Bulletin de l’Ermitage

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CAREME 2011

5ème Dimanche de Carême :Josquin Desprez (1450-1521) - Missa Hercules Dux Ferrariae

Méditation en musique

samedi 9 avril 2011, par frere francois, Jess, Nat et Nico


D’après un chirographe (charte) daté du 19 septembre 1521 où il est attesté que deux échevins se sont rendus le 23 août précédent au chevet de Josquin mourant pour faire son testament. "...leur fu dict et adverty par le dit sire Josse Després lors gisant et couchant sue ung lich [sur un lit] la cause pourquoi les avait fait requerre venir vers
lui... Avait este pour ce qu’il estoit délibret soy faire enregistrer ou role de la ville [qu’il était décidé à se faire enregistrer au rôle de la ville] ou sont enregistrz bastars et aubains [enfants naturels et étranger]. Affin de ses biens par tant estre preservez et affranchis de non venir ne appertenir après son trépas a tiltre de son aubanet [situation d’étranger] et au droit et prouffit [profit] des dammes et seignouries dudit condet... Le XXIIIe jour Daoust mil VC et XXI Sire Josse despres prebstre fist claing au mayeur et escevins de condet pour estre mis en ce dist rolle en paiant les droix a ce pertinens comme natif de dela le noir eauwe..."

D’après aussi la copie de la copie de l’épitaphe de sa mort qui devait figurer sur une pierre tombale située dans le choeur de l’église Notre-Dame de Condé. Avant que l’église avec ses pierres tombales ne soient détruites, un certain Maréchal Michel de Croy la transcrivit au XVIIème siècle dans le manuscrit "L’histoire de Condé", au chapitre des
"Mémoires et sépultures les plus anciennes de Notre-Dame de Condé". Cette inscription fut ensuite reportée dans un manuscrit ayant pour titre "Sépultures de Flandres, Hainaut et Brabant"

Josquin Lebloitte dit Josquin des Prés né peut-être à Beaurevoir (Picardie2) vers 1440 et mort à Condé-sur-l’Escaut le 27 août 1521,est souvent désigné simplement sous le nom de Josquin, un compositeur franco-flamand de la Renaissance. Il est le compositeur européen le
plus célèbre entre Guillaume Dufay et Palestrina et est habituellement considéré comme la figure centrale de l’école franco-flamande.

Bien qu’étant un artiste reconnu de son vivant dans toute l’Europe et vénéré longtemps après sa mort, fort peu de traces de sa vie sont parvenues jusqu’à nous. Quelques registres de salaires, des allusions dans des lettres éparses, de rares documents administratifs nous
permettent d’assembler un puzzle dont la plupart des pièces sont définitivement perdues.

De son enfance, de son éducation, de sa personnalité, ou de son activité pendant les vingt dernières années de sa vie (pour ne prendre que quelques exemples), nous ne saurons presque rien. Cette carence d’informations entoure le personnage d’un voile de mystère qui aiguise
aujourd’hui la curiosité de nombreux historiens de la musique.

Josquin est largement considéré par les spécialistes comme le premier maître du style polyphonique de la haute Renaissance, musique vocale qui allait émerger au cours de sa vie.

Pendant le xvie siècle, Josquin a graduellement acquis la réputation de plus grand compositeur de l’époque. La maîtrise de sa technique et de son expression étaient universellement admirées et imitées. Des auteurs aussi divers que Baldassare Castiglione ou Martin Luther ont écrit au sujet de sa réputation et de sa renommée. Des théoriciens comme Glaréan et Gioseffo Zarlino ont jugé son style comme le meilleur représentant de la perfection.

Josquin est né dans une région placée sous l’autorité des ducs de Bourgogne et probablement dans le Comté de Hainaut (Belgique et France moderne), ou immédiatement après la frontière dans la France actuelle, puisque plusieurs fois dans sa vie il a été considéré légalement en tant que Français.
Il a longtemps été confondu avec un homme au nom similaire, Josquin de Kessalia, né autour de l’année 1440, qui a chanté à Milan de 1459 à 1474, et est mort en 1498 ; Mais il a été démontré que Josquin des Prés était né autour de 1450 ou
quelques années plus tard et n’avait pas été en Italie avant les années 1480.

Les premières traces de ses engagements sont datées du 19 avril 1477, sur un registre prouvant qu’il était chanteur à la chapelle de René, duc d’Anjou, à Aix-en-Provence où il est certainement resté au moins jusqu’en 1478.
Il n’existe pas de trace certaine de ses
déplacements pour la période allant de mars 1478 jusqu’en 1483, mais s’il est resté au service du roi René il a sûrement suivi la cour à Paris en 1481 avec la Chapelle royale.
Un des premiers motets de Josquin, le Misericordias Domini in aeternum cantabo, suggère une relation directe avec Louis XI.

En 1483, Josquin retourne à Condé pour réclamer l’héritage de son oncle et sa tante qui ont pu avoir été tués en mai 1478 par l’armée de Louis XI qui avait enfermé et brûlé vif la population dans l’église lors du siège de la ville.

Milan

La période de 1480 à 1482 a embarrassé les biographes : des témoignages contradictoires suggèrent, soit que Josquin était toujours en France, soit qu’il était déjà au service de la famille Sforza et notamment d’Ascanio Sforza, qui avait été banni de Milan et résidait temporairement à Ferrare ou à Naples.

La résidence à Ferrare au début des années 1480 pourrait expliquer la Missa Hercules dux Ferrariae composée pour Ercole d’Este que nous écoutons aujourd’hui bien qu’elle ne corresponde pas stylistiquement à celles de la date de 1503-1504 à laquelle on situe habituellement Josquin à Ferrare.

Une hypothèse alternative est basée sur un document romain du milieu du xvie siècle

décrivant la cour hongroise de l’époque et incluant Josquin comme un des musiciens présent ; elle suggère que Josquin aurait passé une partie de ce temps en Hongrie ???

$Quoiqu’il en soit on sait qu’en 1483 ou 1484, Josquin est au service de la famille de

Sforza à Milan. Toujours à leur service, il fait un ou plusieurs voyages à Rome et probablement aussi à Paris tandis qu’à Milan il fait la connaissance de Franchini Gaffurio,

maestro di cappella de la cathédrale. En 1489, après une possible période de voyages, il est encore à Milan qu’il quitte cette année-là.

Rome

De 1489 à 1495, Josquin est membre du chœur papal, d’abord sous Innocent VIII, et plus tard avec l’avènement des Borgia, sous le pape Alexandre VI.
Il a alors pu faire l’objet d’un échange de chanteurs avec Gaspar van Weerbeke qui est parti à Milan en même temps. Il se pourrait qu’il ait lui-même gravé dans le mur de la chapelle Sixtine le « JOSQUINJ » récemment découvert par des ouvriers qui restauraient la chapelle en effet il était habituel que les chanteurs gravent leur nom sur les murs et des centaines de noms ont été inscrits là pendant la période entre les xve et xviiie siècles. Les probabilités sont très fortes pour que Josquin soit à l’origine de ce graffiti, auquel cas il s’agirait du seul autographe qui nous soit parvenu de lui.

Le style de Josquin a évolué vers la maturité pendant cette période. Comme à Milan il avait absorbé l’influence de la musique profane, à Rome il affine la technique de sa musique sacrée. Plusieurs de ses motets datent des années qu’il a passées à la chapelle papale.

Départ de Rome, puis la France

Comme le démontre un échange de lettres entre la Maison Gonzague et la famille Sforza, Josquin est très probablement retourné au service des Sforza autour de 1498.
Il n’est sans doute pas resté longtemps à Milan, puisqu’en 1499 Louis XII emprisonnera ses anciens
employeurs lors de la conquête de Milan pendant l’invasion du nord de l’Italie.

Bien que la documentation relative à sa carrière au tournant du siècle manque, on peut penser que Josquin est revenu en France à cette époque. C’est sans doute avant de quitter l’Italie, qu’il a écrit l’une de ses compositions de musique profane les plus célèbres, la frottola El Grillo basée sur le psaume 30 In te Domine speravi. Cette dernière composition peut être une allusion voilée au réformateur religieux Girolamo Savonarola qui avait été brûlé sur le bûcher à Florence en 1498 et pour qui Josquin semble avoir eu une vénération particulière. Le texte était le psaume préféré du moine qui en a laissé une méditation inachevée en prison avant son exécution.

Ferrare

Hercule Ier d’Este était un important mécène de la Renaissance italienne et fut l’employeur de Josquin en 1503 et 1504.

Josquin resta probablement au service de Louis XII jusqu’en 1503, quand le duc Ercole I de Ferrare l’engagea pour sa chapelle. L’une des rares mentions relatives à la personnalité de Josquin date de cette époque. Un conseiller d’Hercule avait recommandé au duc d’engager
plutôt Heinrich Isaac, lequel, plus sociable et surtout mieux disposé à négocier, coûterait nettement moins (120 ducats contre 200).
Le duc choisit cependant Josquin.

À Ferrare, Josquin a écrit une partie de ses compositions les plus célèbres, dont l’austère Miserere, influencé par Savonarola, qui fut l’un des motets les plus largement répandus du xvie siècle, le motet virtuose Virgo Salutiferi, complètement à l’opposé et sans doute la
Missa Hercules Dux Ferrariae, écrite sur un cantus firmus dérivé des lettres musicales au nom du duc.

Josquin ne resta pas longtemps à Ferrare. Une épidémie de peste lors de l’été 1503 amena le

duc et sa famille à évacuer la ville en même temps que les deux tiers des citoyens et

Josquin partit en avril de l’année suivante sans doute pour échapper aussi à la peste.
Son remplaçant Jacob Obrecht, mourut dans l’épidémie pendant l’été 1505 et fut remplacé en 1506 par Antoine Brumel qui resta à la chapelle jusqu’à sa dissolution en 1510.

Retraite à Condé-sur-l’Escaut

De Ferrare, Josquin retourna directement dans sa région d’origine de Condé-sur-l’Escaut, au sud-est de Lille sur la frontière actuelle entre la Belgique et la France, et devient, le 3 mai 1504, prévôt de l’église collégiale de Notre-Dame, un grand centre musical qu’il dirigea jusqu’à la fin de sa vie.

On ignore la réponse qu’il a pu faire au chapitre de la cathédrale de Bourges qui lui demandait d’assurer la maîtrise des enfants de ses chœur en 1508 : aucun registre ne mentionne son engagement en ce lieu ; la plupart des spécialistes présument qu’il est resté à Condé.

Pendant les deux dernières décennies de sa vie, la renommée de Josquin continua à se répandre à l’étranger. Les nouvelles techniques d’impression ont aidé à une plus large diffusion de sa musique. Josquin était en outre le compositeur préféré des premiers imprimeurs : l’une des premières publications d’Ottaviano Petrucci, qui est aussi l’impression la plus ancienne consacrée à la musique d’un simple compositeur qui nous soit parvenue, est un livre des messes de Josquin imprimé en 1502. Cette publication eut tellement de succès que Petrucci édita de nouveaux volumes des messes de Josquin en 1504 et
1514 et les ressortit plusieurs fois.

Sur son lit de mort Josquin demanda à être enregistré en tant qu’étranger pour que sa propriété ne passe pas aux seigneurs et aux dames de Condé. Ce mince témoignage a été utilisé pour démontrer qu’il était Français de naissance. Il a par ailleurs laissé un don pour que son dernier motet, Pater noster, Ave Maria, soit chanté lors du passage des processions devant sa maison, et qu’une hostie soit placée sur l’autel à la Viergé situé sur la place du marché.

Le Pater noster est peut-être sa dernière œuvre.

Mais écoutons la suite de cette merveilleuse Messe

http://www.youtube.com/watch?v=pbsOSE45ue4

http://www.youtube.com/watch?v=n4JDzre_W54

http://www.youtube.com/watch?v=057HSKNLIY8

A tous nous souhaitons un bon Dimanche !

Les Loupiots et tout l’ermitage


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