Bulletin de l’Ermitage

Accueil > Bouffées d’air mitage > Cent neuvième journée

Bouffées d’air mitage

Cent neuvième journée

mardi 21 septembre 2004, par frere francois

Mon ermitage, mercredi 15 septembre 2004

Tu sens bon la terre, ma terre,
Tu sens bon la vie, ma mie.
Tu sens bon la pipe, mon père,
Tu sens bon l’automne, ma pluie.
Tu sens bon la pipe, mon père,
Tu sens bon l’automne, ma pluie.
Je n’ai pas d’argent dans la tête
Et pas d’argent dans les mains,
Mais pour moi, c’est toujours fête
Puisque j’ai du pain et du vin.
Mais pour moi, c’est toujours fête
Puisque j’ai du pain et du vin.
Tu sens bon la terre, ma terre,
Tu sens bon le chien, mon chien.
Tu sens bon le linge, ma mère,
Tu sens bon l’été, mon jardin.
Tu sens bon le linge, ma mère,
Tu sens bon l’été, mon jardin.
Quand on a fini sa journée,
Qu’on n’a pas volé ses sous,
On se trouve à la veillée
Entre amis pour boire un bon coup.
On se trouve à la veillée
Entre amis pour boire un bon coup.
Tu sens bon la terre, ma terre,
Tu sens bon le pain, mon pain.
Tu sens bon l’école, petit frère,
Tu sens bon le printemps, mon refrain.
Tu sens bon l’école, petit frère,
Tu sens bon le printemps, mon refrain.
Hugues Aufray

Cette chanson que Jess adore résume bien notre activité de la journée qui outre le repos forcé à cause d’une brume persistante qui ne s’est levée que vers midi s’est résumée en activités domestiques...même si nous avons trouvé un peu de temps pour déblayer un peu d’espace pour la cabane annexe que nous allons construire pour Jess et dont on doit nous livrer les matériaux prochainement...

Jess malgré une nuit difficile et de cauchemars révélateurs des traumatismes passés quand il suppliait sa mère de ne pas le frapper encore...qu’il ne ferait plus de bruit...qu’il ne ferait plus de mal...plus jamais...jamais...mais implorant qu’elle arrête de le terroriser ainsi...

...pauvre Jess...le "cachet d’aspirine" dut encore le prendre dans son lit ...

Jess qui a décidé de réagir a consacré son après midi à lire...passionné par la découverte de "Johnatan le goéland" de Richard Bach...et désireux de prendre la comptabilité de la laure dès demain...je lui donnerai les infos nécessaires...

C’est d’ailleurs lui qui guidera la méditation du jour...en attendant demain...peut-être...

C’était le matin et l’or d’un soleil tout neuf tremblait sur les rides d’une mer paisible.
A une encablure du rivage, le bateau de pêche, relevant ses filets, invitait au petit déjeuner, et son appel transmis dans les airs attira mille goélands virevoltant et se disputant les débris de poisson.

Une nouvelle journée de labeur commençait ainsi.

Mais, seul, loin du bateau et du rivage, Jonathan Livingston le Goéland s’exerçait. A une trentaine de mètres d’altitude, il abaissait ses pattes palmées, relevait son bec et s’efforçait douloureusement d’imprimer à ses ailes une plus forte cambrure.
Cette cambrure freinait son vol. Il se sentait ralentir jusqu’à ce que sur sa tête : le vent ne fût plus qu’un léger souffle et que là en bas, sous lui, s’immobilise l’Océan. Les yeux à demi fermés, retenant sa respiration, se concentrant furieusement, il s’efforçait d’incurver ses ailes un peu plus... un peu plus encore...

Puis la perte de vitesse ébouriffait ses plumes, il décrochait et tombait.

Les goélands, nous le savons tous, n’ont jamais la moindre défaillance en vol ; ils ne connaissent pas la perte de vitesse. Tomber des airs toute sustentation enfuie, c’est pour eux la honte, c’est pour eux le déshonneur.

Mais Jonathan Livingston le Goéland, sans la moindre vergogne, tordant à nouveau ses ailes, les cambrait en frémissant - ralentissant, ralentissant, pour s’effondrer encore en perte de vitesse...

Jonathan Livingston le Goéland n’était certes pas un oiseau ordinaire.

La plupart des goélands ne se soucient d’apprendre, en fait de technique de vol, que les rudiments, c’est-à-dire le moyen de quitter le rivage pour quêter leur pâture, puis de revenir s’y poser. Pour la majorité des goélands, ce n’est pas voler mais manger qui importe.

Pour ce goéland-là cependant, l’important n’était pas de manger, mais de voler.

Jonathan Livingston le Goéland aimait par-dessus tout à voler.

Cette façon d’envisager les choses - il ne devait pas tarder à s’en apercevoir à ses dépens - n’est pas la bonne pour être populaire parmi les autres oiseaux du clan. Ses parents eux-mêmes étaient consternés de voir Jonathan passer des journées entières, solitaire, à effectuer des centaines de planés à basse altitude, à expérimenter toujours.

Il se demandait pourquoi, par exemple, lorsqu’il survolait l’eau à une hauteur de la moitié de son envergure, il pouvait demeurer en l’air plus longtemps à moindre effort. Ses planés ne se terminaient pas par l’habituel éclaboussement que provoque sur la mer l’impact des pattes abaissées mais par un long sillage plat lorsqu’il touchait la surface, pattes escamotées.

Quand il se mit, au milieu de la plage, à atterrir sur le ventre puis à mesurer à pas comptés la longueur de sa glissade sur le sable, ses parents furent vraiment plongés dans une véritable consternation.

- Mais Jon, lui demanda sa mère, pourquoi, mais pourquoi ? T’est-il donc si difficile, Jon, d’être comme tous les autres membres de la communauté ?
Ne peux-tu pas laisser le vol en rase-mottes aux pélicans et aux albatros ?
Pourquoi ne manges-tu pas ? Fiston, tu n’as plus que la plume et les os !

- Maman, cela m’est égal de n’avoir que la plume et les os. Ce que je veux, c’est savoir ce qu’il m’est possible et ce qu’il ne m’est pas possible de faire dans les airs, un point c’est tout. Et je ne désire pas autre chose.

- Voyons, Jonathan, lui dit non sans
bienveillance son père, l’hiver n’est pas loin. Les bateaux vont se faire rares et
les poissons de surface gagner les profondeurs.
Si étudier est pour toi un tel besoin, alors étudie tout ce qui concerne notre nourriture et les façons de se la procurer. Ces questions d’aérodynamique, c’est très beau, mais nous ne vivons pas de vol plané. N’oublie jamais que la seule raison du vol, c’est de trouver à manger !

Jonathan, obéissant, acquiesça.

d’après Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach in Castor poche Flammarion


un ermite tient un "livre de bord" quotidien...pourquoi ne pas le partager ?... le message placé dans le bidon qui sert de boite aux lettres au bas du vieux chemin...le long de la route, vous parviendra tous les jours avec un certain décalage...et vous pourrez même me répondre...

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)