Bulletin de l’Ermitage

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Là où seule la musique permet d’aller (Nouvelle Serie)

ARMIDE de Lully (1686)

Les plus belles oeuvres lyriques

samedi 7 janvier 2012, par Nat et Nico

***REPOST suite à une censure inadmissible qui non seulement a détruit notre travail mais cherche à accaparer pour des raisons vénales une oeuvre qui fait partie du patrimoine public et du libre accès à la culture*** VIVE le NET LIBRE !

ou : http://youtu.be/0EyBYJYeocA

Prologue

La Gloire et la Sagesse vantent les mérites de Louis XIV, le « maître absolu de cent peuples divers ». Elles chantent la « douceur de ses lois » et ses « glorieux exploits ». Les deux allégories qui se « partagent son grand cœur » déclarent leur amour pour ce « sage roi ». Elles introduisent ensuite la tragédie qu’on donnera pour lui et « qui verra Renaud [...] voler là où la Gloire appelle son courage »

Acte I

On célèbre la victoire d’Armide sur les chevaliers croisés de Godefroy. Phénice et Sidonie, les confidentes de la magicienne, s’étonnent de la « sombre tristesse » de celle-ci. Armide leur confie que sa victoire est incomplète, puisqu’elle n’a pas pu triompher de « l’indomptable Renaud », le plus vaillant de tous ses ennemis. Partagé entre haine et admiration pour ce « funeste ennemi », Armide est obsédée par un songe affreux dans lequel elle voit Renaud vainqueur de tous ses charmes. Le sorcier Hidraot, roi de Damas et oncle d’Armide, félicite celle-ci de sa victoire et l’invite à se choisir un époux. Armide lui répond que « seul le vainqueur de Renaud, si quelqu’un le peut-être, sera digne d’elle ». Les peuples du Royaume de Damas célèbrent le triomphe d’Armide par des danses et des chants (« Suivons Armide et chantons sa victoire »). Ils sont interrompu par l’arrivée d’Aronte. Celui-ci, chargé de la conduite des prisonniers chrétiens annonce « qu’un guerrier indomptable les a délivré tous ». « C’est Renaud » s’écrie Armide. Hidraot et la magicienne crient alors vengeance (« Poursuivons jusqu’au trépas l’ennemi qui nous offense »).

Acte 2

Renaud, banni par Godefroy pour avoir tué « le fier Gernand », quitte le camp des chrétiens. Artémidore, un des chevaliers que celui-ci a libéré, le met en garde contre les enchantements d’Armide. Renaud affirme ne pas craindre « le pouvoir de ses yeux » et « mépriser le charme de l’amour ». De leur côté, Armide et Hidraot préparent un piège à Renaud. Ils invoquent, pour ce faire, des démons (« Esprits de haine et de rage »). Armide demande le privilège de frapper elle-même Renaud. Lorsque celui-ci paraît, il est charmé par le « séjour si charmant » qui l’entoure (« Plus j’observe ces lieux »). Sous l’effet de la magie, il s’endort sur le gazon. Pendant son sommeil, les créatures infernales d’Armide, sous l’aspect de naïades, nymphes, bergers et bergères, vantent les plaisirs de l’amour tandis qu’ils enchaînent le chevalier à l’aide de guirlandes de fleurs. Armide s’avance alors un dard à la main (Monologue : « Enfin, il est en ma puissance »). Prête à frapper Renaud, elle hésite, se ressaisit, mais ne peut se résoudre à tuer « ce superbe vainqueur » qu’elle admire tant. Décidée à le rendre amoureux par ses « enchantements », elle ordonnes aux démons, transformés en zéphirs, d’enlever Renaud et de les conduire tous deux « dans les plus reculés déserts ».

Acte 3

Armide désespère : malgré elle, elle aime Renaud mais celui-ci demeure indifférent à son amour (« Ah ! Si la liberté me doit être ravie »). Sidonie et Phénicie paraissent devant leur maîtresse et l’informent que ses enchantements ont eu raison de la froideur de Renaud et que celui-ci l’aime maintenant, à son tour. Pourtant Armide mesure comme son amour est différent de celui de Renaud et elle se résout à faire appel à la Haine afin de se débarrasser de cette passion honteuse (« Venez, venez, Haine implacable »). La Haine sort alors des enfers avec sa suite et entreprend, par un rituel, de briser et bruler les armes dont l’amour se sert (« Plus on connait l’amour, et plus on le déteste »). Mais, alors qu’elle s’apprête à arracher l’amour du sein d’Armide, la magicienne se libère de son emprise déclarant « qu’il n’est pas possible de lui ôter son amour sans lui arracher le cœur ». Armide chasse la Haine et celle-ci disparait en prédisant que l’amour causera la perte de la magicienne.

Acte 4

Ubalde et le Chevalier danois, envoyés délivrer Renaud, errent dans le désert. « Ubalde porte un bouclier de diamant et tient un sceptre d’or qui lui ont été donnés par un magicien pour dissiper les enchantements d’Armide ; Le Chevalier danois porte une épée qu’il doit présenter à Renaud. Soudain, une vapeur s’élève et se répand dans le désert. Des antres et des abimes s’ouvrent et il en sort des bêtes farouches ». À l’aide des artéfacts magiques, les deux chevaliers éloignent les infernales créatures. Le désert disparait alors et se change en « une campagne agréable, bordée d’arbres chargés de fruits et arrosée de ruisseaux ». Mais un péril encore plus redoutable attend les combattants : Lucinde, la dame des pensées du Chevalier danois apparait. Celui-ci, succombant à sa passion, reste sourd aux avertissements de son ami (« Est-ce là cette fermeté, dont vous vous-êtes tant vanté ? »). Ubalde touche alors Lucinde avec le sceptre d’or et ce qui n’était qu’un leurre disparait. Mais Mélisse, l’amande d’Ubalde s’avance et celui-ci s’abandonne à son tour à l’amour. Le Chevalier danois lui arrache des mains le sceptre et l’utilise pour faire disparaitre la chimère. Se ressaisissant, les deux chevaliers jurent de ne plus se détourner de leur but et de mener à bien leur mission (« Fuyons les douceurs dangereuses des illusions amoureuses »).

Acte 5

Renaud, sous l’effet de la magie d’Armide, brûle d’un amour passionné pour la magicienne (« Armide, vous m’allez quitter »). Celle-ci redoute pourtant la Gloire, sa rivale dans le cœur de Renaud. Après avoir échangé des promesses amoureuses avec son bien-aimé, elle décide de « consulter les enfers » et s’éloigne laissant Renaud en compagnie des Plaisirs. Un amant fortuné chante les vertus de l’amour (Passacaille : « Les Plaisirs ont choisi pour asile »), mais Renaud ne veut rien sinon le retour d’Armide (« Allez, allez, éloignez-vous de moi »). C’est alors que paraissent Ubalde et le Chevalier danois. À l’aide du bouclier de diamant, ils libèrent Renaud des enchantements d’Armide. Celui-ci, affranchi de son amour pour la magicienne s’apprête à partir lorsque Armide paraît. Celle-ci supplie Renaud de rester (« Renaud ! Ciel ! Ô mortelle peine ! »), mais malgré son désespoir, ses menaces, ses prières, Renaud s’éloigne (« Trop malheureuse Armide, hélas ! Que ton destin est déplorable »). Armide tombe et s’évanouit. Pleine de douleurs, elle se ressaisit et, maudissant Renaud (« Le perfide Renaud me fuit »), elle ordonne à ses démons de détruire son palais enchanté avant de s’enfuir sur un char volant

Armide (LWV 71) est la dernière tragédie en musique (en cinq actes et un prologue) terminée par Jean-Baptiste Lully. Elle fut composée en 1686 sur un livret de Philippe Quinault et est souvent considérée comme le chef-d’œuvre des deux artistes. Après Armide, Quinault renonce au théâtre et, un an plus tard, Lully décède de la gangrène

La représentation donnée ici au Chateau de Versailles est remarquable par sa mise en scène moderne

NAt et NICO


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