Bulletin de l’Ermitage

Accueil > Faits de société > Deus caritas est - Dieu est amour

Un texte frileux bien loin de la bonne nouvelle annoncée pour les pauvres

Deus caritas est - Dieu est amour

essai d’étude critique de la première encyclique papale

mercredi 8 février 2006, par frere francois

le parties typographiées en bleues sont extraites de l’encyclique


L’Eglise ne veut plus être le cache sexe du manque d’humanité des états et des sociétés laïque : est-ce la raison de cette nouvelle encyclique ?

Le saint père lors de sa publication la présentait ainsi :

"Le voyage cosmique dans lequel Dante entend entraîner son lecteur s’achève devant la lumière perpétuelle qu’est Dieu, une lumière qui est, écrit l’auteur de la Divine Comédie, ’l’amour qui fait se mouvoir le soleil et toutes les étoiles’".
Le Dieu apparent au centre de l’aura, que Dante décrit, "a un visage humain..., un coeur humain"...."

Consacré au "Dieu amour" " le pape "Joseph" a alors expliqué que la vision dantesque montre la continuité entre la foi en Dieu des chrétiens et la recherche que développe la raison humaine... tout un programme à priori alléchant mais qui hélas laisse sur sa faim !

Car même si le texte est intéressant dans sa première partie agréable à lire et bien documentée permettant ainsi d’ouvrir le dialogue la seconde plus moralisatrice, dogmatique et prosélyte n’est plus qu’une ressucée de la propagande habituelle du système clérical romain

"Il se fait jour une nouveauté dépassant toute recherche humaine... La nouveauté d’un amour qui a poussé Dieu à prendre un visage humain, à en assumer la chair et le sang... L’Éros de Dieu n’est pas une simple force cosmique primordiale, mais l’amour qui a créé l’homme, qui se penche sur lui".

En prononçant de telles paroles on ne sait si le pape prend bien de toute la mesure d’une vision anthropomorphique dont l’Église ne sort pas... ou s’il fait sienne la théologie plus que limitée de Mgr Lustiger, alors que bien évidement il conviendrait de dire en toute objectivité et selon une démarche moderne, éclairée et scientifique de raison que c’est l’homme qui se donne le concept divin et non pas l’inverse ,
l’homme aussi qui faute de mieux pour répondre à ses questionnements essentiels et étayer sa pensée lui confère une image et des sentiments humains dont ceux de l’amour !

On est hélas bien loin d’Augustin ou de Thomas d’acquin et si les hommes de ce temps sont disposés à concevoir une ultimité éventuelle c’est que leur façon de concevoir le monde a besoin de trouver une cause unifiante et centralisatrice qui puisse correspondre au fonctionnement de leur pensée...

... et cela va jusqu’à "’inventer", conserver et concevoir l’idée primitive d’un "totipotent créateur" , façon dont le message chrétien lui aime à se dire...
une façon de penser qu’il faut par ailleurs replacer dans son temps et qui n’est valable seulement que pour les hommes d’il y a 20 siècles...
et plus aujourd’hui aux vues des données de la science !

Car réduire l’Ultimité ( si cela a un sens) à l’amour , sentiment humain et peut-être unique à l’espèce homo sapiens est bien une théologie dérisoire ...dont une simple étude physiologique et neurosécrétrice des passions permettrait au Patriarche romain d’éviter beaucoup de paroles inutiles.

Déifier l’amour, un sentiment évanescent et hormonal est bien sur facile et populiste mais certainement bien plus une métaphysique de grandes surfaces, et la théologie du rut ou de la libido reste peu convaincante

Pourquoi l’homme serait-il créé pour quelquechose ? ... ( finalisme de mauvais aloi...depuis longtemps rejeté par la pensée scientifique)
et plus encore pour aimer plutôt que pour combattre, manger ou se défendre des agressions du milieu qui l’entoure ?,
plutôt que de se rendre libre et autonome de son environnement, de son milieu de vie et réaliser pleinement son génome ?

En quoi l’amour est-il plus respectable que la liberté, la justice ,la vérité, le bien être, la jouissance ?...la recherche l’amitié ,du plaisir , le fait d’être soi ou la possibilité de s’exprimer, de créer... et de marquer son temps avec ses possibilités ?

Peut-être n’est-ce en définitive qu’une idéalisation de l’amour de la part de ceux qui faute de l’avoir connu dans sa réalité matérielle et concrète l’ont enchâssé, "tabouisé", ou sacralisé pour mieux s’en éloigner car quelque chose en lui leur fait peur ?
Pourquoi le plaçer dans les hauteurs d’un ciel platonicien aujourd’hui démodé et délavé

Une vue terriblement occidentale des choses !

Peut être l’amour est-il aussi une manière d’infantiliser ou de maintenir les êtres dans une dépendances cocoonisante envers de chefs "initiateurs" et ’bien intentionnés" et " très informés" infaillibles même !!!oeuvrant pour le bien d’autrui ?...
une manière de préserver leur domination et de ne pas les remettre en cause...

Pourtant ce terme "Dieu est amour " idée qui ne se trouve que dans l’évangile de Jean est un pied de nez à tous ceux qui souffrent de par le monde que ce soit de la maladie, de l’exclusion, de la fatalité, du passé de leurs géniteurs ou des accidents de la vie .... et ils sont nombreux ceux qui n’ont pas demandé à naître dans de telles conditions ...
ils sont nombreux ceux qui rendent leur ticket à un tel démiurge...
... et les paroles doucereuses d’un pape bien au chaud dans son environnement douillet et encaustiqué d’une civilisation dominatrice n’y changeront pas grand chose

" Ces paroles de la Première Lettre de saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne : l’image chrétienne de Dieu, ainsi que l’image de l’homme et de son chemin, qui en découle." poursuit le pape.

Mais outre le fait que ce n’est pas l’image qu’en donne l’Eglise... ( que l’on se réfère par exemple à l’affaire Léoncel) il faut bien dire que c’est là une interprétation toute contemporaine du catholicisme...

"En reconnaissant le caractère central de l’amour, la foi chrétienne a accueilli ce qui était le noyau de la foi d’Israël et, en même temps, elle a donné à ce noyau une profondeur et une ampleur nouvelles."

Non.... très st Père... c’est historiquement inexact....
la foi d’Israël était marquée par le sentiment d’une présence qui animait son histoire et l’espoir d’une promesse ...et soutendue par l’espoir de l’arrivée d’un sauveur [1]

Or que ce soit par l’absence ou les désastres qui jalonnent l’histoire ( la shoah ou les autres persécutions et génocides divers) on voit que ces idées ont été déchues...
elles nécessitent pour survivre une nouvelle formulation

Dans une première partie le pape veut montrer la présence de l’amour dans la création et l’histoire...fort bien bon courage !
Pour cela il s’empresse de chausser ses lunettes déformantes et colorantes et de faire du vocabulaire... mais il est vrai que depuis Wittgenstein on s’est aperçu que c’est la langage qui conditionnait les idées...et les incompréhensions...

"Rappelons en premier lieu le vaste champ sémantique du mot « amour » : on parle d’amour de la patrie, d’amour pour son métier, d’amour entre amis, d’amour du travail, d’amour entre parents et enfants, entre frères et entre proches, d’amour pour le prochain et d’amour pour Dieu. Cependant, dans toute cette diversité de sens, l’amour entre homme et femme, dans lequel le corps et l’âme concourent inséparablement et dans lequel s’épanouit pour l’être humain une promesse de bonheur qui semble irrésistible, apparaît comme l’archétype de l’amour par excellence, devant lequel s’estompent, à première vue, toutes les autres formes d’amour."

Personnellement je ne vois pas en quoi la sublimation de l’amour et de la libido serait plus respectable que les autres amours... si ce n’est que plus intense...et donc plus déformatrice et enivrante...
mais pourquoi ce besoin de créer une échelle de valeurs dans ces comportements qui ont tous une même origine hormonale ?

" À l’amour entre homme et femme, qui ne naît pas de la pensée ou de la volonté mais qui, pour ainsi dire, s’impose à l’être humain, la Grèce antique avait donné le nom d’eros. Disons déjà par avance que l’Ancien Testament grec utilise deux fois seulement le mot eros, tandis que le Nouveau Testament ne l’utilise jamais : des trois mots grecs relatifs à l’amour - eros, philia (amour d’amitié) et agapè - les écrits néotestamentaires privilégient le dernier, qui dans la langue grecque était plutôt marginal. (...)

En ce qui concerne l’amour d’amitié (philia), il est repris et approfondi dans l’Évangile de Jean pour exprimer le rapport entre Jésus et ses disciples. La mise de côté du mot eros, ainsi que la nouvelle vision de l’amour qui s’exprime à travers le mot agapè, dénotent sans aucun doute quelque chose d’essentiel dans la nouveauté du christianisme concernant précisément la compréhension de l’amour. (...)

Dans la critique du christianisme, qui s’est développée avec une radicalité grandissante à partir de la philosophie des Lumières, cette nouveauté a été considérée d’une manière absolument négative. Selon Friedrich Nietzsche, le christianisme aurait donné du venin à boire à l’eros qui, si en vérité il n’en est pas mort, en serait venu à dégénérer en vice. Le philosophe allemand exprimait de la sorte une perception très répandue : l’Église, avec ses commandements et ses interdits, ne nous rend-elle pas amère la plus belle chose de la vie ? N’élève-t-elle pas des panneaux d’interdiction justement là où la joie prévue pour nous par le Créateur nous offre un bonheur qui nous fait goûter par avance quelque chose du Divin ? (...)

Avait-il tort ?...la libido étant présente dans tout acte d’approche de l’autre et dans de nombreux comportements humains ?

" En est-il vraiment ainsi ? Le christianisme a-t-il véritablement détruit l’eros ? Regardons le monde pré-chrétien. Comme de manière analogue dans d’autres cultures, les Grecs ont vu dans l’eros avant tout l’ivresse, le dépassement de la raison provenant d’une « folie divine » qui arrache l’homme à la finitude de son existence et qui, dans cet être bouleversé par une puissance divine, lui permet de faire l’expérience de la plus haute béatitude. Tous les autres pouvoirs entre le ciel et la terre apparaissent de ce fait d’une importance secondaire : « Omnia vincit amor », affirme Virgile dans les Bucoliques - l’amour vainc toutes choses - et il ajoute : « Et nos cedamus amori » - et nous cédons, nous aussi, à l’amour. Dans les religions, cette attitude s’est traduite sous la forme de cultes de la fertilité, auxquels appartient la prostitution « sacrée », qui fleurissait dans beaucoup de temples. L’eros était donc célébré comme force divine, comme communion avec le Divin. (...)

L’Ancien Testament s’est opposé avec la plus grande rigueur à cette forme de religion, qui est comme une tentation très puissante face à la foi au Dieu unique, la combattant comme perversion de la religiosité.

disons qu’il marque l’émergence de la primauté du raisonnable sur l’instinctif...

"En cela cependant, il n’a en rien refusé l’eros comme tel, mais il a déclaré la guerre à sa déformation destructrice, puisque la fausse divinisation de l’eros, qui se produit ici, le prive de sa dignité, le déshumanise. En fait, dans le temple, les prostituées, qui doivent donner l’ivresse du Divin, ne sont pas traitées comme êtres humains ni comme personnes, mais elles sont seulement des instruments pour susciter la « folie divine » : en réalité, ce ne sont pas des déesses, mais des personnes humaines dont on abuse. C’est pourquoi l’eros ivre et indiscipliné n’est pas montée, « extase » vers le Divin, mais chute, dégradation de l’homme. Il devient ainsi évident que l’eros a besoin de discipline, de purification, pour donner à l’homme non pas le plaisir d’un instant, mais un certain avant-goût du sommet de l’existence, de la béatitude vers laquelle tend tout notre être.
(...)

De ce regard rapide porté sur la conception de l’eros dans l’histoire et dans le temps présent, les deux aspects apparaissent clairement, et avant tout qu’il existe une certaine relation entre l’amour et le Divin : l’amour promet l’infini, l’éternité - une réalité plus grande et totalement autre que le quotidien de notre existence. Mais il est apparu en même temps que le chemin vers un tel but ne consiste pas simplement à se laisser dominer par l’instinct.
Des purifications et des maturations sont nécessaires ;elles passent aussi par la voie du renoncement.
Ce n’est pas le refus de l’eros, ce n’est pas son « empoisonnement », mais sa guérison en vue de sa vraie grandeur.

ainsi donc l’esprit doit dominer la chair ...
quelle conception surannée quand on sait que c’est la chair elle même qui conditionne la pensée : mens sanna in corpore sano... disaient déjà les philosophes grecs... tel n’est pas hélas la devise du système ecclésial qui aime à opposer une vision manichéenne des choses

et pourtant ...

et pourtant pourquoi ne pas se référer aux comportements de certaines peuplades primitives : papous, polynésiens ou indiens mayana de Guyanne voire des indiens d’amérique du nord qui appliquent cette pensée sans même le savoir...
et regardons les vivre avant qu’il ne soit trop tard...
mettons nous à leur école...
ils présentent d’autres types de sociétés que celles dominées par le matérialisme et la pensée occidentale... et sont aussi valable que la nôtre non ?

L’épicurien Gassendi s’adressait en plaisantant à Descartes par le salut : « Ô Âme ! ». Et Descartes répliquait en disant : « Ô Chair ! ».

Mais ce n’est pas seulement l’esprit ou le corps qui aime : c’est l’homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l’âme. C’est seulement lorsque les deux se fondent véritablement en une unité que l’homme devient pleinement lui-même. C’est uniquement de cette façon que l’amour - l’eros - peut mûrir, jusqu’à parvenir à sa vraie grandeur.

voilà une vérité agréable à entendre...
elle le serait plus encore dans son application envers les homosexuels, les déviants ou les délinquants de la morale et de la bienpensance catholique ou ceux qui veulent avorter ? ...
d’ailleurs n’était-ce pas là le message d’un certain homme de Nazareth qui aimait à aller vers tous ces exclus... tout en se détournant des palais de marbre ?

Mais la façon d’exalter le corps, à laquelle nous assistons aujourd’hui, est trompeuse. L’eros rabaissé simplement au « sexe » devient une marchandise, une simple « chose » que l’on peut acheter et vendre ; plus encore, l’homme devient une marchandise. En réalité, cela n’est pas vraiment le grand oui de l’homme à son corps. Au contraire, l’homme considère maintenant le corps et la sexualité comme la part seulement matérielle de lui-même, qu’il utilise et exploite de manière calculée.

N’exagérons pas St père... simplement l’homme contemporain veut laisser une grande place à l’éros ... il a envie de jouir de la vie et laisser libre cours à son plaisir... pour qui et au non de quoi lui en priver ?...le nazaréen ne l’a jamais interdit

À l’inverse, la foi chrétienne a toujours considéré l’homme comme un être un et duel, dans lequel esprit et matière s’interpénètrent l’un l’autre et font ainsi tous deux l’expérience d’une nouvelle noblesse. Oui, l’eros veut nous élever « en extase » vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons.

une forme de masochisme peut-être... à moins que ces renoncements dont vous parlez ne conduisent faute de réalisations possibles ( car bridés par la volonté, une autre manière détournée de jouir) à la création de chimères et de fantasmes dont le cheminement vers le divin ferait partie... un peu comme dans le soufisme le fait de tournoyer ou de s’enivrer conduit à des extases divines...

Comment devons-nous nous représenter concrètement ce chemin de montée et de purification ? Comment doit être vécu l’amour, pour que se réalise pleinement sa promesse humaine et divine ? Nous pouvons trouver une première indication importante dans le Cantique des Cantiques, un des livres de l’Ancien Testament bien connu des mystiques. Selon l’interprétation qui prévaut aujourd’hui, les poèmes contenus dans ce livre sont à l’origine des chants d’amour, peut-être prévus pour une fête de noces juives où ils devaient exalter l’amour conjugal. (...)

Dans ce contexte, le fait que l’on trouve, dans ce livre, deux mots différents pour parler de l’« amour » est très instructif. Nous avons tout d’abord le mot « dodim », un pluriel qui exprime l’amour encore incertain, dans une situation de recherche indéterminée. Ce mot est ensuite remplacé par le mot « ahabà » qui, dans la traduction grecque de l’Ancien Testament, est rendu par le mot de même consonance « agapè », lequel, comme nous l’avons vu, devint l’expression caractéristique de la conception biblique de l’amour. En opposition à l’amour indéterminé et encore en recherche, ce terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même - l’immersion dans l’ivresse du bonheur - il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même.

Votre analyse est intéressante même s’il y a là une déformation et certainement une mauvaise traduction concernant l’agapè

Ce terme vient en effet des premiers chrétiens qui se réunissaient autour d’une table pour manger,
célébrer, témoigner, prier et affermir leur foi chrétienne. C’est à ces repas
en commun, empreints d’amour fraternel, que se réfère le mot Agape ».

Le mot grec « agape » évoque un mode de vie empreint de justice, de compassion, de respect mutuel,
d’hospitalité, de service, de réconciliation et d’espérance.
À l’origine, l’
agape avait pour cadre la koinonia, la communauté des fidèles portée par la foi envers un même idéal

L’agape est indépendant du caractère « aimable » de la personne à laquelle il s’adresse.
C’est un amour fondé sur le "sacrifice et le don de soi". qui en principe est sans retour... en fait qui fait retour au surmoi et à la satisfaction d’avoir satisfait à un modèle idéalisé de la personne que l’on se donne et auquel on tient à ressembler

Il nous propose cependant une modification de nos rapports avec soi-même, avec les autres et avec la nature.
Il implique que nous changions notre manière
de voir, de sentir et d’entendre.

Eros , c’est le désir du bien sensible, mais aussi de tout autre objet digne d’attachement , la beauté par exemple.

La philia c’est l’amour désintéressé qui prend soin de l’homme, de l’ami, de la patrie,en qui la volonté et la noblesse de coeur ont maîtrisé les passions humaines.

Le mot agapè a parfois le sens d’Eros , mais plus souvent le sens de philia.

Les dictionnaires grecs donnent les sens suivants au mot agapè :

*Accueillir avec amitié , traiter amicalement

*Se contenter de, être satisfait de

*Aimer,chérir

Parmi les mots de même souche , on remarque agapètikos , tendre , affectueux ;

agapèteos , qui mérite d’être aimé ou désiré , agapèsis , affection , tendresse.

Les premiers traducteurs de la Bible , de l’hébreu au grec , ont donc eu un choix difficile à faire pour traduire les mots hébreux "abahah" et "hesed" désignant l’amour.

Le mot "abahah" désigne toutes les formes d’amour, le contexte seul se chargeant de les préciser.

Le mot "hesed" est une notion plus complexe , dont la fidélité et l’attachement constituent les éléments fondamentauxC’est ce que l’on attend de tout membre
d’une communauté vis à vis d’un autre.

Parce-que le mot eros avait une connotation charnelle et parce-que la philia était un amour seulement humain ,les traducteurs ont choisi le mot agapè.

Ce mot prit une très grande importance dans le Nouveau Testament Il fut traduit en latin par caritas , d’où vient notre mot charité.

Dans "la tradition juive ", à laquelle il a été intégré, il fait référence à trois choses : aux banquets sacrés ( nos agapes) , aux offrandes rituelles , et aux multiples obligations en faveur des pauvres.

Quand les derniers chrétiens se rassemblaient pour commémorer la Dernière Cène ils appelaient cette fête "agapè".

À ce propos, nous avons rencontré deux mots fondamentaux : eros, comme le terme désignant l’amour « mondain », et agapè, comme l’expression qui désigne l’amour fondé sur la foi et modelé par elle. On oppose aussi fréquemment ces deux conceptions en amour « ascendant » et amour « descendant ». Il y a d’autres classifications similaires, comme par exemple la distinction entre amour possessif et amour oblatif (amor concupiscentiæ - amor benevolentiæ), à laquelle on ajoute parfois aussi l’amour qui n’aspire qu’à son profit.

Pour quoi là encore vouloir opposer et classifier...
agapé n’a pas besoin de foi...il est d’une autre nature... mais avec éros les deux sont intimement mélé l’un à l’autre et l’amour pur n’existe pas c’est un leurre... il y a toujours retour sur soi même ( inconscient) ne serait-ce que sur le sur-moi...
un eros ou une jouissance retardée...
comme dans toute action elle n’est entreprise qu’au nom d’une certaine cause parfois inconsciente mais toujours autosatisfaisante pour le soi...

l’amour descendant, oblatif, précisément l’agapè, serait typiquement chrétien ; à l’inverse, la culture non chrétienne, surtout la culture grecque, serait caractérisée par l’amour ascendant, possessif et sensuel, c’est-à-dire par l’eros.

nul descente nécessaire...mais un autre concept...et un autre mode de "rénumération" si j’ose dire ...

Dans le récit de l’échelle de Jacob, les Pères ont vu exprimé symboliquement, de différentes manières, le lien inséparable entre montée et descente, entre l’eros qui cherche Dieu et l’agapè qui transmet le don reçu. Dans ce texte biblique, il est dit que le patriarche Jacob vit en songe, sur la pierre qui lui servait d’oreiller, une échelle qui touchait le ciel et sur laquelle des anges de Dieu montaient et descendaient (cf. Gn 28, 12 ; Jn 1,

Les prophètes Osée et Ézéchiel surtout ont décrit cette passion de Dieu pour son peuple avec des images érotiques audacieuses. La relation de Dieu avec Israël est illustrée par les métaphores des fiançailles et du mariage ; et par conséquent, l’idolâtrie est adultère et prostitution. On vise concrètement par là, comme nous l’avons vu, les cultes de la fertilité, avec leur abus de l’eros, mais, en même temps, on décrit aussi la relation de fidélité entre Israël et son Dieu. L’histoire d’amour de Dieu avec Israël consiste plus profondément dans le fait qu’il lui donne la Torah, qu’il ouvre en réalité les yeux à Israël sur la vraie nature de l’homme et qu’il lui indique la route du véritable humanisme. Cette histoire consiste dans le fait que l’homme, en vivant dans la fidélité au Dieu unique, fait lui-même l’expérience d’être celui qui est aimé de Dieu et qu’il découvre la joie dans la vérité, dans la justice, la joie en Dieu qui devient son bonheur essentiel : « Qui donc est pour moi dans le ciel si je n’ai, même avec toi, aucune joie sur la terre ? ... Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu » (Ps72 [73] , 25.28).

Je ne pense pas...simplement il y a là la sublimation d’un amour qui ne peut aboutir ou se manifester dans un société.

À cet acte d’offrande, Jésus a donné une présence durable par l’institution de l’Eucharistie au cours de la dernière Cène.

dont l’ECAR a détourné le Message en le privant de la joie et du côté festif ...et enivrant ! [2]

Mais il faut maintenant faire attention à un autre aspect : la « mystique » du Sacrement a un caractère social parce que dans la communion sacramentelle je suis uni au Seigneur, comme toutes les autres personnes qui communient : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain », dit saint Paul (1 Co 10, 17). L’union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne. Je ne peux avoir le Christ pour moi seul ; je ne peux lui appartenir qu’en union avec tous ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens. La communion me tire hors de moi-même vers lui et, en même temps, vers l’unité avec tous les chrétiens.

nous entrons là hélas après un exposé intéressant dans une dérive dogmatique et sociologique du collectif bien connue et à laquelle nous avons déjà répondue [3]...une sorte d’autojustification de l’Eglise... de la vie spirituelle collective
que son fondateur n’a nullement désiré... et même combattue

L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre : dans le plus petit, nous rencontrons Jésus lui-même et en Jésus nous rencontrons Dieu.

Là aussi cela reste une manière de dire... qui ne semble plus très utile aujourd’hui .Rencontrer l’autre, le frère,l’être ne suffit-il pas ?, faut-il toujours y replacer le prophète et l’idole ?...aux représentations surrannées ou idéalisées ?

Une double question concernant notre comportement subsiste : Est-il vraiment possible d’aimer Dieu alors qu’on ne le voit pas ? Et puis : l’amour peut-il se commander ? Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une double objection, qui résonne dans ces questions. Dieu, nul ne l’a jamais vu - comment pourrions-nous l’aimer ? Et, d’autre part : l’amour ne peut pas se commander ; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté.

dont acte ... bonnes remarques que j’allais faire...
voilà qui est sage... alors à quoi bon en faire un chemin de sainteté... et à quoi bon vouloir aimer Dieu en s’y forçant ?

au contraire, dans le contexte global de la Première Lettre de Jean, qui vient d’être citée, cet amour est explicitement requis. C’est le lien inséparable entre amour de Dieu et amour du prochain qui est souligné.

Moi je je dirai que l’un sert d’exutoire à l’autre...
et que voir dans l’amour du prochain l’amour de dieu est une billevesée...

Simplement... en remplaçant le mot Dieu par l’être ... aimer l’être... les êtres ... le vivant sous toutes ses formes...
et laissez donc le vieux Jean tranquille... il parlait en d’autres temps pour d’autres mentalités... !

Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin.

Oh non ! car alors ce n’est plus vous... car il n’est plus sincère et désintéressé...et vous jouez à mimer une image...que vous ne connaissez d’ailleurs point

Toute l’activité de l’Église est l’expression d’un amour qui cherche le bien intégral de l’homme : elle cherche son évangélisation par la Parole et par les Sacrements, entreprise bien souvent héroïque dans ses réalisations historiques (...)

L’amour est donc le service que l’Église réalise pour aller constamment au-devant des souffrances et des besoins, même matériels, des hommes.

blablabla... et ce n’est pas du tout l’image que donne l’Eglise. Mais l’enfer comme on le sait est pavé de bonnes intentions et l’expérience montre que par ces prises de position en matière de morale sexuelle notamment ou même politique que cela est inexact et se fait au détriment de la vérité et de la justice...

Dans l’Église depuis ses origines : « Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble, et ils mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous selon les besoins de chacun » (Ac 2, 44-45).

Hélas ça a bien changé depuis !...

Cette forme radicale de communion matérielle, à vrai dire, n’a pas pu être maintenue avec la croissance de l’Église. Le noyau essentiel a cependant subsisté : à l’intérieur de la communauté des croyants il ne doit pas exister une forme de pauvreté telle que soient refusés à certains les biens nécessaires à une vie digne.(...)

Les années passant, avec l’expansion progressive de l’Église, l’exercice de la charité s’est affirmé comme l’un de ses secteurs essentiels, avec l’administration des Sacrements et l’annonce de la Parole : pratiquer l’amour envers les veuves et les orphelins, envers les prisonniers, les malades et toutes les personnes qui, de quelque manière, sont dans le besoin, cela appartient à son essence au même titre que le service des Sacrements et l’annonce de l’Évangile.

Comme si ça remplaçait l’essentiel... ou de tendre vers cet essentiel
comme si cela était un monople de l’église...

Depuis les origines jusqu’à la fin du VI e siècle se développe en Égypte une corporation avec une pleine capacité juridique, à laquelle les autorités civiles confient même une partie du blé pour la distribution publique. En Égypte, non seulement chaque monastère mais aussi chaque diocèse finit par avoir sa diaconie, institution qui se développera ensuite en Orient comme en Occident. Le Pape Grégoire le Grand ( 604) fait référence à la diaconie de Naples ; en ce qui concerne Rome, les documents font allusion aux diaconies à partir du VII e et du VIII e siècles. Mais naturellement, déjà auparavant et cela depuis les origines, l’activité d’assistance aux pauvres et aux personnes qui souffrent faisait partie de manière essentielle de la vie de l’Église de Rome, selon les principes de la vie chrétienne exposés dans les Actes des Apôtres.

Mais tout cela n’était nullement spécifique à cette spiritualité : de nombreux courants philosophiques ou temples pratiquaient cela...simplement vous soulignez le fait que l’état romain a officialisé les "christianos" pour le faire...ce qui n’implique ni un monopole ni une quelconque antériorité...simplement une étatisation de l’assistance...

Une référence à la figure de l’empereur Julien l’Apostat (363) peut montrer encore une fois que la charité organisée et pratiquée par l’Église des premiers siècles est essentielle. Alors qu’il avait six ans, Julien avait assisté à l’assassinat de son père, de son frère et d’autres de ses proches par des gardes du palais impérial ; il attribua cette brutalité - à tort ou à raison - à l’empereur Constance, qui se faisait passer pour un grand chrétien.

Et de ce fait, la foi chrétienne fut une fois pour toutes discréditée à ses yeux. Devenu empereur, il décida de restaurer le paganisme, l’antique religion romaine, mais en même temps de le réformer, de manière qu’il puisse devenir réellement la force entraînante de l’empire. Dans cette perspective, il s’inspira largement du christianisme.

Les prêtres devaient être attentifs à l’amour pour Dieu et pour le prochain. Dans une de ses lettres, il écrivait que l’unique aspect qui le frappait dans le christianisme était l’activité caritative de l’Église. Pour son nouveau paganisme, ce fut donc un point déterminant que de créer, à côté du système de charité de l’Église, une activité équivalente dans sa religion. De cette manière, les « Galiléens » - ainsi disait-il - avaient conquis leur popularité. On se devait de faire de l’émulation et même de dépasser leur popularité. De la sorte, l’empereur confirmait donc que la charité était une caractéristique déterminante de la communauté chrétienne, de l’Église.

le serpent se mort la queue...en fait Julien ne faisait qu’admirer ce qu’avait mis en place ses prédécesseurs...
encore une fois de nombreuses religions à mystères, de nombreuses sectes juives ou gnostiques, de nombreuses écoles philosophiques ou temples grecs partiquaient la charité...sans parler du boudhisme...ou de l’hindouïsme... au delà des frontières de l’Empire et depuis fort longtemps !!!

Depuis le dix-neuvième siècle, on a soulevé une objection contre l’activité caritative de l’Église, objection qui a été développée ensuite avec insistance, notamment par la pensée marxiste. Les pauvres, dit-on, n’auraient pas besoin d’œuvres de charité, mais plutôt de justice. Les œuvres de charité - les aumônes - seraient en réalité, pour les riches, une manière de se soustraire à l’instauration de la justice et d’avoir leur conscience en paix, maintenant leurs positions et privant les pauvres de leurs droits. Au lieu de contribuer, à travers diverses œuvres de charité, au maintien des conditions existantes, il faudrait créer un ordre juste, dans lequel tous recevraient leur part des biens du monde et n’auraient donc plus besoin des œuvres de charité.(...)

a) L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique. Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, comme l’a dit un jour saint Augustin : « Remota itaque iustitia quid sunt regna nisi magna latrocinia ? »

oui nous y adhérons

) L’amour - caritas - sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste. Il n’y a aucun ordre juste de l’État qui puisse rendre superflu le service de l’amour. Celui qui veut s’affranchir de l’amour se prépare à s’affranchir de l’homme en tant qu’homme. Il y aura toujours de la souffrance, qui réclame consolation et aide. Il y aura toujours de la solitude.

bien sûr mais ce n’est pas une raison pour abandonner le reste : plus de justice, plus de transparence, plus d’égalité tout en faisant la chasse aux "potentats" et autres "dictateurs"...ce que l’Eglise est loin de faire !!!hélas !

De ce fait, il est très important que l’activité caritative de l’Église maintienne toute sa splendeur et ne se dissolve pas dans une organisation commune d’assistance, en en devenant une simple variante.

Le Nazaréen demandait que ses disciples se dissolvent dans la société... nos frère protestants l’ont bien compris...même si l’Ecar veut toujours garder "ses pauvres à soi" ce que Jacques Brel appelait le syndrome du caca d’oie ? [4]

c) De plus, la charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme.

ouf oui !...mais dans ces conditions ne l’est-il pas de fait ?

Le moment est venu de réaffirmer l’importance de la prière face à l’activisme et au sécularisme dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif. Bien sûr, le chrétien qui prie ne prétend pas changer les plans de Dieu ni corriger ce que Dieu a prévu. Il cherche plutôt à rencontrer le Père de Jésus Christ, lui demandant d’être présent en lui et dans son action par le secours de son Esprit.

Si tout est écrit ( ce qu’à Dieu ne plaise) ce n’est pas la peine d’oeuvrer !
heureusement non... disons que la prière nous permet d’agir sur nos mémoires et sur les ressorts inconnus de notre inconscient...et de notre subconscient...

En un mot une encyclique plus intéressante que prévue permettant le débat et montrant que l’Eglise est moins obtue que ne le laisse à penser ses prises de positions en matière de morale...
mais une Eglise trop prudente et trop frileuse en matière d’engagement social qui déçoit refusant de construire un monde moins injuste et refusant toute implication un peu audacieuce impliquant une critique de l’injustice et de ses causes...pour se contenter de gérer charitablement et "bourgeoisement" une jungle hostile au profit de quelques nantis ( 1/5 de la planète qui s’attribie les 3/4 des ressources)...dont elle fait partie

"Charité bien ordonnée..."


on trouvera l’intégralité du texte à cette adresse


[1idée empruntée et reprise ensuite par les chrétiens qui s’attribuèrent abusivement le titre de nouvel Israël... aussi les premiers chrétiens attendaient le retour du Christ et la fin des temps...on attend toujours... alors on a trouvé une échappatoire...le retour se faisant en chacun de nous... une lecture symbolique donc...

[2pour plus de précisions on consultera la série d’articles que nous avons déjà consacrés à ce sujet

[3voir notre article à ce sujet

[4Comme dans cette chanson

Pour faire une bonne dame patronnesse
Il faut avoir l’oeil vigilant
Car comme le prouvent les événements
Quatre-vingt-neuf tue la noblesse
Car comme le prouvent les événements
Quatre-vingt-neuf tue la noblesse

Et un point à l’envers
Et un point à l’endroit
Un point pour Saint Joseph
Un point pour Saint Thomas

Pour faire une bonne dame patronnesse
Il faut organiser ses largesses
Car comme disait le duc d’Elbeuf :
"C’est avec du vieux qu’on fait du neuf"
Car comme disait le duc d’Elbeuf :
"C’est avec du vieux qu’on fait du neuf"

Et un point à l’envers
Et un point à l’endroit
Un point pour Saint Joseph
Un point pour Saint Thomas

Pour faire une bonne dame patronnesse
C’est qu’il faut faire très attention
A ne pas se laisser voler ses pauvresses
C’est qu’on serait sans situation
A ne pas se laisser voler ses pauvresses
C’est qu’on serait sans situation

Et un point à l’envers
Et un point à l’endroit
Un point pour Saint Joseph
Un point pour Saint Thomas

Pour faire une bonne dame patronnesse
Il faut être bonne mais sans faiblesse
Ainsi j’ai dû rayer de ma liste
Une pauvresse qui fréquentait un socialiste
Ainsi j’ai dû rayer de ma liste
Une pauvresse qui fréquentait un socialiste

Et un point à l’envers
Et un point à l’endroit
Un point pour Saint Joseph
Un point pour Saint Thomas

Pour faire une bonne dame patronnesse
Mesdames tricotez tout en couleur caca d’oie
Ce qui permet le dimanche à la grand-messe
De reconnaître ses pauvres à soi,
Ce qui permet le dimanche à la grand-messe
De reconnaître ses pauvres à soi.

Et un point à l’envers
Et un point à l’endroit
Un point pour Saint Joseph
Un point pour Saint Thomas

Messages

  • Cher Frere Francois,

    J’ai releve cet extrait de votre commentaire sur l’encyclique du Pape, Dieu est Amour.

    >>Voir dans l’amour du prochain l’amour de Dieu est une billevesee<<

    Vous parlez de depasser les concepts, les sens pour se tourner vers une devotion a celui qui n’a pas de Nom propre puisqu’il les EST tous.
    Pourtant a mes yeux une contractidiction se glisse dans votre commentaire.
    Puisque nous sommes tous fait de lui alors son Amour est tous les amours. Point
    de billevesee mais la plus belle des verites. L’amour du prochain , de l’autre
    comme soi meme n’est donc pas une metaphore, plus qu’une simple sagesse, une
    realite.

    Dieu est amour, il n’est qu’amour. Il nous aime au point de nous faire libre.

    Libre de l’aimer ou de le rejetter.

    Jesus est venu pour racheter la faute d’Adam. Il est venu pour faire la volonte du pere et ainsi lave le peche de celui qui a choisi de faire sa propre volonte.
    Le message du Christ est le temoignage de la puissance de l’amour de Dieu.
    Cet amour est present en chaque homme, chaque homme est libre d’en user comme il le decide. A lui de choisir entre la paix et la souffrance.

    La souffrance est permanente dans ce monde mais elle a une fin pour celui qui decide de se mettre du cote de l’amour,de l’esperance au service des autres.

    "Ainsi tu es cela" voila ce que dit le sage, avant d’en arriver la, la bequille de la forme et du nom est bien plus que necessaire, parfois meme elle ne suffit pas.

    Chacun chemine a sa vitesse et la patience, le respect et le pardon nous aide chaque jour a peu a peu a decouvrir la presence qui nous habite.
    Il nous faut nous perdre pour nous trouver. Ce n’est pas a nous de juger.
    A l’approche du temps de Careme, puisons nos forces dans cette priere. Dieu est Amour, avec tout le respect que je vous dois.

    Isabelle.

    • Merci de votre réaction : elle est la bienvenue et me permet de préciser ma pensée sur une analyse que j’ai du réaliser très rapidement sans prendre le temps de bien détailler mes explications

      Vous dites  :>>J’ai releve cet extrait de votre commentaire sur l’encyclique du Pape, Dieu est Amour.
      Voir dans l’amour du prochain l’amour de Dieu est une billevesee
      Vous parlez de depasser les concepts, les sens pour se tourner vers une devotion a celui qui n’a pas de Nom propre puisqu’il les EST tous.
      Pourtant a mes yeux une contractidiction se glisse dans votre commentaire. Puisque nous sommes tous fait de lui alors son Amour est tous les amours. Point de billevesee mais la plus belle des verites.<<

      Outre le fait que nous sommes fait de matière et non de dieu ( à moins que matérialiste ou panthéiste vous ne deifiéz la matière ?) et que la transcendance divine ne saurait être la résultante de tous à moins de créer un nouveau courant spirituel immanent, "l’amour du prochain comme soi même" que vous reprenez en déformant une phrase de l’évangile ne doit pas être compris comme l’amour de l’autre comme on peut le porter sur soi même ....mais comme celui de l’autre dans son altérité intrinsèque quelque soit le degré d’amour que l’on porte à soi...

      Ce conseil ne saurait bien sûr vouloir dire que l’on aime soi même à travers l’autre, moins encore que l’on aime à travers l’autre l’idéalisation d’une ultimité que l’on appelerait Dieu.

      Quand on aime l’autre on l’aime dans sa diversité et ses faiblesse et l’ altérité de ses défauts comme de ses qualités...
      on l’aime dans sa complémentarité vis à vis de ses propres manques
      de plus aimer l’autre ne se commande pas.. mais ça se vit :
      .parceque c’estlui...parce que c’est moi...

      Et encore une fois ça ne se commande pas...

      Parce que c’est le subconscient et une partie neuro-sécrétrice de nous même qui meut ce sentiment et
      ça porte un nom : c’est la libido
      ça se développe, ça s’attrophie... donc ça peut se contrôler...un peu...
      ça se canalise par le conscient mais ni ça se commande...ni ça s’annihile de par la volonté...

      L’ expression "dieu est amour" ne saurait porter sur la nature d’une ultimité qui vous en conviendrez avec moi si elle est supérieure au monde pour lui être trancendante ne peut se réduire à l’amour sans que ce terme révèle de la pesonne qui l’exprime ou bien son immaturité et son manque d’expérience de la vie ou bien d’une vue sérieusement optimiste et altérée des choses :

      Même dans la Bible on ne trouve pas une notion aussi réductrice du divin !

      Dans le Livre de Job qui détaille à merveille ce problème, le "héros" ce juste pieux injustement frappé que ses amis essayent de consoler ou d’éclairerà l’aide des mêmes arguments que vous utilisez vous même , se trouve justifié par Dieu lui même qui prend la parole dans une scène finale somptueuses.
      Il sera donné tort aux arguments d’un "Dieu amour "que l’on aurait trahi...ou auquel on se serait "mal" soumis et il sera donné raison à Job de se plaindre de ce Dieu qui trahit, qui est ivre de violence, qui change d’idée ( la Bible est pleine de ces changements) et qui est responsable du mal

      Quelle lucidité de la part des rédacteurs du texte !

      Dieu ne justifiera point ( il est au delà de tout sentiment humain s’il est dieu) mais simplement il fera contempler à Job "sa "création et "sa" puissance

      ...et l’homme n’aura que cela pour se consoler...se dire qu’il existe ...pour une poignée d’années

      Alors la réduction de Dieu à l’amour...à ce sentiment aussi beau soit-il est un argument "raccoleur" qui révèle la faiblesse de la théologie de l’eglise contemporaine ... et de son manque d’arguments et de réflexion

      Pour moi cette expression d’un Dieu d’amour est intolérable vis a vis de ce que j’ai vécu et de ce que j’ai vu vivre des autres : demandez à quelqu’un victime de la shoah, à un prisonnier de Guantanamo torturé sans raison depuis plus de 4 ans, aux victimes du génocides Rwandais, au gosse sidéen agonisant sous trithéreapie, à un tétrapléqique couché dans un lit jusqu’à la fin de ses jours , à un handicapé moteur incapable de prononcer un mot sans que cela déclenche d’horribles convulsions, à un affamé du sud soudan, à un exclus sur les trottoirs de Calcutta ou dans les rues de Calais, à un prisonnier entassé sous la canicule dans une geôle de la santé...etc...etc... ce qu’il pense d’un dieu amour...?

      Sans oublier tous ceux que l’Eglise a torturé, brûlé au nom de ce "dieu amour" en leur plaquant jusqu’au dernier instant devant eux le crucifix de sa croyance...à eux qui n’en voulaient pas !

      D’ailleurs l’évangile lui même est marqué par ce cri d’injustice et d’incompréhension : qu’est-ce sinon que le cri du Nazaréen sur la croix de son suplice..."mon dieu...mon dieu pourquoi m’as-tu abandonné...?"

      Enfin notez quce sentiment d’amour n’est pas vénéré ni mis en exergue par toutes les civilisations ...en extrème orient par exemple il est réprimé et qualifié d’égoïste et les qualificatifs de Dieu les plus courant sont puissance, infinité, terreur...

      Pour moi le terme de Dieu n’est qu’amour est inacceptable en union avec tous ceux qui souffrent ou ont souffert et n’est qu’un moyen de plus de faire du prosélytisme à bon compte et de maintenir un immobilisme qui est le contraire même de l’esprit de l’Evangile...

      Mettre fin à la douleur ou à l’injustice ne consiste point à se croiser les bras et à faire un acte de foi en chantant "alléluia" comme l’irresponsable cardinal Etchégarray l’a fait un soir de Noël à Bethlééem alors que l’on "nettoyait" les venelles de Jénine...à quelques lieues de là

      Mettre fin à la souffrance c’est se lever , c’est prendre son grabat... et marcher vers les autres afin d’inventer les moyens de les aider ou de les soulager...et de combattre l’injustice

      L’évangile est une dynamique trahie par un système qui prétend le monopoliser et le servir...et c’est inadmissible au 21ème siècle !

      Sachez enfin que vous vous n’êtes habitée que par vous même ...
      Que serait un amour entre deux êtres qui ne seraient pas eux et ne seraient pas libre...si ce n’est un théatre de marionnettes propre à divertir un démiurge gâteux !

      Heureusement il n’en est rien et nous sommes bien libres de penser et d’agir et comme disait avec justesse Irénée :" la gloire de Dieu c’est l’homme debout, libre et vivant ....jusqu’à s’opposer à lui !"

      En tous cas Merci de votre lettre !
      et bon Week-End...de rélflexion avant le Carême

      bien fraternellement

      ff+

    • Je vous remercie de cette reponse.

      Ces mots j’aurais pu les ecrire il y a quelque temps, la revolte, l’injustice qui prend les tripes. Je ne connais pas votre histoire, vous ne connaissez pas la mienne.
      Les horreurs dont vous parlez ont ete commises par des hommes aveugles par la haine et le pouvoir. Je reviens donc sur notre libre arbitre de l’homme capable du pire et aussi fort heuresement du meilleur.

      Bien sur Jesus a eu ce moment de doute en invoquant son Pere : "Pourquoi m’as tu abandonne ?". Il a suivi la volonte de son Pere ou dans les jardins du monts des Oliviers il disait : "Je boirai ta coupe jusqu’a la lie". Il est mort par les hommes et ressucite par son Pere. La croix ne doit pas rester qu’un symbole de souffrance, elle est le symbole de l’esperance de la resurection.

      Voila donc le parti pris qui a change ma vie, eclairer au mieux de mes possibilites chaque action de chaque jour de ma vie avec un peu de lumiere du cierge Pascal.
      Je suis madame tout le monde avec mon travail et ma charge de famille. Pour eux , avec eux je prie pour avoir la force et le courage de garder ce precepte meme quand les larmes coulent. La vie n’epargne personne. Le travail du pardon demande du temps et de la patience. Je finirai ces mots de Marc Aurele :

      "Avoir le courage de changer ce qui peut l’etre,
      La serenite d’accepter ce qui ne peut pas l’etre,
      La sagesse de discerner l’un de l’autre."

      Une lecture a conseiller pour ce rapprocher du Dieu d’amour :
      Thomas Merton, Le nouvel homme.
      Pour en savoir plus : http://www.gita.be/merton1.htm

      A tres bientot pour suivre le Careme en votre compagnie.

      Isabelle.

    • Chacun a son fardeau...et sa manière à lui de le porter, je respecte vos certitudes et je vous remercie d’intervenir à nouveau...

      ...mais si j’ai été si critique avec le texte de l’encyclique c’est que je pense que l’Eglise considère toujours trop que les fidèles sont des petits-enfants qui ont besoin de choses rassurantes, de nounours, de père Noël ou de contes de fées pour adhérer encore à son message...

      et en cela mais je pense qu’elle se trompe : car c’est bien de l’inverse dont les hommes ont besoin :
      ils ont besoin de vérité,
      ils ont besoin d’être éclairé...
      ils ont besoin d’être informés

      et n’ont pas besoin que l’on transforme la bible en un conte pour enfant insomniaque ou vieillard anxieux

      même... et surtout si cela doit remettre en question des pans entiers de leur être,
      ils ont besoin que la les acquis scientifiques qui viennent chaque jour réactualiser un message qui n’est pas démodé, au contraire...
      à condition qu’on prenne bien soin d’en resituer le contexte et de le réadapter aux idées de notre temps...

      Tel est par exemple le symbole de la résurrection qui est une manière de dire...
      les évangiles discrets d’ailleurs ne parlent que d’un tombeau vide...
      que s’est-il passé ?
      que veulent dirent les rédacteurs des évangiles par cette image ?

      Ce qui est sûr c’est qu’on a beaucoup brodé ( on est en orient n’est-ce pas ?)
      parce que d’une part dans toutes les religions orientales et à mystère de l’époque les héros ressuscitaient : c’était une manière de dire qu’ils étaient des demi-dieux
      parce que c’était une manière de dire que l’on vivait encore du message du suplicié malgré sa disparition brutale et qu’ainsi on le faisait revivre...jusqu’à le sentir ou le voir au détour d’une attitude, d’un geste... (comme cela a pu vous arriver après la disparition d’un être cher)

      car enfin... il fallait bien continuer d’attendre cette parousie,
      cette fin des temps qui ne venait pas et que le Messie était sensé inaugurer...

      reparti au ciel il était plus facile d’attendre un éventuel retour...
      de prolonger l’attente sans s’avouer pour autant que l’on s’était trompé...

      et que re-suciter était possible à tout le monde...
      après tout échec sans que forcément que cela prenne le caractère surnaturel qu’on lui connait...ou que l’on imagine...

      Bien sûr ces prises de consciences sont progressives...mais elles sont nécessaires...
      et puis je ne prétend pas à aucune vérité...mais comme vous je la cherche...en essayant de garder les pieds sur terre

      Merci enfin de rappeler Marc Aurèle le stoïcien dont je parlerai d’ailleurs dans les textes de Carême tant cette morale soutend le message chrétien qui s’en inspire...

      Merci pour Merton aussi qui dérangeait en son temps...avant d’être récupéré...c’est le lot de tous ceux qui le font un peu ( et ils sont nombreux) pour faire avancer le schmilblick. Il a beaucoup oeuvré pour une meilleure compréhension de nos frères des autres cultures... nous en reparlerons sûrement aussi...

      Alors Bon Carême et encore MERCI

      bien fraternellement

      ff+