Lisieux. Il empoche alors 800 000 francs (122 000 euros) dans la transaction. Un « petit pécule » qui va rapidement prospérer, puisqu’à la mort de son mari, la paroissienne récidive, et verse désormais au prêtre 5 000 francs (750 euros) par mois, afin qu’il célèbre des offices à la mémoire du défunt. L’affaire court pendant vingt-trois ans. Encore agrémentée, depuis son arrivée à Lourdes il y a cinq ans, de nombreux dons de pèlerins, pour un montant de près de 20 000 euros par an.

« Plaisir ». Certes, les prêtres diocésains ont tout à fait le droit de recevoir un don à titre personnel. Et si cette intention est clairement manifestée, rien ne les oblige à le reverser à la paroisse. Aucun contrôle n’existe à ce niveau, et chacun en fait l’utilisation qu’il veut. N’empêche que de tels cadeaux restent du jamais vu. « Il m’est parfois arrivé qu’on me glisse 100 euros à Noël, se rappelle un prêtre parisien, mais c’est la première fois que j’entends dire qu’on donne une telle somme sur tant d’années. » L’affaire fait grincer des dents. « Je connais beaucoup de prêtres, et je n’ai jamais entendu parler de rien d’équivalent », affirme le directeur général des sanctuaires, qui s’avoue même « très surpris ». Pour le curé parisien, le sentiment reste que « ça ne sent pas bon ». « Ce qui me choque le plus, c’est que beaucoup de prêtres vivent de manière quasi misérable. Il y a dans cet écart quelque chose de pas net. » Zambelli se montre sans équivoque sur sa ligne de conduite. « Quand on veut faire plaisir à quelqu’un, on lui dit : "Ça, c’est pour vous, pour vous acheter un livre, pour vos loisirs ou vos vacances". » Et d’ajouter : « Je n’ai jamais dit non. Quand on me donne quelque chose, je remercie, je le prends. Je fais plaisir, et ça me fait plaisir. » Quant aux questions spirituelles de partage, elles ne lui posent manifestement aucun cas de conscience. Pour l’heure, la justice reste prudente. Ni le prêtre ni sa bienfaitrice n’ont encore été entendus. Et le parquet général de Pau élude, arguant que « l’enquête commence à peine », et que « les vérifications bancaires demandent un certain temps ». « Il faut remonter tous les comptes sur une longue période, c’est un peu un travail de bénédictin », confirment les enquêteurs. Aujourd’hui, il serait « encore un peu tôt pour se faire une opinion, dans un sens ou dans un autre ».


. « Honte ». Visiblement très affecté par l’affaire, plus d’un prêtre dit aussi sa « honte du goût pathologique pour l’argent qu’une telle conduite manifeste ». Concernant la maison offerte au père Zambelli par une paroissienne, le père Auzenet s’insurge : « Mis à part la maison de ses parents, s’il est fils unique ou si ses frères ou sœurs n’en veulent pas, je ne vois pas comment un prêtre peut accepter la donation d’une maison sans la rétrocéder à son diocèse… » Sur les 750 euros mensuels versés par la même paroissienne pour la célébration de messes en l’honneur de son défunt mari, le père Auzenet est tout aussi catégorique : « La règle est de ne prélever que 25 honoraires de messe par mois [soit 25 x 15 = 375 euros, ndlr], le reste revenant au diocèse pour d’autres prêtres. » ( renseignements tirés de Libération)

Messages

  • Je me souviens au décès de Jean-Paul II il eut une journée de deuil dans toute la France. Les syndicats avaient dénoncé cette action de l’État, donc au fond rien de nouveau avec Benoît XVI. Je vois plus ici un ’signe des Temps’, que l’on soit d’accord ou pas avec les propos des Papes, depuis Jean XXIII, il semblerait que ces derniers attirent encore d’immenses foules, ils répondent à un besoin et démontrent par ces foules une déception des grandes promesses du 20e siècle dans toutes les sphères des activités humaines. L’ère du Poisson est bel et bien révolue, symbole du Christianisme, dans son pouvoir temporel : rien à craindre d’une Croisade où le Pape prendrait l’uniforme du soldat. Le seul pouvoir qui reste est celui de l’influence sur la masse qui fait bien l’affaire de plusieurs États du monde, les Papes contribuent à donner à ces États plus de pouvoir et d’un Ordre Moral très chère à Bush père et fils : témoin de la présence de Bush aux funérailles de Jean-Paul II.

    Il y a tout de même quelque chose qui interpelle, de significatif dans la continuité de l’Église. Je me demande jusqu’à quel point Jean-Paul II mettait tant d’espoir au Cardinal Ratzinger. Quand il était enfant, Jean-Paul II a connu les souffrances de la guerre, il a vu en rentrant chez lui son père mort par terre, il a survécu à la guerre en se cachant. Ratzinger lui appartenait à la jeunesse hithlérienne. Malgré celà Jean-Paul II le nomme comme son bras droit en terme de Dogmes et des questions de la Foi : ironique ou c’est Dieu qui parle dans l’Histoire des Hommes. Humainement c’est sans doute ironique, mais en sachant que l’Église est la plus vieille institution depuis 2000 ans, que c’est le seul gouvernement qui a survécu à bien des désordres de tout genres, je ne peux m’empêcher de voir une certaine Sagesse dans cette continuité. En tout cas il a quelque chose qui dépasse notre entendement ou de notre conception de gouverner : l’Église appelle ça la Tradition.

    La place de la Morale prend une ampleure immense dans les discours du Pape. Chacun est libre de suivre ou pas ces préceptes comme chrétien engagé ou non. Mais ce qui résume le plus ces discours, ils rappellent que toutes les activités humaines ne doivent pas nous détourner de l’essentiel : Christ. Ces discours appellent à la responsabilité face à nos actions. J’entends déjà qu’il ne prêche pas par l’exemple. Soit, c’est selon nos attentes ou de nos interprétations. Moi je vois plus la personnalité de tel Pape. Jean-Paul II avait ce charisme de la communication et des gestes symboliques ; il est allé visiter en prison celui qui lui a tiré dessus. Benoit XVI est un intellectuel, il faudra mettre nos attentes dans ce sens là. Il a déjà dit que sa grande source de consolation a été la Musique, dans ses moments de solitude et de difficultés ; il ramène très souvent dans ses discours ce retour aux sources de la Culture qui a contribué à bâtir l’Europe. Dans ce sens là il est congruent entre ce qu’il est, ce qu’il a vécu et de ce qu’il énonce. Comme on dit : ’Chacun son métier et les vaches seront bien gardées’.