Bulletin de l’Ermitage

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En direct de notre ermitage sur les flots

L’expérience de l’absolu du rien : les Tuamotus (6)

ou quand l’infini se fait simplicité essentielle

jeudi 9 août 2007, par frere francois

Notre cheminement initiatique se poursuit...

Après les Marquises les Tuamotus...
après les sanctuaires sauvages ouverts sur la nature, l’infini et la mer nous franchissons une nouvelle étape, basculons dans le non dit , le non représentable , le non figuré

Les atolls du Pacifiques permettent ce passage : le rien y rencontre l’absolu nous laissant prendre conscience que nous ne sommes qu’interface entre l’incompréhensible qui nous échappe et la matière qui nous appelle vers cet infini...

Un point précis sous le tropique
Du Capricorne ou du Cancer
Depuis j’ai oublié lequel

Sous le soleil exactement
Pas à côté pas n’importe où
Sous le soleil sous le soleil exactement
Juste en dessous

Dans quel Pays dans quel district
C’était tout au bord de la mer
Depuis j’ai oublié laquelle

Sous le soleil exactement
Pas à côté pas n’importe où
Sous le soleil sous le soleil exactement
Juste en dessous

Était-ce le Nouveau -Mexique ?
Vers le Cap Horn, vers le cap Vert
Était-ce sur un archipel...

Sous le soleil exactement
Pas à côté pas n’importe où
Sous le soleil sous le soleil exactement
Juste en dessous

C’est sûrement un rêve érotique
que je me fais les yeux ouverts
Et pourtant si c’était réel

Sous le soleil exactement
Pas à côté pas n’importe où
Sous le soleil sous le soleil exactement
Juste en dessous

[Demain je reviendrai au même endroit
Sous le soleil
Et la mer m’emportera
Jusqu’à son prochain retour
Ce sera formidable
Mais avec des si
Je suis içi
Un point c’est tout

Et l’on s’accomode de tout
N’est-ce pas Anna ? ]

Serge Gainsbourg (1967)

Hereheretue le 9 août 2007

Une cercle un peu ovale
d’une tranche d’oignon frais
flottant à la surface opale
d’un thé vert japonais
ou d’une liqueur bleue
qui ne soit pas de l’absinthe
ça ne pique pas les yeux

Simple interface presque impalpable
quelques mètres seulement
entre un océan rugissant
derrière sa barrière de corail
voyez comme jaloux l’Azur le domine
lui toujours rafraîchi
par un alizés qui n’en finit plus de souffler

Je croyais les escarpements des marquises
comme le climax de la beauté
de ce que la nature pouvait offrir
quand elle ouvrait ses sanctuaires
sur l’infini de l’océan
pour être déchiré par l’horizon
d’un ciel laminé de dorures

Voici plus fort encore
l’absolue nudité
l’absolue incomplétude
l’absolue vacuité

Le rien, le tout unis en lune même étreinte
celle d’un orgasme unique
rien que l’espace, le sel , l’azur
et l’infini

et l’air qui emplit nos évents
pour en faire éclater nos logiques
et tous nos vains raisonnements

Le zen n’a-t-il pas tout compris
quand il représente l’absolu
par ce cercle énigmatique

Om

Tout est là
il n’y a plus qu’à se laisser engloutir
petite poupée de sel
dans l’absolu contemplation
d’un désir infiniment triomphant

Désormais je sais ce qu’un certain Nazaréen
vécu au Thabor....

Nous sommes devenus aphones sourds
écrasés
ivres du Réel immense
enfin contemplé

quelle expérience unique aux frontières du possible !

quand l’infini se rend compréhensible
et se laisse saisir par nos mains maladroites

qu’il est doux de mourir içi....

Je ne sais plus
Je ne sais quoi
si c’est la nuit quand la coupole étoilée nous encercle
d’astres brillants et inconnus
où lorsque le ciel deux fois par jour s’enflamme
en des mélanges consternants

Je songe à cet ermite japonais
qui sa vie durant peignit de sa fenêtre
le Mt Fuji à l’aurore
avant de mourir désolé
de ne pas avoir pu une seule fois seulement
retrouver un ciel identique

les tableaux se succèdent
plus beaux les uns que les autres
éternellement renouvelés
et si la tête brouillée
par tant de beauté ou de soleil
j’ose m’aventurer dans l’eau profonde
d’un lagon sans fond
le spectacle se poursuit grandiose
les poissons prennant le relais des couleurs et des formes
comme s’ils cherchaient à imiter ou à mimer
et offrir en miroir à ceux qui ne peuvent se contenter
de vivre d’azur et d’infini
une reflet encore plus beau et féerique de danses et de couleurs

Combien d’année encore pourra-t-on contempler
ces paradis oubliés ?
déjà la plage se couvre de carcasses rouillées
plastiques non dégradables, munitions inutiles
traces de ceux qui viennent içi piller ou braconner

D’autres ont même parfois
la stupide audace de les acheter et de les vendre
pour ...des poignées papiers verts
qui ne sauront jamais imiter
l’émeraude du platier
ou le regard de la mer

Comprenant qu’ils ne pourront jamais posséder
malgré leurs efforts la beauté
il construisent et bétonnent
pour récupérer leurs beaux petits papiers dorés

La beauté alors se déforme..
et s’évanouit à jamais le paradis perdu
qui fait place à l’immondice
au banal , au déjà vécu

Ainsi en est-il de la terre tout entière
qu’on ne saurait ni vendre ni posséder
si l’on désire en vivre
pour être enfin

et connaître la Vie

Allez bonne suite de vacances à tous et à bientôt aux iles de la Société !

ff+ et tout l’équipage du Kalliste !

Sea, sex and sun
Le soleil au zénith
Vingt ans, dix-huit
Dix-sept ans à la limite
Je ressuscite
Sea, sex and sun
Toi petite
Tu es de la dynamite

Sea, sex and sun
Le soleil au zénith
Me surexcitent
Tes petits seins de bakélite
Qui s’agitent
Sea, sex and sun
Toi petite
C’est sûr tu es un hit

Sea, sex and sun
Le soleil au zénith
Me surexcitent
Tes petits seins de bakélite
Qui s’agitent
Sea, sex and sun
Toi petite
C’est sûr tu es un hit

Hey, baby...

Sea, sex and sun
Le soleil au zénith
Me surexcitent
Tes petits seins de bakélite
Qui s’agitent
Sea, sex and sun
Toi petit
C’est sûr tu es un hit

Sea, sex and sun
Sea, sex and sun
Sea, sex and sun
Sea, sex and sun
Sea, sex and sun

Serge Gainsbourg


La suite de nos aventures sera disponible durant toute la période estivales aux adresses suivantes

http://rmitte.free.fr/ermitage/2007/pre0.htm pour tout ce qui concerne notre position en mer, nos aventures, les événements traversés, nos découvertes , la rubrique est confiée à Jess

à cette adresse sur le Bulletin une serie de réflexions inspirées de ce que nous ressentons et contemplons sur les solitudes mouvantes faces aux horizons infinis, rubrique rédigée par nos soins

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