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Japon 2012

Escale au pays de Cesaria Evora : le Cap Vert - un pays où les gens sont heureux !

vendredi 20 avril 2012, par Jess

Escale au pays de Cesaria Evora : le Cap Vert - un pays où les gens sont heureux !

Quand dans la douceur de l’après midi et sous un soleil retrouvé nous avons aperçu les magnifiques plages de Boa Vista ce fut un grand cri de joie au milieu des aboiements d’Igor !

C’est Kylian , notre vigie à la tignasse rouge qui avait repéré le premier le fin liseré blanc qui séparait le domaine du ciel laiteux et celui de l’immensité océane : " Terre" avait-il crié de sa voix rauque nouée d’émotion...
Les larmes pleins les yeux tant c’était beau Kevin ne se lassait point de contempler la ligne qui s’agrandissait à chaque vague... pas de doute c’était bien une plage...déserte en plus... et de beau sable doré...comme on en voit que dans les magazines de mode ou les prospectus touristiques...
et l’eau !... aussi transparente que le cristal qui donnait le vertige en laissant voir ses tréfonds

On dit de Boa Vista que c’est un petit morceau de Sahara qui s’est détaché du Sénégal... à 600km de là...
un morceau de désert qui voulait aller à la plage !

Bref Titus avait raison : l’escale serait belle et les plongeons aussi !

C’est alors que Nico pris la gitare pour nous interpréter une chanson connue...un de ces airs qui ne s’inventent pas... qui sont là toujours présents quelque part dans la tête et qui ne vous quittent plus
la chanson d’un petit bout de femme élevée dans les bidon villes de Sao Vicente ( une île de l’archipel à deux pas de là)

Est-ce ton enfance douloureuse qui nous touche tant ? : orphelinat.. à 8 ans tu chantais déjà dans les bars enfumés sous les yeux concupiscents dont tu aimais te jouer, aimant à exciter la bande de vieux mâles ou des opulentes maquerelles transpirants qui te désiraient pour quelques verres d’alcool , quelques cigarettes ... ,ou quelques caresses qui te manquaient tant...

Est-ce la douleur de te retrouver enceinte à 14 ans... et fille mère ?

Est-ce cet abandon qui illumine ta musique ? avant qu’un guitariste portugais t’en fasse un autre t’accompagnant pourtant de sa musique dans les bals populaires ?

Est-ce la mélancolie de la Morna ce chant d’ici inspiré du Fado et du blues que tu portes en toi qui nous touche tant ? ...ce cousin portugais qui sait exprimer le fond de l’âme des hommes, ses déchirements, ses désillusions, son amertume, son exil...non par seulement par des mots mais sur une mélodie métissée d ’ Afrique toute proche porteuse de la souffrance de tant de déportés ou d’exploités de la négritude..

Que c’est beau le métissage ....

A moins que ne ce soit la générosité des habitants de ces îles , où l’on vit de quelques poissons et du lait des chèvres ou ta maison et ton coeur ouverts à tous...dans l’hospitalité des gens d’ici

Tu as connu tous les succès toutes les scènes sachant rester toi même ...chanteuse aux pieds nus
en tournée aux Etats-Unis, avant de parcourir l’année suivante les cinq continents, pour une centaine de concerts et deux nominations aux Grammy....et de devenir ambassadrice de l’Unesco

Comblée d’honneurs c’est en Décembre dernier que tu t’es éteinte à Sao Vicente...mais que tu vis toujours éternellement dans l’air d’ici

Quem mostra’ bo
Ess caminho longe ?
Quem mostra’bo
Ess caminho longe ?

Ess caminho
Pa Sao Tomé

Sodade sodade
Sodade
Dess nha terra Sao Nicolau

Si bô ’screvê’ me
’M ta ’screvê be
Si bô ’squecê me
’M ta ’squecê be

Até dia
Qui bô voltà

Sodade sodade
Sodade
Dess nha terra Sao Nicolau

Qui t’a montré
Ce chemin lointain ?
Ce chemin
Pour Sao Tomé

Sodade ( amertume, nostalgie)
Sodade
De ma terre
Sao Nicolau

Si tu m’écris
Je t’écrirai
Si tu m’oublies
Je t’oublierai

Jusqu’au jour
De ton retour

Deux jours pleins...il nous fallait bien cela...pour retrouver le soleil, le vent , le sable et l’océan
nus comme des vers nous avons tous joué comme des enfants sur le sable
ivres de sel , d’écume et de sueurs miellées

Shyosai !

Comme ce roman de Mishima qui montre l’étroite affinité de l’océan, de la vague, des larmes et de la montée des sens
qu’il est loin le long hivers..!qu’elle est loins la triste Europe !
pourquoi ne pas sintaller ici ?... où il y atout ce qui est nécessaire

et surtout l’amitié et l’accueil des gens...qu’en Europe pays devenu égoïste et vielli on ne connait plus

Une dizaine d’îles a visiter de manière plus approfondie...toutes volcaniques aux fuits délicieux mais dont les premières cicatrices d’une colonisation touristique apparaissent...ce qui est bien dommage...
Pourvu que...

Je joins épars quelques images : trop peu...mais la route et longue ...et qui veut voyager loin...vous connaissez le proverbe...

Bye bye...à St Hélène !

JESS


Voir en ligne : Les escapades du Kalliste en couleur