Bulletin de l’Ermitage

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Là où seule la musique permet d’aller (Nouvelle Serie)

Missa Si bona suscepimus - Dominique Phinot (c1510-before 1561)

Méditation dominicale

samedi 23 juin 2012, par frere francois, Jess, Kylian, Kevin et Jérémy, Nat et Nico

Le lieu de naissance de Dominique Phinot n’est pas connu (sa qualification de Gallus par Jérôme Cardan indique tout au plus qu’il était d’origine francophone), ni les conditions de son apprentissage de la musique.
Ses premières œuvres imprimées paraissent à Venise et à Ferrare en 1538, à Venise en 1541, à Milan et à Venise en 1543. La présence d’un madrigal en 1541 dans un recueil essentiellement dévolu à Philippe Verdelot (mort vers 1532) peut laisser supposer qu’il aurait été un des élèves de ce maître réputé.

Les premières traces biographiques sont localisées à la cour du duc Guidobaldo II della Rovere, duc d’Urbino, puisqu’en mai 1544 celui-ci propose qu’il soit nommé cantor à la cathédrale. Un paiement du duc de Ferrare fait le 26 mars 1545 à Messer Finotto musico del Duca d’Urbino confirme qu’il était alors employé par le duc d’Urbino.

On a passe ensuite à Lyon, avec la publication de deux livres de motets en 1547 et 1548, dédiés le premier à Lucca de Grimaldi, membre d’une riche famille génoise active dans la banque et les assurances maritimes, possédant une branche lyonnaise, et le second à François Bonvalot, archevêque de Besançon. Suivent deux livres de chansons en 1548, le premier dédié à Nicolas Bave (Baillivi ?), banquier et bourgeois de Lyon, le second à César Gros, bourgeois et marchand de Lyon issu d’une famille piémontaise.
Ces dédicaces tendent à montrer qu’il était bien introduit dans la société lyonnaise, on n’a encore retrouvé aucune trace de son passage à Lyon dans les archives. Ce passage apparaît d’autant plus probable que ses chansons utilisent des textes de poètes lyonnais (Maurice Scève et Charles Fontaine notamment) ou des thèmes locaux.

Le 20 novembre 1555, Phinot apparaît de nouveau dans le duché d’Urbino, pour paiement et fourniture de vêtement à Finitto musico, à Pesaro (ville placée à l’époque sous l’administration du duché d’Urbino)5. À cette époque sa musique est également publiée à Pesaro (1554) et à Venise (1555).

À une date comprise entre 1557 et 1560, Phinot a été brûlé en place publique pour pratique homosexuelle avec des garçons. Ce fait est rapporté par Jérôme Cardan dans son traité philosophique intitulé De Tranquillitate, écrit en 1561, ce qui fournit un terminus post quem sur la date de sa mort. Cardan le qualifie aussi de Gallus, sans mieux préciser son lieu de naissance.

Il semble donc qu’il ait passé le gros de sa carrière entre Urbino et Pesaro, probablement avec des connexions vénitiennes et peut-être avec un épisode lyonnais intermédiaire. C’est dans la décennie 1545-1555 qu’il semble avoir été le plus connu.

de la part de tous