Bulletin de l’Ermitage

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HUMOUR

Désormais dans l’église on coupe les poils en quatre

la modernité de l’Eglise

dimanche 23 octobre 2005, par frere francois

D’après l’Institut de recherche statistique de l’université vaticane il existe depuis peu une véritable traque de la pilosité, de véritables safaris de phanères dans l’ Eglise Catholique ( l’ECAR) ce qui inquiète désormais les hautes sphères oecuméniques principalement orthodoxes pour lesquels on le sait la pilosité est elle au contraire plus qu’encouragée .... et vénérée

St Poil priez pour nous !

Cette tendance touche en premier lieu les femmes d’Eglise, qui commencent généralement au noviciat à s’arracher les cheveux de remords... ou à se couper leurs poils sur la demi-jambe puis la jambe entière ­, ensuite sous les aisselles, puis sur la "bande maillot", indispensable pour oser se montrer lors des "sorties" sur la plage....ou devant Mgr l’évêque....ou Mr le confesseur.

Mais désormais les hommes s’y mettent aussi ! Qu’ils se rendent dans des instituts de beauté pour se faire ôter les poils du dos ou des épaules, voire de la poitrine !

Selon un sondage réalisé en 2005, près d’un religieux ou consacré... ou intermittent du spectacle ecclésiastique sur 5, le plus souvent sur le retour d’âge ou à la sexualité mal assumée, homo et/ou hétérosexuel, est désormais concerné par ce rituel qui se pratique en communauté mais aussi à domicile, le plus souvent au rasoir,parfois, dans près d’un tiers des cas, à l’aide de bandes de cire jetable...le tout conservé et revendus aux fabricants de perruques pour prélats dégarnis... aux "différents" que leur famille a préféré abandonner au couvent pour ne pas jeter l’opprobe sur la lignée, mais aussi aux fidèles, groupies ou grenouille de bénitier en mal d’une relique ou d’un souvenir de leur abbé ou diacre favori, parfois aux pauvres pour l’hivers... [1] [2]

Historiquement la mode des jambes rasées n’apparut dans les couvents et communautés religieuses ou séminaires que dans les années 1920, avec les robes courtes et les bains de mer, et ne s’établit définitivement qu’en 1946, avec l’arrivée des bas transparents venus des Etats-Unis.

Désormais pratiquée comme une hygiène du corps et même une ascèse de vie mystique intense,... voir un signe de pureté, l’épilation d’Eglise longtemps réservés aux évêques ou membres de la curie semble donc aller de soi.

La pilosité constitue l’une des caractéristiques les plus visibles du dimorphisme sexuel. "Les adolescents en église ou au caté guettent avec fébrilité l’apparition de leurs premiers poils, la transformation de leur duvet en moustache, tandis que les jeunes filles les traquent sur leurs jambes lors des rosaires ou confessions un peu trop longues ou lascives, et sur leur visage pour les faire disparaître" , résume le Père Blanc, professeur d’ethnologie qui rappelle que "le lisse féminin et le dru masculin ont constitué, à quelques exceptions remarquables près, le paradigme de la beauté et de la normalité dans l’histoire de l’Eglise en Occident" . Des différences de pilosité entre les sexes que notre Père a décidées dans sa grande bonté, et que la culture n’a cessé, jusqu’à un passé très récent, de renforcer.

Au rituel d’épilation et à son usage au départ surtout par la femme, on suggère des explications.

La première a trait directement à la répression sexuelle de la femme (servante du Seigneur mais aussi impure) ­ qui se doit d’apparaître lisse et pure, vierge ou angélique ­,immaculée...

La seconde à son infantilisation. "Etre épilée, pour une femme, c’est ressembler à une petite fille impubère" , souligne-t-on ce qui est très excitant généralement pour les membres du clergé et plus encore lorsqu’il s’agit d’épiler le triangle pubien, symbole par excellence de la sexualité féminine.

Depuis les Grecs les hommes ont toujours aimé représenter le corps de la femme en peinture ou en sculpture, mais jamais ils ne l’ont représenté tel qu’il est en vérité avec sa toison pubienne.

La morale bourgeoise du XIXe siècle qui est le modèle moral de conformisme social que prône l’Eglise actuelle en a même fait une interdiction formelle, et il fallut tout l’anticonformisme d’un Gustave Courbet pour peindre en 1866 une oeuvre aussi osée que L’Origine du monde . (photo)

A l’étranger au Japon, où l’industrie du sexe est florissante, les poils pubiens restent le plus souvent absents des magazines pornos, des films x et bien sûr des mangas érotiques... Une censure universelle féroce qui est plus tolérantes sur d’autres visions : tout peu se montrer ... même les intérieurs les plus profonds ou les comportements les plus sadiques... si cela est glabre...

En Europe les modes de taille comportent beaucoup de variantes et des effets de mode : faut bien se divertir un peu dans les austères monastères !

Les épilations version "ticket de métro" (une bande étroite et rectangulaire) , "brésilienne" (même bande, agrémentée d’un petit triangle), mais aussi la version "intégrale" sont à la mode et de plus en plus pratiquée pour des raisons esthétiques, mystique ( inspirée du soufisme :l’épilation des poils pubiens fait partie des prescriptions de l’islam), hygiéniques...ou sensuelles voire pornographiques.

D’après le Père Moumoute spécialiste de la question de l’épilation masculine et auteur de deux études remarquable sur "la pilosité de la paume de la main chez les gens d’Eglise et "De l’inadéquation des cheveux sur la langue pour la communion ou le repas eucharistique" on ne peut, dans cette évolution, négliger la pression du marketing, ni le rôle joué par les milieux homosexuels grandissant dans les communautés.

Mais selon lui l’épilation masculine illustre sans doute une tendance plus générale, visant, dans un mouvement égalitariste, à réduire le plus possible la différence des sexes. Le tout dans une communion spirituelle et une opposition à notre passé animal. Et sans vouloir se souvenir que la plupart des mammifères ont des poils partout... sauf, justement, là où en a notre propre espèce.

Et si l’on inversait la tendance ?

Si hommes et femmes d’Eglise redécouvraient le plaisir d’être velus ?

C’est en tout cas ce que propose le tout jeune Mouvement chrétien pour une écologie libidinale (MCEL), qui lançait au début de l’été, via Internet (site www.cef-ecologie chretiennelibidinale.org), le "premier été sans épilation" en guise d’événement annuel.

Selon son président, le Père Patinos, l’épilation est en effet "un sujet révélateur de notre rapport à la soumission volontaire au système église, qui touche les gens dans leur quotidien" .

L’association se réclame du psychanalyste communiste Wilhelm Reich, brillant élève de Freud, qui prônait une politique sexuelle prolétarienne fondée sur une radicale libération des moeurs....ce qui évidement n’est pas tellement dans le courant d’idées de l’Eglise actuelle

"Les femmes qui s’épilent le font rarement par choix personnel : elles le font par conformisme car elles subissent une pression sociale considérable" , affirmait le MCEL dans un communiqué diffusé en juin. Estimant que "cela ne fait que dix ou quinze ans que les femmes qui s’épilent ou se rasent les poils des aisselles sont devenues majoritaires en Eglise" .

Cette organisation dénonce la "mise à la mode" d’une pratique orchestrée "dans le seul but de vendre quantité de produits et de services" qui instrumentalise le corps de la religieuse "à des fins mercantiles et dans un but ultime de dégradation et de soumission" . Et appelle les hommes de foi, "nouveau coeur de cible de la propagande épilatoire du malin" , à se montrer circonspects.

Comme on le voit mes amis l’épilation a encore de beaux jours devant elle en Eglise et ce n’est pas la mode des sous-vêtements "light" et autres strings qui permettra de faire machine arrière et de naviguer à contre courant tant pis pour la soumission ecclésiale !

Trois poils du cul crasseux et sales
Servaient de cord’à son violon
On avait décoré la salle
Avec des peaux d’morpions.
Du foutre de pucelle
Brûlait dans les quinquets
Et la mèr’ maquerelle
Distribuait des tickets
Criait
Entrez ! Entrez ! Entrez !
C’est ici le bal du cul du con
Des pin’s et des roupettes
C’est ici le bal du cul du con
Des pin’s aux fesses, et des roustons.
Chanson paillarde

***ce texte qui se veut uniquement humoristique et divertissant (certes pas toujours de très bon goût je l’avoue !) sans aucune intention insultante et/ou discriminante envers qui que ce soit est une pure fiction aussi toute ressemblance avec des personnes ou des faits réels existants ou ayant existés serait pure coïncidence et entièrement fortuite ***


[1Dans tous les cas, un homme adulte dispose en moyenne de 6 000 à 25 000 poils qui comme pour les cheveux pousse plus vite en été qu’en hiver. Tout à la fois ou tour à tour symbole de sagesse, de vaillance, de virilité et de séduction, cet ornement masculin figure en bonne place

[2Plus encore que les "psys" et les sociologues, ce sont les ethnologues qui se sont le plus intéressés à la pilosité humaine et à ses modifications. Rien de plus normal : depuis longtemps, les diverses tribus qui ont peuplé la planète ont eu pour coutume de domestiquer leur système pileux. Manière d’affirmer la supériorité de la culture sur la nature. A quoi s’ajoute souvent une fonction sociologique traduisant la complexité des castes et la hiérarchie des statuts.

Chez les Caduveos du Brésil, une véritable phobie menait ainsi à une traque radicale de la pilosité faciale. "Les nobles" , écrit Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques , "s’épilaient complètement le visage, y compris les sourcils et les cils, et traitaient avec dégoût de "frères d’autruches" les Européens aux yeux embroussaillés." En Inde, chez les Jaïns, les sages sont nus et totalement épilés. "Cette épilation se fait progressivement durant toute une vie. Elle exprime la complète divinisation de l’homme, qui se fait par son éloignement progressif de son apparence animale"