Bulletin de l’Ermitage

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Pâques 2012

Par Frère Francois

dimanche 8 avril 2012, par frere francois

Lettre de Pâques

hé oui...la semaine fut silencieuse
de nombreuses formalités...une déprime liée à la chute des température et le mauvais temps ( retour de la neige) en sont les causes principales

mais aujourd’hui il est temps de "passer"à autre chose

de rentrer dans l’action...et de quitter les méditations et macérations par trop personelles

Pâques = Passage

Pour nous notre passage s’appelle Japon...qui nous fait signe et où des amis nous attendent

Le feu vert de la Faculté nous a été donné, les parents aussi...
l’argent a été trouvé nous allons donc partir dès que les vents seront favorables... et les formalités achevées ...ce qui entraînera bien évidement des perturbations dans nos publications qui vont se réduire...

Nous partons à 7 plus Igor en voilier en passant par le Cap de Bonne Espérance, l’océan Indien, l’Indonésie, les philippines... jusqu’au Japon donc. Un bulletin hebdomadaire devrait vous tenir informé de nos aventures, de nos découvertes et de nos impressions

Une fois sur place Brenda et Julien ( le petit dernier... que nous ne pouvions pas laisser) viendront nous rejoindre en avion... et là bas le séjour se fera chez des amis...

Et puis début Septembre nous devrions rentrer tous en avion en laissant le bateau là bas... Un Kalliste qui sera bien à l’abri dans une petite île et qui nous attendra tranquillement jusqu’à l’année prochaine où nous viendrons le récupérer pour le ramener en France ...en passant par le Nord... soit de la Sibérie...soit du Canada... selon les conditions météo et l’état des glaces...

Voilà Jess m’a demandé de publier un texte pour la Pâques ...je le fais bien volontiers car bien qu’outrancier il est à mes yeux le fondement même de la spiritualité chrétienne ...détournée hélas par les sépulcres blanchis...

"

Qui n’a pas rêvé d’un(e) président(e) qui saurait ce qu’est la vie, avec son lot de difficultés, de violence et de maladie, d’humiliation ?

Avec l’élection présidentielle française qui approche et afin d’exprimer leur désaccord avec les choix politiques proposés et dénoncer « l’ambiance néolibérale montante », un collectif d’artistes et de militants a lu le 7 avril à la Fontaine des Innocents à Paris. un texte intitulé « Je veux une gouine comme présidente ».

Ce texte de Zoe Leonard, artiste new-yorkaise, a été lu publiquement en Suède au moment des législatives de 2010 – sur fond de montée du parti d’extrême droite DS, qui a d’ailleurs fait son entrée pour la première fois au parlement suédois lors de ces élections.

Ce manifeste, qui s’est répandu dans d’autres pays européens (Finlande, Estonie, Danemark, Espagne), atteint maintenant la France.

Voici le texte de Zoe Leonard, qui date de 1992, librement traduit.

« Je veux une gouine comme Présidente.

Je veux qu’elle ait le sida, je veux que le Premier ministre soit une tapette qui n’a pas la sécu, qu’il ait grandi quelque part où le sol est tellement plein de déchets toxiques qu’il n’a aucune chance d’échapper à la leucémie.

Je veux une présidente de la République qui a avorté à 16 ans, une candidate qui ne soit pas la moindre des deux maux ;
je veux une présidente de la République dont la dernière amante est morte du sida, dont l’image la hante à chaque fois qu’elle ferme les yeux, qui a pris son amante dans ses bras tout en sachant que les médecins la condamnent.

 »Je veux une présidente de la République qui vit sans clim, qui a fait la queue à l’hôpital, à la CAF et au Pôle Emploi, qui a été chômeuse, licenciée économique, harcelée sexuellement, tabassée à cause de son homosexualité, et expulsée.

Je veux quelqu’une qui a passé la nuit au trou, chez qui on a fait brûler une croix et qui a survécu à un viol. Je veux qu’elle ait été amoureuse et blessée, qu’elle ait du respect pour le sexe, qu’elle ait fait des erreurs et en ait tiré des leçons.

 »Je veux que le président de la République soit une femme noire. Je veux qu’elle ait des dents pourries et un sacré caractère, qu’elle ait déjà goûté à cette infâme bouffe d’hôpital, qu’elle soit trans, qu’elle se soit droguée et désintoxiquée.
Je veux qu’elle ait pratiqué la désobéissance civile.

Et je veux savoir pourquoi ce que je demande n’est pas possible ; pourquoi on nous a fait gober qu’un président est toujours une marionnette : toujours un micheton et jamais une pute. Toujours un patron et jamais un travailleur.

Toujours menteur, toujours voleur, et jamais puni. »

Sur cette méditation...

Joyeuse Pâques à TOUS de la part de tous ceux qui font l’Ermitage !

P.S.

Permettez moi d’y ajouter ce beau texte de Jean Sullivan envoyé par une lectrice et que j’intitulerai : Elections : Piège à C...

(.....)
Il serait inquiétant de penser que le bonheur des hommes puisse dépendre d’un succès ou d’un échec électoral. ainsi notre sort se déciderait dans des joutes oratoires qui autrefois se déroulaient sur des estrades de foire et qui maintenant, par la magie de la télévision, sont élevées à la dignité du théâtre ou de l’opéra, mais qui révèlent d’autant mieux leur manque de sérieux. Notre sort serait livré à des manoeuvres, à des astuces subtiles ou grossières, à des promesses menteuses quelque soit la sincérité d’hommes ni meilleurs ni pires que d’autres, mais qui assurent leur carrière. Mais à vrai dire, à peine une faction a-t-elle triomphé qu’elle est conduite à faire pour une large part la politique de ses adversaires. tout le monde le sait, et le moment venu, tout le monde s’étonne ou se scandalise.
Donc les options ne sont jamais si tranchées. On ne le dit que pour plaire ou faire peur, rameuter, c’est-à-dire capter des voix. Vous trouverez toujours des gens pour déclarer :"la situation est grave mais pas désespérée". Souffrez qu’après d’autres, je vous dise : "elle est désespérée mais ce n’est pas grave".

Car quelque soit la nécessité ou l’importance du rite électoral, la lucidité aussi bien que l’humour invitent à le relativiser, malgré les inflations verbales de circonstance. par exemple, alors que que tout le monde déclare que notre sort dépend de la permanence ou de la fin de la crise, il faut avoir le front de dire qu’il y a mensonge à le faire croire, démisssion de soi à s’en laisser convaincre.

En réalité, presque personne n’accepte de voir, encore moins de dire certaine vérité, surtout pas les hommes politiques, encore que beaucoup la connaissent très bien, Qu’il n’y a pas d’après -crise. Que l’Europe ne pourra pas continuer indéfiniment dans la course à la production, au niveau de vie. Que ce n’est pas nécessairement un mal. Que grâce à ce signal d’alarme, nous pourrons être conduits à une nouvelle manière de vivre et de penser qui implique la cessation du gaspillage, de la concurrence sans frein qui est une forme de guerre, à la réduction non fictive mais réelle des inégalités, au respect de la nature. Qu’alors enfin, il pourrait, pour les individus, devenir possible de vivre une vie plus humaine, quand on cessera de confondre le désir et le besoin, et que, dépris des mythologies véhiculées par l’audio-visuel, au sein de l’énorme aliénation, ils pourront eux-mêmes se consacrer à rendre leur vie plus proche d’eux, sans tout attendre du dehors.

C’est l’homme du dehors qui pompe ses "nourritures spirituelles" aux déserts des idéologies et de l’audio-vivuel. Il peut avoir belle apparence. Unanimement apprécié dans l’univers professionnel, il manifeste équilibre, sérénité et cordialité : mais il arrive que tout soit fondé sur la réussite et finalement sur l’argument. Cet homme est un homme du dehors, il est vide et ne le sait pas toujours. Les siens le savent peut-être, s’ils sont domptés : une femme, des enfants qui le feront payer cher.

Vouloir retrouver l’état d’avant sans rien changer, là est l’illusion, dans la vie individuelle comme en politique. La vérité est que "le salut" ne se trouve pas dans la crise même. La dépression est l’appel des forces souterraines qui sont en nous. Franchement assumée, elle peut conduire à cette révélation, par delà regrets et impatiences, qu’il y a en nous un bonheur tranquille qui est la loi de tout vivant et de tout animal. Nous sommes conduits à retrouver notre condition de créature précaire accordée spontanément aux limites. Oui, j’ose le dire ici, en tout être humain, si l’on excepte les douleurs physiques extrêmes, (perso, j’ajouterai lhumiliation sous toutes ses formes), il y a un royaume de sérénité. Mais il suppose que l’on n’accepte plus de céder à beaucoup d’impératifs catégoriques de la socièté. Que l’on ne s’imagine plus que le bonheur vient exclusivement du dehors. Que l’on cesse d’être ballotés par mille agitations en confondant les besoins avec le désir profond. Cela suppose souvent que l’on change de rythme de sa vie. Que l’on préserve un espace d’intériorité. Que tout soit subordonné à la tendresse humaine.

Alors, il peut arriver que l’espérance nous habite au sein de nos misères, la petite joie increvable sans laquelle toute foi n’est qu’une crispation de l’esprit.
Je ne vous fais pas la morale, je vous invite au plaisir de vivre. Celui que nul ne peut vous arracher.
Jean Sulivan