Bulletin de l’Ermitage

Accueil > Là où seule la musique permet d’aller... > Carême 2010 > Première méditation de Carême

Carême 2010

Première méditation de Carême

dimanche 21 février 2010, par frere francois, Jess


 [1]


 [2]

Surpris ? ... un peu non ?
que voulez vous à l’ermitage il faut s’attendre à tout... et ne pas craindre d’être anticonformiste...
pourquoi diantre un Carême serait-il larmoyant ,desséché ...et asexué ????

Jansénistes va !

La Samba.... c’était pour vous mettre dans une ambiance latino... et vous rappeler qu’il y a d’autres pays où ne règne pas la bienpensance occidentale...et heureusement... !
je ne sais si l’occident se rend bien compte où il en est dans sa sacralisation désincarnée de l’enfant... mais c’est carrément un renouveau délirant du puritanisme, de l’angélisme... et à la limite de la névrose maladive...

L’autre jour Titus m’a montré une photo de lui quand il avait 6 mois ... tout nu...et le zizi en pleine forme... ou comment dans les années 40-50 on ne craignait pas de photographier les enfants nus...
et comme à l’époque les parents n’avaient pas d’appareil ( photo ! qu’alliez vous imaginer ? ) on allait chez le photographe les mettre à poil... ( enfin on ne demandait leur avis aux rejetons... pour poser... parfois à plusieurs dans des poses lascives... avec pour seul vêtement une médaille...)...
et personne ne pensait à mal... sa photo à lui a longtemps trôné sur le piano du salon !...
aujourd’hui le photographe serait taxé d’affreux pédophile et ses parents inquiétés pour détentions d’images pornos par personnes ayant autorité...
oups ! lol !!!!

Cette éducation d’une enfance désincarnée... et prolongée dans un monde idéalisé fait de divertissements, d’apprentissages , d’isolements et de triages dans des établissements spécialisés empêche le brassages des générations ...
les enfants parqués à longueur de journées par âges ne connaissent plus les autres, la vie, les habitants du quartier, leurs occupations, leurs mémoires, leurs souvenirs... tout ce qui dans les peuples plus évolués socialement comme les Wayanas de Guyane ou les peuples d’orient ou d’extrème orient ( Japonais par exemple) permet la transmission d’une culture, d’un art, d’un enracinement... et aussi aux anciens d’être honorés pour leur sagesse, leurs conseils, leur modération...
et donc de continuer de mener une vie sociale épanouie auprès des plus jeunes ...

Alors qu’en occident on assiste à une "ghétoïsation" de la jeunesse ... alors que dans ces pays elle s’intègre aux différents âges du quartier ou du village...
alors que chez nous la vieillesse est confinée dans des mouroirs indignes ! la jeunesse n’a droit qu’à se divertir et à travailler à s’instruire mais non pas à s’intégrer, à s’essayer, à se frotter aux autres générations... et gens extérieurs au milieu familial ou à la classe d’âge... ce qui finalement conduit aux violences qui émaillent les faits divers...et d’hivers... et aux flics dans les écoles !

Oui les jeunes occidentaux ont besoin de racines "humaines" qu’ils ne sauraient reçevoir par des professionnels, fonctionnaires désincarnés, aussi dévoués qu’ils soient !

Dans ces pays "autres" une fraternité inter-générationelle peut se créer, une communion de culture et de mémoire qui garde aux peuples leurs saveurs... leurs savoirs, leur "sel", leur particularités, leurs arts et permet la communication et la compréhension entre les générations que nous ne savons plus faire ...
ou qui si elle existe est "saucissonnée" par les structures familiales , toujours aliénantes et réductrices ...et égoïstes....

On ferait mieux de prendre exemple sur ces sociétés jeunes où les individus sont plus épanouis que par chez nous :civilisation vieille et triste qui manque de miroirs... pour se voir... comme les autres la voient !...et de compter ses rides...

Des pays créateurs dans tous les domaines car la sclérose n’y existe pas et les médias osent être jeunes aux propos décapants comme ce texte trouvé par Jess dans un ouvrage de José et Maria Ignacio du Brésil et qui constitue notre première méditation dans une relecture de l’évangile ...et dont nous aimons particulièrement le copy left qui indique : "tous droits partagés, les chapitres de cette publication et le CD qui les accompagne peuvent être copiés, reproduits, transmis dans toutes les formes et par tous les médias sans demander la permission aux auteurs . La liberté de la culture est universelle et gratuite ! "

Un joli pied de nez à ceux qui veulent accaparer le net comme ils ont accaparé la terre pour en faire un lieu de spéculation et de profit... au point que certains ne peuvent se loger et qu’il existe des km2 d’appartements vides...

nous y reviendrons !

et ils ont raison : la culture n’est pas fait pour créer des rentes ( et quelles rentes !) et de faire des artistes des privilégiés !...d’ailleurs ceux qui ont compris cela non seulement verront leurs oeuvres propagées et pérennisées mais jouent un rôle de fraternité sociale qui est fructueux et créateur pour tous !...

Mais revenons à ce petit texte ...il s’intitule : Maudits les riches ?...le voici :

RACHEL : Les micros des « Émissions latines » sont toujours su le Mont des Béatitudes. Sous nos yeux, nous avons une vue panoramique du lac de Galilée. Avec nous, se trouve Jésus-Christ, en entretien exclusif. [3]

Vous faisiez allusion, lors de notre dernière rencontre, à la seconde partie du discours historique que vous avez prononcé sur cette montagne. De quoi s’agissait-il ?

Jésus : J’ai commencé par bénir les pauvres et les proclame
bienheureux.

RACHEL :Et après

Jésus : Et après, j’ai maudit les riches.

RACHEL : Vous... avez maudit ?

Jésus :Oui, j’ai maudit les riches.

RACHEL : Pouvez-vous nous répéter vos paroles ?

Jésus : J’ai dit alors, et je répète maintenant : « Maudits les riches, ceux qui sont repus, parce qu’ils auront faim.
Malheur ceux qui rient et se moquent des pauvres, parce que, très bientôt ils vont se mettre à pleurer et à hurler, quand Dieu videra leur coffre,
quand Dieu leur arrachera leurs vêtements et leurs bijoux, et les laissera sans pain ni argent pour en acheter, comme ils l’ont fait avec leurs travailleurs . »

 [4]

RACHEL : Ce sont des paroles très dures...

Jésus : Plus dur encore est le cœur de pierre de ceux qui
veulent pas partager.

RACHEL : Peut-être y a-t-il parmi nos auditeurs des personnes fortunées, mais généreuses, et d’esprit humble. Est-ce que vous les maudiriez aussi ?

JÉsus : Une fois, un jeune homme riche, de bon coeur, voulait nous accompagner. Il voulait mettre la main à la charrue du royaume de Dieu. [5]

RACHEL :Et qu’est-ce que vous lui avez dit ?

JÉsus : Tu dois choisir : ou Dieu, ou l’argent.
Si tu veux te joindre à nous, partage d’abord tes richesses avec les pauvres.

RACHEL : Si telles étaient les conditions, je ne crois pas que beaucoup de riches ont participé à votre mouvement.

JÉsus : Quelques-uns ont compris, mais la vérité est que, alors et aujourd’hui, il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.

RACHEL :Votre message ne paraît guère politiquement correct.
Ne vous paraît-il pas trop radical ?

JÉSUS : Radical, oui. Nous avons mis la cognée à la racine. Et la racine était pourrie.

RACHEL : On a toujours enseigné que vous étiez doux et humble de coeur... Et maintenant, je vous trouve... un peu... Comment dirais-je ? ... un peu intolérant.

JÉsus : Dieu ( l’Être) ne tolère pas l’injustice, Rachel. En fin de compte, Dieu ne nous interroge pas sur nos rites , ni sur nos prières, ni sur nos jeûnes, ni sur nos temples. Il nous examine seulement
sur la justice. Et il sera implacable pour ceux qui sont injustes.

RACHEL : Vous êtes fort dur.

JÉSUS : Ne m’as-tu pas demandé que je me rappelle ce que j’ai dit sur cette montagne ?

RACHEL : Malgré tout, pouvons-nous interrompre notre programme en réaffirmant que votre message est un message de paix ?

JÉsus : Le message de Dieu est du feu sur la terre. Et moi je veux qu’elle brûle. Écoute, Rachel, si tu ne désires pas ardemment, chaque matin, que disparaissent du monde les guerres, la violence, les mensonges- la cupidité, l’ambition du pouvoir... tu ne comprendras jamais mon message.

RACHEL :voulez -vous ajouter quelque chose ?

JÉSUS :Regarde l’horizon, Rachel. dans le temps dans lequel il t’a été donné de vivre, je vois des signes dans le ciel qui annoncent la tempête
Que celui qui a des yeux pour voir, qu’il voie, que celui qui a des oreilles pour entendre qu’il entende.

RACHEL : Accompagnant jésus-Christ dans sa seconde venue en notre monde d’aujourd’hui, toujours plus rempli d’inégalités et de ce fait de plus en plus violent.
Sur le Mont des Béatitudes ici Rachel Pérez, « Émissions latines ». A vous Paris !

°

Anecdote nous direz vous... ? mais il y a beaucoup à méditer dans ce texte ...

Car ce qu’il y a de plus terrible dans le courrier que l’on reçoit chaque jour c’est cette soumission, ce fatalisme ce "je n’y peut rien"..."il faut que je me plie sous les fourches sociales", que je me rende "présentable" et soumis devant les nantis... ceux qui possèdent ( ne serait-ce que le pouvoir...familial), ceux qui décident... sans pouvoir discuter.... et tout cela en ressortant ce vieux principe expiatoire qui voudrait que nous ayons à souffrir sur terre ...jusqu’à l’abattoir... muet comme le mouton !

Quelle tranquillité pour les dominants ! mais outre le fait que le christianisme n’a jamais proféré cela c’est de la pure lâcheté qui est secrétée ainsi... teintée d’inertie...
non rien n’est inéluctable, rien n’est écrit... tout est à entreprendre , à découvrir et à essayer :
"quitte tous tes biens, partage avec ton frère suis moi !" ...
pas un Nazaréen mort depuis longtemps
ni encore moins un gourou manipulateur ...ou tripoteur...
mais suit ce que tu as en toi... ce que te dicte ton vrai MOI si tu l’as trouvé...
ces paroles sont au cœur du message évangélique...on voit où on en est, les prélats et pontifes en premier qui vivent dans des palais ...parce qu’il faut bien assumer le passé vous diront-il ? ;-)

piètre excuse !

Dans un monde gouverné par l’argent et les inégalités grandissantes le sel de la terre que doivent devenir ceux qui pensent que le message évangélique est porteur se doivent de vivre dans le partage fraternel et de redécouvrir le vrai sens de la communion

Mais nous l’avons dit il convient de suivre sa personnalité et de ne pas se tromper...et c’est tout le propos du Petit Prince de St Ex que nous vous invitons à relire ( ou à lire) [6]...et à méditer dans un deuxième temps....

et oui cette année nos méditations sont à 3 temps !

°



Souvenez vous ...St Ex est tombé en panne d’essence dans le désert à mille milles de toute zone habitée... un petit bonhomme l’aborde...

" Dessine moi un mouton !"

L’aviateur lui demande ce qu’il fait là ... ne sachant pas bien dessiner essaye de le faire changer d’avis...

"non non ...dessine moi un mouton !"

échec de la communication des consciences, problème du langage qui est ce par quoi les êtres peuvent se rejoindre. [7]

Cet échec de la communication, St Ex le découvre dans sa forme la plus tragique, entre l’enfant et l’adulte, c’est-à-dire entre le monde poétique, le monde des espoirs, de toutes les possibilités, de la beauté et de la vérité absolument perçues, de l’étonnement où l’esprit s’émerveille, ...qui vient lui révéler le monde des adultes le monde des échecs, des compromissions, de la médiocrité, de la logique, c’est-à dire d ’une intelligence "non éclairée" par un but ou un idéal...et qui se manifeste chez les théoriciens, les critiques, les logiciens qui veulent expliquer les choses au lieu de chercher à les comprendre dans la vérité de ce qu’elles sont essentiellement

Opposition du monde où l’esprit triomphe de la matière avec celui celui où la matière a étouffé l’esprit.

Le monde de l’enfance est celui de la vie authentique, de l’esprit qui ne s’arrête pas aux apparences et va à la rencontre des êtres et des choses pour les accueillir tels qu’ils sont et non tels qu’ils nous apparaissent, tels que nous les concevons, tels que nous les imaginons

ou tels que nous les désirons.

Le monde de l’adulte est celui où triomphent la raison trop souvent stérilisante, la science déviée de la vie vers le profit , le discours avéré par la logique et non par la réalité, où l’homme s’installe parmi les futilités : les techniques qui lui donnent l’illusion de pouvoir être maître et possesseur de la nature,- sans comprendre qu’ainsi on ne peut atteindre que des vérités relatives à l’homme et jamais la vérité essentielle.

Mais comment délivrer les hommes de cette incapacité ou de cette inaptitude à voir vraiment les choses et à comprendre ?
Comment favoriser en eux l’intuition de la vérité des êtres et des choses ?
Comment embellir leur âme et délivrer leur esprit ?
Comment leur donner les clés de l’étendue où ils pourront ouvrir leurs ailes et découvrir que leur existence ne pourra avoir un sens que s’ils « s’échangent » contre une oeuvre qui durera plus qu’eux mêmes ?

Pour naître à la vie de l’esprit et être emporté par l’enthousiasme, l’homme a besoin d’une circonstance exceptionnelle, d’un événement qui lui fasse prendre conscience de tout ce qui compose l’existence et de son sens offusqué par les habitudes et les passions excessives. L’homme doit comprendre qu’il faut cesser de vouloir chercher en passant de l’être à l’avoir et en oubliant que l’être est au-delà du devenir.

Pour le pilote, cette circonstance exceptionnelle, ce fut la panne dans le désert.

L’entrée dans l’âge adulte nous abandonne dans la solitude, sans personne avec qui parler véritablement, sans amis vrais. La pensée, alors, ne pense plus, elle répète ce que les sciences et les adultes exigent que nous pensions, elle oublie la réalité du monde au profit d’une représentation rationnelle et égocentrique, une réalité qui se rappelle à elle par les catastrophes qu’elle provoque.

C’est alors que l’on peut être frappé par la foudre, que l’on peut bien regarder avec des yeux dessillés par l’étonnement, que l’on peut retrouver l’esprit de l’enfance et renouer avec la réflexion philoso
phique : on est alors capable de voir, dans le « boa fermé », non pas un chapeau, mais « l’éléphant dans un boa ». Et si l’on continue à dessiner un mouton « très malade », « trop vieux » ou qui ressemble « à un bélier »,
on finit par voir le mouton caché dans une caisse,
par voir qu’il s’est endormi
par discerner la réalité des êtres dissimulée derrière les apparences,
par voir ce que seul l’esprit d’un enfant sait voir, sans interposer entre lui e le monde l’appareil conceptuel qui nous donne l’illusion d’être maîtres et possesseurs de la nature

L’arrivée du petit prince coïncide, pour le pilote, avec la prise de conscience de son propre moi et le retour à l’état d’innocence nécessaire à la compréhension des choses en dehors des schémas explicatifs et des théories de la rationalité. C’est l’événement où s’inaugure la réflexion.

La réflexion a besoin de beaucoup de temps pour s’accomplir, surtout quand il s’agit de réfléchir sur soi : « Il me fallut longtemps pour comprendre d’où il venait. » Il faut beaucoup de temps
pour passer de la logique de la rationalité adulte à la logique de l’enfance, pour poser les bonnes questions et oublier les questions suscitées par les préoccupations utilitaires et ce n’est qu’au hasard de leur dialogue que le petit prince se révèle au pilote.

La nécessité de retrouver son esprit d’enfance

La première acquisition de la réflexion, c’est la découverte que chacun demeure sur sa planète, séparé des autres par ses convictions et ses certitudes, par le discours établi qui ne nous donne que des représentations élaborées à partir des apparences où nous ne rencontrons pas l’autre en vérité, mais simplement nos attentes, nos craintes, nos fantasmes.... nous même

Chacun a sa planète ou, mieux, est une planète.

Nous savons que les planètes sont innombrables et que nous n’en connaissons que quelques-unes que nous pouvons nommer, celles dont on parle, les stars.
Pour voir les planètes, il faut pouvoir les observer de près (le télescope), les rendre visibles, et si l’autre nous parle, il doit, pour être crédible, être conforme aux exigences sociales (l’astronome turc).
Mais cela ne suffit pas pour nous rapprocher de l’autre parce que les grandes personnes ne prennent en compte que le quantifiable, elles substituent l’abstraction mathématique ou conceptuelle aux qualités sensibles et à la personne plus présente dans ses actes que dans ce qu’elle dit.

Critique du rationalisme scientifique qui analyse la complexité sensible pour n’en retenir que les éléments simples sous forme de concepts quantifiables avec lesquels il reconstruit le monde selon les exigences de la logique rationnelle,
un monde sans couleur, sans parfum, sans musique,
un monde où l’homme n’a plus sa place.

Pour les adultes, la science est devenue le langage qui les a aidés à connaître ce qu’ils voulaient connaître et à avoir ce qu’ils voulaient avoir au lieu de leur offrir les moyens d’atteindre la réalité essentielle des êtres et des choses et de leur faire comprendre qu’ils ne doivent vouloir que la création et l’échange.

À quoi bon la prétention de vouloir analyser tout ce que nous offre le monde sensible avec des mots qui en suppriment la richesse,
de vouloir exprimer les sentiments avec des noms qui ne nous disent pas l’expérience vécue par les générations qui nous ont précédés ?

Comment est-il possible de croire que l’on enrichit l’homme par la possession d’un charabia universel, quand la seule véritable richesse de l’homme n’est pas de pouvoir se référer à un dictionnaire, mais de sortir de soi afin de découvrir l’indicible et l’ineffable qui, pour être dits, auront besoin de plus de mots qu’il n’y a de grains de sable dans le désert ?

En comparaison de ce que l’on pourra avoir à dire, que peuvent donc les mots que l’on nous a légués et qui mutilent notre langage ?

« Prétentieux que vous êtes, leur dis-je, qui suivez la danse des ombres sur les murs avec l’illusion de connaître... »
Pour connaître véritablement les êtres et les choses, nous devons abandonner le monde des apparences afin de n’être attentif qu’à la réalité des êtres
choisir le réalisme cartésien qui fonde la connaissance sur l’expérience et la vérifie par l’expérience, contre l’idéalisme platonicien pour lequel les êtres et les choses sont réduits à n’être que des idées qui nous font perdre les singularités du vivant.

Mais nous qui comprenons la vie, nous nous moquons des symboles et des signes. Nous ne pouvons atteindre les autres planètes qu’en nous laissant porter par l’esprit,
nous avons besoin de leur présence parce qu’elles sont des fenêtres ouvertes sur le monde.

Le moi profond des êtres, la personne réelle, est dissimulé derrière les apparences, voilé par les structures linguistiques et logiques dans lesquelles nous enfermons la pensée.
Ce moi, nous l’oublions très vite parce que nous ne savons pas voir l’essentiel, comme ces personnes qui ne comprennent que les chiffres, ceux-ci ayant perdu leur statut de symboles pour n’être plus que des substituts de la réalité vivante, des représentations inanimées.

Que deviendrons-nous si aucun enfant ne nous prend par la main afin de nous le montrer :après la découverte de soi même... de son être véritable l’ouverture aux autres dans leur vérité complexe et non réductible est indispensable...

Ca va ? ca suit ?



3e temps : évitement de soi, évitement du manque

Finalement le moi profond que certains découvrent... avant de le recouvrir par tout un fatras de masques et/ou d’armures n’est rien d’autre que l’enfant que nous étions..fait pour être
et qu’il convient de redécouvrir...
le petit prince trouvé par st Ex dans le silence et la méditation et qui nous guide...
non pour revenir en "enfance" et "infantile" ...
mais pour devenir nous même et donc pleinement heureux... avec les capacités NOTRE être

Au cours de son développement psychique l’individu se construit avec des mécanismes de défense ( masques et armures) face aux angoisses de la condition humaine. Il serait anéanti s’il était exposé directement aux angoisses d’abandon, de renoncement , de perte auxquelles il est confronté au début de son existence.

Les mécanismes de défense le protègent de la déstructuration psychique.

Mais normalement après avoir été une aide ces mécanismes doivent disparaître progressivement pour permettre la réalisation du Moi propre...de soi même . ...qui permet d’être Libre et heureux

Mais ce n’est pas souvent le cas ( à cause du conditionnement social et familial) et l’être humain refuse de prendre pleinement le risque de la liberté, et d’être pleinement LUI alors qu’il en serait capable.
Il se replie alors à l’abri de ses mécanismes de défense.

Ce qui le protégeait l’empêche alors d’aller vers la réalité, : l’individu rentre dans un monde de "rêves" , semble s’éviter lui même pour ne pas se trouver en inadéquation avec les autres...ou la société rêvée par les autres pour lui...( pour eux en fait)

Le mécanisme de défense le plus connu est le refoulement.

Lorsqu’une pulsion personnelle est contraire aux exigences morales du sujet ou de son entourage, de la société où il vit, le psychisme, la neutralise en la repoussant dans les représentations inconscientes
L’affect lui est déplacé sur un autre objet, par exemple la peur initialement liée à la pulsion sexuelle peut être associée à la vue d’un animal, la culpabilité peut être reliée à une faute minime.

L’affect peut aussi être transformé en son contraire. L’enfant jaloux de son petit frère peut se montrer extrêmement protecteur au lieu d’être agressif envers lui.

L’affect, enfin, peut être inhibé ou supprimé par le mécanisme de la répression.
Le refoulement des représentations, associé aux différents traitements de l’affect, empêche le sujet de décoder ce qui se passe en lui.

et hélas le discours religieux ne fait qu’amplifier souvent ces mécanismes notamment en ce qui concerne la violence, la sexualité et la souffrance.

alors que le Nazaréen voulait les libérer !

Le refoulement de la violence fondamentale’ est fréquent. [8]
Le croyant, au nom du commandement d’aimer son prochain, autocensure consciemment et inconsciemment tout mouvement interne de rancœur, de colère ou de vengeance envers autrui.
Il croit sincèrement ne pas avoir d’hostilité puisque le refoulement l’a privé de la représentation de cette pulsion’.
Les affects qui lui étaient liés sont souvent transformés en leur contraire...mais le refoulement est un mécanisme complexe et il arrive souvent que la pulsion réapparaisse sous forme de «  retour du refoulé ».

La violence peut s’exprimer sous forme d’un sentiment d’hostilité subtile et inintelligible. La vie en communauté ou en couple peut se retrouver petit à petit empoisonnée par des mesquineries, des médisances, des indélicatesses, qui sont en réalité les « rejetons » de tendances beaucoup plus violentes mais refoulées. ( ce qui explique le climat détestables de certaines communautés ou monastères...les petites aimabilités "entre amis ...ou entre frères )
La personne interprète ces actes uniquement en termes moraux., reconnaît avoir manqué de charité et rapporte ses fautes à l’impatience, à l’orgueil, à un tempérament colérique ou à la fatigue. ...mais ne fait pas de lien avec la pulsion de violence envers autrui, qui l’habite à l’instar de tout être humain.

Ainsi ce refoulement peut entraîner la perpétuation de la violence et du mensonge du sujet envers lui-même et envers les autres
et la même personne qui prône l’amour du prochain peut écraser les autres en toute bonne conscience...

La sexualité aussi est refoulée ! oh combien chez les cathos ! ...même si le refoulement toujours incomplet fait ressurgir certaines pratiques compensatoires : masturbation, boulimie, amour de la nature ou des animaux... de l’art ... ou de statues !...voire de la croix ! même si le sujet croit n’avoir plus aucune représentation de nature sexuelle.

Le retour de la sexualité refoulée se fera par exemple par un style relationnel excessivement chaleureux qui donnera un sentiment de malaise.
... une quête d’amour « déplacée ». qui incitera aussi au besoin de reconnaissance et de valorisation. La bonne conscience d’être dans une relation totalement désexualisée autorise la personne à envahir les autres.

Parfois ces "retours" ne sont pas seulement ponctuels mais finissent par altérer le psychisme du sujet qui devient tout entier "mécanisme de défense" qui devient "rigide" prônant ascétisme, privations refus de tous plaisirs....

Le refoulement peut concerner aussi le sens de la souffrance.

De même que la souffrance physique signale un dysfonctionnement organique, la souffrance morale alerte sur des conflits psychiques ou des troubles affectifs. Or, certains croyants offrent spirituellement leurs angoisses et dépressions sans en chercher les causes.... La représentation d’une difficulté dans leur vie extérieure ou intérieure est soigneusement refoulée.

Une jeune femme peut, par exemple, offrir à Dieu sa timidité, son mal-être permanent et ses insomnies graves en refoulant tout rapport avec l’inceste qu’elle a subi étant enfant.

qu’il suffirait de "réaliser"...

Le sujet finit par devenir "opaque" alors qu’il conviendrait d’être le plus lucide possible sur soi

La sublimation

Le mécanisme de la sublimation est assez complexe. Sans rentrer dans les détails, il consiste à utiliser certaines forces pulsionnelles pour réaliser des activités d’ordre intellectuel, créatif ou spirituel.

La religion s’appuie sur ces mécanismes de défense mais elle peut aussi l’amplifier en amenant le sujet à se focaliser sur « les réalités d’en haut » coupées de la réalité humaine conscient et inconsciente.

Les superlatifs surabondent alors pour parler de la charité, de la fraternité, de la communion, du pardon.
L’espace intérieur est rempli de beautés idéales pour fuir le pulsionnel qui ravage l’intérieur de soi

Le refoulement et la sublimation, mécanismes complexes et élaborés, sont précédés dans la genèse du psychisme par le déni, la projection et le clivage. Tous trois se caractérisent par un certain rejet de la réalité qui leur confère une efficacité radicale quant au traitement de l’angoisse.

Le déni

Le déni consiste à « refuser la réalité d’une perception traumatisante’ ». Tout se passe comme si le sujet n’avait rien vu, rien entendu ou rien ressenti. Le déni permet au sujet de ne pas être concerné par la réalité extérieure qui le gêne.

Le discours religieux conduit souvent à un certain déni de la réalité complexe qu’est l’être humain. qui sera considéré sans ses composantes impulsion et inconscient... ou niera les composantes biologiques élémentaires.. ;comme dans le cas des miracles ou de la conception virginale...

Le discours religieux, lorsqu’il sollicite trop la charité, a tendance à favoriser le déni de la violence qui se trouve au fond de chaque être humain. Un certain irénisme peut trouver des excuses à tout et banaliser les comportements agressifs d’autrui, les humiliations subies, voire la violence physique. Il arrive que l’exigence du pardon amène à ne pas réellement prendre en compte l’offense et ses conséquences. Mais le plus souvent c’est l’inverse on oublie de pardonner

Un autre aspect du déni concerne le non respect des limites. Le croyant a tendance à « se donner sans compter ». Le slogan « il ne faut pas s’écouter », encore fréquent dans certains discours religieux, en courage la générosité extrême,
à outrepasser certaines composantes essentielles de la personne ...et le sauveteur se noie...avec la victime qu’il voulait "sauver"
déni des limites et illusion de la toute puissance... tôt ou tard mis en échec par la confrontation avec soi même que l’on cherche finalement à éviter...par l’action
Un effondrement narcissique s’ensuit....

Le déni peut aller jusqu’à dénier les limites entre le souhaitable et le préjudiciable, voire entre le permis et l’interdit. Au nom de la « bonne cause » et de l’« urgence de la mission » le croyant peut s’autoriser des transgressions diverses.....

Nous avons une bonne illustration à Léoncel [9] par exemple.... ou en Irlande... ;-)

La projection

Le mécanisme de défense de la projection se caractérise par le fait d’attribuer à un autre des intentions, des affects ou des images qui proviennent du fond de soi même. On « se débarrasse » ainsi de ses affects négatifs en les projetant sur autrui.
On transforme un danger intérieur en un danger extérieur pour éviter ainsi toute possibilité d’affronter réellement ses propres problèmes.

Dans l’ambiance religieuse, cette tendance aboutit à voir partout la malveillance des ennemis de l’Église et à interpréter tout ce qui arrive comme provenant soit de Dieu, soit du diable. Tout est décrypté en termes de « combat spirituel ».

La projection, en association avec une certaine richesse de l’imagination, conduit ainsi à la pensée magique. Tout est signe, tout signe fait sens. Les causalités pseudo-logiques abondent. La liberté et l’intériorité sont court-circuitées. Il devient très difficile de s’interroger sur sa propre responsabilité.

Certains discours religieux, à partir des références bibliques elles-mêmes, majorent la projection d’images parentales sur Dieu. De nos jours, l’image d’un père sévère ou même sadique, devient plus rare. En revanche, l’image d’une figure maternelle, soignante, répondant à tous les besoins, prévoyant tout, exauçant systématiquement les prières de demande, est très fréquente. ...

le dieu nounours ...le dieu "mamour "....voire l’amour déifié unique discours des catholiques contemporains...( un insulte aux souffrants et aux malades)

Le clivage

Le clivage enfin est un mécanisme qui permet au sujet de scinder en deux parties l’objet avec lequel il est en relation, l’une bonne, l’autre mauvaise. Ce mécanisme inconscient évite le constat douloureux que le même objet porte les deux aspects et est à la fois bon et mauvais ; il peut ainsi être et rester idéalisé.
Au lieu d’accepter la réalité nuancée et ambivalente, le sujet coupe l’objet en une partie bonne avec laquelle il reste en lien et qui continue de porter l’idéalisation, et en une partie mauvaise dont il dénie l’existence.

Le monde pour eux scindé en deux entre les fidèles et les infidèles, les alliés de la foi et ses ennemis, les traditionalistes et les progressistes, les bien pensants et les autres, les croyants évolués et les bigots... un symptôme du repli identitaire et des relents de manichéismes... n’est-ce pas Mr Bush ?

Les critères de jugement empruntent plus aux valeurs personnelles et aux loyautés envers la famille et le milieu qu’aux valeurs strictement religieuses. La manière de s’habiller, de décorer la maison, de recevoir les amis, de s’exprimer, rien n’échappe au jugement et à la classification binaire.
Face à toute réalité extérieure, la personne sure d’elle rejette tout ce qu’elle ne connaît pas et évite toute remise en question. Bien sûr elle s’identifie à ce qu’elle a étiqueté comme « bien ». Ce dispositif la protège.

Comment dès lors rejoindre l’autre ?...le Tout autre ?

Généralement à ces jugements à l’emporte pièce s’ajoute des valeurs morales fournies par la civilisation ou la culture de la personne ...qui rejettera sans aucune analyse des comportements « non-conformes », indépendamment du sens qu’ils peuvent revêtir selon le cheminement, les conditions de vie d’éducation et d’imprégnation de chacun.

Le clivage atteint la personne elle même qui fonctionne suivant un mode schizophrène inconscient dans deux registres incompatibles entre eux.
D’une part, le sujet est adapté à la réalité ; de l’autre, il commet des actes répréhensibles.
C’est le bien connu « Docteur Jekyll et Mister Hyde » : bon juge ou bon prêtre une partie du temps, pervers à d’autres moments, sans qu’il y ait communication à l’intérieur de soi-même entre ces deux personnages.
L’organisation perverse peut alors atteindre son summum et le sujet peut donner libre cours à son appétit de jouissance en faisant le mal sans aucune limite.

Une modalité moins extrême de clivage du moi se retrouve chez certaines personnes qui
découvrent des tendances sexuelles incompatibles avec leur état de vie (pères de famille ou prêtres) mais refusent de le quitter pour différentes raisons et se résignent à continuer leur vie entre deux univers soigneusement séparés temporellement et spatialement.
un clivage qui leur permet de maintenir un statu quo qui leur évite la souffrance de la transformation personnelle.

La dernière forme de clivage du moi est très fréquente. Elle peut être qualifiée de « clivage de suradaptation ». Certains croyants adhèrent à l’idéal chrétien de manière massive et rapide. Ils conforment leur comportement, leur style de vie et leur vision du monde à cet idéal. Ils déploient une grande générosité dans diverses oeuvres de charité et d’évangélisation. Cet engagement important se réalise en oubliant tout un pan d’eux mêmes.

Reste en arrière, à leur insu, cette partie fondamentale qui les constitue et qui porte notamment leur pensée propre, leurs goûts et aussi leurs failles.
C’est l’essentiel de leur singularité qui s’atrophie pendant que la partie adaptée à l’idéal se sur-développe.
Les failles ne sont pas prises en compte, elles sont comme recouvertes et rendues inaccessibles à un travail d’élaboration....généralement cela conduit inévitablement un jour à, une crise conflictuelle...ou à un effondrement

Régression et infantilisme

Nous voyons le processus de régression à l’œuvre chez des jeunes femmes et jeunes hommes qui s’engagent dans la vie religieuse, le plus souvent dans des nouvelles communautés, avant toute confrontation au monde des études supérieures ou du travail. Ces jeunes gens perçoivent confusément qu’ils seraient en difficulté pour s’insérer professionnellement ou socialement dans le monde d’aujourd’hui ou encore pour faire face à leur pulsionnalité.
Ils se cachent derrière l’identité de religieux ou religieuse et passent de l’univers protégé de la famille à celui de la communauté.
Ils se montrent capables d’un grand détachement. Le renoncement matériel vient en lieu et place du renoncement nécessaire à la dépendance envers des figures protectrices.

Nous pouvons également voir le processus de régression à l’œuvre chez certains religieux qui prennent une position infantile envers leurs supérieurs.
Selon une certaine conception de l’obéissance encore active aujourd’hui, le croyant s’en remet totalement à l’autorité. Celle-ci, à la manière de Dieu, « ne peut ni se tromper, ni nous tromper »’, et même si cette autorité se trompe, en lui obéissant, on est sûr de ne pas se tromper. Le croyant se démet de sa subjectivité et peut aller jusqu’à renoncer totalement à sa propre conscience. Cette attitude détourne la valeur authentique de l’obéissance. ( là aussi Léoncel en est un bel exemple)

Masochisme moral

Dans le masochisme moral, « le sujet, en raison d’un sentiment de culpabilité inconscient, recherche la position de victime sans qu’un
plaisir sexuel soit directement impliqué’ ». La souffrance prend une fonction majeure pour faire face à la honte et à la culpabilité inconscientes, en leur opposant une punition bienfaisante. Le discours sur l’expiation des péchés et la valorisation du sacrifice peuvent être entendus dans ce sens.
Le masochisme sous-tend le refus de certains croyants de rencontrer un psychiatre ou un psychologue pour être soignés de leurs symptômes invalidants. Ils refusent les soins ou les mettent en échec systématiquement à cause de leur attachement inconscient à la fonction psychique de leur position souffrante.

Le masochisme peut se vivre également « par procuration ». Certains croyants se montrent excessivement zélés pour prier à l’intention des personnes souffrantes. Ce faisant, ils recueillent constamment des informations précises sur toutes les situations de détresse. Ils s’en imprègnent et s’en nourrissent jusqu’à vivre eux-mêmes dans un climat morbide....

( à suivre Dimanche prochain ! )

Bonne méditation !

Jess et Francois ermites

°


Voir en ligne : Notre Channel sur You Tube


Une méditation-réflexion longue qui ne peut se faire en une fois ...mais demande la semaine pour être analysée

Nous restons à votre disposition pour en "parler" il suffit de nous écrire : rmitte@free.fr


[1Quel bel hommage à la création et à la vie que ce Carnaval de Rio ! Au coup sûr le Nazaréen aimerait :" chantez à l’Être un chant nouveau ! "" Jouez pour lui de la cithare ! ...de la cithare et tous les instruments !" (ps.98)

[2Julia est une petite danseuse de Samba élue reine du Carnaval 2010 et qui devait danser pendant le défilé de son groupe...une polémique s’est installée ourdie par les "puritains habituels" pour trouver du mal et du vice dans cet événement....bientôt si nous n’y prenons pas garde aucune photo d’enfant , à moins d’être voilé ou en manche longues -pantalons ne saura être toléré par certains ! :-)) lol ! lol ! lol !

[3jésus est de retour sur terre et s’exprime sur les ondes des émissions latines

[4on est assez loin du cocooning sous lequel on présente le Dieu "ammmooouuurr" auprès des gogos occidentaux qui ont peur de tout...de leur égoïsme ( ce qui est normal) et même de ce qu’ils sont

[5c’est à dire du monde futur que nous pouvons tous décider de créer maintenant...tous ceux qui en ont la générosité bien sûr !

[6Vous pouvez le lire gratuitement sur ne net à cette adresse :

http://wikilivres.info/wiki/Le_Petit_Prince

[7il y a de nombreux langages...gestuels, vocaux, musicaux...qui permettent de communiquer avec tous les êtres ( animaux ou végétaux) de la nature

[8violence qui existe fondamentalement chez tous et qui vise à la sauvegarde primaire selon le principe ; moi ou l’autre... persiste toute la vie bien sûr... on a donc toujours des ennemis... même s’il convient de les aimer....

[9voir pour Léoncel

http://leoncel.free.fr

Messages

  • Décidément, entre Rio, le P’tit prince et la lambada, j’me sens chez vous chez moi !
    Sans oublier les "Emissions Latines" et autres digressions psychologiques sur les mécanismes de défense que j’ai tellement bien connu en 20 ans de vie communautaire karismatoc infantilisante aux "Béatitudes" !!!
    Excellent ! cette méditation pour le Carême, décalée comme j’aime, évitant tous les pharisaïsmes ecclésiaux.
    Cependant, j’ai participé, un jour de cette radicalité évangélique, de cette intransigeance telle qu’on peut la lire sur "émissions latines". Au bout du compte, ça n’emmène qu’intolérance, que croisade des temps modernes. Elle fait le lit de ces ctés nouvelles ou plus anciennes comme l’opus dei ou les légionnaires du christ. La seule radicalité à laquelle je crois est la radicalité de l’amour, de la charité, celle qui conduit effectivement à la radicalité de la justice. Je ne parle pas ici des mièvrerie de l’amour st Valentin ... vous m’avez compris.
    Ceci dit, j’ai entendu, dans mon ex-cté, en formation de "développement de soi" que Dieu aime les riches et l’argent. Puisque Dieu est amour , n’est ce pas ... Du coup, le choix radical entre Dieu et l’argent devenait une "croyance" complètement fausse ! Cherchez l’erreur !

    Bref ! J’aurais voulu copier/coller tout ou partie de la méditation sur mon blog en mentionnant bien entendu la provenance. Est ce faisable ? Bon, vu ma sensibilité, peut être que je remplacerai la première vidéo des nanas à Rio par des beaux mecs dansant la samba ... lol.
    Si ce n’est pas possible, pas de problème, je pondrai un texte en faisant un lien.
    Merci à vous
    @ bientôt

    Etienne

    • Merci de ta lettre

      Sans soucis aucun tu peux copier-coller ce que tu veux ( nous apprécions si tu mets la provenance) car dans cette même méditation nous expliquons que le net est une communauté et que nous n’aimons pas ceux qui y dressent des barbelés

      C’est beau de vouloir placer l’amour comme radicalité essentielle ...mais l’amour peut être étouffant... surtout pour ceux qui n’y croient pas...et pensent que c’est en définitive bien égoïste comme on le dit au Japon
      c’est une utopie occidentale...pour "occidentalement corrects" :-)

      Aussi à l’ermitage nous essayons de faire preuve de plus de réalisme et
      en fait nous ne donnons point de conseils... simplement des balises...
      et ne faisons pas la morale...

      mais aucun problème par contre pour le "genre" nous sommes tous plus ou moins "bi...ou plurivoltages" ;-)

      Si tu es d’accord je placerai ta lettre ( de manière anonyme) dans le courrier des lecteurs

      Merci en tous cas pour ta réaction

      Bien cordialement et fraternellement

      ff+

    • Bonsoir Fr. François,

      Y a t-il quelque chose sur le site en rapport à ce que tu m’écrivais la semaine dernière ? :

      > C’est beau de vouloir placer l’amour comme radicalité essentielle ...mais l’amour peut être étouffant...surtout pour ceux qui n’y croient pas...et croient que c’est en définitive bien égoïste
      > c’est une utopie occidentale...je l’ai appris à mes dépends au Japon

      Je voudrais bien aller plus loin avec ça ...

      Merci
      Bien fraternellement

      Etienne

    • Hélas non... c’est difficile à formuler et en fait je n’ai jamais pris le temps de le faire

      Deux liens peuvent t’aider ...mais ils datent un peu ( débuts du site...faudrait un peu de ménage...)

      http://rmitte.free.fr/bibliotheque/miettes/amour.htm

      http://rmitte.free.fr/leloup/verite.htm

      J’ai découvert cela lors de mon séjour au Japon : je vivais avec quelqu’un que j’avais trouvé un jour devant ma porte ...en détresse...et qui souhaitait vivre avec moi et puis un jour elle disparu...et retrouvai l’appartement vide sans explication

      C’est là que des amis m’ont expliqué qu’au Japon l’amour est égoïste et que la "personne n’a pas de réalité en soi" ( principe bouddhique)
      que seuls comptent la volonté du clan et les règles de l’"amae" ( en gros de la dette que l’on doit a quelqu’un qui vous a fait une faveur...et que l’on doit rendre : ainsi le seul fait d’être né vous oblige à une dette morale envers vos géniteurs...sous peine d’exclusion du clan...)

      toute la littérature nippone est pleine d’amours impossibles et de suicides tragiques à cause de cela...

      C’est finalement vrai ...l’amour est un sentiment qui se vit à deux.. ;et coupe du monde et des autres...
      une société à deux que ceux "de l’extérieur" ne peuvent comprendre...

      de plus cet amour ( qui n’est qu’une illusion des sens) ne peut être réellement partagé et chez l’un ou chez l’autre ( ou les deux) est souvent un narcissisme...qui ne veut pas se dire...
      ou une recherche de soi...

      et puis trop vite il essaye d’engluer l’autre et de l’empêcher d’être libre

      Un mur transparent infranchissable de culture et de personnalité empêche l’approche à laquelle il faudrait parvenir pour véritablement aider... comprendre... on ne peut hélas être l’autre et ne plus être soi...
      des mémoires inconscientes et une histoire toujours infiniment personnelle nous en empêchent

      seuls la compassion, le partage, l’approche, l’affection peuvent être des voies d’aide et d’enrichissement mutuel ... pour se connaitre et pour connaitre l’autre, le toute autre, les autres...

      On voit les limites de notre discours, qui refusant de connaitre en profondeur les autres cultures afin de les respecter et de ne pas saccager les individus passent à côté, les engluent , les écrasent, voir les soumettent à des dépendances dont évidement ils ne veulent pas...
      et les conduisent au malheur ou à la déchéance

      D’ailleurs "l’amour roi" est une réduction de notre pensée humaniste vers la sensiblerie, l’affect ...et de la pensée chrétienne qui elle parle de Charité ( agapé), d’Être soi, de liberté, d’accomplissement ce qui est bien autre chose...

      Voilà quelques idées rapidement jetées sur le clavier

      mais à ta disposition pour aller plus loin ... car la question est excellente...et il faudra bien un jour que j’écrive là dessus...

      bien fraternelle semaine

      ff+