Bulletin de l’Ermitage

Accueil > Ballade Pacifique > Tous-Un revisited (9)

En direct de notre ermitage sur les flots

Tous-Un revisited (9)

Pitcairn et Rapanui nouveaux témoins de l’essentiel d’une Toussaint revisitée

jeudi 1er novembre 2007, par frere francois

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes

Ils s’en vont dans le soir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps

Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscites
Et les deux escargots
Sont très désappointés

Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit :

Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plait
L’autocar pour Paris

Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dit
Ca noircit le blanc de l’œil
Et puis ça enlaidit

Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie !

Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l’été

Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été

Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux

Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel

La lune veille sur eux.

un petit texte de Prévert
pour ceux qui confondent toujours toussaint et fête des morts...
même si en cette saison de nuages et de brumes
les fantômes sont prompts à revenir...

ceux disparus trop tôt, avant nous
morceaux de nous même
que dans notre soucis de recroquevillement hivernal nous avons du mal à enfouir à nouveau
ou ceux qui surgissent par manque de place
utile remémoration de ce que nous sommes constitués
pièces détachées d’autres phagocytés ou croisés
avec une touche personnelle liée à notre trajectoire
unique elle !

Notre Toussaint à nous nous l’avons vécue sur ces îles battues par le vent , le sel, l’infini
sur ces paysages volcaniques aux horizons immenses
aux couchers de soleils drapés de pourpre et d’ocre à en pleurer
sur ces espaces qui font éclater les poumons
et revivre les morts

Tels sont Pitcairn et Rapanui nos deux dernières escales
Pitcairn l’irréductible
Rapa Nui la dévastée
mais où l’interrogation demeure
en ces regards de pierre dressés devant l’océan immense
de cette attente patiente d’infini et d’espace
toutes deux pays de l’homme oiseau qui libre comme lui se refuse à la cage
à la servitude et l’acceptation des veaux et des esclaves trop tôt soumis par manque de courage
le message du Christ lui de toujours a été :

soyez libre !

N’en déplaise à ceux qui chaque jour un peu plus veulent en faire une doctrine de soumission
non ! les règles n’existent point elles sont à inventer
la vie ne se met pas en cage ou en statistiques
les hommes sont partout libres d’aller et venir et toute la terre leur appartient
n’en déplaise aux nabots qui pour n’avoir su le comprendre
tel Alberich le roi des gnomes qui vola un jour l’or du Rhin
qui rayonnait harmonieusement pour tous
en fit un anneau de pouvoir cynique
sans se douter que par là même il déséquilibrait l’harmonie du créé
et que la malédiction de son acte égoïste s’y insérait pour toujours

De ces jours passés je ne sais, je ne saurais
même en tordant les mots et les phrases vous en transmettre
l’essentielle beauté
de celle qui réconcilie
dans le silence des plateaux aux chevauchées folles
devant les visages de pierre témoins silencieux et impavides
sentinelles en attente de l’infini retour
gardiens de l’espoir qui jamais ne saurait s’éteindre
celle d’une civilisation toute entière dévouée à l’absolu
et où l’homme oiseau fut le symbole ultime devant lequel seuls ils acceptaient de se soumettre

Rapa Nui immense silence du temps du rythme de l’odeur
crissement d’herbes sèches de cris rauques des sternes
craquement de granit
sous le martèlement des sabots
a Rapa nui nous avons communié avec tous ceux qui dans la solitude volontaire ou subie
acceptée ou révoltée

résistent

Nous avons partagé la même chair
nous avons bu à leurs sources de sel
nous nous sommes unis à leurs rêves
à leur orgasme même
pour essayer de leur dire combien ce chemin était beau
si l’on prenait le courage de le parcourir

Avec ceux des révoltés de Pitcairn le temps d’une veillée
nous nous sommes souvenus des chants d’un film magnifique conté jadis par Jess
curieusement un ami du net m’en avait retrouvé les paroles et miracle
du net me les avait envoyées

je vous les livre pour qu’une fois encore
nous puissions les chanter ensemble
ou les méditer en silence
en une véritable tous-un
une vraie libation d’amitié
une communion vraie de souffrance de joie et de fraternité

tels ont été pour nous les messages de ces deux rochers ermites
qui ont choisis le pacifique pour désert,
ermites à leur manière
longuement rêvés ils n’ont point déçu
livrant toutes leurs promesses
dans un messages sans dit
comme naguère dans la forêt amazonienne
un chamane nous avait révélé l’essentiel

Kalaïwa

et aujourd’hui encore le chamane était encore là

la sphère des connaissant est toujours tissée
ce net de pensée et de communion d’esprit
qui sans informatique par delà les langues et les cultures
depuis toujours unis ceux qui participent à l’aventure de la vie
bêtes animaux et plantes n’en sont point exclus
et même la matière qui parle elle aussi à sa manière
par le seul fait qu’elle est ressentie
saisie par la conscience d’un être
qui s’éveille

à l’essentiel

mystère de l’être
mystère de vie

Chers amis
Je suis ivre, ivre d’une coupe éternelle
Rempli d’un amour solide
Qui ne m’abandonnera jamais

Viens chanson
Donne l’ordre de boire
Pour devenir ivre
Remplis chaque coupe
Chaque coupe qui se vide
Pour que les âmes se remplissent d’amour

Pour que le feu de l’amour
Nous brûle la peau

Pour que vides de nous-mêmes
On se remplisse d’amour

Chers amis
Je suis ivre, ivre d’une coupe éternelle
Rempli d’un amour solide
Qui ne m’abandonnera jamais

Car le coeur de celui
Qui n’a pas brûlé à l’amour

Celui qui n’a pas été
Esclave de l’amour
Ne connaîtra jamais
Les secrets de l’au-delà

Et ne connaîtra jamais
L’unicité de l’Être

Seul la musique permet d’exprimer ce que nous ressentons à ce jour,
Nico initie peu à peu Nat au violon... qui seul permet de parler de l’âme
comme la flûte elle sait parler de son souffle
et la guitare du rythme des cœurs qui battent synchrones à l’unisson de l’Être
dans des accords qui élèvent l’âme dans les nues

Il est tellement simple de vivre heureux que nombreux sont ceux qui passent à côté
alors que l’immensité océane les attend
de civilisations millénaires de sagesse aussi

Non l’occident n’est pas le nombril du monde
laissez le croire comme les sots qu’il est inutile de vouloir convaincre
et videz le de sa substance
en fuyant

laissez les morts enterrer leurs morts et le fric étouffer ceux qui en sont déjà cousus
laissez les réglementer, gérer, produire, interdire, se consumer
et s’intoxiquer peu à peu de leurs déchets
de leur excréments, de leur pléthore infâme
dans ce monde d’égoïsme et de méchanceté

et vous fuyez vers l’ailleurs pour vivre de liberté !
refusant de vous laisser piéger
par ces miroirs dérisoires
cette matérialité de pacotille
vers ces espaces neufs emplis de transparence et de pureté

les richesse des océans et du monde vous attendent !

Un jour viendra couleur de mer qui chante
Où ta barque amarrée au port s’éveillera
Et dansera d’amour sur la vague géante
Dans les bras du soleil qui la caressera

Ce jour là vers l’enfant qui marche dans ton ombre
Tu tendras tes deux mains... et alors ce sera
Le plus clair des matins sur la nuit la plus sombre
Et ta barque légère au large glissera

Puis tu aborderas sur l’île au cœur de l’Être
ET les fruits seront mûrs dans un verger nouveau
Terre du Vrai, loin de l’Avoir, loin du Paraître...
Sur un arbre vivant nichera l’ oiseau

Et l’oiseau redira les mots d’une promesse
Pour toi seul :" Moi aujourd’hui je t’ai engendré"
Et tu liras ton nom en lettre d’allégresses
Dans le poème offert au vent des lendemains sans fin

( inspiré de Madeleine Jacot Verdeil)

Bonne Toussaint à tous de la part de l’équipage du Kalliste

fraternellement

ff+


PS a tous ceux qui ayant perdu un être cher ont du mal à se reconstruire je recommande le livre de Lytta Basset " Ce lien qui ne meurt jamais" paru chez Albin Michel .
Il est magnifique ( ce qui ne m’étonne point de Lytta.. ;née elle même à Raïatea...en Polynésie...ça ne s’invente pas !) et j’aurai peut-être l’occasion de vous en parler à nouveau
Pour le commander au profit de l’ermitage

Ce lien qui ne meurt jamais


La suite de nos aventures sera disponible durant toute la période estivales et automnale aux adresses suivantes

http://rmitte.free.fr/ermitage/2007/pre0.htm pour tout ce qui concerne notre position en mer, nos aventures, les événements traversés, nos découvertes , la rubrique est confiée à Jess

à cette adresse sur le Bulletin une serie de réflexions inspirées de ce que nous ressentons et contemplons sur les solitudes mouvantes faces aux horizons infinis, rubrique rédigée par nos soins

Rappelons que vous pourrez toujours nous écrire

- soit en réagissant aux bas des articles

- soit directement à rmitte@free.fr cela nous aide dans notre voyage et contribue à vous emmener un peu avec nous...
miracle de l’électronique ... nulle part on est isolé désormais

Notez bien ces adresses !...nous serons en mer jusqu’à l’hivers !... si Dieu le veut !

Messages

  • êtes-vous encore chrétien,ou seulement en quête de quelque chose de nouveau, moi je dirai que vous êtes simplement en recherche... de votre chair. dixit Isaac le Syrien.

    • Je ne sais pas... en tous cas je ne partage pas votre mépris de la chair... et suis de culture chrétienne..comment arracher celà ?

      Je vous invite à relire et méditer l’Apolcalypse selon Jean ...vous savez l’épisode où l’on parle d’un rêve où on l’incite à manger le rouleau des écrits...

      ...parce que, vous savez, l’évangile n’est ni à sacraliser ni à vénérer ( seulement)... mais il est avant toute chose à incarner avec toutes ses variantes personnelles...

      ainsi cette scène magnifique de libation extraite du film Swing est pour moi le vrai repas eucharistique tel que l’enseigna le Nazaréen... et nous l’avons vécu tant de fois en voyage...
      avant qu’il ne soit confisqué par ceux qui en avaient peur...ou ne pouvaient pas...

      alors mon ami au lieu de vénérer Isaac... essayez donc d’appliquer ses méthodes à votre cas... vous verrez autre chose...

      bien, fraternel Dimanche

      cordialement

      ff+