Bulletin de l’Ermitage

Accueil > Humour > Monseigneur Barbaresque sur les traces de Zorglub

HUMOUR

Monseigneur Barbaresque sur les traces de Zorglub

dimanche 17 décembre 2006, par frere francois

On se souvient des essais douloureux de Mgr Barbaresque le primat de la Gaule, archevêque autrefois médiatique de la ville de la Soie, qui aimait tant exhiber ses fesses héronnières à la presse et qui pour la fête de l’immaculé contraception du 8 décembre il y a deux ans avait fait recouvir la ville de poster et autres dazibao à la gloire de Tintin, de pages d’évangiles et de la vierge représentée en marianne ségolénienne éplorée ( vous pouvez en voir encore...les stocks ne sont pas épuisés !...même si les poubelles sont pleines )

Ce spécialiste mondial de la sexualité de Tintin...dans le texte... ulcéré de n’avoir pas été convié à l’expo du 20 décembre prochain que le Centre Pompidou consacrera à saint Hergé ,et qui rassemblera plusieurs centaines de dessins et de planches originales, à l’occasion du centième anniversaire de la naissance du père de Tintin. [1]se voyant même désormais ignoré et vilipendé dans son propre diocèse [2] et dont la coupe de cheveux et la grimace font de plus en plus penser à un nouveau Zorglub ( il en a d’ailleurs depuis longtemps la psychologie sans le génie bien sûr... la mitre et le col dur ça congestionne toujours un peu trop) décida donc de convoquer la presse pour déclarer que le projet de document sur le préservatif commandé par le pape Benoît XVI constituait "une démarche nécessaire et attendue" se félicitant même que le pape puisse se prononcer sur la base d’un rapport qui aborde à la fois "les points de vue technique et scientifique et le point de vue doctrinal".

Et indiquant que faisant référence à sa longue expérience sur l’art de se protéger en Eglise il ajouta que sur la question brûlante du sida", il fallait "prendre les dix commandements dans l’ordre", jugeant qu’il était question de "faire passer la vie en premier".

"+Tu ne tueras point+ vient avant +Tu ne commettras pas d’adultère+, c’est ce qui mérite d’être analysé", a affirmé le nouveau Primat de la Capote

"Les gens font ce qu’ils veulent avec leur cul mais on peut leur demander de mettre les choses dans l’ordre", a-t-il ajouté.... même lorqu’ils sont occupés à toucher le tiercé dans le désordre "

Il reconnu hors caméra il avait pêché par omission passant allégrement sur :" Tu ne te feras pas d’idoles" du Très Haut et "Tu ne les adoreras point" je ne sais si l’Eglise a bien retenu ces leçons pourtant anciennes , il est vrai que l’enseignement est l’art de répétition...
de même "Tu ne prononcera pas mon nom en vain"..."Ne dérobe pas", "Ne convoite pas la maison de ton prochain"...et là je pense toujours que l’exemple de Léoncel que le prélat fit et fait semblant d’ignorer est là pour montrer que le contraire n’est jamais l’ennemi du discours ennoncé en Eglise...application du dicton "fais ce que je dis , mais pas ce que je fais...c’est valable pour les commandements mais aussi les préservatifs bien sûr ! [3]

Devant l’indifférence de paroissiens qui depuis longtemps sont devenus de fidèles adeptes de St Condom le grimaçant archevêque essaya de rebondir en se plaçant dans le sillage de Mgr de la Raie qui pour calmer les fermentations de ses communautés charismatique du Var en pleines poussées hormonales à cause d’un automne inhabituellement printanier avait cru bon d’élever le ton... contre le téléthon..lui qui rêve depuis toujours d’un Télétronc pour assainir les finances de son diocèse

Selon lui certaines voix au sein de l’église contestent le financement par l’argent du Téléthon de projets de recherche mettant en jeu des embryons humains et de techniques symptomatiques d’une dérive eugéniste. [4]

Or selon le prélat mal éclairé il s’agit d’abord d’une question de principe : le droit « fondamental et primordial » à la vie de l’être humain, depuis sa conception jusqu’à son dernier souffle , position qui n’admet « ni compromis, ni tergiversation » et principe fondateur de l’opposition de l’église à l’avortement, à la contraception, et à la recherche embryonnaire. Le Pape Benoît XVI rappelait le 16 septembre cette « limite infranchissable ».

Las ignares en biologie nos pauvres mitres ne savent pas que toute cellule est détentrice potentiellement à elle seule de tous les gènes nécessaires à la construction d’un individus " potentiel" sauf les femmes à qui il maque chromosome Y et dont les cellules ne pourraient jamais engendrer de mâle par "bouturage"... mais on se doute que là n’est point la cause de la misogynie ecclésiale....

Va-t-on dès lors retourner au port des caleçons de Zn qui empêchaient l’onanisme des jeunes garçons ou des prélats et des prêtres... permettrant ainsi de ne perdre aucune goutte de semence ( on ne songe penser en effet à une obligation d’une auto-fellation quotidienne...même si la souplesse dorsale du corps clérical est légendaire)
va-t-on de même conseiller aux femmes de conserver leurs menstrues dans des pots à confiture pour ne pas gaspiller de futurs individus à naitre...
tandis qu’au Darfour, en Palestine, au Ruanda au Vietnam, en Tchétchénie, dans les camps de réfugiés l’Eglise se tait devant les massacres des enfants ?
de même qu’elle se tait devant ceux atteints du sida refusant à leurs parents le préservatif ?...et que dire de cette apologie de la chasteté ?...combien d’enfants potentiels ont manqué à la vie ?

"La recherche sur l’ embryon : "Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est moral" déclara derechef le primat de la Gaule : "Pour nous voyez-vous l’embryon humain n’est pas une chose....
Un embryon, on ne peut pas le produire, on ne peut pas le détruire, on ne peut pas l’utiliser on ne peut pas le trier, non non et non !",.

"Même si la loi le permet, il faut arrêter de faire ça,
il y a énormément de donateurs qui le pensent donc cela met les donateurs dans une situation difficile intérieure (...)
pour leur tranquilité intérieure je leur dit tout net " remplissez et pénétrez plutôt nos troncs de gros chèques... une version lyonnaise du "catho-troncs "bien connue à Léoncel

"Je dis très haut et très fort que je veux soutenir les familles à l’origine du Téléthon", a poursuivi le prélat zorglubéen. "Il y a quand même les familles qui se sont mobilisées, ils veulent que leurs enfants vivent...
, nous on veut bien qu’ils se battent à la rigueur pour pour les soins
...mais c’est pas tout à fait pareil que se mettre à trier des embryons, à les détruire et les utiliser comme si c’étaient des saucisses ou des jésus", a-t-il dit.

"Les gamins doivent continuer à casser leur tirelire ...et apporter le contenu à l’office, au catéchisme ...ou mieux à la sacristie sur les genoux de leur confesseur favori qui saura les récompenser ( comme on le devine) ! (...)
certes l’élan de solidarité nationale est un vécu social considérable qu’il ne faut pas perdre" "Il y a énormément de catholiques engagés là-dedans", a-t-il souligné même le président soutient cette action sociale merveilleuse et il a raison", a-t-il poursuivi, "mais les catholiques à l’intérieur de la société française ont le droit de dire leur opinion...et de marquer leur préférence et leur différence "

repli communautaire oblige ...l e syndrome de la citadelle assiégée.... affrontement entre deux conceptions du sacré deux sacralisations l’une de l’ordre de la raison et de la logique l’autre de la superstition... L’une concerne l’embryon humain, l’autre la recherche scientifique, du moins celle concernant les affections génétiques. Or ces deux conceptions sont dans deux espaces différents.

"Ils ont les mains pures, mais ils n’ont pas de mains » (Péguy) [5]

Le prélat a là encore préché dans le désert...et enferré dans ses contradictions ...avec le résultat que l’on sait [6]

Peut-être faudrait-il qu’il daigne sortir de sa "cité interdite" et parcourir les rues de sa ville et d’oser ses bus et métros au lieu de son habtuelle limousine lustrée et de ses escarpins mignons... pour se rendre dans les cercles fermés de la "haute lyonnaise"

Bref l’avenir de Mgr Barbaresque parait sombre même en ces jours de fête des lumières... gageons qu’il trouvera le réconfort dans les salons calfeutrés de la haute lyonnaise, auprès des diciple de Belley Ars ou les intégristes de St Georges... qu’il courtise ardemment voire auprès des "moines d’Aigrebelle de son collègue et clone Lafraise qui lui trop introvertit qu’il est n’ose pas dire... il vaut mieux d’ailleurs...
mais aimererait bien faire...la même chose que le nouveau Zorglub lyonnais et de demander à ses ouailles de chanter :eviv Bulgroz...jusqu’à Léoncel !!!


*** ce texte qui se veut uniquement humoristique et divertissant (certes pas toujours de très bon goût je l’avoue !) sans aucune intention insultante et/ou discriminante envers qui que ce soit est une pure fiction aussi toute ressemblance avec des personnes ou des faits réels existants ou ayant existés serait pure coïncidence et entièrement fortuite ***


[1Hommage au travail d’Hergé (1907-1983), l’exposition, ouverte gratuitement au public, illustrera d’une part sa vie, son oeuvre, et présentera d’autre part un approche thématique de ses créations.

Outre de nombreuses notes et lettres manuscrites, l’exposition rassemblera des originaux des journaux dans lesquels les dessins d’Hergé ont été publiés, des enregistrements sonores, ainsi que "124 planches originales du Lotus Bleu présentées pour la première fois depuis vingt ans".

L’exposition, intitulée "Hergé", est organisée conjointement par le Centre Pompidou et la Fondation Hergé.

Le centenaire de la naissance du créateur de Tintin doit donner lieu à toute une série de manifestations, publications, expositions, dans le monde, à Bruxelles, Paris, Montréal, Londres et Stockholm.

[2le journal Golias fait aparaitre deux nouveautés pour le 8 décembre Tout d’abord un livre au titre interrogateur :

Barbarin qu’as-tu fait de ton Eglise ?

C’est le livre d’une chrétienne bien informée, qui a été très impliquée dans le renouveau conciliaire. Déçue par ce que devient l’Église, spécialement l’Église de Lyon qu’elle connaît très bien, déçue et un peu apitoyée par son nouvel archevêque, elle revisite les archives de cette Église et raconte les plus belles pages de son histoire récente, avec amour, avec passion. Car elle a foi dans l’histoire et dans l’initiative chrétienne. La vitalité de cette église est étonnante. On pourra ainsi découvrir, redécouvrir des visages, des situations que l’on aurait aimés lire dans la récente lettre pastorale du Primat des Gaules. Anne de Magdala sait mettre en évidence les fruits souvent cachés de ces initiatives, notamment de chrétiens qui croient à l’enfouissement « au coeur des masses », une espèce de chrétiens qui n’est plus guère en odeur de sainteté dans notre Église officielle, mais une race de chrétiens qui continue pourtant d’inventer un avenir.
La foi d’Anne de Magdala dans l’initiative chrétienne est roborative, aux antipodes d’un conservatisme identitaire distillé, malgré les apparences médiatiques, par l’archevêque de Lyon. Et Anne de Maddala de nous rappeler magnifiquement le message toujours neuf d’Irénée, le grand théologien de la première Église de Lyon : « Le Christ s’est fait homme, en a partagé la conviction jusqu’à la mort, pour que l’homme puisse devenir Dieu ».
Un message que son successeur a du mal, semble-t-il, à mettre en oeuvre au regard des défis à relever aujourd’hui pour l’Église et le christianisme.

et le no 111 de la revue consacré au sombre prélat :
Cardinal Barbarin entre ombres et lumières

SOMMAIRE
Cardinal Barbarin entre ombres et lumières p ;29 ;
Barbarin, un bilan médiocre p.31 ;
Portrait d’un chef ou le caméléon de Dieu p.33 ;
Le double visage de l’Eglise de Lyon p.35 ;
Quand Barbarin refuse la communion à une catéchumène p.39 ;
Barbarin aux pieds de la bonne société lyonnaise p.42 ;
Gestion du diocèse : la divine pagaille p.46 ;
Un économe diocésain contesté maIs protégé p. 50 ;
Marketing et denier du culte p. 52 ;
La laborieuse progression du plan immobilier Cap 2009 p.53 ;
Barbarin et les « Petits Gris » p.59 ;
BarBarin : une lettre pastorale décevante p.62

[3Le "ministère de la Santé" du Vatican a transmis aux gardiens de la doctrine de l’Eglise catholique un projet de document sur le préservatif commandé par Benoît XVI, avait annoncé mardi un cardinal de la Curie.

Ce document d’une centaine de pages rassemble toutes les positions ( certes pas celles du Kama-soutra) de l’Eglise sur le sujet, des plus libérales aux plus rigoristes.

La congrégation pour la doctrine de la foi doit maintenant donner son avis, mais c’est le pape qui décidera en dernière instance si l’interdiction absolue de l’usage du préservatif que prône actuellement l’Eglise catholique doit être maintenue ou infléchie.

Le Vatican est opposé à toute forme de contraception autre que l’abstinence (totale ou temporaire) et réprouve l’usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques.

Cependant, certains prélats plaident pour en admettre l’usage dans des circonstances bien particulières et très limitées, par exemple lorsqu’un des époux légitimes a été contaminé par le virus HIV lors d’une transfusion sanguine

[4Le diagnostic pré-natal (DPN) permet de détecter chez un fœtus encore présent dans l’utérus de sa mère certaines maladies, de la même façon qu’il est possible de connaître à l’avance le sexe de l’enfant. En France et dans d’autres pays, le droit à l’avortement permet donc à des parents de choisir de ne pas faire naître un enfant trisomique ou atteint d’une autre maladie.

Une technique similaire, le diagnostic préimplantatoire (DPI), permet aux couples qui recourent à la fécondation assistée de choisir quels embryons seront réimplantés chez la femme. Actuellement, une trentaine de maladies rares peuvent être « filtrées » par ce biais. Une centaine de DPI sont effectués chaque année en France, qui aboutissent à une vingtaine de naissances. Le premier bébé sélectionné par DPI est né en novembre 2000.

Enfin, le Téléthon finance également la recherche sur les cellules souches embryonnaires. L’I-Stem (Institut des cellules souches pour le traitement et l’étude des maladies monogéniques) est ainsi financé à hauteur 1 million et demi d’euros par l’Association française contre les myopathies (AMF). Ce centre travaille notamment sur des embryons porteurs de maladie géniques « écartés lors du diagnostic pré-implantatoire ». Or, la recherche sur les cellules souches embryonnaires nécessite souvent la destruction des embryons.

[5G’après golias :" Une sorte de tabou du vivant, érigé en principe universel, court-circuite une réflexion éthique approfondie sur un enjeu complexe, où différentes considérations peuvent et doivent entrer en ligne de compte. Il y a surtout dans la posture du cardinal Barbarin quelque chose de profondément déplaisant. Une sorte d’arrogance hautaine : comme si du haut d’un quelconque Panthéon divin, sans se coltiner les difficultés concrètes. Péguy avait trouvé la riposte : "ils ont les mains pures mais ils n’ont pas de main".

A la veille du Téléthon, le patron des évêques de France est enfin sorti de son silence en déclarant que « l’Eglise n’appelle pas au boycott » de cette manifestation.

Quelle indécence dans cette prise de position de dernière minute alors que les dégâts sont déjà là, après un mois de campagne alimentée par nombre d’évêques contre le Téléthon, en relais de l’appel au boycott de leur confrère de Toulon, le très médiatique Mgr Rey, membre aussi de la communauté charismatique de l’Emmanuel.

L’attaque épiscopale contre le Téléthon a surpris par sa brutalité, et davantage encore à cause du moment choisi, à la veille de la grande opération de collecte, qui nécessite une mobilisation totale du plus grand nombre.

Cette attaque, utilisant la dynamique d’un consensus national, a cherché à en casser le ressort. Elle est partie du diocèse de Fréjus-Toulon , dont l’évêque est Mgr Rey.

C’est un certain Monsieur Pierre Olivier ARDUIN qui a lancé la bombe. Il est responsable dans ce diocèse de tout ce qui touche "l’éthique" , Commission bioéthique, Formation en bioéthique, Commission bioéthique et vie humaine... L’homme incontournable, donc, pour tout ce qui touche aux questions génétiques... cœur de la recherche générée par le téléthon.

Les lecteurs de "l’hebdo du net" de Golias ont pu prendre connaissance la semaine dernière, des engagements politiques à l’ultra-droite de Pierre Olivier Ardouin. Car ce monsieur a une autre spécialité, dont il ne parle guère. Aux dernières élections européennes de 2004, il était sur la liste de l’Alliance Royale, en compagnie de quelques transfuges du Front National et de quelques nostalgiques de l’Algérie Française. Tel est l’homme que Mgr Rey a chargé de défendre ce qui est pour lui l’éthique chrétienne.

Mais faut-il le rappeler, l’éthique ne se limite pas à la bioéthique. Car qui donc dans l’affaire manque le plus à l’éthique chrétienne ?

L’appel au boycott comme stratégie d’évangélisation ? ? ?

Cette appel au boycott est inacceptable pour plusieurs raisons :

L’épiscopat français, relayant l’appel du diocèse de Fréjus-Toulon , a participé directement à une opération visant manifestement à "casser la baraque" du téléthon.

Que les évêques aient des questions sur telle ou telle pratique des laboratoires de recherche est une chose, que nous ne voulons pas ignorer. En revanche, que ces questions se transforment en condamnation sans appel quelques jours seulement avant le grand week-end du financement en est une autre, et qui a peu à voir avec la première.

La première touche le fond et ne peut se débattre dans la précipitation, tant le sujet est complexe et sans évidence, comme le montre la réserve des autres Eglises ou religions.

La deuxième concerne la forme de l’intervention qui vise uniquement à déstabiliser l’opinion publique et à la couper en deux. Les questions épiscopales pouvaient tout de même bien attendre le lundi matin 11 décembre. Cette stratégie, parfaite dans son montage, fait froid dans le dos des chrétiens engagés dans le monde.

Une loi a été faite pour encadrer, délimiter le champ d’intervention, éviter les dérives en matière de diagnostics génétiques. Elle est loi de la République, réponse à un problème de société qui pèse lourd sur des couples et des familles. Pourquoi l’ignorer ou la considérer immédiatement comme une loi scélérate ?

Eternelle tentation des clercs (de toutes couleurs de robe) qui en appellent à Dieu pour contester la loi des hommes, sans un regard pour la terrible présence de la souffrance.

L’attaque de l’épiscopat ignore la compassion envers les victimes, patients ou proches, de ces maladies génétiques. Et, surtout, qu’on ne cite pas les piteuses phrases de prétendue sympathie pour les malades et leur famille émises du bout des lèvres et qui sonnent si faux dans le contexte. N’est-il pas révélateur que la seule voix discordante dans le concert des condamnations vienne d’un évêque, Mgr Dubost, évêque d’ Evry, qui a vécu personnellement une expérience familiale de la maladie ?

La fête du Téléthon, jusque dans ces manifestations les plus populaires, est, personne ne peut le nier, un grand témoignage de solidarité, d’empathie et, pour parler comme l’Evangile, d’ "amour du prochain".

Les évêques, qui ne manquent pas de déplorer quotidiennement l’égoïsme et l’individualisme de nos contemporains, apparaissent comme incapables de reconnaître cette ouverture à l’autre, cette générosité, cette volonté de partage, comme s’ils étaient étanches aux sentiments d’humanité, au nom de principes "discutables", dans le sens où ils sont "à discuter".

Quelle image de l’Eglise ont-ils montré en cherchant à casser un dynamisme aussi populaire ? On ne demande pas à l’Eglise de faire de la démagogie et de caresser le peuple dans le sens du poil. On lui demande simplement de savoir un peu mieux lire les signes d’amour et d’espoir, chez des malades, chez des parents en souffrance et dans une opinion publique pour une fois solidaire.

Dépassant la seule myopathie, les recherches fondamentales financées par les dons ont permis des avancées thérapeutiques pour bien d’autres affections, souvent "orphelines". Et aussi, comment ne pas signaler le fait que le Téléthon a contribué à changer le regard des "gens" sur bien des maladies, même les plus déformantes. Si aujourd’hui, par exemple, lentement, sans choquer, les fauteuils roulants trouvent peu à peu leur place dans notre société, c’est aussi, un peu, grâce au Téléthon.

Et çela, ça n’intéresse pas Dieu ? Et c’est tout cela que veulent casser les évêques ...

La source de la contestation ne doit pas manquer, non plus, de nous inquiéter. Les milieux conservateurs dans l’Eglise de France prennent de plus en plus d’influence. Va-t-on connaître la situation des Etats-Unis, même si là-bas ce sont des protestants, évangélistes ou autres, qui mènent le combat que l’on sait ? Avec le retour des tradis, c’est ce monde-là qui fait son entrée dans l’Eglise de France, et jusqu’au sommet de la hiérarchie.

Beaucoup de chrétiens, "conciliaires" ou pas, ne veulent pas de ce retour en arrière, où la morale devient le premier et souvent unique message de l’Eglise.

Si demain les évêques veulent débattre de ces problèmes de bioéthique, des embryons, des manipulations génétiques... OK !

Pour sa part Golias y est prêt, avec, nous l’espérons toutes les forces vives de l’Eglise et de la société. Mais de grâce, arrêtons ces coups bas, trop répugnants pour être évangéliques.

[6Téléthon : l’Église catholique en grande perdante

Avec 101 472 581 euros de promesses de dons, la vingtième édition du Téléthon a réussi son pari. La polémique déclenchée à la suite de la publication, le 8 novembre sur le site internet du diocèse de Toulon, d’un texte affirmant qu’il n’était plus possible de donner au Téléthon pour des raisons éthiques n’a pas eu d’effets négatifs sur la générosité des donateurs.(...)

Il n’est pas sûr que les objections des catholiques qui sont intervenus pour discuter les aspects du Téléthon qu’ils considéraient comme posant problème aient été entendues dans toutes leurs nuances. Plusieurs responsables ecclésiaux, dont le premier d’entre eux, le cardinal Ricard, ont beau avoir expliqué que l’Église catholique n’appelait pas au boycott du Téléthon et qu’elle ne soulevait fondamentalement de question que sur l’allocation d’environ 2 % de l’argent récolté, l’idée que les catholiques « s’opposent au Téléthon et à la recherche » est celle qui s’est imposée dans les médias et le grand public. Un dessin de Sergueï publié dans Le Monde daté des 3 et 4 décembre résume parfaitement la chose : on y voit un prélat brandissant sa croix pectorale pour se protéger d’un microscope sous ce titre : « Vade retro, Téléthon ». L’éditorial de Libération du 8 décembre est encore plus explicite : « Si [l’Église] voulait démontrer au profane que le repli sectaire est son credo, qu’elle ne change surtout pas. Qu’elle conserve ses conseillers en communication, ses directeurs de conscience et son pape qui en ont fait une institution de plus en plus à côté de sa pompe. » Libé n’est pas connu pour ses prises de position papistes et fait rarement dans la finesse en matière religieuse. Mais si l’on s’intéresse à l’effet produit sur le public par les déclarations de responsables catholiques à propos du Téléthon, ce passage peut donner une indication intéressante. Tout se passe comme si l’Église faisait tout pour raviver les clichés les plus éculés qui continuent de ternir son image. Sachant que son discours sur les questions éthiques est a priori difficilement reçu par le grand public, la moindre des choses serait d’affiner la manière de le présenter afin de le rendre audible. Les interventions comme celles de la désormais fameuse Commission bioéthique et vie humaine du diocèse de Fréjus-Toulon sont à cet égard catastrophiques. Toute l’habileté de quelques prélats ne changera rien à cela. Il est bien sûr tentant de rendre les médias responsables de certaines simplifications. Interrogé le 5 décembre par la presse, le cardinal Barbarin, qui invitait les gens à « casser leur tirelire pour participer au Téléthon », n’a ainsi pas manqué de s’interroger sur « les médias qui montent les choses en épingle ». Pour autant, ce ne sont pas les médias, mais bien le diocèse de Fréjus-Toulon, qui a décidé d’annoncer qu’il ne fallait plus donner d’argent au Téléthon un mois exactement avant ce rendez-vous devenu, en vingt ans, une sorte de vache sacrée. On ne saurait donc imputer à mal aux médias d’avoir repris cette information comme ils l’entendaient. Sauf à vouloir leur faire jouer le rôle de service de presse de l’Église catholique. Cet épisode révèle un des problèmes rencontrés actuellement par l’Église de France qui se montre débordée par des initiatives lancées localement qui ont souvent des répercussions nationales en raison du caractère sensible des sujets abordés. Cela a été récemment le cas, quoique de manière moins impressionnante que pour le Téléthon, après la publication, par l’archevêque d’Avignon, d’une charte de l’enseignement catholique particulièrement musclée. On a ainsi l’impression que l’Église se voit imposer son agenda public par ses membres les plus radicaux, habiles à utiliser les médias, confessionnels ou non, pour se faire entendre - peu importe de quelle manière - et forcer ainsi les autres à prendre position. Il n’est donc pas impossible que ce rapport de force interne à l’Église soit, pour certains, le véritable enjeu de cette affaire de Téléthon. ( paru sur Témoignage chrétien édition du net)