Bulletin de l’Ermitage

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Les Toiles du Moinillon

La Haine - Matthieu Kassovitz (1995)

par JESS

vendredi 1er juin 2012, par Jess

La haine, n’est pas un film pour les jeunes de la banlieue, qui eux savent très bien ce que c’est que la banlieue.

Ce n’est pas un documentaire non plus.

La haine est un film pour toutes les autres personne qui croient que les cités sont dans des pays étrangers loin de la France.
La haine, c’est une journée dans une banlieue ordinaire, c’est l’histoire de trois jeunes gens victimes du chômage de la drogue et de la police.

Matthieu Kassovitz s’est inspiré d’un fait divers vrai
 : la mort d’un jeune noir dans une banlieue, tué par un policier et essaye de nous expliquer comment on en arrive là

La haine est un film qui sert non seulement à dire que les cités et les jeunes qui y vivent dedans sont en danger mais sert aussi à préciser que tout comme les policiers, les jeunes possèdent des armes mais eux ne les utilisent pas (pas encore).

La réplique « C’est le malaise des banlieues » prononcée par le directeur de la galerie une fois la porte fermée suite au départ de nos trois protagonistes souligne le malaise de la société en général qui elle aussi leur ferme ses portes.

Le film ne donne raison ni au protagoniste ni à la police. Il montre juste comment s’installe la spirale de la haine.

...exclusion, échec des politiques urbaines, racisme larvé.

Un des rares films en France à tenir un propos divergent de la pensée unique ; attitude qui peut se comparer à un cinéma tel que celui de Ken Loach, quasiment inexistant en France.

Le récit se déroule au lendemain d’une nuit d’émeutes opposant la jeunesse et la police dans la cité des Muguets à Chanteloup-les-Vignes (78). Ces émeutes étaient consécutives à la bavure d’un inspecteur du commissariat qui avait sérieusement blessé Abdel Ichaha, un jeune résident de la cité, lors d’une garde à vue. On suit les péripéties de trois jeunes amis d’Abdel Ichaha. Vinz, impertinent au tempérament violent, a soif de vengeance au nom d’Abdel. Hubert, as de la boxe et dealer de haschisch, ne pense qu’à quitter la cité pour une vie meilleure et se refuse à provoquer la police. Saïd tient un rôle de médiateur.

L’essentiel du récit s’étend sur une seule journée : la journée la plus importante de la vie des trois jeunes.

enfin ...n’oubliez pas que cela se passe à deux pas de chez vous...tous les soirs...

JESS