Bulletin de l’Ermitage

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Carême 2012

Lettre de Carême no4

par frère François

lundi 12 mars 2012, par frere francois

Bien en retard encore cette semaine... et la nécessité de vous écrire entre deux portes

La Burle, ce vent du Nord qui transperce tout y compris la colline à laquelle le chalet est adossé abrutit les esprit et engourdit le corps...
heureusement le soleil a évité le retour du grand froid

Et puis j’avoue n’e pas avoir eu la tête à ça...hier au village une petite fille en vélo passe en trombe devant moi...je lui souris...
son frère 7 ans pas plus fonce derrière elle et dérape sur le gravier...chutant lourdement à mes pieds...immobile
je crains le pire...

finalement pas de bruit sec...donc pas de fracture... je relève le pantin sonné qui se tord esquissant une grimace et des pleurs silencieux...
je lui demande s’il a mal...il me montre son genoux et se plie davantage...

après 5 minutes ...la mère attablée au café en face finit par se lever...

Ne ma quitte pas ce masque de douleur silencieuse ce visage inondé de larmes muettes toutes salées et sa petite main chaude qui me retenait...... s’agripait et semblait me dire : ne me quitte pas...
mais comment faire...nous sommes complet à l’ermitage...

Je lui promet de le faire monter visiter notre ferme...

" - ça sera un bon débarras me dit la mère... qui a daigné enfin se dépacer ...elle qui prenait le soleil la clope au bec à la terrasse à côté ...
vous pouvez même le garder...va ! il vaut pas cher !"

je lui conseille quand même de lui faire passer une radio...

" bah il craint rien ...s’il se casse quelque chose ...au moins il se tiendra tranquille...!"

Il a passé le Week end à l’ermitage ;..il avait tant de choses à pleurer et à confier et à crier...
il reviendra tous les Wend ...jusqu’à notre départ...

il y a vraiment quelque chose de pourri dans notre société

Merci encore à ceux qui nous suivent fidèlement ...et à leurs nombreuses lettres auxquelles j’essaye de répondre du mieux et du plus vite que je peux...

ah ! ce temps... dans lequel nous sommes inscrit... et qui nous est compté... et que nous ne savons plus prendre...même si nous sommes ermites .

Les autres nous contraignent à vivre dans leur agitation stérile... et pourtant le temps n’est pas uniforme ... mais élastique... il y a des temps... des temps de souffrance ou de joie... que nous voudrions prolonger ou abréger à notre guise... un temps biologique ... et c’est seulement quand nous sommes en mer que nous pouvons prendre véritablement le temps... de la nature

et puis quand nous sommes mort bien sûr... c’est peut-être cela d’ailleurs la mort : le passage dans un espace ou le temps n’est pas... n’en déplaise à Albert Einstein...

Pourrait-on envisager de considérer le temps non pas comme un paramètre "immatériel" mais bien comme une particule ?
comme avec ce que le graviton est à la gravitation, nous pourrions imaginer une telle particule. Cela répondrait d’ailleurs à plusieurs questions telles que "pourquoi un changement de temps pour une vitesse donnée influence-t-elle les particules", ou encore pourquoi le temps n’existe pas pour des distances proches de la longueur de Planck ?
d’ailleurs ai-je lu dans la théorie des cordes , une corde vibrante dans des dimensions enroulées d’un espace Calabi Yau, se structure dans le temps, d’une manière particulière, fonction de cet espace.
Par conséquent ces structures, déterminent l’histoire de la corde.
Donc on peut penser ces structures, comme les structures même du temps.

Tout ce qui détermine le cheminement de l’énergie, structure le temps.
Cela revient à donner au temps, une forme géométrique.

on touche là nos limites de compréhension...

En Asie il semble bien que l’on sache prendre le temps...du moins on savait... l’occidentalisation y a fait bien des ravages
le temps maîtrisé qui a permis à ces pays d’élaborer des techniques de précision et surtout une qualité de production qui a fait leur succès
comme les moines qui prennent le temps non seulement de l’office mais aussi d’un travail de qualité apprécié car le produit n’est pas seulement matière mais porteur de l’intention de ceux qui les font

Mais nous vivons dans un monde de chiffres, de statistiques , de numéros ...derrière lesquels nous courons : que ce soient l’argent ou les courbes de productivité ou de déficit

et derrière lesquels nous ne savons plus voir ce qu’ils recouvrent

un monde du virtuel désincarné derrière lesquelles la vérité des hommes et s’efface... nouvelles idoles qui donnent l’impression de connaître et de maitriser... mais qui ne sont que des chiffres qui donnent l’illusion du réel... et qui empêchent de reconnaître nos imperfections, nos limites et l’impossibilité de connaître le monde qui nous entoure et de surtout de le partager...

Aussi quand nous nous extasions de la perfection du monde ou de sa cohérence ne faisons nous pas seulement la constatation de la logique de notre forme de pensée à notre niveau...et de la non contradiction de nos raisonnements...,
mais qu’en est-il du réel absolu ?...si cette notion a un sens...
et si nous sommes capables de l’appréhender

Mais redescendons sur terre : cette semaine j’ai été offusqué par les propos électoraliste à l’égard de la féminité et de l’interdiction de la manifester . Encore une fois le sexe ...toujours le sexe que l’occident et son passé judeo chrétien n’arrive pas à digérer.
Alors pendant que les adultes ont droit à toutes les facilités et expositions -exhibitions publiques ...les enfants eux genoux serrés , jupes plissées et bas de laine doivent se contenter du sexe des anges ! Quelle stupidité...
tout cela pour idéaliser ...une enfance-souvenir...nouveau paradis perdu illusoire et irréel qui permet outre une exploitation commerciale de l’enfance , de mieux isoler ces derniers de la société ...des fois qu’il aient le culot de la changer !

Encore une fois les enfants ont un sexe et ont le droit et la liberté d’en user librement ! c’est le minimum...a moins que l’on ne veuille former des générations de frustrés

les enfant ont un être et une liberté qu’il faut respecter aussi

ce ne sont pas des animaux de cirque , de compagnie ou de dressage ...ce sont des êtres à part entière que les adultes ont le devoir de faire éclore et de permettre le dévelopement...même si celui-ci ne leur plait pas !

Le rapport disponible sous ce lien est à lire !... pour sa stupidité

http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_hypersexualisation2012.pdf

Autre sujet d’offuscation :

Une étude du cabinet Proxinvest publiée ce mardi montre que la rémunération moyenne des dirigeants des entreprises du CAC 40 a fait un bond de 34 % en 2010, pour un montant de 4,11 millions. Il faut noter toutefois qu’en 2006, avant la crise, elle s’élevait à 5,7 millions d’euros. Mais dans cette liste de patrons français, une « short liste » de onze patrons dépasse allègrement les 240 fois les SMIC (soit 4,0 millions d’euros par an). Le fossé se creuse...

l’oréal 10,7 millions d’E /an
Lvmh 9,7
Renault 9,7
Danone 7,7

Notez que les chiffres du cabinet Proxinvest prennent en compte les stocks options, mais pas les retraites chapeau qui peuvent s’élever à 500 000 euros par an. Si l’on prend le cas des quatre patrons qui dépassent les 9,5 millions d’euros, on peut estimer que leur salaire correspond aux frais de fonctionnement d’une usine d’au moins 150 personnes. Soit encore, pour pouvoir bien comparer, l’équivalent de 568 fois le SMIC annuel !

Le pire de cette situation est que ces rémunérations extraordinaires ne tiennent pas toujours compte de la réussite d’objectifs puisque certains patrons peuvent régulièrement rater leurs objectifs et empocher tout de même leur immense prime.

Que signifie ce monde ou l’écart entre le revenu du pauvre (à plein temps) et celui du riche salarié dépasse 600. Un homme, par son intelligence, son savoir, ses relations, ses performances peut-il valoir plus de 600 ouvriers ?

Ne peut-on pas trouver un dirigeant aussi bien, voire mieux et moins cher ?

Que penser des cas où les objectifs ne sont pas atteints et l’énorme prime systématiquement empochée ?

Que penser des patrons qui ont fait n’importe quoi dans leur précédente entreprise, mais qui sont « recasés » rapidement à un poste similaire ?

Il ne s’agit plus de surhomme, mais bien de brigandage, non ? Ceci est d’autant plus choquant que la crise est toujours présente et que les 11 patrons les plus gâtés ne sont pas toujours ceux qui ont fait le plus progresser leur entreprise. Il s’agit bien d’une caste d’invincibles qui décident de l’emploi des autres par une simple signature en bas d’une page et qui, en coulisse, se goinfre comme jamais.

Il est loin le temps au Rockefeller conseillait que le salaire d’un dirigeant ne dépasse jamais le rapport 40, aujourd’hui, en pleine crise nous somme parfois a 600 ! Pourtant, lorsque l’on se demande si un homme peut en valoir 40 autres ce chiffre est déjà grand.

Évidemment, certains diront que le pays a plus à faire que de se préoccuper d’une centaine de personnes. Certes, mais plus que des individus, c’est aussi une morale voir tout système qu’il faut défendre et réformer. Nous ne pouvons pas demander aux plus pauvres des efforts lorsque d’autres se « goinfrent » sans limites, l’appât du gain qui pousse à toujours plus de licenciements, à des salaires toujours plus bas et à plus de précarité doit être combattu, c’est un projet de société pas seulement une lutte contre une poignée de gens.

A qui la faute ? Au patronat français. Proxinvest souligne que « la transparence des grandes sociétés françaises et la lisibilité des performances sont inférieures à celles observées dans les pays où les dirigeants sont responsables de leur politique de rémunération devant l’assemblée générale des actionnaires ».

En France, « le patronat, qui entend définir seul les règles françaises de bonne gouvernance, s’oppose encore à la légitimation de la rémunération devant l’assemblée des actionnaires »…

Seul point validé en France par les actionnaires : l’indemnité de départ, les régimes de retraite et les enveloppes d’options et d’actions gratuites.

Tout est dit. Les grands patrons sont prompts à délocaliser et monter des plans d’économies - même lorsque l’entreprise se porte très bien - mais ils refusent catégoriquement - contrairement à leurs homologues étrangers - de soumettre leur rémunération à l’actionnariat…

La position du MEDEF est encore une fois éloquente : l’autocontrôle ! Si les salariés manifestaient pour autocontrôler leurs salaires et leurs avantages divers, je ne pense pas que le MEDEF les soutiendrait ! Il s’agit donc bien d’un mépris, d’une volonté de mettre une barrière entre les salariés « esclaves » et les patrons « nobles »…

La situation est bien pire, une partie de ces fabuleuses rémunérations est sous forme de stock options et leur valeur réelle dépend de valeur de l’action de leur entreprise. Encore une raison pour ces riches personnages de toujours favoriser les annonces faisant plaisir aux actionnaires - ce qui fait monter la valeur de l’action - au détriment d’une réelle politique saine et de long terme. Proxinvest parle même de manque de responsabilisation des patrons français.

Que faire alors ? Taxer plus encore les rémunérations extravagantes en ajoutant une nouvelle tranche d’impôts, interdire les parachutes dorés, limiter les indemnités de départ aux seuls départs où la performance n’est pas en cause - et dans des limites semblables aux autres salariés, interdire les stock-options et les actions gratuites et bien entendu les retraites dorées.

Légiférer afin d’indexer une partie du salaire des grands patrons sur les augmentations moyennes des employés de leur entreprise et en fonction de la variation du nombre d’employés et d’objectifs long terme, les obliger à soumettre le reste de leur rémunération à l’assemblée des actionnaires. Les solutions existent, qui osera les appliquer ?

IIl est quand même inadmissible que ceux qui doivent déjà se serrer la ceinture voient les bénéfices de leur travail non pas répartis équitablement...mais distribués aux actionnaires qui eux ne produisent rien et/ou s’enfuir à l’étranger en des paradis fiscaux auquel bien sûr et malgré les promesses on ne touche point

De plus la stigmatisation des chômeurs conséquence de cette politique est d’un cynisme encore plus grand

Mais que voyons nous : le retour du ronron quotidien...

quelle solution

voici quelques pistes :

http://dai.ly/xGfAXo

allez Jess me dity qu’il faut publier tout cela...je vous laisse...à la semaine prochaine

en Carême

frere francois