Bulletin de l’Ermitage

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En direct de notre ermitage de montagne (17)

Deuxième méditation de Carême 2007

Homo predator ou l’anti-arche de Noé

mercredi 28 février 2007, par frere francois

Notre ermitage du Vercors Mercredi 28 Février 2007

T’avais les mains comme des raquettes

Pépée

Et quand je te faisais les ongles
Je voyais des fleurs dans ta barbiche
T’avais les oreilles de Gainsbourg
Mais toi t’avais pas besoin de scotch
Pour les replier la nuit
Tandis que lui... ben oui !

Pépée

T’avais les yeux comme des lucarnes

Pépée

Comme on en voit dans le port d’Anvers
Quand les matins ont l’âme verte
Et qu’il leur faut des yeux de rechange
Pour regarder la nuit des autres
Comme on regardait un chimpanzé
Chez les Ferré

Pépée

T’avais le coeur comme un tambour

Pépée

De ceux qu’on voile le vendredi saint
Vers les trois heures après midi
Pour regarder Jésus-machin
Souffler sur ses trente-trois bougies
Tandis que toi t’en avais qu’huit
Le sept avril
De soixante-huit

Pépée

Je voudrais avoir les mains de la mort

Pépée

Et puis les yeux et puis le coeur
Et m’en venir coucher chez toi
Ça changerait rien à mon décor
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts

Pépée

Chanson admirable et pleine d’amour que Léo Ferré dédia à la femelle chimpanzé qui vivait chez lui

(...)

Il a d’abord relevé une oreille lentement,avant d’en redresser une deuxième...
et ouvert tout doucement les yeux...
deux prunelles noires marrons, brillantes au travers des plissures veloutées, délicatement ourlées de beaux cils noirs

sa tête qui reposait sur les pierres chaudes de l’âtre s’est retournée...
puis il a décroché un immense bâillement, la langue recourbée et la bave abondante...

entre deux remises en formes de ses belles phanères noires tachées de blanc et soyeuses comme la laine...

d’un geste alerte il s’est alors assis lourdement...
et adroitement du pied il s’est gratté l’oreille droite,
dodelinant doucement mais régulièrement de la queue...

puis prêt et comme hébété un grand frisson la parcouru d’avant en arrière
un époussiérage-essorage de remise en forme...

et puis après une légère plainte sifflante suivi d’un grognement il est venu placer sa tête chaude et lourde sur mes genoux
les yeux inquiets, hagards, roulants et interrogateurs
dans l’attente d’ une caresse...
me sentant contracté...

celle-ci se faisant attendre vite il se mit alors à me lécher les doigts
et renifler le reste...

puis rassuré par ces examenns intimes propres aux canidéset confirmés par une parole et une tape amicale,
il est sorti faire la tournée des gamelles...

Je l’entendis dans le lointain laper bruyamment l’eau de la casserole...
avant de revenir, le bec encore tout mouillé, s’installer sans gène aucune de tout son long sur mes petits petons glacés ...

comme pour m’aider à trouver l’inspiration d’écrire...

Qui dira l’importance de nos familiers qui tout comme la nature nous renvoient l’Indispensable présence d’être et assurent une partie de notre équilibre de vie surtout pour nous ermites...

Igor ( vous l’aviez reconnu) avait senti que j’étais tracassé par mon article et venait m’aider et m’encourager à sa façon....

du moins c’est ainsi que je l’interprète ... je me trompe peut-être dans un scénario à la Rantanplan le chien le plus stupide de l’Ouest ?

comment voit-il les choses dans sa cervelle canine ?..
sans doute ne le saurai-je jamais...

l’important est que nous nous rejoignons et que l’on se comprenne , même si la "réalité" est différente
lui en voie d’humanisation et moi de caninisation peut-être...?

de toutes façon ce problème de l’incommunicabilité existe aussi au sein des hommes et des couples...et les plus proches ou les plus intimes relations sont sources parfois d’incompréhension ou d’interprétations erronées

comment vous écrire la saveur de mon thé ?

Ce que je "crois" c’est qu’ Igor avait ressenti l’angoisse que souvent les humains ne savent pas saisir,tout
un monde de sensations et d’expressions d’un autre espace, d’une autre dimenssion
une autre interprétation d’un même réel dans lequel nous sommes perdus tous sur le même radeau...

...de la Méduse ?

Je ne sais ce qui nous a uni... comme pour Jess la rencontre fut inopinée et fulgurante...
moi qui n’aimait pas trop les chiens celui-ci m’avait trouvé sympathique et la réciproque fut vraie..

premier adulte à accepter à jouer à la balle avec lui sans se lasser peut-être : un plaisir dont il raffole
des heures durant... un amitié était née... profonde...

Et il se mis ensuite au fil de nos rencontres à partager régulièrement mes repas... ne m’en laissant parfois que les miettes, tellement je me ravissais du plaisir de le voir aussi gourmet et attaché...

puis il se mit à m’accompagner de lui même dans mes grands raids de découverte du Vercors .. m’incitant à regarder içi et là...
venant même à ma rencontre quand du haut du col il entendait soudain le bruit du moteur...

admirable passe partout qui permet aisément de briser la glace et dérider la méfiance des montagnards du lieu toujours soupçonneux devant le solitaire aux cheveux longs de la ville qui pose trop de questions...

parler de lui dénouait l’angoisse et nouait la conversation ou l’amitié

Quel compagnon merveilleux pour les gosses !
quel marin aventureux qui nous a rendu et nous rend encore de multiples services !
quelle présence tranquile et rassurante en toute occasion grâce à son flair et son ouïe subtile...

et lui est heureux ...

il le montre bien en riant de toutes ses dents dans ce merveilleux sourire baveux et haletant qui découvre imanquablement et irrespectueusement une langue rosée et souple...

mais tirer la langue pour les chiens n’a rien de trivial ! bien au contraire

Je crois qu’il faut vivre en solitude et en silence pour découvrir et aimer à sa valeur le monde animal

D’ailleurs n’ y a-t-il pas toujours des animaux chez les ermites ? : St Benoît de Murcie vécu longtemps à Subiaco avec pour compagnon un corbeau qui venait lui apporter de la nourriture...

on connait bien sûr mieux St François le povorello d’Assise et les Fioretti qui racontent entre autres comment il fit accepter aux habitants de Gubbio un loup solitaire dont ils avaient peur mais qu’il apprivoisa sans peine ,

le sauvetage d’un couple de tourterelles qui vint installer ensuit un nid chez lui et y procréa abondamment,

plus rarement l’ aide apportée au limaçon pour traverser la route...

...un corbeau aussi venait lui faire la conversation...

On dit même qu’il parlait aux oiseaux à tous les oiseaux qui "ne s’effrayaient point d’êtres effleurés par les pans de son manteau".. . un amour pour toute la création assez rare dans le christianisme magnifiquement exprimé dans le Cantique des créatures

Seigneur, toi qui es Bon, Très-Haut et Tout-Puissant,
à toi la louange, la gloire, l’honneur et toute bénédiction.
A toi seul ils reviennent, ô Très-Haut,
et personne ne peut dire tout ton mystère !

Loué sois-tu, Seigneur, pour toutes tes créatures,
spécialement pour le Soleil, notre grand frère.
Il fait le jour et par lui, tu nous illumines.
Il est si beau et si rayonnant.
De toi, Très-Haut, il est un magnifique reflet !

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la Lune et pour les Etoiles.
Dans le ciel tu les as façonnées, si claires, si précieuses et si belles !

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre frère le Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour le ciel paisible et pour tous les temps :
par eux, tu réconfortes tes créatures !

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur l’Eau,
qui est si utile et si modeste, si précieuse et si pure !

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre frère le Feu,
par lui, tu éclaires la nuit.
Il est si beau et si joyeux, si indomptable et si fort !

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre mère la Terre
qui nous porte et nous nourrit.
Elle produit la diversité des fruits et les herbes et les fleurs de toutes les couleurs !

Loué sois-tu, Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi
et qui supportent les épreuves et les maladies :
heureux s’ils demeurent dans la paix,

car par toi, Très-Haut, ils sont récompensés !

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la Mort que personne ne peut éviter.
Quel malheur pour ceux qui meurent avec un cœur aigri !
Mais quel bonheur pour ceux qu’elle surprendra avec un cœur appaisé et comblé car ils sont au paradis !

Louez et bénissez avec moi le Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le avec beaucoup d’humilité !

.

Qui dira les liens qui attirent l’oiseau quand l’homme médite ? : les jardins des monastères ou des prieurés sont toujours remplis d’oiseaux

Seuls la solitude et le silence,
l’observation stable et discrète dans la durée permettent de repérer les petits signes de langage du monde animal... et végétal, les essais de ce monde pour rentrer en contact avec nous qui terrifions sans nous en rendre compte...

et quand celui-ci s’établit la richesse d’une interprétation du créé , du réel perçu et analysé par une autre cervelle, une autre sensibilité, un autre métabolisme que celle d’homo sapiens flue alors

elle est si belle et si revigorant que l’ermite ne saurait s’en passer : C’est l’enchantement du Vendredi Saint que Wagner a décrit musicalement dans son Parsifal,
c’est l’enchantement de la forêt de son Siegfried aussi... une fois qu’ayant tué le dragon symbole de possession, de domination et de richesses matérielles,il accède alors à la compréhension de tous les êtres et au chant de l’oiseau...

j’y reviendrai pour la semaine sainte...

C’est la voix de la sève des arbres qui se fait entendre et les chants des oiseaux qui se font compréhensibles qui nous parlent du Réel...même les rochers et les plantes nous parlent par leur allure ou leur port...

de tout cela on ne peut s’imprégner qu’en faisant une longue retraite par une méditation comme Leloup l’explique dans certains de ses textes...

et c’est souvent cela qui manque au profane c’est à dire l’Essentiel...
aussi est- il bien difficile de faire venir des passants à l’ermitage... ils se lassent avant.. où passent sans rien voir...car ils n’ont pas ou plutôt ne savent pas prendre le temps...

On dit souvent que c’est par sa création que Dieu nous parle,...
au 21 ème siècle contentons nous de penser que le réel est bien trop vaste et trop complexe pour être accessible à nos seuls propres sens et que chaque être, chaque animal, chaque plante en a son expérience et sa manière de voir... indicible...

De longs têtes à tête avec les oiseaux ou les chats m’ont toujours été d’une ineffable richesse, toujours renouvelée et d’une telle tendresse que je comprend dès lors qu’on soit tenté d’imaginer un être cause de cela...

mais ce ne sont que les expériences et les sagesses des êtres qui nous entourent qu’ils nous transmettent...

un jour je détaillerai d’avantage ... bien que cela soit du domaine de l’indicible et de l’incommunicable par l’écrit...
seule l’expérience... en prenant grand soin de ne jamais projeter de ce que l’on est , de juger et de donner nos interprétations à ce qui nous échappe...

Avez vous un jour contemplé le regard d’une araignée, et ses multiples ocelles, ou celui d’un Taon, d’un moustique ou d’une abeille aux multiples facettes ? ...
j’ai eu cette chance lors de mes études de Zoologie grace aux binoculaires et cela m’a ravi à tout jamais... il n’y a pas assez de documents, de photos, de films là dessus...et pourtant !

il en serait le même avec le végétal et bien sûr une lame mince de roche...

Gandhi disait :"La grandeur d’une nation et son avancement moral peuvent être appréciés par la façon dont elle traite les animaux. »

Où en sommes nous de ce côté là ?

et bien cela n’est pas brillant et déjà la semaine dernière nous avions évoqué les biocénoses ou les chaînes alimentaires perturbées, détruites ou empoisonnées par l’activité humaine...

Là aussi les destructions sont massives ( le site Pour les animaux trouvé par Jess vous en dira plus et plus en détail ainsi qu’un film à la limite soutenable à ne pas regarder le soir avant de s’endormir, ni après un bon repas "Terriens", un film cru sur la souffrance animale en suivant ce lien...indispensable pour une prise de conscience... mais certaines images sont très dures  ;en anglais sous-titré en Français de 1h35. Vous n’en sortirez point intact ! Passez à autre chose si vous êtes trop sensible !!!

Que ce soient les élevages industriels dans des espaces confinées ou des cages minuscules où des poules au bec cassés et aux ongles arrachés bourrés d’antibiotiques et de vitamines doivent pondre ou grossir au plus vite et sont gavés pour les besoins du réveillon, aux transports sur de longues distances sans aucun ménagements , ni nourriture , ni eau de bêtes appeurées dont certaines meurent en route...

Vous croyez peut-être que les animaux nesentent pas , savent pas ou ne comprennet pas quand ils vont à l’abattoir alors qu’en plus les coups pleuvent sur eux ? qu’on-t-ils fait pour mériter cela ?
parlons en des "méthodes douces" qui tranforment ce moment cruel en véritable plaisir : qui a entendu les cris d’un cochon que l’on égorge ne mangera plus de viande de sa vie...ou du moins avec un infini respect...et
ne parlons pas de ces holocaustes sur l’autel de principe de précaution alors que les vaccins exsitent le plus souvent...

et que dire des abandons, , des vivisectiosn , des chasses "pour se distraire"... des combats d’animaux et autres corridas sans compter les chasses inutiles et cruelles :celle à la baleine , celle aux bébés phoques tués à coup de gourdin, les trafics en tous genres et d’êtres achetés comme un objets et abandonnés comme des déchets.... [1]

...et tous les défrichages qui détruisent les milieux de vie mais aussi les végétaux qui sont aussi des êtres sensibles même si ils expriment celle-ci d’une autre façon : arbres taillés, mutilés, tronçonnés, maltraités , arrachés sans raison aucune

Cette arrogance et cette ingratitude d’homo "sapiens" est bien rendue dans ce Museum de New York où un miroir reflètant votre propre image déclenche l’éclairage d’un message lumineux et l’apparition de barreaux : " Voici l’espèce la plus dangereuse et la plus destructrice du monde " " Homo prédator "... (qui ose encore se baptiser sapiens !!!)

.

Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s’abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des mers fouillé la profondeur ;
L’océan était vide et la plage déserte ;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur ;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d’horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

.

Si l’on cherche à définir les trois stades ou états principaux que l’on croit pouvoir reconnaître dans l’évolution humaine, je les appellerais volontiers : la biocénose’, le divorce et la réconciliation.

La biocénose

L’homme, d’abord, n’est, et ne peut être, qu’un des éléments de la biocénose dont il fait partie. C’est un mammifère récolteur et prédateur parmi bien d’autres. Dans le cycle écologique régional, le chasseur d’antilopes au bois de jet ou à l’arc est-il encore autre chose qu’un carnassier légèrement perfectionné, ou, plus exactement, récupérant par un modeste artifice technique les désavantages de son handicap morphologique
(musculature, dentition, ongles, etc.) ? Dans la chaîne alimentaire du type plante-herbivore-prédateur, homme panthère, lion, guépard occupent des niches sensiblement identiques. Les équilibres naturels, en tout cas, sous cette forme de prélèvement alimentaire, ne semblent pas encore menacés, ou du moins les fluctuations pouvant s’inscrire dans les cycles proie-prédateur ne trouveront-elles pas leur origine dans la seule activité humaine.
Ni le chasseur, ni le pêcheur, ni le ramasseur ne seraient autre chose, à ce stade, et tant que leur nombre demeurera négligeable et leur technologie archaïque, qu’un des éléments, inter pares, de la biocénose, un des rouages parmi tant d’autres, d’une réalité cosmologique où l’homme va se découvrir directement inséré.

Sans doute le stade « biocénotique » sensu stricto, avec sa prédominance de réponses encore instinctives aux sollicitations du milieu, ses possibilités d’adaptation directe aux conditions naturelles et à leurs variations, est-il en fait un stade « fossile » et, sous ses formes vraiment typiques, sans exemple contemporain.
Puis...
Avec le perfectionnement de l’outillage, avec, en particulier, l’apparition d’une part de la hache, de pierre d’abord, puis de métal, celle de l’arc et de la flèche de l’autre, une efficacité nouvelle va s’attacher aux activités humaines. L’agriculture va exiger le déboisement, désormais possible, et la dent du bétail viendra prolonger, et intensifier, la pression exercée sur le couvert
végétal.

Les moyens, et par conséquent les dégâts, demeurent cependant encore limités. L’homme s’est installé, avec une économie de production sans doute, mais de type encore proche de ses origines néolithiques, dans un cosmos auquel il se sait appartenir, à l’intérieur duquel il lui faut agir. Homme et animal font partie d’une même totalité organique au sein de laquelle les interventions humaines, généralement des traumatismes, exigeront des précautions et des justifications diverses, largement rituelles, qui seules permettront à l’ordre cosmique de se perpétuer : il faut que la pluie tombe, que le grain lève, que les femmes conçoivent...

:Hubert Deschamps « On ne peut échapper au sentiment que cette sympathie de l’homme et de la nature, cette communion constante de l’homme et de ses environs, est une des beautés de la religion indienne ou noire. Elle donne à ces peuples une vision plus vaste, un sentiment plus large que l’intérêt pour l’humanité seule, où nous ont enfermés tant de philosophies. Elle est une fraternité avec le monde total dont nous avons perdu jusqu’à la conception. »
Sans doute, mais cette « communion », cette « fraternité » ne demeurent-elles pas foncièrement pragmatiques, « opératoires » et de l’ordre des recettes plus que
de celui des sympathies ? L’effrayante absence de pitié pour la souffrance animale, si elle n’est, hélas ! pas spéciale aux humanités pré-techniques, empêchera cependant d’ignorer ce qui manque à ces dernières (comme àtant d’autres !) dans le domaine de l’éthique

Les liens magiques et symboliques de l’homme avec la nature sont des promesses, et des garanties d’effica.cité : il n’y a à aucun degré, semble-t-il, ce que nous appellerons, nous, le respect de la vie. Les « ressources naturelles » ne peuvent être appropriées et utilisées qu’au prix d’un certain cérémonial : on observera la règle du jeu, mais sans mettre en cause le principe, ou seulement les conséquences de ce dernier.
Le progrès technique, lentement, s’est affirmé et avec lui la confiance de l’homme en sa force, son optimisme, ses appétits. Les sages barrières du rituel ne vont plus
tarder à sauter.

A partir d’un certain degré de puissance, en effet, l’homme n’est plus une des « parties prenantes » de la chaîne écologique. Il va sauter en dehors du dispositif naturel auquel hier encore il appartenait et auquel le maintenait lié un pacte magico-rituel. Il va pouvoir dès lors intervenir de l’extérieur, dans le sens que l’on devine, libéré de tout scrupule et avec des moyens matériels sans cesse perfectionnés : 4 fusils, en une campagne qui n’est que la première d’une série, démolissent 356 antilopes Addax. A ce rythme, la prédation est devenue destruction, la Raubwirtschaft, l’« économie de proie », peut enfin se donner libre cours, le divorce entre l’homme et sa biocénose est acquis, celui qui obéissait désormais commande ; la nature pour lui est une proie à saccager plus qu’un capital à ménager.
L’agression se développera dans tous les domaines,
quadruplement favorisée dans le domaine technolo
giqe par un accroissement vertigineux de puissance ;
dans celui de la pensée, par l’avènement de l’esprit scientifique ; dans celui des religions monothéistes, par un extraordinaire épanouissement des aspects les plus discutables de l’anthropocentrisme, l’orgueil, l’absence de sympathie pour les autres êtres vivants, la mystique de l’homme « roi de la création », etc. ; enfin dans celui des structures socio-économiques, par le passage d’une économie de subsistance largement compatible avec le caractère communautaire des civilisations traditionnelles, à un système individualiste fondé sur le profit et prêt à écarter de son horizon limité tout ce qui ne se révélera pas immédiatement « rentable ».

Sensiblerie me direz vous peut-être : non bêtise, inconscience et productivisme : les bouddhistes savent bien que la même manière qui vous forme vient de ceux que vous avez tué ou fait souffrir apar personne interposée, naguère et qu’un jour de votre matière renaîtra vraisemblablement sous une forme plus simple... la connaissance et la réflexion ça crée des liens

l’air que tu respire qui te le donne ?
le muscle dont tu te sers de qui est-il fait ?

.

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert,
Dresse la tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches :
Comme un collier qui s’égrène, on les voit
S’éparpiller dans l’air bleu, toutes blanches,
Et se poser plus loin sur quelque toit.

Mon âme est l’arbre où tous les soirs, comme elles,
De blancs essaims de folles visions
Tombent des cieux en palpitant des ailes,
Pour s’envoler dès les premiers rayons.

Théophile Gautier

.

Mais...

mais il semble que l’homme soit en train de prendre conscience de ses responsabilités à l’égard d’une nature dont il n’est, à tout prendre, que l’un des usufruitiers temporaires et dont il demeure comptable vis-à-vis
de ses descendants. Il ne s’agit plus dès lors ni de subir
passivement les injonctions d’un cosmos tour à tour
hostile ou bénéfique, dont le rite détournera les coups
ou prolongera les magnificences, il ne s’agit plus, d’autre part, de se livrer à un joyeux et intense pillage, licite tant qu’il sera « payant », il s’agit désormais de compréhension, d’aménagements médités, d’interventions mesurées, de respect de la nature, de la condamnation de toute destruction inutile, de la restauration systématique des paysages dévastés, etc.

(...)

La paix, dès lors, devient possible, avec les choses, avec les êtres, « la paix que, sans traités et sans signatures, l’homme, libéré par la pitié, peut déjà conclure avec ceux dont il est le maître, cette paix qui, une fois fondée, s’étendra, d’individu à individu et de nation à nation, à toutes les créatures de la misérable race humaine : lesquelles, mais seulement alors, souffriront moins elles-mêmes quand elles auront appris à ne pas faire souffrir’ ».

« Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où les bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en attendant l’abattoir. »

Maguerite Yourcenar

N’oublions pas non plus l’interdépendance de tous les êtres sur l’espace fermé de notre planète ni le rôle thérapeutique à tous les égards des plantes et animaux sur notre psychisme ou notre santé ( il faudrait parler si nous en avions le temps des guérisons d’enfants paralysés par le contact avec les dauphins, ou le rôle des animaux pour les personnes âgées)

Isaac le Syrien écrivait : « Qu’est-ce que le coeur charitable ? C’est un coeur qui s’enflamme de charité pour la création entière, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes, pour les démons, pour toutes les créatures, sans que ses yeux ne se remplissent de larmes à cause de la compassion immense qui saisit son coeur. Et le coeur s’adoucit et ne peut plus supporter, s’il voit ou s’il apprend par d’autres une souffrance quelconque, ne fûtce qu’une peine minime infligée à une créature. C’est pourquoi un tel homme ne cesse de prier aussi pour les animaux, pour les ennemis de la Vérité, pour ceux qui
lui font du mal, afin qu’ils soient conservés et purifiés Il prie même pour les reptiles, mû par une pitié infn1e qui s’éveille dans le coeur de ceux qui s’assimilent à Dieu. »

Un poète mystique bagdadi, Abou Bakr Chîbli mourut en 945, l’un de ses disciples le vit en songe et l’entendit raconter :

« Dieu m’a fait venir et m’a dit :

- Sais-tu pourquoi je t’ai donné ma miséricorde ?

- C’est parce que j’ai beaucoup prié ?

- Non pas.

- Parce que j’ai beaucoup jeûné ?

- Non plus. C’est parce qu’un soir pluvieux d’hiver, dans une rue de Bagdad, tu as ramassé une chatte abandonnée et l’as réchauffée dans ton manteau. »

Lanza del Vasto, à propos d’un bel insecte
dont « les hiéroglyphes de la cuirasse » sont « comme
les lettres d’un texte retrouvé » , ajoute : « Rends-le à la
plante qui te l’a prêté, confie-le à la fleur de sa couleur
et vois comme en ce bain de similitude, il se réjouit
avec ses petites pattes. Toi aussi, réjouis-toi de cette belle rime. Tu traiteras avec les mêmes courtoisies serpents, scorpions, tarentules et toutes espèces de bêtes nuisibles. Nuisible, tu l’es toi-même plus que la bête est-ce toi-même que tu voudrais punir en elle ? Laissela partir, et tes malices avec elle. »

La Bible elle même nous offre de beaux texte sur ce que devrait être le monde :Isaïe bien sûr [2] mais aussi la génèse et l’épisode de l’arche de Noé symbole de la première alliance...

Noé...

Pour les anciens Noé est avant tout le "vainqueur du déluge"...
de quel déluge ?
de celui des passions et des émotions qui trop souvent submergent l’homme et lui font perdre pied... ou celui de l’enfermement ou du dérèglment inhérant à une perte de contact avec la nature...notre nature !

Comme lui ne faut il pas se construire une arche..
c’est à dire une attitude "juste" qui doit nous aider non pas à supprimer le déluge.. .
mais à le traverser...
en faisant entrer dans l’arche tout le créé précieusement conservé par couple pour qu’il puisse se recréer

Pas trop de douceur... pas trop de force... non plus ...
un juste équilibre des deux....
pas trop de pur... pas trop d’impur...
l’homme n’est ni ange ni bête... et s’il voulait faire l’ange... il ferait aussi souvent la bête...

On peut parvenir ainsi à l’apathéia... qui est état d’équilibre,.. restauration de notre être véritable...
etat sans passion... en fait au dessus d’elles... serenité... maitrise de soi...

C’est avec cet être là que l’on établit la première Alliance... avec le Réel... après celle passée de fait avec Adam lors de la Création..

c’est l’alliance noachique...

certitude absolue pour l’homme qu’il n’y aura jamais la destruction de la création...et du créé...
même si la terre se pervertit... au point de pousser la créature elle de le faire...dans ultime auto-destruction...

Mais l’homme s’il refuse de construire l’arche de protection sera lui aussi entrainé...

Noé, témoin du rôle de l’homme sauvé du cataclysme ...
et par là même témoin sauvé de la création...

Chacun peut ainsi se dire prêtre à sa manière...
et responsable en partie du Créé...
Tu n’est pas seul dans l’action...tu es responsable des êtres...

Homme qu’as-tu fais de ta vie ?
Homme que fais tu de la Nature...et de la Création ?...

On me dira : la nature elle-même est cruelle.., bien sûr et qui oserait l’oublier ? Il importe de ne pas céder aux fallacieuses tentations d’un optimisme facile devant une nature trop souvent réduite, pour les besoins de la cause, à l’esthétique polychromie des corolles, au vol léger des papillons, au chant joyeux des « petits oiseaux »... La niaiserie la mieux intentionnée et parfois, hélas la plus pieuse ne pourra plus jamais nous cacher la réalité : le « tout est pour le mieux dans le
meilleur des mondes possible » est désormais inscrit, en lettres de sang, au portail d’un abattoir et d’un charnier.

Tout cela reste du domaine de la compassion désormais l’on sait que la relation et la symbiose sont possibles : il y a plus à recevoir qu’à donner , plus à apprendre qu’à dresser, plus à respecter qu’à détruire
nous faisons partie d’un même enclos et notre supériorité autoproclamée ne nous confère aucun droit bien au contraire

à qui appartient la terre au plus fort ?

supériorité voire...

...a-t-on idée des efforts et de l’intelligence de l’araignée déploie pour apprendre à tisser sa toile ?... celle du cafard pour s’adapter depuis forêts primaires où il vivait naguère...

a-t-on pris conscience du perfectionnement des sociéts animales ? le mot instinct qui sert souvent d’explications à ces phénomènes n’est là que pour masquer notre honte... c’est un fourre tout qui évite de parler d’intelligence, de sagesse, de créativité il est bien dommage que
Descartes et ses "animaux machines" ait aveuglé des générations

L’ intelligence animale dont je reparlerai un jour est non artotélicienne et sans catégories, ni raisonnement abstraits ou expression écrite ou orale...
mais n’y a-t-il pas d’autres façons de fonctionner pour perçevoir , mémoriser et communiquer ?

les sociétes aniamales en sont un merveilleux exemple tout est réglée par des sécrétions chimiques et olfactives : les phénormones...
et quelles belles sociétés que sont celles des fourmis, abeilles et autres termites !

Quel langage étonnant que celui de l’abeille découvert par von Frisch en un temps où personne n’y croyait

L’idée d’un respect et d’une étude sérieuse du monde animal fut longue à venir...
un des précurseurs fut Lorenz et son étude des oies cendrées... [3]

magifiques oies bernaches utilisées aussi comme compagne de vol dans le peuple migrateur , où le cinéaste fut accepté grâce à "l’empreinte" cette habituation qui nous fait accepter au sein des animaux et beaucoup d’autres exemples de vies consacrées aux animaux : gorilles, Bonobo, fauves etc...seraient à approfondir...nous y reviendrons...

le monde est un tout dont nous sommes un des locataires parmis une multitudes "d’autres étranges mais non étranger et" qui en fait nous ont souvent précédé aussi puissions méditer en ce Carême sur la place des animaux sur notre terre la place qui leur est due
ainsi que la part qui d’eux qui est en nous , qu’ils nous renvoient et leur vie qu’il nous donnent et nous est nécessaires...

cela nous évitera de faire la bête
et de réver par trop que nous sommes des être éthérés

J’ai été très long...je serai plus court la semaine prochaine !...promis !

Bonne continuation et joyeux Carême

ff+ et Jess ermites +

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s’amusent au parterre ;
Et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s’ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent :

Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus par l’ivrogne qui rentre,
Par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Par l’humiliation de l’innocent châtié,
Par la vierge vendue qu’on a déshabillée,
Par le fils dont la mère a été insultée :

Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
S’écrie : "Mon Dieu !" Par le malheureux dont les bras
Ne purent s’appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène ;
Par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne

Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
Par le malade que l’on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins :

Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
Par le baiser perdu par l’amour redonné,
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie :

Je vous salue, Marie.

Georges Brassens

*** N’oubliez pas de consulter le site "Pour les Animaux" trouvé par Jess et qui fourmille de documents complémentaires pour vos méditations éventuelles***


Voir en ligne : Pour les animaux


Vous pouvez écrire ou nous répondre

- soit sur ce site

- soit directement à rmitte@free.fr


Hy c’est Jess

J’ai pas écrit cette semaine car rien de bien nouveau à dire sauf que le temps est moins agréable mais on continue deux fois par semaine les cours de plongée avec Nat

On a creusé aussi une petite mare et désormais on a des canards, des tourterelles et des pigeons ...et des colombes...c’est nos poulettes qui sont contentes !

bref une vraie petite arche de Noé en Vercors

On travaille dur avec Titus pour trouver de la doc pour la méditation de Carême...en plus il risque d’y avoir des p^roblèmes techniques car notre site va "migrer" et changer de serveurs ...je vous tiens au courant.

On est déjà plus de 100 à suivre le Carême !C’est pas le moment de flancher

allez bye , à une prochaine fois

Jess+


[1« La tragédie du jour suivant, écrivait Edward Gibbon à propos des spectacles romains, consista dans un massacre de cent lions, d’autant de lionnes, de deux cents léopards et de trois cents ours. » Le temps de ces spectacles odieux est révolu (même si divers combats de coqs ou de taureaux font penser qu’on pourrait encore remplir un cirque avec des amateurs de sang). Mais la vérité, si l’on consent à la regarder en face, est que notre société fait preuve d’une plus grande et plus secrète cruauté. Aucune civilisation n’a jamais infligé d’aussi dures souffrances aux animaux que la nôtre, au nom de la production rationnelle « au coût le plus bas ». Pour sept cents fauves massacrés un jour de fête dans l’Empire romain, ce sont des millions d’animaux que nos sociétés condamnent à un long martyre.

N’ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. Des convois de l’horreur la sillonnent à tout instant et en tous sens. Pour cause d’élevage intensif, les fermes, devenues des « exploitations », se sont reconverties en centres de détention à régime sévère, et les « fillettes » de Louis XI passeraient pour de véritables hangars face aux dispositifs où l’on enferme des créatures que la nature avait conçues pour la lumière, pour le mouvement et pour l’espace.

En France, 50 millions de poules pondeuses -à qui l’on a souvent tranché le bec au fer rouge- sont incarcérées à vie dans des cages minuscules où elles ne peuvent ni dormir ni étendre les ailes, mais seulement absorber une nourriture éventuellement issue de fosses septiques et de boues d’épuration... Les truies sont sanglées jour et nuit dans des stalles qui leur interdisent toute espèce de mouvement, et ce pendant deux ans et demi... Des veaux de 145 kg sont enchaînés dans l’obscurité en cases de 0,81 m... Des poulets, dits « de chair », ont les flancs si hypertrophiés que leurs os ne les portent plus et qu’il leur est impossible de se déplacer. Au moyen d’un tube de 40 centimètres enfoncé dans l’oesophage, des appareils pneumatiques font avaler chaque jour 3 kilos de maïs brûlant (l’équivalent de 15 kilos pour un humain) à des canards et à des oies immobilisés dans des « cercueils » grillagés, puisque, de toute façon, ils ne peuvent plus se tenir debout. Pour finir cette existence qui a surtout le mérite d’être brève, beaucoup seront transportés dans des conditions effroyables, entassés sans nourriture, sans soins, sans eau, au cours de voyages proprement étouffants, interminables et souvent fatals. Qui a vu cela ne l’oublie plus jamais.

En Chine, où il est courant d’ébouillanter et d’écorcher vifs les animaux, des ours sauvages sont enfermés jusqu’à ce que mort s’ensuive dans des cages où ils ne peuvent pas même s’asseoir et où ils perdent jusqu’à l’usage de leurs membres. Une sonde est en permanence enfoncée dans leur foie pour y prélever la bile, utilisée en médecine traditionnelle. En Occident, la « communauté scientifique » fignole des animaux d’un genre nouveau : sans poils ni plumes ni graisse, aveugles et dotés de quatre cuisses, manifestement conçus pour le bonheur au grand air ! Il serait long, et pénible, de multiplier les exemples.

Pour ces millions, pour ces milliards d’animaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusqu’à la mort, est un supplice de chaque seconde, et ces régimes épouvantables leur sont infligés pour des raisons si mesquines qu’on a peine à croire que des êtres humains puissent s’en prévaloir sans honte : une chair plus blanche, quelques centimes gagnés sur un oeuf, un peu de muscle en plus autour de l’os. « Cruelles friandises », disait Plutarque .

Quant aux animaux sauvages, pour n’en dire qu’un mot, on se doute qu’ils ne sont guère épargnés par le piège, le fusil, le poison, le trafic, la pollution ou la destruction de leur habitat. 8 500 espèces de vertébrés sont menacées d’extinction à court terme. L’homme est seul responsable de cette extermination qui ne peut être comparée qu’aux extinctions massives du mésozoïque. Au Cameroun, les grands singes sont actuellement victimes de ce qui mérite pleinement d’être appelé une destruction systématique, comparable à une sorte de génocide. Et, dans le domaine de la protection des animaux sauvages, ce n’est certes pas la France qui pourra donner des leçons, elle qui montre tant de zèle à légaliser le braconnage.

On a vu récemment de monstrueuses hécatombes , de terribles holocaustes où les animaux étaient non pas « euthanasiés », comme on le dit pudiquement, mais massacrés et brûlés par milliers, par millions en Grande-Bretagne, victimes d’une maladie le plus souvent sans réelle gravité (la fièvre aphteuse), mais coupables de gêner le commerce et de déprécier la marchandise. Il faut d’ailleurs savoir que les abattages continuent après l’épizootie et que 450 000 vaches saines sont actuellement sacrifiées en France à « l’assainissement du marché ». Ce traitement, déjà révoltant quand il s’agit de lait ou de choux-fleurs, est-il admissible sur des êtres sensibles, affectueux et craintifs, et qui ne demandent qu’à vivre ? Rares ont été les professionnels qui se sont plaints d’autre chose que du montant ou de la rapidité de versement des primes au moyen desquelles on s’acharne à maintenir coûte que coûte une agriculture de cauchemar : un système d’indemnités après sinistre, une prime à la torture et à la pollution ? Qui n’a pensé aux pires horreurs médiévales en voyant ces crémations en masse, ces charniers remplis à la pelleteuse ? A quelle horreur veut-on nous préparer en appelant « sensiblerie » ou « zoophilie » toute compassion à l’égard de la condition animale ?

Ces condamnés sans langage

Les sentiments et les affaires n’ont jamais fait bon ménage, mais il semble quand même qu’on ait franchi les limites du supportable. Un producteur fait-il encore la différence entre une créature qui souffre et un objet manufacturé, quand il appelle un veau « le produit de la vache » ? Et alors qu’on entend de plus en plus souvent parler d’« organes vitaux » pour les voitures et de « pièces détachées » pour les corps ?

Il est vrai que partout des hommes, des femmes, des enfants sont victimes de l’injustice, de l’arbitraire, de la misère ou de mauvais traitements, que l’humiliation du prochain est un principe universel, que trop d’innocents croupissent en prison. Mais les souffrances s’additionnent sans s’exclure. « Dans le combat pour la vie, écrit Raoul Vanegeim, tout est prioritaire. » Peut-on être heureux quand on sait que d’autres êtres vivants, quels qu’ils soient, gémissent ?

Ceux que la souffrance animale laisse indifférents, fait sourire ou hausser les épaules au nom des « priorités » devraient se demander si leur réaction ne ressemble pas à celle des adeptes de l’inégalité, partisans de l’esclavage jusqu’au début du XIXe siècle, ou des adversaires du vote des femmes voilà à peine plus de cinquante ans. Au Cambodge, au Rwanda, dans les Balkans et ailleurs, n’a-t-on pas fait valoir également une « priorité » entre les plus proches voisins de nationalité, de religion, de « race » ou de sexe pour renvoyer les victimes à l’étrangeté, et si possible à l’animalité, afin de les éliminer plus facilement ?

Notre compassion est-elle si limitée qu’il faille établir des hiérarchies subjectives entre ceux qui méritent d’être sauvés en premier lieu, puis en second, puis plus du tout ? Faudra-t-il attendre qu’il n’y ait plus un seul Européen dans le malheur avant de se soucier des Africains, ou que tous les humains soient comblés pour s’occuper des animaux ? A quel odieux « choix de Sophie » serions-nous alors sans cesse confrontés ?

Claude Lévi-Strauss a écrit : « L’homme occidental ne peut-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d’un humanisme corrompu aussitôt que né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion ? (...) L’unique espoir pour chacun d’entre nous de n’être pas traité en bête par ses semblables est que tous ses semblables, lui le premier, s’éprouvent immédiatement comme des êtres souffrants. »

Au risque de choquer, demandons-le franchement : pourquoi les hommes auraient-ils le droit de se conduire avec les non-humains comme des barbares avec des innocents, et faudra-t-il toujours être l’inquisiteur, le démon, l’esclavagiste ou l’oppresseur d’un autre ? Quelle vie est a priori méprisable ? Tant que certains se croiront autorisés à maltraiter un être sensible parce qu’il porte des cornes ou des plumes, nul ne sera à l’abri.

La cause des animaux a beaucoup avancé, dans les faits comme dans les mentalités. Rien qu’en France, des dizaines d’associations la défendent, et jamais elle n’a rassemblé dans le monde autant de militants. Quatre-vingt-dix pour cent des Français se déclarent prêts à payer 15 centimes de plus un oeuf de poule libre. Même la législation évolue. Mais peu, et lentement. Et les phénomènes d’extinction massive et d’élevage intensif rattrapent vite les quelques avancées, non pour des motifs sentimentaux ou philosophiques (car l’opinion s’indigne sincèrement des brutalités envers les animaux), mais, encore une fois, pour cette même raison économique, qui s’oppose obstinément à la sensibilité individuelle.

Aux innombrables condamnés sans langage qui espèrent de nous des gestes qui ne viendront pas, nous n’avons à offrir que de bien piètres signes. On ne s’attend pas à ce que les Français deviennent tous végétariens ni, comme certains le demandent, que les droits humains soient étendus au singe. Mais quelle honte y aurait-il à faire un pas dans le sens de la compassion, à créer par exemple un secrétariat d’Etat à la condition animale comme il y en a un à l’économie solidaire ? La Belgique n’a pas craint de le faire. La Pologne a renoncé au gavage ; la Grande-Bretagne envisage d’interdire la chasse à courre. Malgré sa politique agricole, l’Europe s’est déjà timidement mais réellement penchée sur la question de l’élevage, de la chasse, de l’expérimentation et du bien-être. Tôt ou tard, on s’indignera massivement que des hommes aient pu torturer des animaux, même pour des raisons économiques , comme on s’indigne aujourd’hui des massacres romains, des bûchers, du chevalet et de la roue. N’est-il pas préférable que le plus tôt soit le mieux ?

Par ARMAND FARRACHI
Ecrivain et essayiste, auteur, entre autres, de : Les Ennemis de la terre, Exils, Paris, 1999 ; Les poules préfèrent les cages, Albin Michel, Paris, 2000. quelques chiffres

Notre civilisation moderne tue, tue sans vergogne :
exploitation des ressources vivantes et naturelles sans limite.

Nombre d’animaux massacrés inutilement :
je pense qu’il n’existe aucune estimation à ce jour du nombre d’individu tués chaque année par l’homme, quant à la précision de l’utilité éventuelle....Voici quelques chiffres plus ou moins fiables :
(si je ne donne aucune précision il faut comprendre par an et pour toute la planète.)

NOMBRE D’ANIMAUX TUES :

50 milliards d’animaux de boucherie tués dont :
230 millions de boeufs,
350 millions de moutons,
175 millions de chèvres,
700 millions de cochons
et le reste volailles etc...?
(ces chiffres pourraient être bien supérieurs)

En France on tue pour les manger :
949,7 millions de poulets, 57,1 millions de poules et de coqs, 1,4 millions de chapons (poulets castrés), des millions de poussins mâles tués à la naissance, 117,4 millions de dindes, 64,1 millions de canards, 49,3 millions de pintades, 669 mille oies, 6,5 millions de pigeons, 75,4 millions de cailles, 8,6 millions de faisans, 59,9 millions de lapins, 24,7 millions de porcs, 4,1 millions de bovins, 1,96 millions de veaux, 5,6 millions d’agneaux, 742 mille chevreaux, 749 mille ovins de réformes, 98 mille caprins de réforme, 37 mille équidés, 40,4 millions d’escargots (d’élevages), des centaines de millions de poissons, et beaucoup d’autres... 16,494 milliards d’oeufs ont été produits

120 millions de tonne d’animaux aquatiques ( converti en nombre d’individu ? des milliers de milliard...) par an dans le monde.

oiseaux :
je n’ai aucun chiffre mais plus de 30 millions d’oiseaux sauvages seraient tués rien qu’en France une petite estimation rapport 60 millions à 6 milliards = 3 milliards d’oiseaux tués par an dans le monde (certainement beaucoup plus la France n’étant pas représentative de la situation de la majorité des pays, pauvres pour la plus part donc chiffre à multiplier par ?)

autres animaux vertébrés tués ? (chasse, vivisection, trafiques) :
je n’ai aucun chiffre des milliards

insectes et autres invertébrés tués :
chiffre astronomique (pesticides, déforestation etc...)

animaux microscopiques : ..............

[2Le loup habitera avec l’agneau,
Et la panthère se couchera avec le chevreau ;
Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse seront ensemble,
Et un petit enfant les conduira.
La vache et l’ourse auront un même pâturage,
Leurs petits un même gîte ;
Et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille.
Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère,
Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic.
Il ne se fera ni tort ni dommage
Sur toute ma montagne sainte ;
Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel,
Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.
Et ce jour, le rejeton d’Esaïe
Sera là comme une bannière pour les peuples ;
Les nations se tourneront vers lui,
Et la gloire sera sa demeure.
(Esaïe 11, 6 -10)

[3Konrad Lorenz, avait apprivoisé par imprégnation ), une oie cendrée nommée Martina. Il avait essayé lorsqu’elle avait environ une semaine, de la faire venir à pied dans sa chambre à coucher au lieu de l’y porter. Lorsque ce jour-là, Martina, le suivant docilement de près, pénétra dans le hall de sa grande maison, elle fut effrayée par le contexte inhabituel. Comme tous les oiseaux apeurés, elle se dirigea vers la lumière, ce qui veut dire qu’elle courut, à partir de la porte, tout droit vers une fenêtre en dépassant Lorenz qui avait déjà le pied sur la première marche de l’escalier. Elle s’arrêta devant la fenêtre, puis après avoir retrouvé son calme, elle revint à Lorenz et le suivit sagement à l’étage supérieur.

Le même manège se répéta le soir d’après, avec la différence qu’elle raccourcit un peu le détour vers la fenêtre et qu’il lui fallut moins de temps pour se calmer. Pendant les jours qui suivirent, cette évolution continua, le séjour près de la fenêtre fut complètement supprimé, et Martina ne donnait plus l’impression d’avoir peur. Cependant, le détour vers la fenêtre prenait de plus en plus le caractère d’une habitude et il était drôle de voir comment Martina se dirigeait d’un pas décidé vers la fenêtre et, à peine arrivée, faisait demi-tour sans s’arrêter pour marcher d’un pas aussi décidé vers l’escalier et le monter.

Le détour routinier vers la fenêtre devenait de plus en plus court, l’angle de 180° devenait de plus en plus aigu, et après un an, il ne restait de l’habitude de ce détour qu’un angle droit l’oie venant de la porte, au lieu de monter du côté droit, longeait la première marche jusqu’au coin gauche et se tournait brusquement sur sa droite pour monter

(...)

Un soir, Lorenz oublia de faire entrer Martina à l’heure habituelle et ne la conduisit pas dans sa chambre. Lorsqu’il se souvint d’elle, le crépuscule était déjà tombé. Il courut vite à la porte et lorsqu’il ouvrit, l’oie se pressa peureusement par la fente entre ses jambes, et courut contre son habitude devant lui, vers l’escalier. Elle prit le chemin le plus court, sans faire le mouvement habituel en angle droit, elle mit le pied sur le côté droit de la première marche et commença à monter en obliquement la spirale de l’escalier. Mais arrivée, à la cinquième marche, elle fit quelque chose de réellement bouleversant elle s’arrêta subitement, son cou s’allongea, signe de grande terreur chez une oie sauvage, et elle sortit ses ailes de leur repli, prête à s’enfuir. En même temps elle poussa le cri d’avertissement. Je crus qu’elle allait s’envoler. Mais elle hésita un instant, fit demi-tour, redescendit les cinq marches et exécuta d’un pas pressé, comme quelqu’un qui doit accomplir une mission très importante, le détour primitif vers la fenêtre. Ensuite, elle monta à nouveau, cette fois conformément à l’usage primitif, tout à fait à gauche. Arrivée sur la cinquième marche, elle s’arrêta et se retourna, puis se secoua et salua, deux comportements que l’on observe régulièrement chez les oies cendrées lorsque la peur fait face à l’apaisement. J’en croyais à peine mes yeux. Je n’avais aucun doute sur l’interprétation à donner à ce que je viens de raconter l’habitude était devenue une coutume que l’oie ne pouvait enfreindre sans être saisie de peur.

(...)

A partir du comportement de Martina et de l’existence de rituels chez de nombreux animaux, Lorenz interroge le pédagogue, le psychologue, l’ethnologue et le psychiatre qui devraient tous leur trouver un air curieusement familier . Si l’ethnologue peut y retrouver la pensée magique ; au psychiatre et au psychanalyste, ce comportement animal rappellera la manie de la répétition qu’on rencontre dans certaines formes de névroses (qu’on appelle d’ailleurs en conséquence des névroses compulsives) et dont une forme atténuée peut s’observer chez beaucoup d’enfants. ... Tous ces phénomènes sont, en effet, reliés entre eux en ce sens qu’ils ont une racine commune : un mécanisme de comportement d’une évidente utilité pour la conservation de l’espèce. Il est en effet très utile pour un être vivant, s’il ne comprend pas les relations causales, de pouvoir s’accrocher à un comportement qui s’est montré une ou plusieurs fois capable de mener au but désiré, ou d’être inoffensif. Lorsqu’on ignore quels détails sont responsables d’un succès ou de l’absence de danger, on fait bien effectivement de les observer tous, avec une obédience d’esclave. Le principe ne peut savoir ce qui arriverait autrement s’exprime nettement dans de telles superstitions.

Si un être humain n’ignore pas que telle ou telle habitude enracinée remonte à une origine purement fortuite et sait parfaitement que le fait de l’enfreindre ne peut engendrer aucun danger, une excitation indéniablement anxieuse le pousse à y rester fidèle. De ce point de vue, il ne semble pas y avoir de différence entre l’homme et l’animal. Un son nouveau se fait pourtant entendre, à partir du moment où l’homme n’acquiert plus l’habitude par lui-même, mais la reçoit par ses parents ou par la civilisation. Premièrement, il ne connaît plus dans ce cas les raisons qui ont engendré la règle de comportement en question. ... D’autre part, l’image exaltée du père-législateur subit, dans le lointain temporel et mystique, une apothéose qui fait apparaître comme divines toutes les prescriptions venant de lui, et comme péché tous les manquements à ces prescriptions.

Finalement on est pas loin du rituel religieux même chez les canards !...que reste -il à l’homme puis que l’on sait dans un autre ordre d’idée que les éléphants savent pleurer l’un des leurs décédé et se rassembler pour un dernier hommage autour de sa dépouille ( il faudrait en reparler )

La formation de rites traditionnels a certainement commencé à l’aube de la culture humaine, de même qu’à un niveau inférieur, la formation de rites phylogénétiques fut aux premières origines de la vie sociale des animaux. Les analogies entre les deux développements ... s’expliquent facilement par les exigences d’une même fonction, commune à l’un et à l’autre.

Dans les deux cas, un mode de comportement sert d’abord, soit à une espèce, soit à une culture, à composer avec le milieu extérieur, pour acquérir ensuite une fonction entièrement nouvelle, celle de la communication ou de l’information à l’intérieur de la communauté. La fonction primaire subsiste peut-être encore, mais elle sera de plus en plus reléguée à l’arrière-plan et pourra disparaître complètement, le résultat étant une changement de fonction caractéristique. A partir de la communication peuvent naître deux nouvelles fonctions d’égale importance qui toutes deux conservent encore un certain nombre d’éléments de communication. La première est la canalisation de l’agression vers des issues inoffensives, la seconde, la création de liens entre deux ou plusieurs individus.

Les rites utilisés auraient-ils pour fonction de canaliser l’ agressivité ou la peur et permettre de supporter le réel devenu pour certaines raisons insupportable et donc insupporté ?

De ces quelques remarques de Lorenz peut-on déduire des éléments applicables à l’homme en général et à Bernard en particulier Si les rites sont le fruit d’une sorte de conditionnement, ne serait-il pas légitime de déconditionner ceux qui en sont victimes Ne faut-il pas au contraire qu’ils subsistent comme une mémoire de l’espèce

Il est frappant de constater combien dans une ritualisation culturelle, les deux pas qui mènent, d’abord de la communication au contrôle de l’agression, puis à la formation d’un lien, sont parfaitement analogues aux deux stades de l’évolution des rituels instinctifs.

Lorenz remarque que dans les interactions sociales entre les différentes cultures et cellules culturelles, on peut noter que les manières prescrites par l’étiquette sont pour la plupart des exagérations de gestes de soumission et ont le plus souvent leurs racines dans des types de mouvement phylogénétiques ritualisés et ayant la même signification. Le conditionnement à la distinction du bien et du mal commence dès la petite enfance et continue à travers toute l’ontogénèse de l’être humain. Il n’y a aucune différence de principe entre la rigidité avec laquelle nous restons attachés à notre premier dressage à la propreté, et notre fidélité envers les normes et rites nationaux ou politiques, sur lesquels nous nous fixons pendant notre vie ultérieure. La rigidité de ces rites et la ténacité avec laquelle nous nous y sommes attachés est essentielle à leur bon fonctionnement. Mais de même, que les comportements sociaux innés, encore plus rigides, ces rites transmis doivent être surveillés par notre morale rationnelle et responsable.

Messages

  • Bonjour,

    Je vous invite à découvrir des reportages uniques en leur genre,qui actuellement sont diffusés par prés de 600 chaînes TV en différentes langues dans le monde entier.

    De nombreux rédacteurs apprécient la qualité de ces émissions et sont favorables quant à leur diffusion réguliére sur leur chaîne.

    Ces reportages qui connaissent un grand succés, vous permettront de prendre connaissance des actions faites au service de la nature,des animaux,de notre Mére-Terre au sein de la Fondation Gabriele.

    On y parle de nature, d’animaux, et de religion, non pas dans le)sens traditionnel du mot, mais plutôt pour décrire une nouvelle attitude éthique et spirituelle s’appuyant sur les principes de l’amour universel transmis par le christianisme des origines. C’est sur cette base qu’a vu le jour un projet absolument unique et digne d’intérêt.

    On y raconte l’histoire de la naissance d’un havre de paix, au sein
    d’un domaine parsemé de champs et de forêts situé au centre de l’Allemagne,dans la région du Spessart(Baviére) et duquel nait un oasis de paix dans lequel les hommes s’occupent avec respect de la nature et des animaux.

    On peut visionner directement les reportages sur le site :
    http://www.neu-jerusalem.de/cms/index.php?id=5&L=2

    Ce sont des reportages qui montrent l’édification d’un grand système de biotopes en réseau, des animaux en détresse qui ont pu être rachetés et sauvés, et aussi comment de personnes, petit à petit, se sont mises à développer une communication vivante avec la nature et les animaux.

    Les terrains acquis par la "Fondation Gabriele " , qui est
    l’initiatrice de ce projet, sont destinés à soutenir la nature et à lui permettre de s’épanouir sans entrave. On y plante de nouveaux arbres, des buissons et des haies, on y crée des étangs, de même que des biotopes aquatiques et minéraux, qui, reliés les uns aux autres,constituent le plus grand biotope en réseaux que l’on puisse trouver en Europe.

    Sur ces terres, les animaux ne sont pas tués mais reçoivent à nouveau l’espace de vie que notre civilisation leur a dérobé, et de nombreuses espèces de petits et de grands animaux y établissent petit à petit domicile.

    Les expériences que sont en train de faire les personnes travaillant dans cet endroit seraient en mesure d’ébranler toutes les études et recherches éthologiques traditionnelles faites jusqu’alors ! En effet, lorsque les animaux se sentent en sécurité et qu’ils perdent la peur qu’ils ont envers les hommes, ils cherchent le contact avec ces derniers et une nouvelle relation d’unité et de confiance réciproque peut se développer. Dans ces conditions, il leur est
    possible de montrer leur vrai caractère, leur personnalité, leur
    beauté et leur intelligence.

    Tout cela,on peut le voir au cours des récits faits par les personnes
    qui suivent au quotidien les différents secteurs de cet oasis de paix, des paysagistes jusqu’à ceux qui s’occupent des troupeaux de moutons et de bovins, ou encore des animaux sauvés de diverses
    manières.On assistera à la naissance de certains animaux,on peut voir
    avec quels soins de nouveaux arbres sont plantés, et prendrons part en détails à tous les travaux liés à ce grand projet. De plus,y est présenté un concept unique et révolutionnaire dans le domaine agricole, celui de « l’agriculture pacifique »

    Le rythme de diffusion est de deux émissions par mois. Ces
    programmes sont disponibles en plusieurs langues.

    Je vous remercie grandement par avance pour toute l’attention que vous accorderez à ces informations et à la possibilité de les faire connaître autour de vous

    Bien cordialement.

    Jean-Frédéric Marrot

    N.B. Passage en français de 2 émissions par semaine sur une télévision satellite
    ayant son siège en Italie et rayonnant sur toute l’Europe et l’Afrique du
    Nord.

    Passages en "clair". Conditions techniques : avoir un récepteur numérique.

    A partir du 1er janvier 2007

    En français, espagnol et anglais :br>
    Satellite : SAT Hotbird/EUTELSAT digital
    Télévision : RETE ORO SAT
    Fréquence : 12539.02
    FEC 3/4 Pol. Horizontal
    SKY ch. 905

    Horaires de passage en français : le mardi et le mercredi à 22h30 (heure de Paris)
    En espagnol : le lundi et le dimanche à 22h00
    En anglais : le jeudi, le vendredi et le samedi à 22h00

    En allemand (sur RTB international, Fréquence 11295.97 SKY ch. 829) : tous les jours à 18h00 (comprend aussi des cours de cuisine)

    On peut visionner directement les reportages sur le site :

    http://www.neu-jerusalem.de/cms/index.php?id=5

    Si cette fondation avait un comportement sectaire veuillez en informer immédiatement le site du Bulletin de l’ermitage rmitte@free.fr . MERCI

    Voir en ligne : Site de la Fondation Gabriele