Bulletin de l’Ermitage

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Carême 2010

Méditation pour la quatrième semaine de Carême

dimanche 14 mars 2010, par frere francois, Jess

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*** Pour suivre il est conseillé de reprendre les méditations antérieures : première semaine, 2ème semaine, troisième semaine

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RACHEL : Dépêchez-vous, laissez-moi passer... Sommes-nous déjà en connexion ? Avons-nous l’antenne ?
Bonjour, JésusChrist...

JÉSUS : Bonjour Rachel... Pourquoi es-tu si nerveuse ?

RACHEL : Je suis nerveuse et vous êtes encore à moitié endormi.

JÉSUS : C’est que j’ai passé la nuit à converser avec une famille, ici, à Nazareth ... On m’a expliqué à quel point la vie est devenue difficile ici...

RACHEL : Alors réveillez-vous parce que vos derniers commentaires ont déclenché des réactions des plus vives. Parmi les nombreuses questions reçues, je choisis celle-ci : si le péché originel n’existe pas, pourquoi êtes-vous venu au monde ?

JÉsus : Et bien, je suis venu au monde... Parce que ma mère m’a mis au monde. C’est la même chose pour moi que pour l’ami qui pose la question.

RACHEL : Il se réfère sûrement à la rédemption ?

JÉSUS ; À quelle rédemption ?

RACHEL : Vous êtes le rédempteur du monde. L’agneau de Dieu qui a effacé le péché du monde.

JÉSUS : Un agneau, vraiment ? Écoute, Rachel, il fut un temps ou les gens pensaient que Dieu, là-bas dans le ciel, se fâchait et s’irritait de ce que nous faisions sur terre. Il envoyait alors des éclairs et des déluges ; il détruisait des tours ; il nous punissait avec du feu et du soufre. Il fallait calmer la colère de ce Dieu...

RACHEL : Et que faisait-on pour la calmer ?

JEsus : On raconte que dans quelques villages on en était arrivé à faire des sacrifices humains. Notre père Abraham pensait aussi qu’il devait sacrifier son fils Isaac. Mais, alors qu’il brandissait le couteau du sacrifice, Dieu l’a arrêté à temps.

RACHEL : Je m’imagine que Dieu abhorre les sacrifices humains.

JÉsus : Cela lui répugne. Après, les hommes ont pensé que, en sacrifiant des animaux, des agneaux, des chèvres, des colombes, ils apaiseraient sa colère. Le temple de Jérusalem était un abattoir où le sang coulait de tous les côtés.

RACHEL : Et cela plaisait-il à Dieu ?

JÉsus : Comment est-ce que cela lui aurait plu ? Dis-moi, Rachel, as-tu un petit animal dans ta maison ?

RACHEL : Dans ma maison ? Oui, les enfants ont un chien. Ils l’appellent Moch.

JÉsus : Et si, un jour, tu es fâchée contre eux, cela t’apaiserait-il que tes enfants tuent Moch ou égorgent le chat du voisin ?

RACHEL : Eh, ne dites pas cela...

JÉsus : Heureusement les prophètes sont intervenus. Par exemple, Osée a proclamé : « Dieu ne veut pas des sacrifices, mais bien la miséricorde ». Isaïe a dit : « Les sacrifices qui font plaisir à Dieu c’est de rompre le joug de l’injustice, de partager le pain, d’aider la veuve et l’orphelin. » Dieu n’a pas besoin de sang, Rachel. Dieu ne veut pas de sang.

RACHEL : Il ne veut pas non plus votre sang, Jésus-Christ ?

JÉsus :Mon sang ?

RACHEL :On nous a toujours enseigné que votre sacrifice sur la croix a été agréable à Dieu.

JÉsus : Ce que tu dis offense Dieu. Comment Dieu se sentirait-il heureux de voir couler du sang innocent ? Dieu est mon père. Il est aussi ton père. Comment un père en arriverait-il à vouloir que l’on tue ses petits ? Comment serait-il assoiffé de sang au
point d’en vouloir pour calmer sa colère ? Ce serait un monstre, pire que ce Moloch qui dévorait ses enfants.

RACHEL : Voyons les réactions des éditeurs. Allo ? ... Oui ?

UNE FEMME : Je suis fort déroutée par tout ce que j’entends dans votre programme. Tout ce que je veux, c’est que Jésus-Christ me dise une chose : qu’Il est venu pour nous sauver... Oui ou non ?

RACHEL : Que répondez-vous, Jésus-Christ ?

JÉsus : Bien sûr que oui. J’ai parlé du salut, j’ai proclamé le
salut.

LA FEMME : Le salut du péché... De nos péchés ?

JÉsus : Du péché, non ! Parce que chacun rendra compte à la vie , aux êtres, à l’Être de ce qu’il fait, du dommage qu’il fait à ses semblable, du dommage qu’il se fait à lui-même...

LA FEMME : Alors, de quoi est-ce que vous nous avez sauvés ?

JÉsus : De croire en ce Dieu sanguinaire. En vérité, je te le dis, Dieu est tout autre. ...quand au salut chacun le possède en étant soi !

RACHEL : Voici, mon amie... Une autre question ? M’entendez vous, amie ? Je ne sais si vous avez raccroché le téléphone, ou si vous êtes muette... Maintenant nous aurons une pause commerciale et, dans quelques minutes, nous continuerons avec un autre thème brûlant que vous, auditeurs des « Émissions latines », n’imaginez même pas... Depuis Nazareth, Rachel Pérez.

(...)

JÈsus : Attends une minute, Rachel ; je voudrais discuter avec cette dame qui vend des sandales de bon cuir... Les miennes sont usées à force d’aller et venir tous ces jours-ci.

RACHEL : Laissez cela pour un autre moment, Jésus-Christ. Nous venons de recevoir une protestation venant des radios catholiques. Elle provient d’un programme intitulé « Légendes noires ».

JÈsus : Légendes noires ?

RACHEL : Oui, c’est un terme raciste, mais...

JÈsus : Est-ce que cela a quelque chose à voir avec le fait que je
sois noir ?

RACHEL :Non, non, mais... Il vaut mieux que je vous explique
cela plus tard.

JÉsus : Et que disent ces catholiques ?

RACHEL :Que tout ce que nous avons diffusé dans les derniers programmes, ce sont des bobards, une infamie, et des calomnies diffusées par les ennemis de l’Église... Sommes-nous toujours sur antenne ? Oui ? Allo ?

UNE DAME :Comment est-il possible que ce charlatan qui se fait passer pour Jésus-Christ continue d’émettre sur votre radio ?

RACHEL : Mais, Madame...

UNE AUTRE DAME : Et vous, Mme la journaliste, combien est-ce que l’on vous paie ? Et combien reçoivent ceux qui ont écrit ces programmes ?

RACHEL : Ce qui se passe, c’est que...

UNE DAME : Ce sont des gens qui ont un compte à régler avec l’Église. Nous savons qui ils sont : ce sont les mêmes que ceux qui
ont écrit cette fumisterie intitulée « Un certain Jésus ». Mais ils peuvent être sûrs que, cette fois-ci, ils n’en sortiront pas si facilement.

RACHEL : On remarquera que cette dame est très « chrétienne »... Un autre appel téléphonique... Oui... plaît-il ?

UN PRÊTRE : C’est un prêtre catholique qui vous parle. Bien des choses que vous avez dites et dénoncées, je les connaissais et jE suis d’accord avec vous. Mais ce déballage ne me semble guère... opportun. Que cherchez-vous en diffusant tout cela à la radio Que voulez-vous ? Salir l’Église ? Est-ce que vous contribue2 d’une manière ou d’une autre à la foi du peuple ? Est-ce une cri tique constructive ?

JÉsus : Dis-lui qu’il y a un temps pour planter et un temps pou récolter.

LE PRÊTRE : Que l’Église est pécheresse, nous le savions ! Mais nous savons aussi qu’elle est sainte. « La courtisane chaste », disait-on. Que l’Église a commis des erreurs ? C’est évident. Toutes les institutions en font. Mais on lave son linge sale en famille.

JÉsus : Dis-lui que, si les draps sont sales, on les lave en public Ce qu’on a fait dans l’obscurité, il faut le dire à la lumière du jour Parce que c’est seulement la vérité qui nous rendra libres.

LE PRÊTRE : Tout compte fait, je prierai pour vous. Que Dieu vous pardonne. Qu’il pardonne aussi à ce Jésus-Christ.

JÉsus : Ainsi soit-il.

RACHEL : Nous avons un nouvel appel téléphonique... Mais cette fois-ci, Jésus-Christ, répondez vous-même, parce que mes oreilles en ont assez entendu...

UNE GRAND-MÈRE : Bonjour. Je voudrais parler avec Jésus Christ...

JÉsus : Mais c’est lui qui vous parle...

LA GRAND-MÈRE : Vous êtes Jésus-Christ ?

JÉsus :Et vous, vous avez déjà quelques années, n’est-ce pas

LA GRAND-MÈRE : 87 années, mon fils. Et tous mes vieux os me font mal.

JÈsus : Elle parle comme ma grand-mère Anne, qu’elle repose en paix.

LA GRAND-MÈRE : Je ne téléphone pas pour insulter, JésusChrist, mais pour pleurer.

JÉsus : Et pourquoi veux-tu pleurer, grand-mère ?

LA GRAND-MÈRE : Je t’ai écouté, jeune homme et... Et je crois que tu as raison... Ce que tu dis est la vérité pure... Cependant tu ne m’as pas donné la paix, mais le glaive. Reste que mon coeur est percé...

JÉsus : Comme celui de ma mère, quand je suis allé au Jourdain et que j’ai commencé à proclamer le royaume de Dieu...

LA GRAND-MÈRE : Je vivais tranquillement avec mon chapelet, mes saints, et mes chandelles... Et maintenant, en t’entendant, je ne sais plus que penser...

JÉsus : Penser fait souffrir.

LA GRAND-MÈRE : Et ma foi, que me reste-t-il de ma foi, maintenant que je sais tout ça ?

JÉsus : Il te reste l’amitié, grand-mère. Et l’espérance. Dieu sera toujours avec toi. De même, il a toujours été avec moi. En vérité, je te le dis : quand tu te reposeras, tu seras avec moi dans l’ailleurs.

RACHEL : Il nous faut couper la communication, Jésus-Christ. Au revoir, grand-mère. On nous cherche. La police israélienne dit que vous êtes un danger pour la sécurité nationale.

JÈsus : Alors, secouons la poussière de nos sandales, Rachel. À Jérusalem, on tue les prophètes. Je te le dis d’expérience. Allons plutôt dans mon pays, la Galilée. Là, nous pourrons continuer à échanger pendant le peu de temps qui me reste.

RACHEL : Comment ? Vous partez déjà ?

JÉsus : Bientôt, Rachel. Il est temps.

RACHEL : Alors je quitte l’antenne aussi. Ici, Rachel Pérez,« Émissions latines ».

(...)

RACHEL : Le soir tombe en Galilée. Après la pluie qui a lavé l’air, un arc-en-ciel est apparu d’un côté du ciel à l’autre. Près de moi, se trouve Jésus, celui de Nazareth . Selon mes informations, il va déclarer terminée sa seconde venue sur la terre. Voulez-vous saluer notre audience, Monsieur Jésus ?

JEsus : Bien volontiers, Rachel. La paix soit avec tous mes frères, et très spécialement aujourd’hui, avec mes soeurs, les femmes.

RACHEL : Pourquoi ce « spécialement » ? JEsus : À cause de ce que je vais te dire.

RACHEL : Pendant que, il y a quelques jours, nous cheminions vers Magdala en bavardant, vous m’avez donné une indication sur ce que serait le dernier interview.

JEsus : Oui, j’ai une bonne nouvelle qui apportera de la joie à tous ceux qui écoutent.

RACHEL :Eh bien... Nos micros sont à vous.

JÉsus : Tu vois cette vallée, Rachel ? Les champs sont déjà prêts pour la moisson. Il a plu suffisamment. Ce que je vais te dire aujourd’hui rencontrera pourtant encore beaucoup d’oreilles fermées.

RACHEL : Pourquoi un tel mystère ?

JEsus : Parce que je vais te parler de Dieu.

RACHEL : Mais nous en avons parlé dans tous ces entretiens,
non ?

JÉSUS : Comment imagines-tu ce Dieu dont nous avons parlé ?

RACHEL : Je ne sais pas...

JEsus : Pendant longtemps, Rachel, quand nous parlions à Dieu, quand nous le priions, nous l’imaginions comme un roi puissant... comme un homme adulte.., avec une barbe blanche...

RACHEL : Et ce n’est pas ainsi qu’il est ?

JÉSUS : Dieu n’est pas mâle, Rachel.

RACHEL : Que dites-vous ?

JÉSUS : Que Dieu n’est pas masculin.

RACHEL : Pourriez-vous mieux vous expliquer ? Je ne
comprends pas ce que vous voulez dire...

JÉSUS : De mon temps, je ne comprenais pas non plus. Je ne pouvais le Comprendre. Je priais : Abba, notre père... Je n’ai jamais prié : Imma, notre mère... Je ne la connaissais pas... et maintenant mes yeux l’ont vue.

RACHEL : Et qu’est-ce que vous avez vu, jésus ? Racontez-le nous.

JÉSUS : C’est une très belle histoire que nous avions oubliée...

UNE FEMME :Pendant des siècles et des siècles, pour tous les peuples de la Terre, Dieu fut une mère. On adorait la Grande Déesse, celle qui donne la vie, celle de qui tout est né et vers qui tout retourne. La Déesse Mère voyait les choses à partir de la Lune. Elle croissait et mourait à travers les nuits, pour ensuite ressusciter dans sa splendeur.
Pendant des siècles des siècles, c’est à elle qu’ appartenaient les animaux et la végétation verdoyante qui couvre le monde. À elle appartenait la fête, à elle appartenait la danse, à elle appartenait la joie.
Durant des siècles et des siècles, pour tous les peuples de la Terre, Dieu fut femme. Puis vint le temps des cupidités et des dieux guerriers. lis imposèrent la crainte et exigèrent des sacrifices. Ils supplantèrent la Déesse Mère. Ils voulurent la tuer. Et aujourd’hui encore, ces
Dieux mâles ont le pouvoir dans les cieux.

Rachel : Mais le Dieu que vous prêchiez, Jésus, voici 2000 ans, est un Dieu d’amitié et de compassion .

Jésus : Oui, ce fut un bon père. Mais finalement, il était mâle. Et voici qu’aujourd’hui nous comprenons le dommage : quand on voit Dieu comme un mâle, les mâles se voient eux-mêmes comme des dieux. Ils ordonnent, ils décident, ils font des guerres. Crois-moi, Rachel : un autre Dieu est possible. Le Dieu dont nous avons parlé tous ces jours n’est ni un roi, ni un juge, ni un vieillard à barbe.

RACHEL : Alors... Dieu est-il femme ? Est-ce cela que vous voulez nous dire ?

JEsus : Dieu n’est ni homme ni femme. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Quel nom lui donner ?Quelle parole sera juste pour en parler ? Mais l’heure vient, et nous y sommes, en laquelle sa tendresse de mère resplendira à nouveau.

RACHEL : Et tout cela... Pourquoi me le dites-vous, à moi ?

JÉsus : Parce que tu peux le comprendre. Il y a 2000 ans, ce sont les femmes qui ont annoncé la bonne nouvelle que j’étais vivant . Maintenant, c’est à vous qu’il revient d’annoncer la bonne nouvelle : Dieu a un visage de femme.

RACHEL :Mais je... Attendez...

JEsus : Que fais-tu, Rachel ?

RACHEL : Rien, me donner des claques, me pincer, me
réveiller...

JEsus :Te réveiller ?

RACHEL : Je ne sais pas. Peut-être suis-je en train de rêver ? Peut-être n’êtes-vous jamais venu, ni parti, ni revenu. Peut-être n’ai-je jamais parlé avec vous, ni vous avec moi. Et peut-être, ces jours-ci n’ont-ils été qu’un jeu de miroirs.

JEsus : Pourquoi me dis-tu cela ?
Dieu est-il masculin mâle ?

RACHEL : Parce que ce que vous me dites maintenant, de
même que tout ce que vous m’avez raconté dans ces entretiens, est... est trop joyeux pour être vrai.

JEsus : C’est la même chose que pensait Marie quand elle revenait du tombeau... Je m’en vais, Rachel. Reçois dans tes mains cette perle précieuse et passe-la.

RACHEL :La passer ?

JÉsus : Oui, passe-la à tes auditeurs.

RACHEL : Je le ferai... Adieu, Maître. Maintenant, vous me laissez vous appeler ainsi ?

JÉsus :Adieu, Rachel !... Peut-être nous verrons-nous lors de ma troisième venue ? Adieu !

RACHEL : J’ai couvert pour vous les journées historiques de la
seconde venue de Jésus-Christ sur la terre. Rachel Pérez. « Émissions latines ».

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Deuxième niveau

On rencontre sur terre ...une multitude de personnages semblables à ceux qui peuplent les planètes visitées par le petit prince...
des gens morts à la vie de l’esprit

L’existence de ces hommes n’a pas beaucoup de sens : aveuglés par le pouvoir qu’ils pensent détenir, ils ne voient dans les autres que des objets,
égocentriques, réduits à la matérialité de leur être,
aliénés par ce qu’ils croient posséder,
enfermés dans leurs habitudes,
coupés de la réalité par leur pensée intellectualiste.

...et il n’y a plus guère d’allumeurs de réverbères....

On peut imaginer l’effet splendide produit par les mouvements réglés d’une armée d’allumeurs de réverbères dans une harmonie semblable à celle d’un ballet d’opéra ,
spectacle grandiose qui évoque l’espoir au moment de se reconstruire pour retrouver de vraies valeurs,
espoir de voir se former une société d’hommes collaborant à une œuvre commune qui les dépasserait et par laquelle ils échangeraient

encore faut-ils qu’ils aient un idéal ....

or de nos jours....

pour ça il est nécessaire de prendre conscience de la place que nous occupons sur terre et dans l’univers,
de notre place dans l’évolution des êtres...
de nos intrications-dépendances avec eux

Seule l’humilité nous prémunit contre tout ce dont nous avons pris conscience au cours de l’odyssée planétaire et nous interdit d’être comme ces "grandes personnes" qui s’imaginent aussi importantes que des baobabs dont les racines nous étreignent et nous étouffent.

Il est inutile de vouloir convaincre "les grands" en employant leur langage où tout est réduit à des symboles et à des abstractions ;
de recourir à des démonstrations scientifiques, sous le prétexte qu’elles ne peuvent rien comprendre d’autre.
Seuls les actes motivés par l’amitié et l’exemplarité de l’engagement vers la réalité de notre être peuvent les changer, les convaincre, les convertir

L’homme n’est pas réductible à un simple mot, mais doit être reconnu dans tous les êtres dont il est responsable.

Il ne s’agit pas de vouloir connaître
l’homme dans ses différences superficielles , mais d’aller à la rencontre de l’homme dans ses "fondamentaux",
de tous les hommes au-delà de tout ce qui peut les nier ou nous en séparer.

Il ne s’agit pas de discourir sur la liberté, mais de susciter des hommes libres.

Il ne s’agit pas d’imaginer telle ou telle forme de bonheur, mais de permettre à tous les hommes d’être heureux là où ils sont.

Il ne s’agit pas de concevoir la beauté, mais de révéler la beauté des choses.

À trop vouloir définir les essences au lieu de favoriser les existences, on ne montre que la vanité et le vide du cœur,
on refuse de vivre et de mourir, car on ne meurt ni ne vit par des mots.

et c’est bien là le mal de l’occident : le gargarisme de mots , d’idées, d’opinions ...et non leur mise en oeuvre ...et plus horrible parfois leur détournement en toute bonne conscience....( hypocrisie parfois inconsciente)

Le petit prince et le pilote se retrouvent dans le désert, mais ce n’est plus seulement le désert qui résulte du doute, qui nous renvoie à nous-mêmes, dont la confrontation nous installe dans la méditation.
C’est un lieu sans vie et sans eau, un lieu de ’épreuve, de révélation et de conversion.
Un lieu transitoire qu’il faut transcender, dépasser, pour atteindre la réalité et la vérité de l’être,
pour aller au-delà de ce que l’on croit savoir de soi même.

Tel le grain de sable dans la dune, la vérité de notre être est enfouie dans cette immensité où nous devons la chercher.

Se connaître soi-même, c’est marcher dans le désert pour prendre conscience que toute expérience, si elle part de l’individu, n’a d’intérêt que si elle débouche sur du collectif, sur la communauté des hommes.

Le désert en est une étape essentielle

Revenu sur Terre, auprès du pilote qui a retrouvé son esprit d’enfance, le petit prince doute et craint de s’être trompé de planète.
Il se demande si les étoiles sont éclairées afin que chacun puisse, un jour, retrouver la sienne
évoque le problème qui est à l’origine de sa démarche, les difficultés qui l’empêchaient de comprendre sa rose et de l’aimer, un problème aggravé parce qu’on est seul aussi chez les hommes.

C’est alors la rencontre avec le serpent, la rencontre de deux êtres qui, tout de suite, s’écoutent et se répondent, qui se témoignent une certaine forme d’affection, qui se comprennent à demi mot et veulent s’aider, alors que dans la vie courante, comme dans les mythes et les légendes, le serpent est une menace pour l’homme, une figure du mal. ...et de la mort
une manière de résoudre les problèmes en refusant de vivre...

on nait seul...on meurt seul....

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Au petit prince qui cherche les hommes la fleur répond que l’on ne sait jamais où les trouver et qu’ils manquent de racines :il faut aller à leur rencontre

La rencontre avec la fleur est l’un de ces événements contingents, apparemment sans importance, mais qui nous révèlent une vérité : ici la nécessité de l’enracinement, c’est-à-dire la référence à tout ce à partir de quoi s’élabore le sens des choses : le pays, l’enfance, le groupe ou la communauté, le métier où l’on crée quelque chose dans la collaboration, les rites.
Il s’exprime par la formule « je suis de... », je suis de cette civilisation qui m’a éduqué, instruit, moralisé, humanisé en me donnant accès à l’héritage des générations passées.

Et oui la planète des hommes n’est pas cette belle planète bleue que l’on admire de loin ... mais est toute sèche, pointue et salée, et les hommes ne font que répéter ce qu’on leur dit, absents d’eux-mêmes.
Ils sont comme était le pilote avant l’expérience métaphysique qu’il est en train de vivre.

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Avec le souvenir de sa rose, le petit prince prend conscience de ce qui permet de sortir du désert et d’échapper à la pensée aliénée : il faut parler le premier, sans attendre que l’on nous dise ce que l’on doit dire.
Il faut penser de sa propre pensée et aller à la rencontre des autres, les rejoindre par la parole, une parole capable de dire ce à travers quoi on communique et collabore, de nous donner la possibilité de nous rejoindre au-delà de ce qui nous différencie et nous oppose.

L’écho, c’est le discours des hommes qui perd son sens et sa signification, un discours conventionnel et stéréotypé d’où le sujet pensant s’est absenté, qui ne dit rien de ce qui pourrait permettre de nouer des liens, de se rejoindre dans une pensée partagée, un vent de paroles.

Pour entendre et comprendre les hommes, il faut savoir d’où ils parlent et connaître les actes qui fondent leur discours.

Au terme de sa méditation avec le petit prince le pilote après avoir marché longtemps à travers les sables et les rocs, arrive aux confins du désert ...

Au terme de l’effort qu’il a fait pour se reconstruire, pour découvrir celui qu’il est et qu’il va devoir faire exister, il découvre une route et les routes vont toutes chez les hommes.

S’étant délivré de tout ce qui, comme pour les habitants des planètes, l’empêchait de s’ouvrir au monde et d’aller vers les autres, il va pouvoir les rencontrer

Après le serpent, la fleur et l’écho le petit prince arrive dans un jardin fleuri de roses. Si elles ressemblent toutes à sa fleur, c’est que tous les hommes sont semblables lorsqu’on
n’a pas pris le temps de les apprivoiser,
de recevoir ce que peut nous révéler leur point de vue, de découvrir ce qu’ils peuvent nous apprendre sur eux même...sur nous-mêmes sur l’être et la vie

Jadis si sa rose lui paraissait ordinaire, c’est qu’il n’avait pas compris qu’elle avait cherché à l’apprivoiser malgré la maladresse de ses exigences. Cet égoïsme apparent l’avait fait s’éloigner d’elle.
Il comprend qu’il en était resté aux apparences et pleure d’avoir perdu ce qui lui paraissait pourtant être un amour privilégié puisqu’il se croyait riche d’une fleur unique.

un moment qui passe mais dont on ressort enrichi...

Dans ce moment de grande tristesse et de solitude pour le petit prince apparaît le renard...
révélateur souvent ou entremetteur comme le dieu Inari au Japon...

Aller à la rencontre des autres personnes trouver ce qu’ils cherchent. ...entrer en "synchronisation voire en communion nécessite un apprivoisement

« C’est une chose trop oubliée..., ça signifie créer des liens. »

et on devient responsable aussi de ce que l’on apprivoise

l’apprivoisement n’est rien d’autre que cette disponibilité qui nous permet d’aller à la rencontre des autres, au-delà des préjugés et des apparences,
cette ouverture d’esprit qui a besoin de temps pour recevoir et comprendre.

il va falloir apprivoiser, créer des liens.

Pour ceux qui sont semblables à tous les autres, qui n’ont pas besoin les uns des autres, apprivoiser, c’est se rendre unique pour un autre, c’est aller au-devant de cet autre selon des rites et des coutumes qui favorisent la rencontre et aident à être ensemble.

L’apprivoisement nécessite le respect

L’apprivoisement, c’est ce qui ensoleille la vie, ce qui fait sortir du repliement sur soi, ce qui fait que l’on retrouve l’autre dans tout ce qui compose l’existence comme, par exemple, le bruit des pas qui, comme une musique, nous annonce la présence et nous habille le cœur,
ou l’or des blés qui évoque la couleur d’une chevelure.

Le petit prince qui commençait à comprendre n’est pas encore parfaitement converti puisque, s’il veut bien apprivoiser le renard, il prétexte qu’il n’a pas beaucoup de temps... et qu’il a des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître pour différer sa réponse,(les excuses habituelles quand on veut s’enfuir...)
ce qui montre qu’il n’a pas encore la volonté de s’arracher du personnage où il s’était laissé enfermer, de vivre authentiquement une existence librement choisie qui le rendra présent au monde tout en s’ouvrant à l’amitié de ceux qui croiseront sa route.

Alors le renard redit ce qui est important, ce qu’il faut comprendre pour sortir de la solitude :

l’on ne connaît que les choses que l’on apprivoise.

Mais les hommes n’ont plus le temps de rien connaître, ils ne prennent plus le temps de s’approcher, de créer, d’aimer,
ils achètent des choses toutes faites.
Ils ne savent plus être patients, attendre en silence parce que le langage est source de malentendus,
se soumettre à des rites qui favorisent les rencontres.

l’« on ne voit bien qu’avec le cœur », et« l’essentiel est invisible pour les yeux »,
c’est le temps perdu pour la personne que l’on côtoie qui la rend importante, que l’on devient responsable pour toujours de ceux que l’on a apprivoisés.

même si c’est un renard dont on se méfie....

Au terme de la méditation qu’il a conduite avec l’aide de l’esprit d’enfance retrouvé,
après l’analyse qui lui a permis de prendre conscience de tout ce qui l’empêchait de connaître les choses et d’avoir des relations, le pilote rejoint Descartes dans la lente découverte de son être profond et dans sa conquête de la vérité lorsqu’il place la générosité au fondement de ce qu’il veut partager avec les autres pour bien conduire sa vie,
affirme que l’essentiel est au-delà du sensible,
se persuade qu’il faut prendre son temps pour éviter les erreurs et les fautes qui nous privent du vrai sens des choses, nous opposent les uns aux autres,
et soutient que l’on est absolument responsable de la connaissance que l’on s’est donnée du monde et des hommes.

Pourquoi les hommes sont-ils morts à la vie de l’esprit ?
Parce qu’ils sont prisonniers d’une civilisation matérialiste, d’une civilisation dont les progrès organisent les moyens de se fuir et créent de fausses valeurs, des artifices et des ersatz.

Pour affermir ce qu’il vient de comprendre, avant de revenir sur sa planète et y vivre une existence authentique, de renaître à lui-même, il faut que son regard d’enfant le confronte à ce qui demeure une menace puisque le monde où il va devoir poursuivre son existence n’a pas changé.

Il faut que le pilote assiste à une scène révélant toute la misère des hommes incapables d’être heureux là où ils sont, qu’aucun projet n’oriente,

qui se fuient, qui ignorent ce qu’ils cherchent et ne savent pas prendre le temps nécessaire à l’apprivoisement.

Il faut aussi que le petit prince soit confronté aux ersatz, aux artifices, aux marchandises qui enlèvent la soif et font que l’on n’éprouve plus le besoin de vie spirituelle,
que l’on devienne semblable à ces réfugiés’ que l’on a parqués dans un camp comme du bétail à l’engrais, qui avaient oublié que l’homme n’est que voie et passage et qu’il ne peut réellement vivre que de ce qu’il transforme et contre quoi il s’échange ;
réfugiés qui ne savent plus perdre du temps pour des choses essentielles, celles que nous oublions lorsque, comme Ève au jardin d’Éden, nous nous laissons séduire par les illusions de notre désir plutôt que de nous accepter tels que nous sommes et de nous acheminer vers tout ce qui, dans le réel, peut donner un sens à l’existence.

Après tout, personne ne nous chasse du jardin d’Éden que nous-mêmes lorsque nous sommes emportés par notre volonté de puissance, aveuglés par l’illusion de pouvoir maîtriser et posséder le monde et par la conviction que l’on ne peut vivre avec les autres qu’en les asservissant.

La civilisation matérialiste ne peut pas étancher la soif de vie authentique que fait naître en nous la découverte de ce que nous sommes vraiment.
Elle nous aliène dans une consommation qui répond à nos désirs plus qu’à nos besoins, en oubliant le réel.
Elle nous pousse à vivre sur le mode de l’avoir ou du paraître plutôt que sur celui de l’être et du partage.
Elle ne voit que l’usage obnubilé par le surplus et le superflu et oublie de faire valoir le beau, le vrai, le juste et le bien.

Ils sont au huitième jour de la panne dans le
désert,
de la suspension du jugement,
de la méditation qui a permis au pilote de se libérer de son aliénation,
de se retrouver en accueillant l’enfant qu’il était,
d’éprouver le besoin de marcher tout doucement vers une fontaine.

Même si le petit prince ne comprend pas le raisonnement du pilote et si le pilote ne comprend pas les réponses du petit prince (ce qui montre que le débat intérieur se poursuit dans la conscience du pilote), tous les deux se rejoignent dans le silence polarisé par les lignes de force : l’amitié qui éclaire l’existence, les nourritures spirituelles, les étoiles qui sont belles à cause d’une fleur que l’on ne voit pas et dont on est responsable.

Après le doute, dans le désert où il poursuit sa méditation, le pilote a l’intuition de ce qui embellit la vie, de l’essentiel dissimulé où il pourra puiser les vraies raisons de vivre.
Dans l’espace de leur dialogue, le pilote et l’enfant se rejoignent et le pilote comprend que ce qui fait la beauté de la maison, des étoiles et du désert, c’est l’invisible qui s’y cache et que l’amitié lui fera découvrir.

Et l’enfant est heureux de voir que l’adulte a compris la leçon du renard.

Ce qui émeut le pilote portant le petit prince endormi dans ses bras [1], c’est de comprendre que
le plus important est invisible, caché sous l’écorce,
et c’est aussi sa fidélité à la fleur qu’il aime au delà de tout ce qui menace leur relation.

Ayant marché toute la nuit en portant l’enfant endormi, au matin du neuvième jour, le pilote découvre le puits qu’il a longtemps cherché avec le petit prince.

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Et ce dernier lui rappelle que les hommes ne savent pas ce qu’ils cherchent, laissant entendre qu’il a su entraîner le pilote dans un cheminement initiatique où, avec l’évocation de ses étapes dans les planètes, il l’a aidé à découvrir les objets qui rayonnent, comme le puits dans le désert, l’invisible beauté,
l’imperceptible pour les yeux, mais qui touche le cœur, embellit le monde et révèle le nœud qui noue les choses.

Le puits qu’ils ont atteint ne ressemble pas à un puits saharien, mais à un puits de village, au puits que l’on peut voir près du château où le pilote a vécu les vacances de son enfance, un puits qu’ils ont réveillé et qui chante. [2]

L’enfant a soif de
cette eau-là et le pilote comprend ce qu’il cherchait.
Alors, le pilote soulève le seau jusqu’aux lèvres de l’enfant qui boit dans le recueillement cette eau née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de ses bras, cette eau qui est un cadeau pour le cœur.

Et le petit prince redit son étonnement de voir les hommes cultiver des milliers de roses dans un même jardin et être incapables d’y trouver ce qu’ils cherchent parce que leurs yeux sont aveugles et qu’ils ne savent pas chercher avec leur cœur, alors qu’ils pourraient le trouver dans une seule rose et un peu d’eau.

Le puits a été atteint au terme d’un long cheminement.
C’est un lieu essentiel où l’on puise la vérité des choses
C’est le lieu où l’on se réunit pour boire ensemble, où l’on peut prendre le temps de communiquer ; le lieu où l’on puise l’eau qui symbolise la vie spirituelle, la purification et le renouveau ;
le lieu où importe peu l’imperfection des dessins parce que les enfants savent voir ce qui se dissimule derrière les apparences ; le lieu où l’on comprend enfin ce qui peut donner un sens à l’existence.

Maintenant, le pilote doit repartir vers sa machine, reprendre son existence un moment
suspendue au profit de la méditation, éclairée par le regard de l’enfance retrouvée, par laquelle il a découvert les choses essentielles.

Le pilote a bu l’eau du puits. Il respire et éprouve le bonheur de vivre dans un monde dont la beauté lui a été révélée, d’avoir retrouvé les lignes de force qui aident à donner un sens à l’existence.
Et le petit prince lui rappelle la promesse qu’il lui avait faite de lui donner les moyens de protéger la rose dont il est responsable, ce qui est une manière de lui rappeler sa responsabilité à l’égard de ceux qu’il aime.

C’est la fin de la méditation, du périple initiatique.

Maintenant la vie a retrouvé un sens, tout a une signification.
L’esprit a triomphé de la matière.
Le pilote a fait mourir en lui le vieil homme qu’il était pour renaître à la vie de l’esprit.
Ce n’est plus le corps travaillé par les passions qui commande, mais l’esprit, l’intelligence éclairée par l’amitié.

Comme le préconise Descartes dans ses Méditations, Saint-Ex nous demande, en quelque sorte, de revenir à notre enfance pour, aidés par la raison éclairée par l’amitié, tout reconstruire sur un fond qui n’est qu’à nous.

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3ème niveau

Comme l’aviateur St Ex le marcheur de l’existence paradoxalement trouve sa justesse, sa force et son espérance dans l’acceptation du manque.
Dans la Bible pour sortir son peuple de l’esclavage, Dieu le
conduit au désert.
Dans ce lieu où tout manque, le peuple reçoit une nourriture, la manne. donnée chaque jour mais qui se corrompt dès que l’on tente d’en faire provision pour le lendemain. Elle reste mystérieuse jusque dans son nom même qui signifie « qu’est-ce que c’est ? »’.

Cette situation où rien ne peut être maîtrisé est l’image du manque et, partant, de la condition fondamentale de toute transformation humaine.
Les trois « conseils évangéliques » de pauvreté, chasteté et obéissance se présentent comme la transposition quasi parfaite de ce passage biblique.
Ils invitent à renoncer à utiliser les objets matériels, les êtres humains et les envies immédiates pour remplir le vide intérieur.

Seule l’obéissance à un cadre ou encore plus à une structure est à rejeter comme une entrave à l’être, une entrave à la liberté. Tout au plus peut-elle se concevoir que comme respect de l’autre...

Non seulement les religieux, mais aussi tous les croyants sont appelés à ce dépouillement, attitude spirituelle de consentement au manque, comme condition de la rencontre de soi-même, des autres et de l’Être .

La pauvreté, en tant que vertu, consiste à vivre avec peu de choses et à savoir se passer du nécessaire, éventuellement. Elle exprime matériellement l’acceptation du manque et oriente constamment ses « disciples » vers l’être plutôt que vers l’avoir.
Elle enseigne le nécessaire consentement au manque dans le domaine de l’avoir, pour développer la disponibilité à la beauté de l’être des choses.
Elle crée un espace entre soi et l’objet matériel.
Celui-ci n’est plus considéré comme un simple « consommable » mais comme l’objet d’une relation. Il peut alors apparaître tel qu’en lui-même à celui qui le contemple.
La pauvreté ouvre la voie à l’émerveillement et à la reconnaissance. Dans le même mouvement, elle donne la possibilité de transmettre et de partager.

Dans son sens le plus évident, la pauvreté s’adresse à la possession d’objets matériels mais elle concerne également tous les « objets ». Elle a un rôle particulier à jouer dans le rapport aux objets du savoir et dans la naissance de la pensée.

La pauvreté soutient, au cœur même du travail de la réflexion, le manque, cette incomplétude nécessaire pour exercer personnellement son intelligence, au lieu d’y substituer des connaissances et des croyances organisées en système totalisant. C’est cette dimension qui est choisie ici, pour montrer comment la pauvreté déploie la fécondité du manque.
Les objets du savoir peuvent eux aussi être abordés sur le mode de la consommation. Nous pouvons accumuler des connaissances comme on accumule de l’argent ou des bibelots. Cette occupation de l’espace mental procure un effet rassurant mais il n’est pas rare qu’elle étouffe la pensée personnelle.

La pauvreté dans notre rapport au savoir est la condition sine qua non de l’émergence de la pensée, qui consiste à interroger sans cesse la réalité et à juger par soi-même. Ce labeur suppose de ne rien considérer comme acquis ou comme évident. L’essence même de la pensée est liée à cette ouverture perpétuelle sur de nouvelles compréhensions. Dès que l’objet de la pensée apparaît comme entièrement connu (d’ailleurs, le plus souvent, de façon illusoire), la pensée est menacée de s’affaiblir et fait place à une sorte de maniement des connaissances.

Même lorsque cet exercice n’est pas un simple exposé de notions savantes mais utilise force raisonnements pour les mettre en valeur, il ne renvoie que partiellement à la pensée. En effet la pensée n’est pas seulement une articulation de choses connues pour éprouver davantage la jubilation épistémologique. Elle est avant tout une confrontation avec la complexité, dans l’inconfort de l’insu et du mystère. Elle construit des cartes pour se diriger dans le territoire de la réalité, qui demeure toujours en partie terra incognita ; aussi ne prétend-elle jamais dire le tout de la réalité. Elle opère dans une certaine souffrance, liée au manque de certitudes définitives et liée au respect des questions toujours ouvertes.

Si la pensée est propre à chacun, si elle est individuelle et individuante, elle n’en suscite pas
moins la pensée d’autrui et nourrit le dialogue dans la différenciation. Cependant, contrairement au corpus de connaissances et de convictions partagé par un groupe, elle ne permet pas la communion autour d’une même doctrine, encore moins la fusion identitaire dans une idéologie. Elle vient du fond de soi et porte la marque de la singularité du penseur.
De ce fait, elle souligne la solitude existentielle de l’être humain. Elle peut conduire à l’isolement. Il ne faut pas compter sur elle pour éprouver le confort de l’appartenance groupale et le dynamisme du discours militant.

La liberté se profile dans la cassure de la bonne conscience. Notre singularité et son expression, la liberté, se forment dans la distance avec les valeurs établies, ce qui ne signifie pas un rejet de ces valeurs mais bien leur appropriation passant par le creuset de la conscience, dans l’intime de chacun.

La vraie conscience suppose de renoncer à la sécurité facile et fabriquée que donne la satisfaction d’être conforme aux règles. La conscience morale, fine pointe de la pensée, est une instance qui nous permet de juger de ce qui est adéquat. Elle utilise les principes moraux non pour les appliquer mécaniquement mais pour penser ce qui est bon.

Refuser les réponses toutes faites, accepter l’éventuel risque de se tromper, écouter les enseignements afin de ne pas rester dans
l’ignorance coupable, former sa conscience, forment un quadriptyque indispensable pour être capable d’agir et de s’engager en tant que sujet.

Le risque est grand de s’enfermer dans un système clos, donnant l’illusion de répondre à toutes les questions, à l’instar des pharisiens, remis en cause si souvent dans les évangiles, qui pourtant étaient experts de la Torah et animés d’une sincère recherche de Dieu.

toujours se méfier de la cohérence des systèmes clos

La pensée, comme « Dame Pauvreté »’, est itinérante et mendiante, elle avance sans être liée par des causalités courtes, par trop linéaires et prévisibles, avec ce qui la précède.
Elle nécessite une culture minimale, certes, ainsi que des outils conceptuels, mais elle échappe, dans son surgissement, à tout protocole. Elle apparaît au détour d’une rencontre, d’un mot entendu par hasard, d’un fait surprenant.

La pauvreté est ascèse de la pensée qui se trace sans l’appui de certitudes. Or, les certitudes nous donnent une vision du monde stable et rassurante en s’enracinant dans notre affectivité.

Par loyauté et par facilité nous pouvons répéter le discours de nos prédécesseurs, de nos parents ou de nos maîtres, là où il s’agirait de le traduire dans notre propre langage. L’étymologie elle-même nous dit que, pour s’inscrire dans la tradition, il est nécessaire de la traduire et non de la répéter à l’identique (ce qui aboutirait inéluctablement à son dépérissement et à sa disparition). Cette opération implique donc un écart et une part de trahison’.

Lorsque ces certitudes conditionnent l’appartenance à notre famille ou à notre groupe de référence, l’aveuglement devient question de vie ou de mort identitaire.
Oui, plutôt ne rien voir que de perdre notre identité.
Que faire alors de nos éventuels désaccords quand ils sont synonymes de critiques des vérités constitutives de notre communauté d’appartenance ?

Des certitudes peuvent être particulièrement attirantes et proférées par une personnalité brillante. Une tendance tenace nous pousse à nous laisser fasciner. La fascination vient si bien combler en nous la place du manque. Notre adhésion à la personne séduisante et à ses messages nous dispense de ressentir la morsure permanente de notre incomplétude fondamentale.

Lorsque nos certitudes concernent une personne à qui nous sommes attachés sentimentalement, nous nous protégeons de tout ce qui pourrait les ébranler. L’amour rend aveugle, dit on ; non seulement l’amour mais toute forme d’attachement.
C’est ainsi que des parents peuvent ne pas voir la folie débutante d’un de leurs enfants ou l’un des deux conjoints la perversion de l’autre.

En outre, plus nous tenons fidèlement des engagements qui s’originent dans nos certitudes, plus il devient difficile de faire marche arrière. Nous avons tellement investi affectivement dans ces certitudes
et dans ces engagements, qu’oser écouter en nous des pensées critiques et dissidentes reviendrait à perdre, purement et simplement, tout ce que nous leur avons sacrifié et qui nous constitue.
Nous sommes conduits à protéger nos certitudes qui obèrent le manque, en déniant l’importance et la signification d’une part de la réalité.

Sans la vertu de pauvreté nous avons également tendance à utiliser la croyance pour compléter ce qui manque au savoir. Pour obtenir une explication globale des phénomènes auxquels nous sommes confrontés, nous pouvons compléter les éléments de savoir bien établis par des approximations imaginaires.

Là où nous sommes confrontés à l’incertitude, nous forgeons une croyance qui bouche le manque de connaissance.
Il en est ainsi lorsque foi et certitude sont confondues. La foi est une relation de confiance et non un corpus de données permettant de tout comprendre. Il arrive qu’au nom de la foi soient développées des explications censées décrire la façon dont Dieu gouverne le monde, sur ce qu’il
adviendra précisément après la mort’, ou encore sur la signification de chaque événement. Le risque d’aller au-delà de la Révélation pour produire un système explicatif global (malgré les expériences délétères de cette pratique au cours de l’histoire) n’est pas loin.

La chasteté, quant à elle, est une vertu qui invite à ne pas remplir le manque fondamental en utilisant les autres, sous couvert d’amour.

L’amour est comme la lumière qui éclaire l’autre et le met en valeur mais le laisse être ce qu’il est. Il n’a pas d’emprise sur l’autre. L’amour est le serviteur de l’avènement de l’être aimé. L’amour dans un couple devrait consister en la réciprocité de cette révélation mutuelle. Il ne s’agit pas d’un état statique de complémentarité parfaite, comblant tous les besoins et toutes les failles de chacun, mais d’une dynamique dans laquelle chacun devrait s’engager avec tout son être pour la croissance humaine du conjoint.
Une passion mutuelle de se consacrer au bonheur de l’être aimé en l’aidant à devenir lui-même.

Chacun révèle l’autre à lui-même et le fait advenir à ce qu’il porte en lui de plus original. La puissance et l’impuissance des deux alternent et s’entrecroisent perpétuellement pour favoriser l’émergence de la singularité de chacun. L’amour ne prétend pas créer ou modeler l’autre selon son désir. Il ne cherche pas à posséder l’être aimé. Il est intrinsèquement respectueux. L’amour vrai est chaste par nature.

Mais l’expérience courante montre que les relations amoureuses, et toutes les relations au demeurant, sont loin d’être parfaitement chastes. Elles sont infiltrées de possessivité. C’est ce symptôme de l’évitement du manque que nous examinerons comme l’envers du projet de la vertu de chasteté.

Bien que parfois déniée mais néanmoins inscrite au fond du psychisme de chacun, l’expression la plus caractéristique de la possessivité est la jalousie. Nous ne supportons pas que l’être aimé reçoive quoi que ce soit de quelqu’un d’autre ou donne quoi que ce soit à quelqu’un d’autre. Nous voulons être tout pour lui et qu’il
soit tout à nous et tout pour nous.

Ce qu’il reçoit de l’extérieur est vécu comme une disqualification de notre capacité à donner, que nous voudrions totalement comblante. Ce qu’il donne à l’extérieur est vécu comme une injustice envers nous. L’exclusivité absolue apparaît comme la condition sine qua non d’un amour digne de ce nom, c’est-à-dire d’un amour exempt de tout manque. Du même coup, l’amour est rabattu exclusivement sur l’attachement ; chacun est ligoté à l’autre. Cette attitude totalitaire est mortifère pour soi-même et pour la relation. À l’extrême, elle peut devenir meurtrière.

La possession du corps de l’autre, lorsqu’elle vise le seul plaisir qui donne si puissamment l’illusion de combler le manque, renseigne aussi sur la non-chasteté en tant que refus du manque. En effet, sans la prise du risque de l’engagement du Désir qui oriente tout l’être en faveur de l’autre, la sexualité « flirte » plus ou moins avec l’instrumentalisation de l’autre.
Le donjuanisme en est le paradigme.

Du côté féminin, l’acceptation de relations sexuelles ne correspondant pas à un vrai désir d’aimer (ni même à un vrai désir sexuel) pour tenter de capter un homme dans le seul but de le transformer en un « faisant-fonction-de compagnon », n’est pas rare non plus. Ces formes de possessivité traduisent simultanément le désir d’être aimé et la peur de consentir au manque nécessaire à l’amour.

La chasteté implique également la non-possession psychique de l’autre et donc, implique d’accepter le manque dans l’écart creusé entre la réalité de l’autre et son image fantasmée.

La possession psychique de l’autre peut prendre de multiples formes et exister dans d’autres types de relations que celles de couple.
Une personne peut ne pas être chaste envers une autre en prenant une place prépondérante dans son univers intérieur, en lui laissant croire, implicitement, qu’elle seule répond à ses attentes.
Le prestige, la séduction et l’aide de type psychologico-spirituelle peuvent être les véhicules de cette possessivité relationnelle inconsciente. Un degré de plus peut mener à la manipulation mentale plus ou moins subtile qui créera une véritable emprise. Les deux protagonistes y trouvent, un temps, leur compte : l’exercice de la toute puissance d’un côté, la valorisation de l’autre, qui estompent trompeusement mais assez voluptueusement, la morsure du manque.

La possessivité psychique peut également se déployer inconsciemment sous couvert de symptômes pathologiques. Le cas des jeunes femmes dites « phobiques sociales » éclaire particulièrement cette problématique. Elles ont peur de sortir hors de chez elles mais aussi de rester seules. Leurs compagnons sont obligés de les accompagner partout où elles doivent se rendre. Ils aménagent leurs horaires de travail pour être le plus souvent à la maison avec elles, vivent le téléphone portable à la main pour les rassurer à tout moment lorsque, malgré tout, il leur faut être loin.

Le symptôme de ces jeunes femmes a comme conséquence d’amener leurs compagnons à produire constamment des preuves matérielles d’amour, par leur présence, leur assistance et leurs réassurances. La parole n’assume plus sa fonction de promesse et d’engagement. Dire « Même quand je suis absent, je pense à toi et tu n’as rien à craindre » ne fait plus sens ou affirmer « Je t’aime » n’est plus entendu ; seules comptent les marques d’attachement incessantes et sacrificielles. La représentation symbolique du lien ne produit plus d’effet rassurant. Seule l’expérience réitérée et sensible du lien est efficace. Il faut posséder l’autre au lieu d’attendre qu’il donne de lui même.
Le moindre manque est insupportable et ne peut plus être assumé dans la parole. L’intégration symbolique qui libère ne s’opère plus. Le manque réclame toujours plus de preuves matérielles et devient tyrannique.

La possessivité psychique pour pallier le manque peut s’exprimer paradoxalement par la soumission. Dans le couple, le sujet dépendant croit que son conjoint va cesser de l’aimer s’il ne s’ajuste pas à tous ses désirs et besoins. Il est prêt à tout pour le voir rester auprès de lui. Il met de côté sa personnalité pour satisfaire les attentes supposées de l’autre. Il fuit le manque à l’intérieur
de lui, en se remplissant des désirs de l’autre.
Cette position d’auto-écrasement peut être investie d’une certaine forme de jouissance.

Dans certains cas, la soumission au désir de l’autre est mutuelle et aboutit à une relation fusionnelle dans laquelle chacun s’efface au profit d’un univers commun indifférencié. Chacun éprouve une illusion de plénitude qui est en réalité, une image inversée de l’amour authentique puisqu’elle repose sur l’anéantissement de la subjectivité de chacun. Le plus souvent la violence apparaît, à terme, comme le seul moyen de lutter contre cet enchevêtrement extrême.

La possessivité sous toutes ses formes tente de mettre la relation sous contrôle. Il n’y a plus d’espace, plus de jeu.
La liberté disparaît dans ces rouages trop bien ajustés. Le manque est alors « subjugué ».
La plupart de ces manifestations de possessivité trouvent leur origine dans un vécu précoce de trahison. La relation avec les parents est apparue comme non fiable, à cause d’un rejet, d’un abandon, d’injustices réelles ou d’événements vécus comme tels. L’enfant a intégré l’idée que le lien ne tient pas, qu’il faut plutôt tenir soi-même l’autre que de s’en remettre à lui.
Chacun d’entre nous, à des degrés divers, souffre de cette tendance à posséder l’autre pour être comblé par lui, totalement, définitivement, comme s’il était Dieu.

Évidemment cette conception est illusoire, doublement, car s’il est vrai que seul Dieu dans sa perfection a le pouvoir de nous combler totalement, Lui-même pourtant se donne dans le manque. Les mystiques font l’expérience, et de la plénitude dans l’union à Dieu, et de l’absence de Dieu.

Comme une préparation nécessaire à l’union mystique, ils ont déjoué un à un tous les évitements du manque dans toutes les dimensions de leur être. Ils ont même recherché la nuit dans leurs sens, dans leur intelligence et dans leur volonté pour trouver le nada, comme dit saint Jean de la Croix, le rien intérieur et extérieur, dans lequel ils peuvent recevoir la présence pure de l’être, la présence de Dieu.

D’une façon analogique, le couple, lui aussi, donne accès à la plénitude à travers le manque. Si, du moins, l’acceptation de la différence de chacun, avec le renoncement aux attentes imaginaires qu’elle exige, crée l’espace du manque nécessaire à la rencontre, à la contemplation.
Chacun pourra alors recevoir l’originalité de la présence de son conjoint et accéder à la sienne propre.

Faire l’expérience d’une mise en relation directe avec l’être même de l’autre est une expérience bouleversante. L’amour peut donner accès à cette expérience de plénitude, mais en se
donnant lui-même à travers le manque. C’est ainsi que s’éclaire le mystère selon lequel nous pouvons être comblés par un être aimé bien qu’il soit marqué par une profonde incomplétude.
Les a(i)mants et les mystiques, à travers la chasteté ont trouvé dans l’acceptation du manque le remède à sa morsure : la confiance en l’autre, ainsi que la confiance dans la parole (et la Parole) : la foi.

Le manque est comme le creuset, ou le matin du monde, dans lequel jaillit la vie.
Toute tentative de le combler le stérilise. La confiance permet de supporter sa présence et de l’apprivoiser. Si l’on essaie de le maîtriser, il finit par se dérober et réapparaître ailleurs, plus tard, sous une autre forme, souvent plus inquiétante encore.

La confiance donne la souplesse et la sérénité nécessaires pour jouer avec le manque et en recevoir la fécondité. Dans l’amour, nous nous exposons à l’être aimé tel que nous sommes, avec nos richesses, nos fragilités et nos attentes. Nous faisons un acte de foi dans la capacité de l’être aimé à recueillir notre vulnérabilité avec respect et tendresse. Sans en profiter pour prendre le pouvoir sur nous. Nous nous fions à ce que nous percevons de lui, à sa parole, dans une démarche aussi illogique qu’imprudente, où nous misons tout sur lui sans avoir de garanties proportionnées au risque que nous prenons. Tels les chevaliers des temps jadis, qui s’avançaient à la rencontre l’un de l’autre en prenant soin de se déganter pour montrer que leur gantelet ne dissimulait point de dague, et que leurs intentions étaient amènes, nous venons vers l’être que nous aimons les mains ouvertes et sans armes, dans la nudité de notre être : sur fond de notre manque, sans le redouter, enfin, assurés que chasteté et confiance nées de ce manque l’ont transfiguré.

Nous sommes des êtres finis et nous portons une irrépressible aspiration à l’infini. Nous sommes inachevés et nous tendons vers la plénitude. Seuls, la contemplation et l’amitié, enracinés dans l’acceptation du manque, concilient ces contradictions.

Silence Solitude Pauvreté et Compassion sont nécessaires disait le Père Le Saux

Cependant, notre empressement à combler le manque est tel qu’il nous pousse à prendre des voies de traverse pour arriver plus rapidement au but. Substituts qui aboutissent à des impasses.
Nous nous entourons d’objets matériels et nous développons l’illusion de la maîtrise intellectuelle en adhérant à un système totalement cohérent.

Nous obtenons des satisfactions narcissiques en nous attachant des personnes sans entrer dans une relation qui nous engage.
Nous cultivons notre toute-puissance en franchissant les limites du cadre de notre action.

Dire que le manque en lui-même n’est rien, pourrait à tout le moins sembler une tautologie. Certes, il a couleur de béance et d’angoisse, et nous préférons à toute force nous détourner. Mais il est aussi ce qui permet notre humanisation au coeur de nous-mêmes, au coeur des liens qui nous unissent aux autres, à la nature, au monde, à Dieu.
Si notre courage de ne pas le fuir et d’oser le laisser exister ne s’épuise pas, alors Silence Solitude Pauvreté et compassion font oeuvre en nous. Toutes nées de ce manque reconnu et assumé, ouvrent, mystérieusement, à la plénitude.

Accepter le manque nous conduit à accepter de ne pas être ce que nous ne sommes pas, pour accéder à ce que nous sommes authentiquement.

Bonne méditation à tous

à la semaine prochaine pour une ultime étape

Jess et Francois ermites

Bye !

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[1admirable sentiment qui nous fait rejoindre l’esprit de St Christophe et une certaine plénitude qu’il conviendrait à elle seule d’éprouver et de méditer...pour un prochain Carême ???

[2cela évoque aussi celui de la Samaritaine à Sichar dans l’évangile de Jean