Bulletin de l’Ermitage

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Les Apocryphes (2)

par Marie

samedi 23 août 2003

II - LES ACTES APOCRYPHES

Les renseignements fournis par le Nouveau Testament sur la carrière des apôtres étaient très loin de satisfaire la curiosité des fidèles. Seul l’apôtre Paul pouvait être suivi d’assez prés en ses voyages de mission ; sur Pierre, les renseignements d’abord assez détaillés s’arrêtaient brusquement… Aussi ne peut-on pas priver indéfiniment la curiosité des populaires de son aliment naturel. Aux lieux et place des actes primitifs, soi-disant falsifiés ou infectés par des hérétiques, vont bientôt, circuler des remaniements d’où l’on aura en soin d’extirper le virus et qui restitueront ainsi, on le pense du moins, la primitive simplicité des actes apostoliques. Entre temps, ont pris naissance à côté des cinq compositions primitives, d’autres livres racontant les faits et gestes des apôtres qui jusque-là avaient attiré l’attention. Tout cela va prendre place en des remaniements qui finiront par présenter un « corpus » complet de l’histoire des apôtres, et ceci aussi bien en Orient qu’en Occident.

Une autre littérature, ayant pour sujet exclusif les actions de la prédication de Pierre prenait naissance et aboutissait à ce qu’on appelle les « Clémentines ». Bien qu’il ne s’agisse plus d’apocryphes, certains renseignements sommaires seraient utiles.

A. Les Actes de Jean : Ce sont les 1ers en date de la série. Il faut en chercher la patrie en province d’Asie où s’était conservé le souvenir de Jean : La date de composition se placerait au début de la 2ème moitié du IIème siècle.

B. Les Actes de Paul : Cités par Tertullien, Origène, signalés parmi les Ecritures Saintes par le codex Claromantanus.

C. Les Actes de Pierre : Eusèbe de Césarée (Hist. Ecclésiastique) les mentionne explicitement. Des emprunts lui furent faits par Hippolyte et surtout par Origène, par les auteurs de la « Didscalie des Apôtres » et du Testament de Notre Seigneur Jésus- Christ.

D. Les Actes de Thomas (nommé aussi Judas) : Ils nous sont signalés par les écrivains du IVème et Vème siècle comme étant aux mains des hérétiques ; cependant les catholiques ne se privaient pas de les lire. Judas-Thomas qui est aussi appelé Didyme reçoit l’Inde pour lot.

E. Les Actes D’André : Ils sont expressément signalés par Eusèbe, à côté des « Actes de Jean » comme étant aux mains des hérétiques. Epiphane les a trouvés en la possession des encratites, des apostoliques, des origénistes.

F. Actes isolés :

1. Les Actes de Philippe : Ils ont été condamnés comme apocryphe par le « Décret de Gélase » ils ne témoignent, cependant d’aucune doctrine hétérodoxe.

2. La Passion de Barthélemy : Ils racontent la mission de l’Apôtre en Inde.

3. Les Actes de Barnabé : Ils seraient d’origine tardive, 2ème moitié du Vème siècle.

4. Les Actes de Thaddée ou Actes d’Addaï : Eusèbe (Hist. Ecclésiastique) relate une histoire concernant la 1ère évangélisation d’Edesse qui met en scène un disciple nommé Thadée - (La ville du roi Abgar contemporain de Notre Seigneur).

H. Les Apocryphes Clémentins (tout un cycle d’ouvrages) : dont St. Clément serait l’auteur et le héros.

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III - LES EPITRES APOCRYPHES

A. Les lettres apocryphes de St. Paul :

a. La IIIème Epître aux Corinthiens.

b. Epître aux Laodicéens.

c. Epître aux Alexandrins.

d. Correspondance entre Sénèque et St. Paul.

B. Les Kérygmes apostoliques :

a. Le Kérygme de Pierre ( cité par Clément d’Alexandrie) .

b. Le Kérygme de Paul.

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III - LES APOCALYPSES APOCRYPHES

A. L’Apocalypse de Pierre : Malgré la diffusion qu’il semble avoir eue dans tout l’Orient et spécialement en Egypte, le livre avait disparu, sauf les citations patristiques susmentionnées. Mais, deux découvertes récentes viennent de le faire revivre dans son intégrité, sinon dans son état absolument original : en 1886, d’abord, le manuscrit trouvé par Bouriant dans un tombeau d’Ekhmim restituait en même temps que le fragment de l’Evangile de Pierre.

B. L’Apocalypse de Paul : Après avoir inspiré de nombreux remaniements en plusieurs langues modernes, ces textes ont fini par trouver dans « l’Enfer » de Dante leur plus géniale expression.

C. Autres Apocalypses plus ou moins anciennes :

- Apocalypse de Jean.
- Apocalypse de Jean le Théologien.
- Apocalypse de Zacharie.

D. Les Livres Sibyllins : Pour plus de renseignements, consultez le Dictionnaire de la Bible ( Vigouroux) (Col 460 à 533).

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RECHERCHES PERSONNELLES SUR INTERNET

LE MIRACLE DU XXiEME SIECLE

Une bibliothèque copte au bord du Nil

Les textes de Nag Hammadi représentent la plus grande découverte archéologique du XXème siècle. Jamais une découverte d’une telle importance n’a suscité autant d’intérêt chez les archéologues, les chercheurs, les érudits et les historiens.

Les manuscrits de Nag Hammadi furent découverts par « accident » ou plutôt par « miracle » en 1945 par un bédouin et son frère qui étaient partie à la recherche d’engrais….. Dans un antique cimetière abandonné, où gisaient depuis des millénaires sept tombes pharaoniques, un des frères déterra une jarre poussiéreuse renfermant des manuscrits. Ce village de Nag Hammadi se situe à 560 kilomètres au sud du Caire et à 60 Kilomètres au Nord-Ouest de Louxor.

Les 55 manuscrits répartis en 13 codex numérotés, ont été écrits en copte. L’examen de la datation des manuscrits fait remonter leur origine au IIIème siècle de notre ère. Ils furent originellement copiés du grec ancien.

Ces manuscrits ont été vendus a des antiquaires du Caire qui à leur tour les vendirent au musée copte du Vieux-Caire.

Dans un texte de « Louis Painchaud », nous avons recueilli les informations suivantes :

« On s’étonnera, a-t-il dit, de trouver la bibliothèque de Nag Hammadi rangée parmi les textes sacrés en compagnie des écrits canoniques juifs et chrétiens. Il y a pourtant au moins trois bonnes raisons à cela :

1. Une grande partie de ces textes, dont la rédaction est grosso modo contemporaine de la période où se sont fixés les canons des Ecritures hébraïques et de la Bible des chrétiens, se présente comme une réécriture et un prolongement de ces écrits. Et c’est précisément par l’exclusion de ces textes et d’autres du même genre que se sont formés les canons juifs et chrétiens.

2. Ces textes furent probablement considérés comme sacrés par leurs utilisateurs anciens à l’égal des Ecritures canoniques.

3. On a tendance d’oublier ce point important que ces textes reprennent vie dans la culture religieuse contemporaine.

« La Bible et les textes de Nag Hammadi sont indissociables comme l’avers et revers d’une même tradition ».

D’après le rapport donné par Mr. Louis Painchaud sur les textes coptes de Nag Hammadi « cette jarre renfermait douze codices formés de cahiers de papyrus reliés de cuir et les restes d’un treizième. Ces codices contenaient une cinquantaine de textes, tous étant des traductions coptes d’originaux grecs pour la plupart inconnus ».

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L’UNIVERSITE LAVAL A QUEBEC

Lancée à l’Université Laval à l’automne 1974, un quart de siècle après les 1ères annonces de la publication d’une édition critique et d’une traduction française commentée de la bibliothèque copte de Nag Hammadi constitue une entreprise majeure qui a marqué de façon significative ce champ d’étude. Un réseau de collaboration internationale s’est développé non seulement avec des chercheurs français mais aussi belges, suisses, allemands, italiens, norvégiens et américains.

Historiens des religions, biblistes, philologues, hébraïssants, linguistes ou spécialistes de la littérature chrétienne ancienne, ces chercheurs par la diversité de leurs antécédents et dans leurs champs de spécialisation ont contribué, chacun à sa manière à la richesse des travaux de l’ensemble du groupe.

Le séminaire permanent inauguré au Québec en septembre 1974 et tenu sans discontinuer depuis lors a accueilli la plupart des collaborateurs de l’entreprise au cours de ces 25 années et a été le lieu de discussions portant aussi bien sur l’édition que sur la traduction et l’interprétation des textes. Il a permis, entre chercheurs québécois et étrangers, des échanges de vues qui ont grandement contribué à la qualité de l’entreprise. 67% du corpus a été publié, la planification actuelle prévoit l’achèvement des travaux d’édition pour 2005.

Un volume « d’écrits gnostiques » est en préparation pour la Bibliothèque de la Pléiade.

Paul-Hubert Poirier a pu écrire en 1983 que c’est avant tout pour l’étude du gnosticisme que les textes de Nag Hammadi revêtent une importance capitale (Poirier 1983-P.310).

Les textes de Nag Hammadi ouvrent une fenêtre nouvelle sur la période de formation du Christianisme. Ils nous procurent des traités de théologie systématique, des œuvres exégétiques, des apocryphes et des recueils moraux, de sources et d’inspiration diverses. Certes, ils exposent ou portent la trace de doctrines et de spéculations que l’on peut plus ou moins étroitement identifier avec des doctrines que les écrivains ecclésiastiques et les hérésiologues des IIème et IIIème siècles ont stigmatisées comme gnostiques. Mais-on ne le répétera jamais assez - ces doctrines ont été combattues par ces auteurs parce qu’elles étaient élaborées par des chrétiens et qu’elles circulaient parmi des chrétiens. C’est donc surtout un aspect particulier de l’installation progressive de mécanismes de régulation orthodoxe au sein du Christianisme que ces textes permettent de mieux documenter. En ce sens, ils obligent à poursuivre la réflexion sur les notions d’orthodoxie et d’hérésie (Bauer, 1971. Le Boulluec, 1985) qu’il faudrait davantage envisager en tant que mécanismes (particuliers aux traditions monothéistes) de gestion de la diversité inhérente à tout groupe religieux (Jones 1999).

Il faudrait aussi se demander où se situerait le contenu de textes comme ceux de Nag Hammadi par rapport à l’ésotérisme chrétien, dont l’existence est largement attestée, depuis Paul jusqu’à Clément d’Alexandrie en passant par Ignace d’Antioche et qui par sa nature même a échappé à la transmission écrite (Stroumsa 1991). A cet égard, Régine Charrona a récemment attiré l’attention sur les rapports que les textes de Nag Hammadi semblent entretenir avec les écrits des alchimistes grecs, un corpus littéraire contemporain des textes de Nag Hammadi dont on n’a pratiquement pas tenu compte, dans l’étude de ces derniers et qui pourrait en éclairer d’un jour nouveau certains aspects particulièrement obscurs (Charron 1998-2000).

- Pour tout renseignement sur la BCNH (Bibliothèque Copte de Nag Hammadi) consultez le site de l’Université Laval

http://www.ftsr.ulaval.ca/bcnh.

- Aussi l’Encyclopédia Universalis donne le détail des 13 codex.

CONCLUSION :

Alors même, si les apocryphes ne sont pas cités par Jésus, et pas tout le monde leur accorde la même valeur, il vaut la peine de les lire une fois au moins, ou certains du moins, comme l’Ecclésiastique ou le livre de la Sagesse.

Ces livres n’ont donc rien de vraiment dangereux, ils ne sont simplement pas regardés de la même façon par tout le monde, les catholiques prenant certains pour inspirés, les protestants pas.

Mais en tous cas, ils pointent vers Dieu, et nous disent très clairement que c’est Lui qui donne le sens à nos vies et que toute sagesse vient du Seigneur.

A vous de les découvrir et de décider ce vous voulez en retenir !

« Attache-toi au Seigneur, ne t’en écarte plus ; tu ne pourras qu’y gagner, à la fin de ta vie. Toute sagesse vient du Seigneur, c’est lui qui en dispose pour toujours » (Ecclésiastique).

Nous saluons avec beaucoup de respect Louis Pinchaud qui nous a permis d’avoir tous ces précieux renseignements, tous les archéologues, les chercheurs, les historiens, les spécialistes etc.. et l’Université Laval

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