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L’Être de la Guha (19)

Epuisement hivernal et 4ème semaine de Carême

mercredi 2 mars 2005, par frere francois

Semaine du 28 Février au 6 Mars 2005


Tout simplement
Sous la neige qui tombe
Kobayashi Issa
La voilà
ma demeure ultime
cinq pieds de neige !
Kobayashi Issa

.

"On est bien dans le "couscoussier !" me dit Jess dans un sourire mais qui comme moi a du mal a supporter cette neige sèche, rapeuse et glacée... qui comme de la semoule fine n’arrête pas de tomber...en une multitude de piqûres brûlantes sur la peau

En fait depuis hier nous subissons des températures polaires -20° hier, -18° aujourd’hui... mais heureusement le jour un soleil généreux et chaud vient réveiller nos chairs...
par ce temps la seule obsession qui demeure est : déblayer...déblayer...et déblayer encore... et couper, couper...couper du bois (qui est sec heureusement à cause du froid) pour pouvoir nous tenir au chaud quand Phébus se retire...

La fatigue se fait sentir...

Nous avons interrompu toute activité autre que nos actes de survie... et vous proposer cette 4ème semaine de Carême relève de l’exploit... tant nous sommes loin des considérations qu’on y développe ,mais aussi tant le froid gène l’agilité de l’esprit et des doigts... englue la rigueur des réflexions... qui ont beaucoup de mal à se suivre...
mais mon "surmoi" et l’étiquette que l’on m’a mise et que j’ai adopté me poussent à le faire ! n’était-ce pas là notre réflexion de la semaine ?

4ème semaine de Carême

Cette semaine vous avez pu méditer sur le Surmoi : cette ou ces constructions mentales que le cerveau élabore quand il bute sur l’inacceptable ...pour se créer un masque...un nouveau moi plus acceptable que le vrai...plus acceptable pour la famille...pour la société...pour soi-même...,
et cela quand le moi, le cerveau fonctionne et prend conscience de ses limites : c’est à dire aux frontière de sa contingence, de son impossibilité de comprendre et de tout saisir ,
à donner du sens ...
bref lorsqu’il se trouve affronté à l’absurde ou à l’insupportable : devant la mort et la finitude
devant certaines interrogations « existentielles » le pourquoi de la vie, de la mort, de la souffrance
devant le mal, l’échec ,l’injustice ou la blessure
quand nous nous interrogeons sans trouver de réponses...

Notre esprit a horreur du vide , de la béance, de la faille qui nous parcoure...par rapport à l’idée que nous nous faisons de nous-même...c’est à dire par rapport au Surmoi (déjà !)

Alors ?...alors « se » créent des réponses en des mécanismes dont la conscience et la raison ne sont pas toujours présents mais qui permettent de franchir le cap de l’acceptation, du supporter ou du moins de cautériser un instant la béance...
explications qui viennent des mémoires innées, de notre vécu ,de ce que les autres ou la société nous ont appris...

Se heurtant à un objet l’enfant de s ‘écrier « il m’a fait mal celui-là ...elle est méchante cette table ! » personnalisant ainsi le monde qui l’entoure et en se transformant lui même en un poête qui s’ignore...
Madame la lune, monsieur le tonnerre ...puis le « bon dieu qui roule ses tonneaux , le grand frère idéalisé , le père, la mère et les esprit envahissent bientôt et peu à peu le monde du réel pour le personnaliser et le rendre "compréhensible" , recréant un monde , ou structurant un sacré qui nous échappe et où la raison doit s’arrêter pour en respecter l’existence et circonscrire le mystère...
un sacré censé contenir tout ce qui semble essentiel à la vie harmonieuse mais qui "échappe"...en fait accumulation de coutumes, de superstitions de compromis, d’héritages que souvent l’on ne comprend plus mais sous lesquels il est commode de s’identifier, de se décrire, de se rassurer...tout en méprisant les autres...ou du moins en les écartant pour mieux asseoir l’illusion d’être et /ou de s’en servir d’exutoires à nos maux et de bouc émissaire pour se "refaire"...

Devenu adulte le cerveau retrouve les circuits fonctionnels de l’enfance...

Le sacré s’oppose au "courant" au banal , de ce que l’on comprend ou que l’on fabrique...que l’on maîtrise...

Un sacré où seuls certains initiés peuvent aborder et peuvent prétendre agir en partie sur lui...

Un sacré où l’on trouve pêle mêle les tabous sociaux, moraux et psychologiques, certains nécessaires à la vie sociale, d’autres inhérents au développement de notre libido ( il conviendrait de relire Freud [1] sur les complexes d’Oedipe et les sentiments ou besoins de castration... soupapes d’imaginaires,
résurgences d’archétypes ou de modes de fonctionnement ou d’expressions de la pensée qui permettent le rêve...
évitent l’enfermement stérile et empêchent les trop grandes « disjonctions » de l’esprit

C’est ainsi que l’enfant se voit proposer des modèles de comportements, de bien-pensance, de bienséances...

C’est ainsi que naissent les dieux puis le divin en une iconographie puis une unification réductrice...

C’est ainsi que l’on rêve de pouvoirs et de guérisons ... d’autant plus qu’en y croyant on sait faire jouer les ressorts bien connus de l’autosuggestif, du sub ou de l’inconscient ...
et que parfois cela marche ... !
et que l’on crie au miracle ... !
pour mieux redoubler d’efforts dans l’adoration

Des divins que l’on aime ressentir ou qui sont à l’écoute ou viennent prendre la place des " mémoires présentes" et du sentiment méconnu de soi même quand rien d’extérieur n’est là en fait .

Divins auxquels on aime adresser des prières qui ne sont que des dires pour se soulager soi même
une sorte de pleurs pour mieux , faire son deuil,
pour mieux accepter le réel
pour mieux manifester notre solidarité ou notre compassion
mais aussi se préparer un jour à agir quand les blocages qui nous empêchent de le faire aujourd’hui et dont nous ne savons ou pouvons prendre conscience à cause de notre sensibilité ou de notre manque de maîtrise et/ou de lucidité sur nous même finiront par " sauter"

...à force d’avoir prié on réalisera certainement nous mêmes les demandes faites à la divinité quand les conditions seront réunies

Un besoin de croire nous anime :v ieux réflexe qui permet de décharger nos efforts intellectuels sur les autres...o u des/un plus grand auquel on se confie...
manière de se sécuriser et de se sentir « dans la ligne » de se soumettre comme on l’a fait envers sa mère ... son père... ou au chef de la horde

La soumission tranquillise... même si elle ne règle rien et empêche d’être soi même
Et de cela le Nazaréen nous a dit que pour guérir et être nous devions nous en libérer...
peu importe le prix... lui a su" être lui" jusqu’à la fin...et en payer le prix

Voilà pourquoi il conviendrait de lire et redire le christianisme avec les connaissances de notre temps ( surtout psychologiques) et non ceux de l’antiquiité...
un christianisme devenu non religieux fondé sur la connaissance et la raison ce qui est encore bien dogmatique...
mais surtout sur la connaissance de soi même et de sa réalisation dans le respect de l’autre et de ce qui nous entoure [2]

Voilà à grands traits où vous en êtes peut-être arrivés ?...sinon prenez patience tout en restant vous même et "en éveil" dans l’espérance sans crispation... cela va fleurir...un jour...

En attendant pour la semaine prochaine interrogez vous sur ce que compte tenu de ce que vous avez réalisé de vous même et de vos croyances ou de vos doutes vous pouvez faire de la vie...de votre vie ...pendant qu’elle dure encore...

Danse , rire et compassion seront au programme de notre dernière semaine de Carême avant d’entreprendre la dernière montée avec la semaine sainte pour laquelle je vous donnerai aussi d’utiles indications...

Alors à la semaine prochaine...peut-être ?

Jess et Francois ermites en Vercors

P.S. Mon petit frère Jess, moinillon seropo, se charge de conclure à ma place en chansons...et je vous rappelle qu’il est toujours possible de réagir ou de compléter notre méditation en fournissant aux autres des thèmes de réflexion, de lecture ou d’interrogation...à toi Jess !

Hy Salut ! ...moi c’est Jess !J’ai découvert cette semaine entre deux pelletées de neige deux chanteurs canadiens : Felix Leclerc et Jules Vigneaux...c’est une chanson de ce dernier que je vous offre pour conclure...c’est pas beaucoup...mais cette semaine j’ai pas eu le temps de plus !

A la prochaine fois ! bises à tous ! JESS

Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver
Mon jardin ce n’est pas un jardin c’est la plaine
Mon chemin ce n’est pas un chemin c’est la neige
Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver
Dans la blanche cérémonie
Où la neige au vent se marie
Dans ce pays de poudrerie
Mon père a fait bâtir maison
Et je m’en vais être fidèle
À sa manière à son modèle
La chambre d’amis sera telle
Qu’on viendra des autres saisons
Pour se bâtir à côté d’elle
Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver
Mon jardin ce n’est pas un jardin c’est la plaine
Mon chemin ce n’est pas un chemin c’est la neige
Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver
De mon grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
À tous les hommes de la terre
Ma maison c’est votre maison
Entre mes quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
À préparer le feu la place
Pour les humains de l’horizon
Et les humains sont de ma race
Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver
Mon jardin ce n’est pas un jardin c’est la plaine
Mon chemin ce n’est pas un chemin c’est la neige
Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver
Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’envers
D’un pays qui n’était ni pays ni patrie
Ma chanson ce n’est pas ma chanson c’est ma vie
C’est pour toi que je veux posséder mes hivers...
Gilles Vigneaux

Un ermite tient un "livre de bord"...pourquoi ne pas le partager ?... le message placé dans le bidon qui sert de boite aux lettres au bas du vieux chemin...le long de la route, vous parviendra toutes les semaines avec un certain décalage...et vous pourrez même me répondre...


Voici une méditation complémentaire tiré de "Tout est Un" texte Tamoul du XiXème siècle ( une autre façon de dire l’Essentiel très proche de mes conceptions) et qui peut vous aider tout en vous montrant les richesses de l’oecuménisme vrai

- TOI

I. Qui es-tu ?
Ce corps, est-ce toi ?
S’il en est ainsi, pourquoi n’as-tu pas conscience du serpent qui glisse sur lui lorsque tu es en sommeil profond ?

Certainement, tu es autre que ce corps.

2. Parfois, dans ton sommeil, tu as un rêve ; tu t’identifies à un des personnages ;
ce personnage, est-ce toi ?
Non.

Ou alors, que devient-il à ton réveil ?
Tu ne peux être lui.

Plus encore,
tu as presque honte de t’être, identifié à lui.

Il est clair que tu es autre que lui, tu es Celui qui se tient en retrait de ce personnage.

3. Souviens-toi à présent de l’état de sommeil sans rêves.
Est-ce l’état de ta nature véritable ?
Tu ne le crois sans doute pas, car tu n’es pas insensé au point de t’identifier aux épaisses ténèbres qui t’empêchent d’être conscient de l’état où tu te trouves.
Grâce à l’intellect, tu es capable de te distinguer des objets environnants comment pourrais-tu admettre que tu es la même chose que l’ignorance ou le vide ?
Comment cela pourrait-il être ta véritable nature ?
Ce n’est pas possible.

Tu es le Connaisseur qui sait que cet état de sommeil profond est un voile obscur et dense recouvrant ta véritable nature.

L’ayant condamnée après en avoir fait l’expérience, tu sais que tu n’es pas cette sombre ignorance du sommeil profond.
Tu es celui qui se tient à l’écart de cela aussi.

4. Si tu admets que même ce corps grossier n’est pas toi, peux-tu imaginer être quelqu’autre chose de plus éloigné ?

Non.

De même que tu n’es pas ce corps grossier, tu n’es pas non plus quelque chose d’autre qui s’en trouverait plus éloigné ;
ni le personnage du rêve ;
ni l’ignorance du sommeil profond.

Tu es différent de ces trois états et de ce monde.

5. Ces trois états peuvent se résumer en deux conditions : l’une où prédomine la conscience sujet-objet (qui comprend les états de veille et de sommeil avec rêves), et l’autre, qui est celle de l’inconscience du sujet lui-même (comprenant l’état de sommeil profond).

Toutes les expériences possibles sont comprises dans l’une ou l’autre de ces deux conditions. Et elles sont toutes deux étrangères à ta vraie nature, qui est tout autre.

6. Si tu te demandes ce qu’est ta vraie nature, son nom est Turiya qui signifie "le Quatrième (état).

Ce nom est approprié,car il semble dire : "les trois états de ton expérience - veille, rêve et sommeil profond - te sont étrangers ;
ton véritable état est le quatrième, qui est différent de ces trois-là".

En supposant que ces trois états (veille, rêve et sommeil profond forment ensemble un long rêve, le quatrième représente le réveil mettant fin à ce rêve.
Ainsi, il est plus profond que le sommeil profond, et en même temps plus "éveillé" que l’état de veille.

Ton véritable état est donc ce "quatrième", se distinguant de tes états de veille, sommeil avec rêves, et sommeil profond. Tu es cela, uniquement.

7 - Qu’est-ce que ce quatrième état ?
Il est Connaissance, sans différenciation, étant pleine Conscience de soi-même.

Cela signifie que le quatrième état est pure Connaissance, sans conscience du différencié, mais en pleine conscience de Soi.

Celui qui réalise cet état, même pour un seul instant,réalise la vérité.

Tu es cela, uniquement.

Qu’y-a-t-il de plus pour celui qui a réalisé le "Quatrième" ?

En pratique, il n’est pas possible, pour quiconque, de demeurer durablement dans cet état, conscient au-delà des particularités.

Celui qui a réalisé le quatrième état, tôt ou tard revient à ce monde ;
mais pour lui le monde n’est plus comme avant : il voit ce qu’il a réalisé comme étant le quatrième état, rayonner en toutes choses.
Il ne voit plus ce monde comme différent de cette Pure Connaissance.

Ainsi, ce qu’il a vu à l’intérieur, il le voit maintenant aussi à 1’ extérieur, d’une manière différente.

Ayant quitté le stade de la différenciation, il est à présent établi dans l’état de nondifférenciation, où qu’il se trouve.

Désormais, il est Tout.

Il n’y a rien qui soit différent de lui.
Que ses yeux soient fermés ou ouverts, quels que soient les changements pouvant survenir, son état demeure inchangé.
Cela est l’état de Brahman
Cela est l’état naturel éternel.

Tu es cet état, éternellement Vrai.

8. Il n’y a rien au-delà de cet état.

Les mots intérieur", et "extérieur", perdent leur sens. Tout est Un.

Le corps, la parole et le mental ne peuvent plus fonctionner égoïstement : la Grâce (arul) les anime, pour le bien de tous.
Le "moi" fragmentaire est perdu à jamais.
L’ego ne peut plus revivre. Il est dit alors qu’il est libéré ici et maintenant. Il ne vit pas parce que son corps vit, ni ne meurt parce que son corps meurt : il est éternel.
Il n’y a rien d’autre que lui. Tu es celui-là

9. Qui est Dieu
C’est la Grâce ?
C’est la Conscience, débarrassée de l’ego fragmentaire.

Comment peut-on être sûr qu’un tel état existe ?
Seuls les Védas louent celui qui réalise Cela, comme étant celui qui a réalisé Dieu, devenant un avec Lui. C’est pourquoi, ce que le monde peut nous apporter de meilleur, et ce que nous pouvons lui rendre de meilleur, c’est la réalisation de cet état. En fait, il n’y a pas d’autre état que celui- là ; les autres n’apparaissent « autres » que dans l’état d’ignorance.

Pour celui qui sait, il n’y a qu’un seul état, unique : Tu es Cela.


[1faute de cela on peut lire dans l’excellent livre : Enfants, sexe innocent l’excellent article de Gérard Pommier pp21-45 "des verts paradis de l’enfance à notre enfer sexuel" cliquer pour commander

[2Gianni Vattimo dans son livre "Après la chrétienté : "pour un christianisme non religieux"pour commander cliquer içi nous en donne quelques pistes

Messages

  • C’est la seule réflexion que j’ai essayé de mettre en pratique pendant ce temps de Carême.
    Gilberte
    « Penser est beau, prier est mieux, aimer est tout . (Elisabeth Lesueur) »

  • Il y a des hommes qui s’isolent de la communauté, mais qui jettent des coups d’oeil à l’extérieur pour voir si l’on s’est rendu compte qu’ils se sont isolés

    Mendel de Kotzk

    Courage tout de même, le printemps arrive ! et d’autres perspectives de vie pour vous et Jess. C’est ainsi, on ne peut se figer dans un état donné. Il faut avancer. Oh ! Neige salvatrice

  • >En attendant pour la semaine prochaine interrogez vous sur ce que compte tenu de ce
    >que vous avez réalisé de vous même et de vos croyances ou de vos doutes vous
    >pouvez faire de la vie...de votre vie ...pendant qu’elle dure encore...

    compte tenu de mes croyances et autres doutes...j’ai décidé de ne plus "rêver"
    a devenir l’ermite du Larousse : "Celui qui s’isole pour méditer ou pour se livrer à
    la mortification/solitaire".mais a m’accepter, en ce qu’il me reste de croyances...
    a propos de "celui que je suis"... je suis Hermite je crois...

    On peut plus simplement rappeler que, par le passé, ermite s’orthographiait
    avec un h et qu’une réforme grammaticale en a modifié l’écriture, en supprimant
    le h . Certaines lames de certains jeux de tarot ont gardés cette orthographe et
    une définition qui me parle ma foi beaucoup mieux que celle du Larousse...
    voici quelques : copier/coller de définition :

    "L’Hermite représente à la perfection le Chercheur, en opposition au Croyant.
    Il est tout entier occupé à cette noble tâche. Il ne se conforme pas aux
    préceptes énoncés par d’autres mais il est désireux de découvrir les vérités
    par lui-même."

    "Il s’expose au doute et à la remise en question, sans se soucier du confort
    moral qu’apportent les certitudes et les superstitions communes. "

    "Il lui importe plus de chercher que de trouver, le chemin est plus
    important que le but. C’est pourquoi, il chemine, pour indiquer le mouvement
    lent et doux, mais permanent et continu."

    "Toute évolution intérieure ne peut que respecter ce rythme.
    La précipitation n’est jamais avantageuse. La maturation est nécessaire.
    La continuité et la persévérance sont plus importantes que la rapidité.
    L’Hermite ne décrit pas une solitude stérile et négative mais au contraire
    fructueuse et constructive. Cela d’ailleurs ne signifie pas pour autant
    qu’elle soit forcément bien vécue (l’Hermite peut souffrir de l’isolement
    qui est le sien, d’une certaine manière, : il le fait plus par nécessité que
    par désir), mais qu’elle peut se révéler très profitable à celui qui sait
    l’utiliser au mieux."

    voici donc les fruits de ma méditation des carêmes de L’Être de la Guha...en liens avec mes pas ,sur le chemin de la vie, bordé de l’herbe de mes croyances...et qui attend frère soleil pour se dessécher...et dame pluie pour reprendre couleur d’espérance.

    en ses temps de Sarko-mania... et de chasse au fumeur de "H"...
    il est bon de rappeler que 92% des français boivent de l’alcool...
    et que 1,5% fument du "H"... mais rien a voir avec la choucroute ! !
    mon "H" a moi ne se fume pas...et ne provoque pas de campagnes
    publicitaire sur les médias...

    Phil :-)

  • Un bonjour du Québec, le pays de neige que décrit si bien Gilles Vigneault dans la chanson que Jess a choisie.
    Bon courage avec la corvée de pelletage, on s’y fait, chez-nous c’est presque le sport national !
    Cette année, alors que nous connaissons un hiver très doux (quand même sous le point de congélation mais pas de -30° comme habituellement ), c’est l’Europe qui récolte le froid et la neige. Peut-être est-ce une façon de sentir l’unité : quand tout est blanc il n’y a plus de potager, de champ, de gazon ou de route, que du blanc.

    Ellam Onru.. tout est Dieu… tout est Un.
    Modestement, j’y vois un monde où tout est inter-relié, un monde qui se fait et se défait dans une recherche d’équilibre. Ouragans et tsunmis au sud, neige et froidure au nord : autant de situations qui demandent acceptation de ce qui est , mais aussi lutte pour la survie et coopération avec les autres humains, les animaux et la nature pour atteindre à un fragile équilibre.

    Sur le carême : Le carême est dépouillement en préparation à un passage. Temps de dépouillement qui a pour fonction : allègement et pas mortification. Se dépouiller des scories qui encombrent l’ego pour accéder au passage, du vieil homme à l’homme nouveau (ou femme nouvelle !)

    J’ai le goût de vous mettre une chanson qui se veut passage de l’hiver au printemps, bien que j’apprécie l’hiver et sa blancheur. Il tempête actuellement, on ne voit plus ni ciel ni terre. Comme c’est beau.. de la fenêtre à la chaleur.

    L’HYMNE AU PRINTEMPS ;
    paroles et musique : Félix Leclerc

    Les blés sont mûrs et la terre est mouillée,

    Les grands labours dorment sous la gelée.

    L’oiseau si beau, hier, s’est envolé ;

    La porte est close sur le jardin fané...

    Comme un vieux râteau oublié

    Sous la neige je vais hiverner,

    Photos d’enfants qui courent dans les champs

    Seront mes seules joies pour passer le temps ;

    Mes cabanes d’oiseaux sont vidées,

    Le vent pleure dans ma cheminée

    Mais dans mon coeur je vais composer

    L’hymne au printemps pour celle qui m’a quitté.

    Quand mon amie viendra par la rivière,

    Au mois de mai, après le dur hiver,

    Je sortirai, bras nus, dans la lumière

    Et lui dirai le salut de la terre...

    Vois, les fleurs ont recommencé,

    Dans l’étable crient les nouveaux-nés,

    Viens voir la vieille barrière rouillée

    Endimanchée de toiles d’araignée :

    Les bourgeons sortent de la mort,

    Papillons ont des manteaux d’or,

    Près du ruisseau sont alignées les fées

    Et les crapauds chantent la liberté (bis)

    • Jess est ravi de cette magnifique chanson-méditation... et l’a aussitôt placée dans le grand "classeur" qui dans le coin "oratoire" les rassemble toutes...

      Il neige encore aujourd’hui mardi... hier il a neigé...dimanche aussi...50 cm à chaque fois...heureusement que "ça" se compacte avec le temps...sinon nous serions depuis bien longtemps ensevelis...

      alors on "pellete"...on "pellete"... bon courage à vous aussi

      bien fraternellement

      ff+ et Jess +