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Ressourcement spirituel en pays Cunas (3)

Primitive pléthore

mardi 22 mai 2007, par frere francois

« Je voulais chasser tout ce qui dénaturait la vie pour ne pas, au soir de la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu. » (Henry David Thoreau)

Vivre pleinement les heures de son existence, en quoi cela consiste-t-il au fond ?

Ne pas s’attarder à ce qui contredit la plénitude de l’instant ;
ne contrarier ni la nature, ni sa propre nature ;
chasser les nuages menaçants des doutes, le vent contraire des adversités, la dégradation des prédispositions positives et bienveillantes ;
déborder les territoires étriqués de la routine en s’ouvrant à de plus amples horizons.

Le Carpe Diem d’Horace nous invite à cueillir le jour comme un fruit gorgé de suc. « Rien n’est plus précieux que ce jour » disait Goethe pour célébrer l’éclat de l’inédit jaillissant de la gangue ordinaire des jours.

Aborder demain matin, et chaque matin, dans sa fraîcheur apéritive, dans sa candeur inaugurale.

Retrouver la source pure des recommencements, l’appétit constant des découvertes et des rencontres fondatrices, la ferveur inentamée face à un destin à mettre au monde.

Rappelez-vous qu’aujourd’hui est le premier des jours qu’il vous reste à vivre…

(François Garagon)

Archipel des San Blas le 20 Mai 2007

Pléthore

Notre séjour en pays Kuna s’achève permettant l’espace d’une lettre de vous dire encore combien ces immersions parmis les peuples premiers sont riches, pleines , remplies et débordantes de spiritualité vraie , de réalisation accomplie, de sens, de régénération essentielle...

Sentir ses racines profondes
mesurer combien l’occident dans son artificialité dogmatique est sclérosé...
a fait fausse route courant inexorablement, aveugle, à sa propre perte
empli de tous ces .."ismes" , ces principes, ces théories abstraites ou autres débats philosophiques qui ne mènent nulle part :
gigantesque glose sophiste non suivie de concrétisation... de réalisation... essentielle
belles idées quidemeurées creuses, pansées... se retrouvent finalement noyées dans le verre matérialiste...

La Babel triomphante occidentale poursuit la folie unitaire de ses fantasmes ,
course inassouvie à la puissance et la domination ,
à la possession...

... et in fine à l’autodestruction vivant à côté de ses pompes...à côté de la Vie...

aveuglée laissant hélas sur le bord de la route des milliers de déracinés,
de ceux qui n’ont pas su naître au bon endroit, au bon moment et d’accepter le deal...

immense troupeau que les enfers mènent paître
pour eux pas de palais...

Les Kunas, tout comme les Wayanas visités l’année dernière ont réussi là où l’occident a échoué...
construire une civilisation de bonheur vrai et d’équilibre profond
de vie assumée et libre

après laquelle nous courrons encore faute d’avoir mis au cœur de notre idéologie l’harmonie avec le créé et l’humilité de la destinée humaine

La pléthore de l’environnement telle qu’on peut la goûter içi :
pléthore de beauté et de vie que l’on n’a pas à posséder mais qui est offert à tous a des relents de paradis terrestres...

et eux n’en ont pas été chassés...

iI existait aussi chez nous... où la nature était aussi riche...

mais le christianisme... les guerres... les marchands...les pouvoirs... tout cela a contribué à le détruire et on en mesure désormais chaque jours douloureusement la perte.

Dans ces sociétés à taille humaine point de course au travail prônée par quelque nabot frustré et paranoïaque
pas de police,
pas de système judiciaire et carcéral,
point de délits ,
points de frustrations sexuelles,
point d’inégalités
point de guerre ni d’impôts

un comité d’anciens sages régule le nécessaire des relations avec le voisinage, et l’on vit bien en utilisant ce que l’on a et en exportant ce que les autres n’ont plus...pour l’avoir détruit

emportés par la folie occidentale...

Mais la grâce est toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature : tandis que le courant du milieu entraîne vers la mer les cadavres des pins et des chênes, on voit sur les deux courants latéraux remonter le long des rivages, des îles flottantes de pistia et de nénuphar, dont les roses jaunes s’élèvent comme de petits pavillons. Des serpents verts, des hérons bleus, des flamants roses, de jeunes crocodiles s’embarquent, passagers sur ces vaisseaux de fleurs, et la colonie, déployant au vent ses voiles d’or, va aborder endormie dans quelque anse retirée du fleuve.

Les deux rives (...) présentent le tableau le plus extraordinaire. Sur le bord occidental, des savanes se déroulent à perte de vue ; leurs flots de verdure, en s’éloignant, semblent monter dans l’azur du ciel où ils s’évanouissent. (...)

Telle est la scène sur le bord occidental ; mais elle change sur le bord opposé, et forme avec la première un admirable contraste. Suspendu sur les cours des eaux, groupés sur les rochers et sur les montagnes, dispersés dans les vallées, des arbres de toutes les formes, de toutes les couleurs, de tous les parfums, se mêlent, croissent ensemble, montent dans les airs à des hauteurs qui fatiguent les regards. Les vignes sauvages, les bignonias, les coloquintes, s’entrelacent au pied de ces arbres, escaladent leurs rameaux, grimpent à l’extrémité des branches, s’élancent de l’érable au tulipier, du tulipier à l’alcée, en formant mille grottes, mille voûtes, mille portiques. Souvent égarées d’arbre en arbre, ces lianes traversent des bras de rivières, sur lesquels elles jettent des ponts de fleurs. Du sein de ces massifs, le magnolia élève son cône immobile ; surmonté de ses larges roses blanches, il domine toute la forêt, et n’a d’autre rival que le palmier, qui balance légèrement auprès de lui ses éventails de verdure.

Une multitude d’animaux placés dans ces retraites par la main du Créateur, y répandent l’enchantement et la vie. De l’extrémité des avenues, on aperçoit des ours enivrés de raisins, qui chancellent sur les branches des ormeaux ; des caribous se baignent dans un lac ; des écureuils noirs se jouent dans l’épaisseur des feuillages ; des oiseaux-moqueurs, des colombes de Virginie de la grosseur d’un passereau, descendent sur les gazons rougis par les fraises ; des perroquets verts à tête jaune, des piverts empourprés, des cardinaux de feu, grimpent en circulant au haut des cyprès ; des colibris étincellent sur le jasmin des Florides, et des serpents-oiseleurs sifflent suspendus aux dômes des bois, en s’y balançant comme des lianes.

Si tout est silence et repos dans les savanes de l’autre côté du fleuve, tout ici, au contraire, est mouvement et murmure : des coups de bec contre le tronc des chênes, des froissement d’animaux qui marchent, broutent ou broient entre leurs dents les noyaux des fruits, des bruissements d’ondes, de faibles gémissements, de sourds meuglements, de doux roucoulements, remplissent ces déserts d’une tendre et sauvage harmonie. Mais quand une brise vient à animer ces solitudes, à balancer ces corps flottants, à confondre ces masses de blanc, d’azur, de vert, de rose, à mêler toutes les couleurs, à réunir tous les murmures ; alors il sort de tels bruits du fond des forêts, il se passe de telles choses aux yeux, que j’essaierais en vain de les décrire à ceux qui n’ont point parcouru ces champs primitifs de la nature.

Chateaubriand seul pouvait décrire la beauté de la forêt qui monte ici le long de la montagne
dominant l’archipel de près de 600 iles qui semblent flotter sur l’azur pâle des eaux tièdes
opurlées de cernes blanchâtre plus ou moins intenses et concentrique qui font ressembler le tout à de l’onyx poli que protège le récif...

« Un soir je m étais égaré dans une forêt à quelque distance de la cataracte (...) ; bientôt je vis le jour s’éteindre autour de moi, et je goûtai, dans toute sa solitude, le beau spectacle d’une nuit dans les déserts du Nouveau Monde.

Une heure après le coucher du soleil la lune se montra au-dessus des arbres, à l’horizon opposé. Une brise embaumée, que cette reine des nuits amenait de l’orient avec elle, semblait la précéder dans les forêts, comme sa fraîche haleine. L’astre solitaire monta peu à peu dans le ciel : tantôt il suivait paisiblement sa course azurée, tantôt il reposait sur des groupes de nues qui ressemblaient à la cime de hautes montagnes couronnées de neige. Ces nues, ployant et déployant leurs voiles, se déroulaient en zones diaphanes de satin blanc, se dispersaient en légers flocons d’écume, ou formaient dans les cieux des bancs d’une ouate éblouissante si doux à l’œil, qu’on croyait ressentir leur mollesse et leur élasticité.

La scène sur la terre n’était pas moins ravissante : le jour bleuâtre et velouté de la lune descendait dans les intervalles des arbres, et poussait des gerbes de lumière jusque dans l’épaisseur des plus profondes ténèbres. La rivière qui coulait à mes pieds tour à tour se perdait dans le bois, tour à tour reparaissait brillante des constellations de la nuit, qu’elle répétait dans son sein. Dans une savane, de l’autre côté de la rivière, la clarté de la lune dormait sans mouvement sur les gazons ; des bouleaux agités par les brises et dispersés çà et là formaient des îles d’ombres flottantes sur cette mer immobile de lumière. Auprès tout aurait été silence et repos sans la chute de quelques feuilles, le passage d’un vent subit, le gémissement de la hulotte ; au loin, par intervalles, on entendait les sourds mugissements de la cataracte (...) qui, dans le calme de la nuit, se prolongeaient de désert en désert et expiraient à travers les forêts solitaires.

La grandeur, I’étonnante mélancolie de ce tableau ne sauraient s’exprimer dans les langues humaines ; les plus belles nuits en Europe ne peuvent en donner une idée. En vain dans nos champs cultivés l’imagination cherche é s’éteindre ; elle rencontre de toutes parts les habitations des hommes ; mais dans ces régions sauvages l’âme se plaît à s’enfoncer dans un océan de forêt, à planer sur le gouffre des cataractes, à méditer au bord des lacs et des fleuves, et, pour ainsi dire, à se trouver seule devant [l’Essentiel] »

Oui j’ai osé dans ce texte de remplacer le mot Dieu par l’Essentiel car le mot est usé et gâché par des siècles d’utilisation qui en détruisent la beauté
Pour les Kunas ce mot Dieu désigne en fait la vie... le principe de Vie ...
bien loin des totipotences que l’occident lui attribue et qui le réduit à l’amour ...un amour qu’il a lui même perdu

... d’ailleurs ici on ne l’invoque pas... on se contente de le contempler...

« Il reste à parler d’un état de l’âme qui, ce nous semble, n’a pas encore été bien observé : c’est celui qui précède le développement des passions, lorsque nos facultés, jeunes, actives, entières, mais renfermées, ne se sont exercées que sur elles-mêmes, sans but et sans objet. Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente ; car il arrive alors une chose fort triste : le grand nombre d’exemples qu’on a sous les yeux, la multitude de livres qui traitent de l’homme et de ses sentiments rendent habile sans expérience. On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs, et l’on n’a plus d’illusions. L’imagination est riche, abondante et merveilleuse ; I’existence pauvre, sèche et désenchantée. On habite avec un cœur plein un monde vide, et sans avoir usé de rien on est désabusé de tout.

L’amertume que cet état de l’âme répand sur la vie est incroyable ; le cœur se retourne et se replie en cent manières pour employer des forces qu’il sent lui être inutiles. Les anciens ont peu connu cette inquiétude secrète, cette aigreur des passions étouffées qui fermentent toutes ensemble : une grande existence politique, les jeux du gymnase et du Champ de Mars, les affaires du Forum et de la place publique remplissaient leurs moments s et ne laissaient aucune place aux ennuis du cœur.

D’une autre part, ils n’étaient pas enclins aux exagérations, aux espérances, aux craintes sans objet, à la mobilité des idées et des sentiments, à la perpétuelle inconstance, qui n’est qu’un dégoût constant ; dispositions que nous acquérons dans la société des femmes. Les femmes, indépendamment de la passion directe qu’elles font naître chez les peuples modernes, influent encore sur les autres sentiments. Elles ont dans leur existence un certain abandon qu’elles font passer dans la nôtre ; elles rendent notre caractère d’homme moins décidé, et nos passions, amollies par le mélange des leurs, prennent à la fois quelque chose d’incertain et de tendre.

Enfin, les Grecs et les Romains, n’étendant guère leurs regards au-delà de la vie et ne soupçonnant point des plaisirs plus parfaits que ceux de ce monde, n’étaient point portés comme nous aux méditations et aux désirs par le caractère de leur culte. Formée pour nos misères et pour nos besoins, la religion chrétienne nous offre sans cesse le double tableau des chagrins de la terre et des joies célestes, et par ce moyen elle fait dans le cœur une source de maux présents et d’espérances lointaines, d’où découlent d’inépuisables rêveries. Le chrétien se regarde toujours comme un voyageur qui passe ici-bas dans une vallée de larmes et qui ne se repose qu’au tombeau. Le monde n’est point l’objet de ses vœux, car il sait que l’homme vit peu de jours, et que cet objet lui échapperait vite.

Les persécutions qu’éprouvèrent les premiers fidèles augmentèrent en eux ce dégoût des choses de la vie. L’invasion des barbares y mit le comble, et l’esprit humain en reçut une impression de tristesse très profonde et une teinte de misanthropie qui ne s’est jamais bien effacée. De toutes parts s’élevèrent des couvents, où se retirèrent des malheureux trompés par le monde et des âmes qui aimaient mieux ignorer certains sentiments de la vie que de s’exposer à les voir cruellement trahis. Mais de nos jours , quand les monastères ou la vertu qui y conduit ont manqué à ces âmes ardentes, elles se sont trouvées étrangères au milieu des hommes. Dégoûtées par leur siècle, effrayées par leur religions, elles sont restées dans le monde sans se livrer au monde : alors elles sont devenues la proie de mille chimères ; alors on a vu naître cette coupable mélancolie qui s’engendre au milieu des passions, lorsque ces passions, sans objet, se consument d’elles-mêmes dans un cœur solitaire.

tel est le drame occidental...
Ici tout est plus simple

Je termine ma méditation d’aujourd’hui par le même auteur
et vous dis à la prochaine escale...si Dieu le veut

bien fraternellement

ff+ et tout l’équipage du Kalliste

Oh ! que le poète chrétien est plus favorisé dans la solitude où Dieu se promène avec lui ! Libres de ce troupeau de dieux ridicules qui les bornaient de toutes parts, les bois se sont remplis d’une Divinité immense. Le don de prophétie et de sagesse, le mystère et la religion semblent résider éternellement dans leurs profondeurs sacrées.

Pénétrez dans ces forêts américaines aussi vieilles que le monde : quel profond silence dans ces retraites quand les vents reposent ! quelles voix inconnues quand les vents viennent à s’élever ! Êtes-vous immobile, tout est muet ; faites-vous un pas, tout soupire. La nuit s’approche, les ombres s’épaississent : on entend des troupeaux de bêtes sauvages passer dans les ténèbres ; la terre murmure sous vos pas ; quelques coups de foudre font mugir les déserts ; la forêt s’agite, les arbres tombent, un fleuve inconnu coule devant vous.

La lune sort enfin de l’Orient ; à mesure que vous passez au pied des arbres, elle semble errer devant vous dans leur cime et suivre tristement vos yeux. Le voyageur s’assied sur le tronc d’un chêne pour attendre le jour ; il regarde tour à tour l’astre des nuits, les ténèbres, le fleuve ; il se sent inquiet, agité, et, dans l’attente de quelque chose d’inconnu, un plaisir inouï, une crainte extraordinaire font palpiter son sein comme s’il allait être admis à quelque secret de la Divinité : il est seul au fond des forêts, mais l’esprit de l’homme remplit aisément les espaces de la nature, et toutes les solitudes de la terre sont moins vastes qu’une seule pensée de son cœur.

Oui, quand l’homme renierait la Divinité, l’être pensant, sans cortège et sans spectateur, serait encore plus auguste au milieu des mondes solitaires que s’il y paraissait environné des petites déités de la fable ; le désert vide aurait encore quelques convenances avec l’étendue de ses idées, la tristesse de ses passions et le dégoût même d’une vie sans illusion et sans espérance.

Il y a dans l’homme un instinct qui le met en rapport avec les scènes de la nature. Eh ! qui n’a passé des heures entières assis, sur le rivage d’un fleuve, à voir s’écouler les ondes ! Qui ne s’est plu, au bord de la mer, à regarder blanchir l’écueil éloigné ! Il faut plaindre les anciens, qui n’avaient trouvé dans l’Océan que le palais de Neptune et la grotte de Protée ; il était dur de ne voir que les aventures des tritons et des néréides dans cette immensité des mers, qui semble nous donner une mesure confuse de la grandeur de notre âme, dans cette immensité qui fait naître en nous un vague désir de quitter la vie pour embrasser la nature et nous confondre avec son auteur.

(...)

Les forêts ont été les premiers temples de la Divinité, et les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l’architecture. Cet art a donc dû varier selon les climats. Les Grecs ont tourné l’élégante colonne corinthienne avec son chapiteau de feuilles sur le modèle du palmier. Les énormes piliers du vieux style égyptien représentent le sycomore, le figuier oriental, le bananier et la plupart des arbres gigantesques de l’Afrique et de l’Asie.

Les forêts des Gaules ont passé à leur tour dans les temples de nos pères, et nos bois de chênes ont ainsi maintenu leur origine sacrée. Ces voûtes ciselées en feuillages, ces jambages, qui appuient les murs et finissent brusquement comme des troncs brisés, la fraîcheur des voûtes, les ténèbres du sanctuaire, les ailes obscures, les passages secrets, les portes abaissées, tout retrace les labyrinthes des bois dans l’église gothique ; tout en fait sentir la religieuse horreur, les mystères et la divinité.

Les deux tours hautaines plantées à l’entrée de l’édifice surmontent les ormes et les ifs du cimetière, et font un effet pittoresque sur l’azur du ciel. Tantôt le jour naissant illumine leurs têtes jumelles, tantôt elles paraissent couronnées d’un chapiteau de nuages, ou grossies dans une atmosphère vaporeuse. Les oiseaux eux-mêmes semblent s’y méprendre et les adopter pour`les arbres de leurs forêts : des corneilles voltigent autour de leurs faîtes et se perchent sur leurs galeries. Mais tout à coup des rumeurs confuses s’échappent de la cime de ces tours et en chassent les oiseaux effrayés.

L’architecte chrétien, non content de bâtir des forêts, a voulu, pour ainsi dire en imiter les murmures, et au moyen de l’orgue et du bronze suspendu ;il a attaché au temple gothique jusqu’au bruit des vents et des tonnerres, qui roulent dans la profondeur des bois. Les siècles, évoqués par ces sons religieux, font sortir leurs antiques voix du sein des pierres, et soupirent dans la vaste basilique : le sanctuaire mugit comme l’antre de l’ancienne Sibylle, et, tandis que l’airain se balance avec fracas sur votre tête, les souterrains voûtés de la mort se taisent profondément sous vos pieds. ( Chateaubriand)

Mais fallait-il imiter les forêts ?...ou bien en conserver la nature ?


La suite de nos aventures sera disponible durant toute la période estivales aux adresses suivantes

http://rmitte.free.fr/ermitage/2007/pre0.htm pour tout ce qui concerne notre position en mer, nos aventures, les événements traversés, nos découvertes , la rubrique est confiée à Jess

à cette adresse sur le Bulletin une serie de réflexions inspirées de ce que nous ressentons et contemplons sur les solitudes mouvantes faces aux horizons infinis, rubrique rédigée par nos soins

Rappelons que vous pourrez toujours nous écrire

- soit en réagissant aux bas des articles

- soit directement à rmitte@free.fr cela nous aide dans notre voyage et contribue à vous emmener un peu avec nous...
miracle de l’électronique ... nulle part on est isolé désormais

Notez bien ces adresses !...nous serons en mer jusqu’à l’automne !... si Dieu le veut !

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