Bulletin de l’Ermitage

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En direct de notre ermitage de montagne (19)

Quatrième méditation du Carême 2007

Quelques sentiers-solution

mercredi 14 mars 2007, par frere francois

Le Lakota était empli de compassion et d’amour pour la nature,
et son attachement grandissait avec l’âge. (...)
C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol
plutôt que de rester séparés des forces de vie.
S’asseoir ou s’allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément,
de sentir plus vivement.
Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie
et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Le vieux Lakota était un sage.
Il savait que le coeur de l’homme éloigné de la nature devient dur.
Il savait que l’oubli du respect dû à tout ce qui pousse
et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme.

Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature."

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

.

Notre ermitage du Vercors le mercredi 14 mars 2007

« Je voudrais savoir lequel est le pire, ou d’être violée cent fois par des pirates nègres, d’avoir une fesse coupée, de passer par les baguettes chez les Bulgares, d’être fouetté et pendu dans un auto-da-fé, d’être disséqué, de ramer en galère, d’éprouver enfin toutes les misères par lesquelles nous avons tous passé, ou bien de rester ici à ne rien faire ?

- C’est une grande question, » dit Candide.

Ce discours fit naître de nouvelles réflexions, et Martin surtout conclut que l’homme était né pour vivre dans les convulsions de l’inquiétude, ou dans la léthargie de l’ennui. Candide n’en convenait pas, mais il n’assurait rien. Pangloss avouait qu’il avait toujours horriblement souffert ; mais ayant soutenu une fois que tout allait à merveille, il le soutenait toujours, et n’en croyait rien. (...)

Il y avait dans le voisinage un derviche très fameux, qui passait pour le meilleur philosophe de la Turquie ; ils allèrent le consulter ; Pangloss porta la parole, et lui dit : « Maître, nous venons vous prier de nous dire pourquoi un aussi étrange animal que l’homme a été formé.

- De quoi te mêles-tu ? dit le derviche, est-ce là ton affaire ?

- Mais, mon Révérend Père, dit Candide, il y a horriblement de mal sur la terre

- Qu’importe, dit le derviche, qu’il y ait du mal ou du bien ? Quand sa Hautesse envoie un vaisseau en Égypte, s’embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise ou non ?

- Que faut-il donc faire ? dit Pangloss.
- Te taire, dit le derviche.

- Je me flattais, dit Pangloss, de raisonner un peu avec vous des effets et des causes, du meilleur des mondes possibles, de l’origine du mal, de la nature de l’âme et de l’harmonie préétablie. » Le derviche, à ces mots, leur ferma la porte au nez.

Pendant cette conversation, la nouvelle s’était répandue qu’on venait d’étrangler à Constantinople deux vizirs du banc et le muphti, et qu’on avait empalé plusieurs de leurs amis.

Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures. Pangloss, Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d’orangers. Pangloss, qui était aussi curieux que raisonneur, lui demanda comment se nommait le muphti qu’on venait d’étrangler. « Je n’en sais rien, répondit le bonhomme, et je n’ai jamais su le nom d’aucun muphti ni d’aucun vizir. J’ignore absolument l’aventure dont vous me parlez ; je présume qu’en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu’ils le méritent ; mais je ne m’informe jamais de ce qu’on fait à Constantinople ; je me contente d’y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. »

Ayant dit ces mots, il fit entrer les étrangers dans sa maison : ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu’ils faisaient eux-mêmes, du kaïmac piqué d’écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n’était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. Après quoi les deux filles de ce bon musulman parfumèrent les barbes de Candide, de Pangloss et de Martin.

« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ?

- Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin. »

Candide, en retournant dans sa métairie, fit de profondes réflexions sur le discours du Turc. Il dit à Pangloss et à Martin : « Ce bon vieillard me paraît s’être fait un sort bien préférable à celui des six rois avec qui nous avons eu l’honneur de souper.

- Les grandeurs, dit Pangloss, sont fort dangereuses, (...)

- Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin.

- Vous avez raison, dit Pangloss (...) :

- Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable. »

Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide ; mais elle devint une excellente pâtissière ; Paquette broda ; la vieille eut soin du linge. Il n’y eut pas jusqu’à frère Giroflée qui ne rendît service ; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme ;

et Pangloss disait quelquefois à Candide : « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. -

Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

( Voltaire , Candide chap30)

...Il nous reste deux rendez-vous je crois...

celui-ci sera un peu décousu...à cause des modifications techniques du site... mais grand réconfort Jess me dit que nous sommes pas loin de 300 à suivre ce Carême et je sens parmi la cohorte toujours plus nombreuse qui nous lit et adhère monter l’inquiétude et l’interrogation intense...

gigantesque point interrogateur :

mais que devons nous faire pour retrouver le paradis perdu ?,
pour échapper à l’enfermement poubellien,
et garder l’espoir d’un avenir déjà tellement compromis... ?

Je ne suis hélas ni prophète ni homme politique ...

alors je voudrais simplement vous donner quelques pistes, quelques sentiers de réflexions qui en ces périodes électoralistes et si nous avions à faire à des hommes politiques avisés et sages devraient inspirer nos candidats ou nos élus...
spécialement ceux qui vivent grassement de l’idéologie écologiste !!!

Je livre le tout en vrac..en essayant chaque fois que cela sera possible d’expliquer un peu...

Jadis à Fernet l’un des plus grand esprit qu’ai connu notre siècle éclairé terminait un de ses romans philosophique par une phrase devenue célèbre : Il faut cultiver son jardin

non pas au sens de travailler dans son coin comme on le lit parfois à tort car l’idée est bien plus vaste ,empreinte de retour à la nature, de modestie et de solitude

la phrase fait référence aux Dialogues d’Éphémère, composés en 1777, un an avant le trépas de l’auteur.

Cette œuvre méconnue et très belle ressemble assez à un testament. : Éphémère (…) s’est retiré à Syracuse pour y cultiver son jardin. La formule est à peu de choses près la même que dans Candide ; mais, à la différence du conte où le jardin implique la retraite silencieuse, celui de Syracuse va laisser libre cours au débat des idées.
Tandis que Candide au jardin était fatigué de savoir, revenu de toutes les gloses métaphysiques, Éphémère délaisse sa pioche et ses légumes pour se lancer dans une rêverie en forme de dialogue.
Tout se passe comme si la réflexion philosophique de Voltaire se développait dans une double opposition. D’une part, constater le désordre du monde, et remettre de l’ordre dans ses pensées ; restituer aussi, derrière le désordre immanent, un ordre transcendant retrouver la trame naturelle ...ce qui soit dit en passant peut-être aussi une illusion de la pensée humaine

D’autre part, restaurer, contre la tentation du silence, le droit à la parole. Entre le désir d’agir et la volonté de se taire, le dialogue a justement pour fonction d’expliciter ce droit en le dramatisant »

Cela passerait en premier lieu par un coup d’arrêt à l’urbanisation, à l’entassement des êtres dans des milles feuilles de béton, un arrêt de l’agglutination de ceux qui poussés par la misère ou le sous équipement de la campagne sont attirés à la manière des papillons de nuits par les milles feux de la ville et viennent s’y brûler les ailes,
un arrêt du cimentage destructeur des routes, des montagnes et des côtes
un recentrage sur l’homme et plus encore sur l’harmonie qui en retour lui revient
un retour à un espace de communication humain

...comment se sentir solidaire et proche d’un finlandais ou d’un slovaque ...le monde de l’affect vrai et du sentiment ne dépasse guerre les dizaines de km...
ce qui n’exclue pas la tolérance ni la compassion de ceux qui viennent de l’extérieur

Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent

Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit Tant pis je m’en fous !
Et il éteint tout

Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles
Un cargo chargé d’oiseaux
Des milliers d’oiseaux des îles
Des milliers d’oiseaux noyés.

(Jean-Jacques Prévert)

tout est une question d’équilibre

On pourrait commencer par privilégier la production locale...au lieu de faire venir des haricots verts du Ghana... ou des grenouilles de Mongolie...
Tout ça pour manger des fraises en plein hivers ou d’étonner "les bobos "qui s’ennuient...
et pour plus de profits au détriments des cultures locales vivrières qui elles donnetn à tous de quoi manger et ne sont pas soumises elles aux lois du marché !!!

Cela passerait aussi par un gigantesque coup de frein sur la démographie et une limitation des naissances dont l’enmaballement est suicidaire...

IL a fallu 40000 ans pour atteindre 2,5 milliards d’habitants, puis 37 années pour arriver à 5 milliards...on compte sur 11 milliards pour la fin du siècle avec une répartition qui obligera des sacrifices aux hommes blancs... Mais le site http://www.dinosoria.com/demographie_mondiale.htm vous en dira plus que moi à ce sujet...

On pourrait aussi sans honte appliquer quelques recettes des sociétés premières...

Je suis allé à l’école des hommes blancs.
J’y ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux et la bible.
Mais j’ai découvert à temps que cela n’était pas suffisant.
Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée.
Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l’ensemble de sa création.
Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en observant la nature.

Si vous preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil,
en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre,
il n’en restera plus rien.
Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité,
à vous et à moi,
d’étudier à l’université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes,
et les animaux dont nous faisons partie."

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

Prenons quelques exemples : l’Education

Les enfants sont par définition des apprentis, et apprendre est l’activité humaine qui nécessite le moins de manipulation par autrui. La majeure partie de l’apprentissage n’est pas le résultat de l’instruction. Elle serait plutôt le résultat d’une participation sans entraves dans un environnement chargé de sens disait Ivan ILLICH l’un des grands penseurs de 68

L’éducation dans les sociétés primitives est en partie une socialisation,( même si bien sûr elle est aussi et avant tout découverte personnelle de la vie, de l’autre, du milieu, et de techniques transmises) et le processus par lequel un enfant potentiellement apte à devenir membre de n’importe quelle famille, communauté ou société,
apprend à devenir celui d’une famille, d’une communauté et d’une société particulières .

En d’autres termes, du point de vue de la société, l’éducation est le moyen de se renouveler par intégration des générations successives dans sa structure spécifique.

À tous les niveaux d’organisation du vivant se déroule un processus similaire du point de vue fonctionnel. Ainsi, une cellule, immédiatement après la division, a elle aussi le potentiel pour devenir partie intégrante de nombre d’organes ou de tissus, et apprend progressivement à remplir des fonctions particulières dans l’organe ou le tissu où elle se situe .

L’une des lois est que le comportement procède du général au particulier. Ce sont les premières phases du développement de l’enfant qui déterminent le profil général de son comportement. Ces premières étapes sont décisives ; voilà pourquoi le rôle éducatif de la mère revêt tant d’importance, et pourquoi le milieu familial est un facteur si essentiel dans la formation du caractère et des capacités de l’enfant. Et la mère est dans les sociétes primitives toujours disponible et sait emmener l’enfant avec elle...même au travail ! ( sans l’abandonner aux bons soins d’une crèche)

Une autre loi vient compléter celle-ci : les processus comportementaux sont séquentiels, leurs diverses étapes se déroulant dans un ordre spécifique. Si l’une est omise, les suivantes ou bien ne pourront se dérouler, ou bien le feront imparfaitement. Ce que l’enfant apprend pendant sa scolarisation ne peut remédier à un manque dans les premières étapes de sa vie

Le facteur mesurable le plus important étant l’entourage familial si celui-ci est déficient, les symptômes de défaut de socialisation :- instabilité émotionnelle, délinquance, drogue et alcoolisme - apparaissent d’autant plus fréquemment.

Dans les sociétés premières, l’éducation, comme tous les processus vitaux, présente un caractère extrêmement dynamique ; loin d’être le simple consommateur d’une éducation-marchandise, l’enfant est un participant actif.

Dans ces conditions, les institutions perdent beaucoup de leur utilité. Il suffit d’insérer l’enfant dans la dynamique sociale

L’enfant ne reçoit pas son éducation passivement. Il en est l’agent très actif. Il y a en lui une tendance irrépressible à devenir adulte, à s’élever au rang où il lui sera permis de jouir des privilèges des
grands (...) L’enfant s’efforce d’accélérer de lui même le rythme de sa « promotion sociale »

 [1].

Le passage de l’état d’enfance à celui d’adulte au sein de la société première s’accomplit de la même manière. L’enfant s’engage dans une interaction étroite avec les membres de divers groupes sociaux - sa parentèle, les camarades de son âge, son clan, la société secrète où il entrera peut-être - et donc avec la communauté que forment ces groupes.

Il faut savoir que les puissances coloniales se sont efforcées de détruire la culture des sociétés traditionnelles en grande partie parce que beaucoup de ses caractères essentiels empêchaient les peuples indigènes de subordonner les impératifs sociaux, écologiques et spirituels aux objectifs économiques à court terme qu’ils servaient en participant à l’économie coloniale. Il n’est pas de moyen plus efficace de détruire une société que de saper son système éducatif.

Le respect des structures tribales , la narration de l’histoire de la tribu à travers les chants et les légendes qui la célèbrent à l’occasion de rassemblements tribaux - aucune de ces activités socialisantes n’était jugée digne d’entrer dans le programme des institutions scolaires occidentales. Elles ne pouvaient guère contribuer à la réalisation des objectifs économiques primordiaux des régimes coloniaux ou des pays du tiers monde actuels, dirigés vers le développement économique sous la tutelle de la Banque mondiale et du FMI. Cela veut dire, que les jeunes étaient privés de leurs connaissances traditionnelles, qui seules peuvent faire d’eux des membres à part entière de leur société. Incapables de se renouveler, les sociétés traditionnelles étaient vouées à l’anéantissement, un anéantissement voulu leurs membres condamnés à l’anonymat et à l’isolement dans une société de masse.

De nos jours ,dans nos sociétés désagrégées l’éducation prend une forme tout à fait différente. Il est "nécessaire", entre autres choses, que l’enfant soit éduqué dans des institutions spécialisées et non plus dans sa famille ou sa communauté. De fait, cet isolement de l’éducation par rapport au processus social a des conséquences très graves. Elle cesse notamment d’être un processus traditionnel spontané et s’institutionnalise.

Les résultats sont dramatiques.
confinés dans leur groupe d’âge, contraints de passer toute leur vie sociale avec ceux de leur âge. Avec leurs camarades, les jeunes en viennent à former une petite société dont la plupart des échanges importants sont internes et dont les liens avec la société adulte extérieure deviennent rares... ;sauf consommer !

En conséquence, notre société renferme un ensemble de micro-sociétés d’adolescents, dans lesquelles l’intérêt et le comportement des jeunes s’orientent vers des objets échappant complètement à la responsabilité des adultes, et où les normes qui sont susceptibles de s’établir sont loin de répondre aux objectifs définis par la société elle-même.

L’enfant est encore coupé de la société pour une autre raison. Elle tient au fait que l’éducation moderne s’attache à former l’individu à une carrière qui s’inscrira dans un monde essentiellement industriel et urbanisé. On dit en Inde que quand un jeune obtient son diplôme de fin d’études secondaires, il quitte le village de ses ancêtres pour s’installer dans la ville la plus proche ; lorsqu’il obtient sa licence, il déménage pour la grande ville, et quand il a son doctorat, il quitte le pays pour l’Europe ou les Etats-Unis. Au lieu d’assurer la continuité de la communauté, l’éducation, dans de telles conditions, provoque sa mort.

Cela porte à réfléchir non ?

"Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus.
Quels genre d’homme doivent être les Européens ?
Quelle espèce de créature choisissent-ils d’être, forcés de faire le bien et n’ayant pour éviter le mal d’autre inspiration que la peur de la punition ? (...)

L’homme n’est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes,
qui sait la lecture et l’écriture et montrer mille exemples de son industrie...

En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme.
Suis mon conseil et devient Huron.

Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne.
Je suis le maître de ma condition.
Je suis le maître de mon corps,
j’ai l’entière disposition de moi-même,
je fais ce qui me plaît,
je suis le premier et le dernier de ma nation,
je ne crains absolument aucun homme,
je dépends seulement du Grand Esprit.

Il n’en est pas de même pour toi.
Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine,
ton vice-roi dispose de toi.
Tu n’as pas la liberté de faire ce que tu as dans l’esprit.
Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins,des violeurs, de ceux qui ne sont pas comme toi etc.
Et tu dépends d’une infinité de personne dont la place est située au-dessus de la tienne.

N’est-ce pas vrai ?"

Kondiarionk, chef Huron, s’adressant au baron de Lahontan, lieutenant français en Terre-Neuve

.

Prenons un autre exemple : l’habitat

Dans les sociétés traditionnelles, on voit dans chaque lieu d’habitation une image du cosmos, car chaque maison ou tente « contient » et « enveloppe » l’homme de la même manière que le vaste monde.
(Titus BURKHARDT)

Nous avons besoin de nos marae [2] pour mille raisons :Pour pouvoir nous élever dans l’art oratoire, Pour pouvoir pleurer nos morts, Pour pouvoir prier Dieu,
Pour organiser nos fêtes, Pour héberger nos invités, Pour tenir nos réunions,Pour pouvoir célébrer nos mariages, Pour nous rassembler, Pour chanter,Pour danser,

Et y connaître la richesse de la vie Et le noble héritage qui est le nôtre.
(Chant de bienvenue maori)

Pour commencer ces lieux de vie doivent être suffisamment restreints permettant à tous de se connaître, d’établir des relations, ce communiquer et de communier ensemble chacun sait qu’au delà d’une dizaine de kilomètres on ne se sent plus vraiment solidaires fautre d’une histoire et d’un vécu commun, les relations deviennet moins affectives, plus commerciales...ou idéalisées...

D’un point de vue écologique, l’habitat temporaire des nomades est le plus désirable, car c’est celui dont l’impact sur l’environnement est le plus faible. certains vont jusqu’à affirmer que les aborigènes d’Australie ont probablement un impact plus bénin sur l’environnement que certains animaux, comme le castor, bâtisseur de barrages, et les termites qui construisent d’énormes nids. Un campement aborigène, un an après son abandon, était presque impossible à retrouver.

Même lorsqu’elles sont sédentarisées, les besoins en bois de charpente et bois de feu des petites communautés peuvent être satisfaits sans qu’il soit nécessaire d’anéantir les forêts locales ; leurs besoins alimentaires n’entraînent pas l’épuisement des sols et l’écosystème local est capable d’absorber leurs déchets sans se dégrader.

Ceci n’est évidemment pas vrai des villes, même de l’Antiquité. Ce n’est pas un hasard si les sites occupés par la plupart des capitales des civilisations qui florissaient jadis dans les régions tropicales et subtropicales sont maintenant occupés par le désert. Le déclin et la chute de ces cités ont été attribués à divers facteurs, mais le plus déterminant d’entre eux est sans aucun doute l’impact fatal de ces conurbations sur des écosystèmes fragiles. Ainsi, vers 1500 avant J.-C., la grande civil sation de l’Indus toucha à sa fin. Mohenjo Daro, sa ville principale, était bâtie en briques de terre cuite. Sa chute aurait pu être prédite à partir de causes purement écologiques, puisque, entre autres facteurs, on a estimé nécessaire le défrichage de 150 kilomètres carrés de forêt simplement pour la cuisson des briques utilisées pour la construction d’une ville de cette taille. Si, comme le fait remarquer Mortimer Wheeler, cet abattage des forêts s’est poursuivi pendant des siècles, il a probablement provoqué une telle dégradation des sols que la région avoisinante n’a plus été en mesure de subvenir aux besoins de la cité. L’impact de nos grandes villes industrielles sur leur environnement est incomparablement plus grand, et destructeur à proportion’.

Sur le plan sanitaire, l’habitat en petites communautés est tout aussi souhaitable. Les habitants seront exposés à une pollution relativement faible, et ces villages communautaires ne constituent pas une niche susceptible d’entretenir des populations importantes des principaux agents pathogènes qui affectent les populations humaines. George Armelagos 3 estime que les communautés isolées, de dimension restreinte, ne permettent pas la transmission continue des maladies... il en est de même dans élevages industriels d’animaux de sinistre mémoire... ...

Si l’agent pathogène ne peut survivre jusqu’à ce qu’il entre en contact avec un nouvel hôte, la maladie est incapable de faire souche dans la population. Bon nombre de maladies infectieuses, rougeole et grippe notamment, requièrent une population d’au moins 500000 individus pour se propager.

Les sites peuplés doivent aussi demeurer réduits pour que chacun des membres puisse rester en contact avec la nature.
L’homme a évolué comme partie intégrante du monde vivant. Il est douteux qu’il puisse en toute impunité biologique et psychique vivre dans l’environnement urbain totalement artificiel que nous avons créé.

Un auteur va jusqu’à poser la question
« L’homme peut-il rester en bonne santé physique et mentale quand il perd le contact avec les forces naturelles qui l’ont modelé biologiquement et psychiquement ? »

Combien de citadins s’efforcent d’ailleurs désespérément de recréer un petit coin de nature dans la jungle de béton où ils vivent... Et de pots en plastique surgissent des tapis de végétation sur les balcons des
immeubles ; on peut même parfois entendre s’en échapper des enregistrements de « bruits de la nature » - souffle du vent dans les arbres, bouillonnement d’un ruisseau ou chant de baleines.

Si l’homme avait vécu dès l’origine dans un monde aussi désespérément uniforme qu’une tour de HLM, aussi impersonnel qu’un parking, aussi dénué de vie qu’une usine automatisée, il est douteux que son expérience eût été assez variée pour lui permettre de conserver en mémoire des images de la réalité, créer une langue ou concevoir des idées

A cet égard on pourrait peut-être développer les "jardins ouvriers" qui permettent à tous et à moindre coût outre une alimentation saine ...un loisir et une convivialité que nous avons perdue... et "d’aérer" les espaces bétonnés ou asphaltés des cités modernes...

"Vous avez remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle.
Nos tipis étaient ronds comme des nids d’oiseaux et toujours disposés en cercle.
Il en est ainsi parce que le pouvoir de l’Univers agit selon des cercles et que toute chose tend à être ronde.
Dans l’ancien temps, lorsque nous étions un peuple fort et heureux,
tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu’il ne fut pas brisé.

Tout ce que fait le pouvoir de l’Univers se fait dans un cercle.
Le ciel est rond et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi.
Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu’ils ont la même religion que nous.
Le soleil s’élève et redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont rond.

Même les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent toujours là où elles étaient.
La vie de l’homme est dans un cercle de l’enfance jusqu’à l’enfance,
et ainsi en est-il pour chaque chose où l’énergie se meut."

Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)

La vie dans un tipi est bien meilleure.
Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L’homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d’argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée ;
elle est toujours malsaine.
Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l’homme blanc.
Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l’air frais, du soleil, de la bonne eau.
Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile ;
mais il a fait qu’il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l’herbe verte et des baies mures.

L’homme blanc n’obéit pas au Grand Esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons être d’accord avec lui."

Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas

Un dernier exemple car je suis déjà long : l’activité économique

La découverte la plus marquante de la recherche historique et ethnographique récente est que, en règle générale, le comportement économique de l’homme est dominé par les relations sociales. Il ne cherche pas à conserver ses possessions matérielles mais à défendre son rang, ses revendications sociales, ses acquis sociaux. Les biens matériels n’ont pour lui de valeur que dans la mesure où ils servent ce but.
Karl POLANYI (1886-1964)

L’économie est fondée sur l’Homo economicus, individu intéressé dont le comportement a inévitablement pour effet de briser les relations sociales existantes. Ces coûts sociaux peuvent alors n’être considérés que comme des externalités et, même à ce titre, ils sont en réalité rarement pris en compte. La plupart passent inaperçus. Nous pensons quant à nous que ces coûts sociaux ont une importance considérable et que l’on devrait mettre un terme à la croissance du produit global brut aux dépens du bien-être humain.
Nous estimons que les êtres humains sont par essence des êtres sociaux et que l’économie devrait être repensée en fonction de cette réalité. Nous encourageons cette re-fondation de l’économie sur la base d’une conception nouvelle de l’Homo economicus comme personne dans la communauté.

Herman DALY et John COBB

L’économie moderne est censée déterminer la distribution de ressources rares au sein de la société. Son postulat fondamental, qui n’est jamais remis en question, est que ces ressources doivent être distribuées pour maximiser la richesse. Celle-ci se mesure par le Produit National Brut per capita, le PNB étant la somme des transactions économiques effectuées dans un pays. Autrement dit, maximiser la richesse, c’est maximiser les transactions ou le commerce.

Aucun de ces postulats n’est acceptable.

Si l’économie sert à distribuer les ressources rares, c’est surtout parce que, lorsque les ressources sont rares, on peut les vendre avec profit, et que les entreprises trouvent intérêt à les produire et à les distribuer.
Cela est si vrai qu’une grande part de leur activité consiste à engendrer une rareté artificielle, d’abord en créant un marché jusque-là inexistant pour les marchandises qu’elles ont mises au point, ou projettent de mettre au point, ensuite en dotant ces marchandises de ce qu’on appelle généralement l’ « obsolescence planifiée ». Or, pendant les millénaires qui ont précédé le développement de l’économie formelle, les denrées et produits nécessaires à l’homme n’ont pas forcément manqué. La rareté n’était pas un caractère de l’économie ,...

Il semblerait donc plus approprié de considérer, l’économie comme s’occupant de l’approvisionnement en biens matériels pour satisfaire les besoins biologiques et sociaux.

Cette étude alors ressemble à celle de l’économie des organismes vivants, des écosystèmes, des sociétés vernaculaires et de l’écosphère elle-même. Manifestement, tous ont besoin de ressources diverses, de nourriture par exemple, afin d’assurer leur maintien et donc de préserver leur ordre spécifique ou leur stabilité.

À l’intérieur même d’un système naturel, il est évident qu’au
niveau d’un organisme, les ressources sont distribuées de façon à
maintenir son intégrité et sa stabilité. En effet, l’oxygène est
transporté par les globules rouges à toutes les parties du corps
selon les besoins de ce dernier, ainsi que tous les nutriments dont
le corps a besoin.

Cela a de nombreuses implications. Ainsi, du fait que les ressources de notre planète sont limitées, puisque la biosphère, du point de vue de la matière, est un système fermé - même si elle est un système ouvert du point de vue de l’énergie - la matière doit être continuellement recyclée, les déchets produits par un processus devant servir de matière première à d’autres. Ce recyclage est en outre nécessaire pour éviter que les matériaux ne s’accumulent en un lieu donné, engendrant de l’aléatoire et de la pollution. Ainsi, la photosynthèse extrait du carbone à partir du gaz carbonique atmosphérique et libère de l’oxygène. L’oxygène, déchet de ce processus particulier, constitue la matière première indispensable d’un autre processus : celui de la respiration animale. L’oxygène est donc recyclé d’un processus naturel à l’autre, et réutilisé par eux, comme tout élément chimique néces
saire aux systèmes vivants qui composent l’écosphère, et au maintien de la composition spécifique de l’air.

La chaîne alimentaire est un autre processus cyclique essentiel ; nous devrions en réalité l’appeler le « cycle des aliments » : les producteurs primaires (herbes, algues, phytoplancton), qui seuls peuvent capter l’énergie solaire, sont mangés par les herbivores, qui à leur tour sont la proie des carnivores ; les cadavres de ces derniers, ainsi que toutes les autres matières mortes, sont mangés par les nécrophages, et ce qui reste est décomposé par les micro-organismes en éléments nutritifs nécessaires aux producteurs primaires, de sorte que le cycle peut se reproduire. Tous les êtres vivants, y compris l’homme traditionnel, coopèrent pour assurer le bouclage de ce cycle, sans lequel la vie serait impossible.

La nécessité de recycler les matériaux était inscrite dans les traditions culturelles de tous les peuples traditionnels. Ce n’était pas un impératif scientifique mais un impératif moral. Il se trouve que le principe en est formulé dans le seul fragment des écrits du philosophe Anaximandre3 (610-546 av. J.-C.) parvenu jusqu’à nous : « (...) les choses périssent dans celles dont elles sont nées, écrit-il, comme il a été prescrit ; car elles se rendent mutuellement justice et réparent leurs injustices selon l’ordre du temps. » Anaximandre donne à entendre ici que la croissance des êtres vivants est une injustice - une violation à la fois du destin (moira) et de la justice (dikê) ou morale.

La vie est Une
Et tout ce qui vit est Saint.
Plantes, animaux et hommes,
Tous doivent manger pour vivre et se nourrir mutuellement,
Nous bénissons les êtres qui sont morts pour nous procurer notre nourriture ;
Mangeons consciemment,
Et soyons résolus par notre Travail
A payer la dette de notre existence.

Chanson traditionelle de Sienne

L’homme moderne viole cette loi fondamentale de l’économie naturelle dans toutes ses activités ; ce faisant, il court à sa perte. Les déchets humains, au lieu d’être soigneusement restitués au sol - pratique d’innombrables générations de paysans traditionnels - sont tout bonnement balancés dans le cours d’eau le plus proche....ou brûlés Vingt milliards de tonnes de ces déchets’ chaque année privent les sols d’autant de fertilité et empoisonnent les rivières...et l’air, avec pour effet de réduire toute vie aquatique....et intoxiquer nos petits poumons

Les produits agricoles, tout comme le bois des forêts, au lieu d’être consommés localement sont systématiquement exportés, processus à sens unique qui dépouille les terres de minéraux et matières organiques essentiels. Dans son classique Farmers of Forty Centuries (1904), l’agronome américain F. H. King’ montre comment les agriculteurs traditionnels du Japon, de Corée et de Chine - pays qu’il parcourait à l’époque - restituaient méticuleusement à la terre toute la matière organique, ce qui avait permis d’en conserver la fertilité pendant plus de 4000 ans. Il dit avoir constaté l’écart entre « des pratiques agricoles [aux États-Unis] qui avaient épuisé de riches prairies naturelles en trois générations (...) et d’autres qui préservaient la fertilité du sol après trente siècles de mise en culture ».

Les activités économiques de l’homme moderne interfèrent de façon encore plus spectaculaire avec les cycles les plus fondamentaux - ceux de l’eau, du carbone, du soufre, du phosphore - perturbant ainsi l’ordre spécifique de l’écosphère et réduisant sa capacité d’entretenir la vie. C’est malheureusement inévitable si le développement économique reste l’objectif numéro un de l’homme moderne, car on se trouve en présence d’un processus à sens unique qui transforme systématiquement la biosphère en technosphère et en dépotoir technosphérique - processus qui ne peut se poursuivre indéfiniment.

C’est l’historien de l’économie Karl Polanyi (1886-1964) qui fut le premier à le souligner ; il a montré que l’Homo economicus était inconnu dans le monde vernaculaire et que les activités économiques répondaient avant tout à des impératifs sociaux, et non commerciaux.
Polanyi fait en outre remarquer qu’en adoptant cette attitude l’homme traditionnel servait directement ses propres intérêts, car
la société traditionnelle nourrit tous ses membres, à moins qu’elle ne soit elle-même anéantie par une catastrophe, auquel cas les intérêts sont menacés collectivement et non pas individuellement.

La production fait partie de l’activité de tous les jours, au même titre que l’accomplissement des devoirs rituels et religieux et toutes les activités que, dans le monde moderne, nous associons au loisir.

La dislocation des systèmes naturels est à l’origine de la crise actuelle, et aucune technologie n’est capable de rétablir leur fonctionnement normal. Aucune ne peut recréer, par exemple, une forêt tropicale ; aucune ne peut ressusciter les dizaines, voire les centaines de milliers d’espèces qui chaque année s’éteignent de notre fait, et dont une fraction seulement a été répertoriée par la science. Aucun artifice ne peut reconstituer une famille ou une communauté disloquée, ni régénérer une culture qui s’est perdue. Seule la nature peut y parvenir, et le mieux que nos techniciens puissent faire, c’est mettre au point - de toute urgence - des techniques moins destructrices, dont l’impact sur l’environnement soit beaucoup plus bénin, et recréer les conditions dans lesquelles la nature pourra oeuvrer. [3]

On pourrait continuer ainsi à loisir : en ce qui concerne la technique qui doit suivre nos rêves et nos valeurs en quelque sorte et doit être enchassée dans les relations sociales et non pas poursuivre une course folle avec pour seul maître le profit ou la domination

...l’argent qui ne doit être et rester un d’échange ... qu’il ne convient ni de thésauriser, ni des "faire fructifier" pas plus qu’il ne doit servir à spéculer...

...le développement de l’autosuffisance locale évitant les transports... et leur pollution et capable de responsabiliser vis à vis des autres que l’on connaît etc...etc...

fort long encore ?!... je vous prie de m’en excuser et à la semaine prochaine peut-être...?

Bonne fin de Carême

ff+ et Jess

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Regardez mes frères,
le printemps est venu,
la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour.

Chaque graine est éveillée,
et de même, tout animal est en vie.
C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence.
C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux,
autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre.

Cependant écoutez-moi mes frères,
nous devons maintenant compter avec une autre race,
petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois,
mais aujourd’hui, elle est devenue tyrannique.

Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie.

Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres.
Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent.
Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins.
Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts.
Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage."

Tatanka Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux


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Par ailleurs Jess vous donnera Dimanche de nos nouvelles...


[1A ce sujet je vous conterai une prochaine fois l’histoire d’un reportage que j’ai vu récemment sur les établissements expérimentaux type Freinet ou Summer Hill, ...plus spécialement celle du lycée expérimental du Havre où adolescents et enseignants en autogestion absolue, gèrent et construisent ensemble des protocoles éducatifs permettant de redonner à des ados à la dérive le goût au savoir et la possibilité de franchir les examens parfois nécessaires tout en respectant merveilleusement leur personnalité unique ...et d’en prendre conscience...

[2lieu où se réuni tune communauté Maori

[3inspiré de Goldschmidt :le Tao de l’écologie édition du Rocher