Bulletin de l’Ermitage

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Bouffée d’air mitage

Cent onzième journée

jeudi 23 septembre 2004, par frere francois

Mon ermitage , Vendredi 17 Septembre 2004

Petit Simon tu es un grand garçon
Viens donne-moi la main
La nuit est belle allons jusqu’au jardin
Voir les étoiles dans le ciel
Petit Simon tu vois tout là-haut
Comme le monde semble beau
Mais tu verras lorsque tu grandiras
Un jour tu comprendras
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Elles ne portent pas toujours bonheur
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Quand on les accrochent sur le coeur
Petit Simon dans ta récitation
Ce soir tu vas parler
Du chant nocturne sous un ciel étoilé
De Pierrot en rêvant à la lune
Petit Simon c’est vrai quelles sont jolies
Les étoiles de ta poésie
Mais tu verras lorsque tu grandiras
Un jour tu comprendras
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Elles ne portent pas toujours bonheur
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Quand on les accrochent sur le coeur
Petit Simon apprend bien ma chanson
Et ne l’oublie jamais
Il y a longtemps quand je te ressemblais
Parfois les hommes étaient méchants
Petit Simon tu es encore petit
Pour bien comprendre aujourd’hui
Mais tu verras lorsque tu grandiras
Un jour tu comprendras
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Elles ne portent pas toujours bonheur
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Quand on les accrochent sur le coeur
La, la, la, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la, la, la
Les étoiles ne sont pas toujours belles
Quand on les accrochent sur le coeur
La, la, la, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la, la, la
chanson de Hugues Aufray

des cris au milieu de la nuit qui se répètent...immédiatement je pense à Jess qui dort péniblement mais se réveille aussi car il a entendu...
nous avions oublié le brâme du cerf !
celui-ci est un vrai cri d’enfant...et très près...
je l’avais croisé en juillet un soir sur le chemin...

Jess s’en est montré inquiet et en a profité pour dormir près de moi...
"- lui aussi il souffre tu sais..." me dit-il à l’oreille en se blotissant...mais nous nous sommes rendormis...et réveillés bien tard dans la brume

Nous avons poursuivi l’installation sous les nuages bas...demain aussi...nous ne passerons voir Manuel que Dimanche...et si le temps le permet...car ici ça "sent la neige !"...d’ailleurs la "laine" d’Igor est toute frisée aujourd’hui

Jess a tenu que je vous mette la chanson de Aufray et c’est lui qui comme de coutume guidera votre méditation de ce Week-End...
la semaine prochaine je vous parlerai de notre activité de la Rentrée car avec l’arrivée des saisons difficiles notre série "bouffées d’air mitage" va s’arrêter ...pour faire place à une lettre hebdomadaire qui vous donnera régulièrement de nos nouvelles...

alors à bientôt...peut-être ?

Le cinquième jour, toujours grâce au mouton, ce
secret de la vie du petit prince me fut révélé. Il
me demanda avec brusquerie, sans préambule,
comme le fruit d’un problème longtemps médité en
silence :

« Un mouton, s’il mange les arbustes, il mange
aussi les fleurs ?
- Un mouton mange tout ce qu’il rencontre.
- Même les fleurs qui ont des épines ?
- Oui. Même les fleurs qui ont des épines.
- Alors les épines, à quoi servent-elles ?

je ne le savais pas. J’étais alors très occupé à
essayer de dévisser un boulon trop serré de moteur. J’étais très soucieux car ma panne commençait de m’apparaitre comme très grave, et le boire qui s’épuisait me faisait craindre le pire.

« Les épines, à quoi servent-elles ? »

Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu’il l’avait posée. J’étais irrité par mon boulon et je répondis n’importe quoi :

« Les épines, ça ne sert à rien, c’est de la méchanceté de la part des fleurs !

- Oh ! »

Mais après un silence il me lança, avec une sorte de rancune :
« Je ne te crois pas ! Les fleurs sont faibles. Elles sont naives. Elles se rassurent comme elles peuvent Elles se croient terribles avec leurs épines... »

je ne répondis rien. À cet instant-là je me dis « Si ce boulon résiste encore, je le ferai sauter coup de marteau. »

Le petit prince dérangea de nouveau mes réflexions :

« Et tu crois, toi, que les fleurs...
- Mais non ! Mais non ! je ne crois rien ! J’ai répondu n’importe quoi. je m’occupe, moi choses sérieuses ! »

Il me regarda stupéfait.

« De choses sérieuses ? »

Il me voyait, mon marteau à la main, et les doigts noirs de cambouis, penché sur un objet qui lui semblait très laid.

« Tu parles comme les grandes personnes !

Ça me fit un peu honte. Mais, impitoyable il ajouta :
« Tu confonds tout... tu mélanges tout ! »

Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés

« Je connais une planète où il y a un monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur. Il n’a jamais regardé une étoile. Il n’a jamais aimé personne. Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi : Je suis un homme sérieux ! je suis un homme sérieux !", et ça le fait gonfler d’orgueil. Mais ce n’est pas un homme, c’est un champignon !

- Un quoi ?

- Un champignon ! »

Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.
« Il y a des millions d’années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d’années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n’est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n’est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n’est pas plus sérieux et plus important que les additions d’un gros monsieur rouge ?
Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n’existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu’un petit mouton peut
anéantir d’un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu’il fait, ce n’est pas important ça ! »

Il rougit, puis reprit :

« Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles ça suffit pour qu’il soit heureux quand il regarde.
Il se dit : "Ma fleur est là quelque part
Mais, si le mouton mange la fleur, c’est pour comme si, brusquement, toutes les étoiles s’éteignaient ! Et ce n’est pas important ça ! »

Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquemt
en sanglots. La nuit était tombée. J’avais lâché
outils. Je me moquais bien de mon marteau, de mon
boulon, de la soif et de la mort. Il y avait, sur
étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit
prince à consoler ! je le pris dans les bras. je le berçais

Je lui disais : « La fleur que tu aimes n’est pas
danger ... je lui dessinerai une muselière, à ton mouton ... je te dessinerai une armure pour ta fleur
je ... » je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais
très maladroit. je ne savais comment l’atteindre,
le rejoindre... C’est tellement mystérieux, le pays
des larmes !

in le petit prince d’Antoine de St Exupéry - folio


un ermite tient un "livre de bord" quotidien...pourquoi ne pas le partager ?... le message placé dans le bidon qui sert de boite aux lettres au bas du vieux chemin...le long de la route, vous parviendra tous les jours avec un certain décalage...et vous pourrez même me répondre...

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